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Le Niger |
Le commandant Daouda Mallam Wanké, chef de la junte et président du Conseil de réconciliation nationale (CRN) composé de 14 officiers, avait été nommé chef de l'Etat deux jours après l'assassinat le 9 avril 1999 du président Ibrahim Baré Maïnassara, lui même arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en janvier 1996, puis élu président de la République du Niger en juillet de la même année au suffrage universel.
Le putsch avait alors été condamné par l'ensemble de la communauté internationale et plusieurs pays avaient suspendu leur coopération avec le Niger, dont la France, son principal bailleur de fonds.
Les élections législatives et présidentielle annoncées par le commandant Wanké ont vu la victoire le 24 novembre de M. Tandja, colonel à la retraite, élu président avec 59,89 % des voix (contre 40,11 % pour Mahamadou Issoufou). M. Tandja s'est assuré une forte majorité de 55 élus (sur un total de 83 députés) à l'assemblée nationale.
La fin de la transition conduite par le Conseil de réconciliation nationale (CRN) a été annoncée le 21 décembre 1999 par le commandant Wanké.
Le nouveau président du Niger, Mamadou Tandja, a été officiellement investi pour un mandat de 5 ans le 22 décembre 1999.
Le 31 décembre1999, M. Hama Amadou a été nommé Premier ministre par décret présidentiel.
Dans la nomenclature des Nations-Unies, le Niger figure parmi les Pays les moins avancés (PMA).
La FAO qui a établi une nomenclature selon des critères sensiblement différents, classe le Niger parmi les pays à faibles revenus et parmi les pays à déficit vivrier.
Pour le Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD), le pays figure au 173 ème rang dans le classement par indice de développement humain.
On le savait: la position sahélienne du Niger contribue largement à maintenir un très faible niveau de développement. Depuis plusieurs années, les priorités du pays portent donc sur la satisfaction immédiate des besoins des populations, sur l'amélioration des conditions sanitaires et sur la formation des tranches d'âge les plus jeunes qui représentent une partie croissante de la population: la moitié des quelque 10 millions d'habitants est âgée de moins de 20 ans.
Programme cadre de lutte contre la pauvreté:
La stratégie du gouvernement en matière de lutte contre la pauvreté a été finalisée dans le Programme cadre de lutte contre la pauvreté (PCLCP) que le gouvernement a présenté lors d'une "Table ronde pour le Niger" qui s'est déroulée à Genève, les 10 et 11 mars 1998.
Les autorités du pays estiment que "la situation du Niger n'est pas seulement due à la pauvreté intrinsèque du pays, mais aussi à des éléments qui sont du domaine des politiques de développement".
C'est cet argument qu'ils ont développé devant les bailleurs de fonds.
Le PCLCP vise à démontrer que la pauvreté menace la stabilité et le développement du pays.
Les autorités ont sollicité des financements complémentaires pour accélérer la réalisation d'un programme-cadre initialement doté d'une enveloppe globale de 344 milliards de francs CFA.
Les bailleurs de fonds ont répondu favorablement aux exposés des motifs du pays puisqu'ils se sont engagés à couvrir près de 300 % des besoins de financement exprimés.
Etats-généraux du développement:
Pour répondre au plus près aux besoins réels des populations, plusieurs missions multi-disciplinaires, se sont succédées dans le pays (Banque mondiale, PNUD, représentants des différents domaines de compétence de l'Etat) pour "faire participer les populations, sous forme d'ateliers, pour que ce programme reflète fidèlement leurs aspirations.
Une Assemblée des chefs de projet doit se réunir à Niamey, avec la participation des autorités locales et coutumières.
Le Ministère du Plan veut faire de cette rencontre "une sorte d'Etats Généraux".
Selon le document ministériel, "il s'agit de donner la parole aux populations qui en seront les premiers bénéficiaires et les premiers acteurs.
Là aussi, il s'agit de décentraliser les projets, en passant par les communautés rurales organisées librement en coopératives et dans d'autres structures participatives.
Les projets seront élaborés avec l'appui d'équipes pluridisciplinaires, constituées au niveau sous-régional et faisant largement place au concours des structures associatives, des ONG et des opérateurs privés.
Le Programme de relance économique a comme point focal la relance du secteur rural qui inclut naturellement l'agriculture et l'élevage mais aussi l'environnement et l'hydraulique.
L'agriculture emploie en effet 90 % de la population active du pays.
Selon les différentes études réalisées par les bailleurs de fonds, plus des deux tiers de la population vivent en-dessous du seuil de pauvreté et 35 % en dessous d'un "seuil extrême de pauvreté".
Il n'est pas prévu d'amélioration immédiate sensible de cet état de fait puisque le taux de croissance démographique atteint les 3 % par an pour un taux moyen de croissance de la production agricole de 2 %.
La BAD a signé avec le Niger un accord cadre aux termes duquel elle a accordé un crédit de 13 milliards FCFA, en trois versements, qui lui permet de bénéficier "du produit de certaines ressources, des reliquats de projets clôturés, des projets en difficulté dont l'exécution allait conduire à un échec".
Ce crédit permet de régler les arrièrés, le différentiel étant consacré au soutien du programme d'ajustement structurel et à la constitution d'une provision destinée à soutenir les échéances dues à la BAD, du fait de la reprise de son programme avec le Niger.
Via le Fonds africain de développement (FAD), la BAD a également accordé un prêt global de 10,6 milliards de francs dont 6,5 milliards pour la mobilisation des eaux de ruissellement à Tahoua. Les 4 autres milliards seront consacrés à l'aménagement et à la mise en valeur de 12.000 ha, au développement de la production animale et à l'accroissement du cheptel.
Le programme d'investissement:
L'instrument essentiel de mise en oeuvre du plan de relance est le Programme d'investissement de l'État. Il couvre une période de trois ans. L'enveloppe fondamentale (300 milliards FCFA) représente la contribution de l'État à l'effort d'investissement. Les efforts du gouvernement s'articulent selon trois volets:
- l'amélioration de la sphère économique des pauvres à travers la généralisation d'emplois de type haute intensité de main-d'œuvre, notamment en zone rurale
- le renforcement des services sociaux essentiels (santé, éducation et besoins en eau potable) dans un souci de valorisation des ressources humaines
- le renforcement des capacités institutionnelles de l'Etat