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Le Sénégal

Les institutions en bref:

Depuis 1960, le Sénégal dispose d’une constitution, qui a été modifiée à plusieurs reprises (instauration d'un régime présidentiel - 3 mars 1963, passage du quinquennat au septennat). 

La nouvelle constitution, adoptée par le référendum constitutionnel du 7 janvier 2001, permet au président de la république de dissoudre l'assemblée nationale (ce que ne lui permettait pas l'ancienne Constitution sans une motion de censure contre le gouvernement), après les deux premières années de législature, ainsi que les communes et les communautés rurales.

Le nouveau texte élargit également les prérogatives du Premier ministre, supprime le Sénat et le Conseil économique et social, et réduit de sept à cinq ans le mandat du président, renouvelable une seule fois, précisant toutefois que l'actuel mandat de sept ans du président Abdoulaye Wade, élu en mars 2000, se poursuivra jusqu'à son terme.

Il introduit également plusieurs innovations:

Le premier ministre dispose de ses propres services qui constituent la Primature.

Le pouvoir législatif est exercé par une Assemblée nationale de 120 membres élue pour cinq ans.

Les élections aux législatives anticipées du 29 avril 2001 ont vu l'écrasante victoire de la coalition "Sopi" ("changement", en wolof) du président Abdoulaye Wade, qui a obtenu, avec 49,59% des voix, 89 sièges de députés sur les 120 de l'Assemblée.

Sur le plan territorial, un Gouverneur représente l’autorité centrale dans chacune des 11 régions, un Préfet au niveau du Département.  

Président de la République, Chef de l’État:

Me Abdoulaye Wade, élu président de la République sénégalaise le 19 mars 2000 et qui dirige le Parti démocratique sénégalais (PDS), qu'il a fondé en 1974 pour s'opposer au régime du Parti socialiste (Abdou Diouf).

Me Wade a obtenu 968.526 voix, soit 58,50 % des suffrages valablement exprimés, contre 687.064 (41,50 %) pour Abdou Diouf. Le taux de participation à ce second tour a été de 60,77 %, soit 1.666.045 votants sur 2.741.528 électeurs inscrits.

Lors du premier tour, disputé par huit candidats, Abdou Diouf était arrivé en tête avec 41,3 % des voix contre 31 % pour le président élu.

Entre les deux tours, Me Wade avait reçu le soutien de 5 candidats ayant participé au premier tour. Un seul candidat, Djibo Ka, avait demandé à ses militants de voter pour Diouf.

Premier ministre: Idrissa Seck, nommé Premier ministre du Sénégal le 4 novembre 2002.

A 43 ans et en devenant Premier ministre du Sénégal, Idrissa Seck continue de gravir les échelons du pouvoir dans l'ombre du président libéral Abdoulaye Wade, dont il est considéré de longue date comme l'éminence grise. 

Depuis 1998, il est aussi le numéro deux du Parti démocratique sénégalais (PDS), la formation d'Abdoulaye Wade. A ce titre, il a conduit aux législatives d'avril 2001 la coalition "Sopi" (changement, en wolof) formée autour de la mouvance présidentielle, remportant 89 des 120 sièges à l'Assemblée nationale.

Homme d'affaires et consultant en "management", spécialisé en finance et stratégies de développement, il a opéré dans les années 90 dans le secteur privé tout en continuant à tracer son chemin au PDS, parti qu'il a rejoint dès l'âge de 15 ans.

Les Sénégalais l'avaient "découvert" en 1988, alors qu'il avait 29 ans, quand Abdoulaye Wade avait fait de lui son directeur de campagne pour la présidentielle, perdue face au PS.

L’économie en bref:

Après une période difficile, le Sénégal a repris depuis le milieu des années 1990 le chemin de la croissance.

Moins bien doté en ressources naturelles que d’autres, le Sénégal dispose néanmoins d’atouts économiques sérieux, liés en particulier à sa situation géographique.

Son littoral est favorable à la pêche tandis que ses plages sont la plus proche destination balnéaire hivernale pour les touristes européens.

A côté de l’arachide, les travaux plus récents de mise en valeur de la vallée du fleuve Sénégal et de la zone côtière favorisent la diversification des cultures, tant vivrières que tournées vers l’exportation.

L’exploitation des phosphates a donné naissance à une importante industrie chimique.

Dakar, grande capitale abritant de nombreuses industries et activités de services est une des portes de l’Afrique vers le reste du monde.

Les ressources naturelles:

Le Sénégal dispose d’un certain nombre de matières premières identifiées, dont la plupart, à l’exception des phosphates ne sont encore pas ou guère exploitées.

Le sel marin du Sine-Saloum est exploité industriellement près de Kaolack.

Les matériaux de construction: attapulgite (matériau argileux isolant), marbre (près de Kédougou), calcaire (Bargny)...

Bien que la présence d’or ait été repérée depuis longtemps dans la vallée de la Falémé, l’exploitation reste artisanale (orpaillage).

L’exploitation des gisements de fer de la Falémé (aux réserves substantielles et de haute teneur) se heurte à l’importance des investissements nécessaires pour l’évacuation du minerai.

Des indices de cuivre, manganèse, étain, plomb, molybdène, tungstène, lithium, tantale, tourbe ont été trouvés dans l’Est du pays.

Le petit gisement de gaz naturel de Diam Niadio est en exploitation.

De nouvelles découvertes plus importantes ont eu lieu récemment dans la même région.

Enfin, de petites quantités de pétrole ont été extraites du gisement de Diam Niadio et un important gisement offshore a été identifié sur le littoral sud, mais il s’agit d’un brut lourd (de type vénézuélien), dont l’exploitation est jugée non rentable actuellement.

Les religions:

Si le catholicisme (religion de Léopold Sédar Senghor, premier président du Sénégal 1960-1980) exerce une certaine influence, l’islam est très présent.

Les confréries islamiques (en arabe "tariqa" qui signifie "voie" ou "méthode" ) se rattachent au soufisme.

Chaque confrérie se réfère à l’enseignement d’un "sage" qui fut son fondateur historique.

Deux grandes confréries dominent l’islam sénégalais: les Tidjanes et les Mourides. Ces derniers trés impliqués dans l’économie arachidière, ont édifié la mosquée de Touba, la plus grande d’Afrique subsaharienne, lieu important de pèlerinages.

Dakar, capitale industrielle:

Dakar est une ville industrielle qui accueille la grande majorité des usines fonctionnant dans le pays, à l’exception de celles situées près des ressources naturelles.

La plus forte concentration d’industries légères se situe dans le quartier Est de la ville tandis que l’industrie lourde occupe le littoral sud (raffinerie de Mbao, centrales électriques de Bel-Air et du Cap des Biches).

La vie économique de Dakar s’appuie sur son port et son aéroport international (Dakar -Yoff).

Gouvernements et organismes internationaux y ont établi des bureaux régionaux notamment la Banque Centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) et de nombreuses entreprises leurs sièges sociaux.

Ces différentes fonctions ont favorisé l’extension du secteur des services, alors que la présence de la principale université du pays facilite le recrutement de cadres et spécialistes locaux.

Son équipement hôtelier et ses infrastructures d’accueil permettent à Dakar d’être une ville de congrès et salons ainsi qu’un centre touristique important.

Toutefois, certains services de base souffrent de difficultés: électricité insuffisante, déficit d’alimentation en eau potable, circulation difficile dans la ville et dans certaines parties du pays.

Kaolack, pôle économique:

Le bassin arachidier et sa capitale économique, Kaolack, troisième ville du pays, souffrent aujourd’hui du déclin de l’arachide.

Le regain du secteur agricole passe par la diversification des cultures (mil, maïs, coton… ) ainsi que par la transformation et la commercialisation locale des produits agricoles.

Située sur le Saloum (un fleuve côtier intégralement salinisé), Kaolack est le pôle de l’industrie du sel au Sénégal.

Les ressources de la Casamance:

La Casamance dispose de grandes richesses potentielles: tourisme, ressources agricoles, pêche, bois.

Mais la situation politique liée aux manifestations indépendantistes (le mouvement indépendantiste concerne surtout la Basse-Casamance, autour de la région de Ziguinchor) limite la croissance de l’activité touristique alors même que Cap-Skiring est aujourd’hui doté d’un aéroport international.

Le coup d’État Gambien de 1995 a également retardé les projets d’infrastructures permettant de traverser l’enclave gambienne et de mieux relier la Casamance au reste du pays.

Le Sénégal a décidé d'investir 114 milliards F.CFA (1,14 milliard FF) en Casamance pendant les 5 prochaines années.

L'enveloppe financière doit tout d'abord aider au lancement d'un programme d'urgence, axé autour de la question des déminages, pour faciliter le retour des populations ayant fui la guerre et permettre la reprise des activités socio-économiques.

Il est également prévu des actions de développement pour la relance de l'économie de la région méridionale du pays.

Ces actions seront en priorité orientées vers le désenclavement de la région à travers la réhabilitation de toutes les voies de communications.

Il est ainsi prévu de faire du Port de Ziguinchor un "port franc" devant servir de plaque tournante pour le commerce vers le sud du Sénégal, la Guinée-Bissau la Guinée-Conakry et la Gambie.

Les investissements prévus doivent également aider à la reprise de projets suspendus en raison de l'instabilité, notamment le Projet de développement de la basse Casamance (Derbac) et le Projet des eaux du sud (Projes), initialement financé par le gouvernement américain.

Le village du Club Méditerranée de Cap Skirring a investi 1 milliard de F Cfa (10 millions de FF) en 1999.

Un grand projet: le barrage de Manantali

Ce projet multinational (Sénégal, Mali, Mauritanie), dont le maître d’ouvrage est l’Organisation de mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), comprend un barrage et une centrale hydroélectrique de 200 MW à Manantali (5 turbines de 40 MW), et l’interconnexion des réseaux électriques des trois pays.

Pour assurer la distribution (33 % pour le Sénégal, 52 % pour le Mali et 15 % pour la Mauritanie), l’OMVS a mis sur pied, début 1997, une Société de gestion de l’énergie de Manantali (Sogem).

Trois nouveaux barrages seront par ailleurs construits prochainement sur le fleuve Sénégal par l'OMVS.

Deux des futurs ouvrages à Félou et Gouina (sur le fleuve Sénégal) vont produire entre 400 et 560 GWH/an, soit un peu plus de l'équivalent du barrage de Manantali.

Quant au troisième ouvrage, prévu sur la Faléme, un affluent du fleuve, il sera un barrage de retenue destiné à augmenter le débit du fleuve et le développement de la culture irriguée.

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