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REUNION DES MINISTRES DES FINANCES DE LA ZONE FRANC
- Paris, le 24 Septembre 2002 -
COMMUNIQUE DE PRESSE
Les ministres des finances et les gouverneurs des Banques centrales des Etats membres de la Zone franc se sont réunis le mardi 24 septembre 2002 à Paris, sous la présidence de M. Francis MER, ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, et de M. Pierre-André WILTZER, ministre délégué à la coopération et à la francophonie.
Leurs travaux ont porté en particulier sur le NEPAD et la préparation du prochain sommet du G8, sur le développement de l'investissement privé et des marchés financiers et sur la convergence des politiques économiques des pays de la zone.
Pour la première fois, des intervenants du secteur privé ont pu s'entretenir avec les ministres.
NEPAD ET G8 D'EVIAN :
Les ministres se sont félicité de la priorité, confirmée par la récente Assemblée générale des Nations Unies, donnée à l'Afrique par le Président de la République française pour le prochain sommet du G8 à Evian, prévu le 1er juin 2003.
Ils ont constaté que les pays industrialisés pourraient ainsi poursuivre leur dialogue constructif avec les pays africains, notamment dans le cadre du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) mis en place par les Chefs d'Etat du continent africain et qui marque une volonté politique commune pour œuvrer au développement de l'ensemble du continent.
Les ministres, les gouverneurs des Banques centrales des Etats membres de la Zone franc et les responsables des instances régionales ont pu s'entretenir du NEPAD et du G8 avec Michel Camdessus, représentant personnel pour l'Afrique du président Jacques Chirac.
Ils ont rappelé que leurs pays avaient d'ores et déjà, au niveau de leurs institutions régionales, mis en place des mécanismes de revue des politiques macroéconomiques et se sont déclarés prêts à partager cette expérience avec les autres pays africains pour la mise en œuvre d'une revue par les pairs dans la cadre du NEPAD.
Les Ministres souhaitent faire progresser les travaux pour la mise en œuvre du NEPAD dans leurs pays respectifs en liaison avec leurs structures régionales. Ils souhaitent pour cela être accompagnés par leurs partenaires au développement.
INVESTISSEMENT PRIVÉ ET MARCHÉS FINANCIERS :
Les ministres et gouverneurs ont constaté que l'épargne locale se portait insuffisamment vers l'investissement productif et que l'investissement privé était aujourd'hui insuffisant.
Marchés financiers :
Les ministres et gouverneurs ont marqué leur satisfaction sur les progrès importants accomplis dans la Zone franc pour la définition d'un cadre réglementaire pour les émissions obligataires des États de la Zone.
Ils ont reconnu que ce dispositif pouvait fortement contribuer au développement dans les prochaines années d'un marché de titres publics.
Ils ont reconnu que les progrès réalisés en terme de convergence économique et budgétaire auraient un impact décisif sur l'attrait de leurs émissions auprès des investisseurs.
Investissement privé :
Dans le prolongement de leurs précédentes discussions sur l'investissement privé, les ministres se sont entretenus avec des représentants du secteur privé et ont décidé le lancement de plusieurs initiatives :
- Ils ont souhaité avoir à nouveau des échanges avec les entreprises privées africaines et françaises à l'occasion de leur prochaine réunion en avril 2003, afin de faire émerger les bonnes pratiques en identifiant les initiatives réussies ou ayant échoué.
- Ils ont demandé aux instances nationales et régionales de la Zone franc (UEMOA et CEMAC) de renforcer les dispositifs de suivi du climat de l'investissement. Ces travaux devront prendre en compte la perception des investisseurs et chercher à l'améliorer.
- Ils ont souhaité que ce suivi soit effectué de manière régulière par leurs instances communautaires et qu'il bénéficie d'un appui des bailleurs de fonds pour son lancement, notamment à travers la constitution d'un groupe de travail avec l'AFD. Compte tenu de l'importance de la sécurité juridique et judiciaire comme déterminant de l'investissement, ils reconnaissent toute l'importance de l'OHADA et souhaitent faire examiner par leurs experts d'ici la prochaine réunion des ministres de la Zone franc, le plan d'action que l'institution se propose d'adopter.
- Ils se sont félicité des travaux engagés par les experts de leurs pays sur la question de l'investissement, s'agissant du renforcement du cadre juridique de l'investissement comme du développement des partenariats public-privé.
- Constatant la nécessité d'améliorer l'image des pays africains pour les investisseurs, image qui ne correspond pas à la réalité, ils ont apprécié les actions menées par le site «investir en zone franc», www.izf.net, et salué le lancement en son sein de l'espace «Entreprises» le 23 septembre 2002.
DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE :
Convergence des politiques économiques :
La croissance économique devrait se renforcer en 2002, après un premier raffermissement en 2001 par rapport à 2000.
Dans cette perspective et dans la ligne des engagements qu'ils ont pris lors de leurs dernières réunions, les ministres insistent sur la nécessité de :
- Consolider des politiques économiques et budgétaires saines, pour renforcer les progrès de la convergence et permettre aux économies de la Zone franc de tirer davantage profit de la stabilité de leurs monnaies;
- Porter une attention renforcée à la maîtrise des dépenses salariales et au maintien d'un niveau adéquat d'investissement public. renforcer les réformes structurelles et les capacités institutionnelles.
Soutenabilité des finances publiques et gestion de la dette publique :
Les ministres et les gouverneurs ont pris acte des conclusions du séminaire pour décideurs, qui s'est déroulé à Yaoundé en mars 2002 sur la soutenabilité des finances publiques et la viabilité de la dette publique.
Ils ont par ailleurs approuvé les recommandations visant à préserver la viabilité de la dette publique au-delà des points d'achèvement de l'Initiative PPTE et ont chargé les institutions régionales concernées de les mettre en œuvre.
Lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme :
Les ministres et gouverneurs ont noté avec satisfaction que des progrès ont été réalisés dans la mise en place avant fin 2002 d'une législation contre le blanchiment des capitaux et contre le financement du terrorisme.
En effet, une directive et un règlement ont été adoptés par l'UEMOA le 19 septembre dernier et le processus d'adoption d'un projet de règlement communautaire est en cours au sein de la CEMAC.
De même, un texte de loi doit être adopté dans l'Union des Comores d'ici fin 2002. Les ministres ont réaffirmé leur détermination de mettre ces textes en application dans les meilleurs délais.
Source: Ministère français de l'Économie et des Finances, Septembre 2002
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