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La corruption quotidienne au Bénin

Résumé du rapport: 

Le Bénin est un pays d’Afrique subsaharienne francophone considéré comme un modèle d’État de droit et de démocratie émergente, depuis la Conférence nationale de février 19902, dans un univers politique ouest-africain fait d’incertitudes multiples et de crises politiques à répétition. Il connaît, depuis le début des années 1990, une croissance économique continue de l’ordre de 4 à 5 % par an après une période de récession profonde aucours de la décennie 1980, récession qui a culminé en 1989 (croissance négative de -2,9 %) après 17 années de régime marxiste-léniniste3. Depuis 1990, le pays est un vaste chantier de réformes souvent entamées mais non encore achevées comme : la réforme administrative, la réforme judiciaire, la décentralisation, le nouveau code des marchés publics, les différentes réformes budgétaires (système intégré et informatisé de l’exécution du budget national, budget-programme) et élaboration du document de stratégie de lutte contre la pauvreté dans le cadre de l’initiative du G8 en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) dont le Bénin est un des bénéficiaires. Le Bénin est aussi un pays où officiellement le gouvernement s’est engagé, en collaboration avec la « société civile », à promouvoir la bonne gouvernance dans le service public et à lutter contre la corruption, à travers plusieurs initiatives appuyées par des organismes bilatéraux et multilatéraux de coopération au développement. La création en 1996 de la Cellule de moralisation de la vie publique (CNMVP) rattachée à la Présidence de la République, qui fait suite à l’éphémère structure SOS-Corruption (1995-96), ainsi que l’organisation en mars 1999 du Forum national des ONGs contre la corruption (FONAC), témoignent de cette abondante activité autour de la question de la corruption. C’est donc un pays où le discours sur la corruption n’est pas tabou et où il existe une presse foisonnante (plus de 60 titres dont une dizaine de quotidiens) et libre qui aborde tous les sujets d’actualité possibles. Le Bénin est également voisin d’un grand recordman de la corruption, le Nigeria, selon le classement de Transparency International en 1997, avec lequel il partage du Nord au Sud environ 800 km de sa frontière orientale. Le contrôle de cette frontière reste un défi permanent pour le pouvoir central qui n’est jamais véritablement parvenu à exercer un contrôle sur les transactions économiques transfrontalières, qui s’enchâssent dans des relations historiques et ethniques profondes. C’est enfin un pays disposant d’un port qui joue une fonction d’entrepôt pour les États voisins et où l’activité de transit et de commerce de réexportation constitue l’une des principales sources de revenus (Igué 1998), mais aussi l’une des branches d’activité les plus exposées aux pratiques de corruption : le secteur des transports et du commerce est le lieu d’une série de transactions économiques mettant en relation de nombreux corps de contrôle comme la police, la gendarmerie et la douane avec des usagers qui ont fait de la fraude en tout genre et de l’ancrage dans l’informel une véritable éthique entreprenariale.

De façon générale, le Bénin vit une certaine crise de confiance entre l’administration et ses usagers qui se traduit par la recherche effrénée de raccourcis et de mise en oeuvre de stratégies de contournement des normes procédurales pour avoir accès aux prestations du service public dans tous les secteurs. La conviction que tout est corrompu et qu’il n’y a pratiquement pas de moyen de s’en sortir autrement est devenue une sorte d’image populaire qui en retour semble produire et entretenir la corruption comme un système normal de fonctionnement de la société et de l’économie, installant ainsi les acteurs sociaux dans une sorte de cercle vicieux, dont on cherche plus à s’accommoder qu’à sortir.

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PDF icon la_corruption_quotidienne_au_benin.pdf
Date du rapport: 
Dimanche, 1 Janvier, 2006
Nom de la structure: 
LASDEL (Laboratoire d'Etudes et de Recherche sur les Dynamiques Sociales et le Développement Local)
Contact de la structure: 
LASDEL BP : 12901 Niamey Niger Email : lasdel@lasdel.net, Tél : (227)20723780
Auteurs: 
Nassirou BAKO ARIFARI
Etude commandé par: 
LASDEL (Laboratoire d'Etudes et de Recherche sur les Dynamiques Sociales et le Développement Local)