Les 10 raisons de NE PAS investir dans une assurance-vie lorsqu’on a moins de 35 ans

15 janvier 2026

L'assurance vie est souvent présentée comme le placement incontournable des Français, avec ses deux mille cent milliards d'euros d'encours en octobre 2025. Pourtant, avant trente-cinq ans, ce produit d'épargne peut s'avérer inadapté aux besoins et projets de vie des jeunes actifs. Entre contraintes de liquidité, rendements décevants et frais qui rongent le capital, plusieurs raisons devraient vous inciter à explorer d'autres horizons financiers pour construire votre patrimoine.

Des contraintes de liquidité incompatibles avec la vie des jeunes actifs

La vie avant trente-cinq ans se caractérise par une succession de projets nécessitant une disponibilité immédiate de l'épargne. Acquisition d'un véhicule, financement d'une formation professionnelle, voyage sabbatique ou constitution d'un apport pour l'achat d'une résidence principale : autant d'objectifs qui exigent une flexibilité financière totale. Or, l'assurance vie impose des contraintes structurelles difficilement compatibles avec cette réalité.

L'argent bloqué pendant 8 ans : un frein à vos projets immédiats

Le principal piège de l'assurance vie réside dans sa philosophie même : c'est un placement pensé pour le long terme. Pour bénéficier pleinement des avantages fiscaux, notamment l'abattement fiscal de quatre mille six cents euros pour une personne seule ou neuf mille deux cents euros pour un couple, il faut attendre au minimum huit années. Cette durée représente une éternité quand on débute sa vie professionnelle. Bloquer son épargne durant cette période, c'est renoncer à saisir des opportunités qui peuvent surgir à tout moment. Un jeune actif qui verse régulièrement sur un contrat d'assurance vie se prive ainsi d'une réactivité indispensable face aux imprévus ou aux projets qui peuvent bouleverser une trajectoire de vie.

Des pénalités de retrait qui pèsent lourd sur votre épargne

Si l'urgence vous oblige à effectuer un rachat avant le terme des huit ans, la fiscalité devient pénalisante. Les gains sont alors soumis soit au prélèvement forfaitaire unique de trente pour cent, soit au barème progressif de l'impôt sur le revenu. Cette taxation réduit considérablement l'intérêt du placement pour les jeunes épargnants qui peuvent avoir besoin de mobiliser leur capital rapidement. Par ailleurs, les frais d'arbitrage et de gestion continuent de s'appliquer même lors d'un retrait anticipé, grignotant encore davantage la performance réelle. Certains contrats appliquent des frais d'entrée pouvant atteindre cinq pour cent, ce qui signifie qu'une partie significative de votre premier versement ne sera jamais investie. Cette mécanique financière transforme l'assurance vie en un outil rigide, inadapté aux parcours de vie dynamiques et changeants des moins de trente-cinq ans.

Des rendements décevants face aux alternatives d'investissement modernes

Au-delà des contraintes de liquidité, la question de la performance réelle interroge sérieusement l'intérêt de l'assurance vie pour les jeunes investisseurs. Dans un environnement financier en mutation, où de nombreux supports d'investissement émergent avec des promesses de rendement supérieures, l'assurance vie traditionnelle peine à convaincre par ses résultats.

Les fonds euros à 2% : une performance qui ne bat plus l'inflation

Les fonds en euros, qui constituent le socle sécurisé de nombreux contrats d'assurance vie, affichent des rendements moyens qui déçoivent de plus en plus. En deux mille vingt-quatre, la performance moyenne brute s'est établie autour de deux virgule six pour cent, certains contrats atteignant péniblement trois virgule cinq pour cent. Face à une inflation qui tournait autour de deux pour cent la même année, le gain réel s'avère dérisoire, voire négatif après déduction des frais de gestion qui oscillent généralement entre zéro virgule cinq et deux pour cent annuels. Même les offres promotionnelles qui promettent un rendement de quatre virgule cinquante pour cent net de frais de gestion sur certains fonds euros en deux mille vingt-six et deux mille vingt-sept restent conditionnées et temporaires. Pour un jeune investisseur disposant d'un horizon de placement long, capitaliser sur de telles performances revient à accepter une croissance patrimoniale extrêmement modeste, qui ne permettra pas de financer des projets ambitieux ni de compenser l'érosion monétaire sur la durée.

Le PEA et les ETF : des solutions plus dynamiques pour votre horizon long terme

Comparativement, d'autres enveloppes fiscales présentent des atouts indéniables pour les jeunes épargnants. Le plan d'épargne en actions permet d'investir directement sur les marchés boursiers avec une fiscalité avantageuse après cinq ans seulement, soit trois années de moins que l'assurance vie. Les fonds négociés en bourse, communément appelés ETF, offrent une diversification instantanée sur des indices internationaux avec des frais de gestion réduits, souvent inférieurs à zéro virgule deux pour cent annuel. Les unités de compte disponibles dans l'assurance vie ont certes affiché une performance moyenne nette d'environ quatre virgule un pour cent en deux mille vingt-quatre, mais elles ont également subi une chute de douze pour cent en deux mille vingt-deux, illustrant leur volatilité des marchés sans pour autant offrir la transparence et la flexibilité des ETF en gestion libre. De plus, près de cinquante-neuf pour cent des encours en produits structurés comportent un risque élevé selon les données de l'ACPR et de l'AMF publiées en deux mille vingt-quatre, rendant ces supports complexes à appréhender pour un jeune investisseur.

Une fiscalité avantageuse mais qui ne compense pas les inconvénients

On vante régulièrement les bénéfices fiscaux de l'assurance vie, notamment pour la transmission de patrimoine et l'optimisation successorale. Toutefois, ces avantages s'adressent principalement à des profils d'épargnants plus matures, ayant déjà constitué un capital conséquent et souhaitant organiser leur succession. Pour les moins de trente-cinq ans, ces arguments perdent largement de leur pertinence.

Les avantages fiscaux après 8 ans : trop lointains pour votre situation

L'exonération de droits de succession jusqu'à cent cinquante-deux mille cinq cents euros par bénéficiaire pour les primes versées avant soixante-dix ans constitue un atout majeur de l'assurance vie. Mais cette perspective de transmission de patrimoine apparaît bien éloignée des préoccupations immédiates d'un jeune actif qui cherche avant tout à se constituer une première épargne de précaution, financer un projet entrepreneurial ou acquérir sa résidence principale. De même, l'abattement fiscal annuel sur les gains après huit ans de détention suppose une patience et une stabilité financière que peu de trentenaires peuvent garantir. Les aléas professionnels, les changements de situation familiale ou les opportunités d'investissement immobilier rendent cet horizon fiscal difficilement tenable. La clause bénéficiaire, même optimisée, ne présente d'intérêt réel qu'à partir du moment où l'on dispose d'un capital substantiel à transmettre, ce qui n'est généralement pas le cas avant quarante ans.

Des frais de gestion qui grignotent silencieusement votre capital

Au-delà de la fiscalité, la structure tarifaire de l'assurance vie constitue un frein majeur à la performance réelle. Les frais d'entrée, bien que parfois nuls sur les contrats en ligne, peuvent atteindre cinq pour cent sur les contrats traditionnels distribués par les réseaux bancaires classiques. Les frais de gestion annuels oscillent entre zéro virgule cinq et deux pour cent selon les supports choisis, ce qui représente un prélèvement récurrent sur votre capital investi. À cela s'ajoutent les frais d'arbitrage lorsque vous modifiez la répartition de votre épargne entre fonds euros et unités de compte, ainsi que des frais sur versements pour certains contrats. Ces coûts cumulés réduisent mécaniquement le rendement net et peuvent transformer un placement théoriquement attractif en une solution médiocre sur le plan financier. Pour un jeune investisseur qui démarre avec des montants modestes, ces frais représentent une ponction proportionnellement plus importante que pour un épargnant confirmé disposant de dizaines de milliers d'euros. Enfin, la complexité des contrats rend difficile la comparaison réelle des offres, et nombreux sont ceux qui découvrent trop tard l'impact des frais cachés sur leur épargne. Plutôt que de subir cette opacité, privilégier des supports transparents comme les ETF ou des plans d'épargne en actions permet de maîtriser précisément les coûts et d'optimiser la croissance de son patrimoine.

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