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  LA GUINÉE BISSAU

Une économie dégradée:

L'économie et la société de la Guinée Bissau apparaissent très dégradées. Outre les raisons politiques et sociales, les causes en sont connues:

- insuffisance de la gestion économique et absence de maîtrise du processus de libéralisation de l'économie,

 - productivité insignifiante de l'appareil administratif,

- poids des prélèvements publics,

- manque de dynamisme du secteur privé;

- délabrement des systèmes éducatif et de santé.  

Lutte contre la pauvreté et développement social:

Les conséquences de ces évolutions, par-delà la situation de guerre civile dont le pays commence à peine à se sortir, sont préoccupantes: la Guinée Bissau figurait en 1996 au 161e rang (163e en 1997) du classement de l'indice de développement humain, avec une espérance de vie de 44 ans, une mortalité infantile élevée, des taux d'alphabétisation pour les adultes de 53% (85% des femmes sont analphabètes) et de scolarisation de 25%. Il existe en outre de fortes disparités entre urbains et ruraux en matière d'accès à l'eau potable et d'assainissement et un décalage important existe dans l'accès aux revenus monétaires puisque 90% de la population vit avec moins de 600 F CFA par jour.  

Avenir à court et moyen terme:

Les choix de politiques économiques et leurs conséquences en matière d'environnement social ou de distribution de revenus se sont dans l'ensemble, depuis l'indépendance, révélés négatifs et ont conduit la Guinée Bissau à accepter des programmes d'ajustements structurels successifs très contraignants pour les populations urbaines et rurales les plus défavorisées.

L'entrée dans l'UEMOA et l'intégration dans la Zone Franc ont constitué des choix courageux qui donnaient au pays une chance de décollage économique et social. Les premiers indices à court terme disponibles (taux de croissance, accroissement de la masse monétaire, sécurisation des échanges, développement de l'usage du français, etc.) étaient encourageants. Les derniers événements ont compromis ce redressement. Même en comptant sur un prompt règlement politique de la crise, l'économie bissau guinéenne, qui ne dispose ni des potentialités, ni des structures, ni des compétences nécessaires à une reprise rapide, connaîtra une stagnation.

Le pays aura à relever de nombreux défis : à ceux de l'intégration régionale et du désendettement vont s'ajouter ceux de la reconstruction. Dans la période qui s'annonce, l'incertitude demeure, portant en elle des risques de déstabilisation régionale : ce contexte amène les bailleurs de fonds à intervenir rapidement.

Le 22 décembre 2000, l'Union européenne (UE) a accordé une aide de 2,6 milliards de Francs CFA (26 millions FF) à la Guinée Bissau pour financer le développement de l'éducation et de la santé. Ce montant constitue la première tranche d'un aide globale de 17 milliards de F CFA (170 millions de FF) promis à la Guinée Bissau. Le montant reçu servira à "éponger les arriérés de salaire et de primes de tout le personnel enseignant". La construction de laboratoires dans les écoles, le recrutement d'enseignants et l'octroi de bourses aux étudiants bissau-guinéens à l'étranger seront également financé grâce à cet appui.