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La situation économique et financière de l'Union
(Extrait du Rapport d'Exécution de la Surveillance Multilatérale de l'UEMOA, Décembre 2002)

NB: Pour le Mali et le Niger, le PIB a été calculé à partir de la nouvelle méthode qui rend les PIB des Etats de l'Union plus comparables. Ceci a eu un impact sur les taux de croissance de 2001 et les prévisions pour 2002.


En 2002, le rythme de l'activité économique dans l'Union devrait se maintenir au même niveau que celui de 2001, soit 3,9 %. A la suite des troubles en cours en Côte d'Ivoire depuis le 19 septembre 2002, la croissance ne serait plus que de 2,7 %. Le taux d'inflation annuel moyen se situerait à 2,9 % contre 4,1 % en 2001.


Au plan des finances publiques, le déficit budgétaire global hors dons s'aggraverait pour se situer à 5,3 % du PIB contre 4,1 % en 2001, la progression attendue des recettes étant moins soutenue que celle des dépenses. La situation des finances publiques resterait, par ailleurs, marquée par le poids de la dette et l'accumulation de nouveaux arriérés de paiement intérieurs et extérieurs dans certains Etats membres.


S'agissant des échanges extérieurs, le déficit extérieur courant hors dons par rapport au PIB se réduirait légèrement en passant de 6,3 % en 2001 à 6,2 % en 2002.


En ce qui concerne, la situation monétaire de l'Union, elle caractériserait par un accroissement des avoirs extérieurs nets, une baisse des crédits intérieurs et une hausse de la masse monétaire, la baisse des crédits ayant été plus que compensé par la hausse des avoirs extérieurs nets.


L'état de convergence indique qu'aucun Etat ne respecterait l'ensemble des huit critères l'ensemble des huit critères.


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Situation économique récente :


Selon les projections initiales fondées sur une normalisation de la situation socio-politique dans l'Union et une reprise de la coopération avec la communauté internationale, le taux de croissance économique de l'Union se maintiendrait au même niveau que celui qu'en 2001.


L'évolution de l'activité économique dans l'Union, au cours des trois premiers trimestres de l'année, indiquait un taux de croissance de 3,9 % en 2002. Avec la crise socio-politique en cours en Côte d'Ivoire depuis le 19 septembre 2002, cette perspective de croissance a été révisée à la baisse pour se situer à 2,7 % (ce taux ne teint pas compte de l'impact de la crise en Côte d'Ivoire sur les autres États membres de l'Union). Cette baisse s'explique essentiellement par les contraintes qui pèsent sur l'économie ivoirienne et qui ont entraîné une réestimation du taux de croissance qui s'est situé finalement à 0 % pour des prévisions initiales de 3 %.


Les États qui enregistreraient une croissance relativement élevée sont le Bénin, le Burkina et le Sénégal avec respectivement un taux de 6,0 %, 5,6 %, et 4,8 %. Pour le Sénégal, le taux de croissance calculé à partir des PIB plus comparables, serait de 2,4 %, ce qui entraînerait une nouvelle révision à la baisse du taux de croissance de l'Union. Quant aux autres Etats, leur croissance devrait être moins vigoureuse. En particulier, elle se situerait à 0,0 % pour la Côte d'Ivoire et à -4,2 % pour la Guinée Bissau.


Pour 2003, la croissance serait de 2,5 %, sous l'hypothèse que la crise serait terminée avant la fin du premier trimestre 2003.


En 2002, la croissance est attendue dans un contexte marqué par une baisse de l'inflation. Le taux d'inflation annuel moyen se situerait à 2,9 % contre 4,1 % en 2001. La baisse attendue de l'inflation est liée aux résultats satisfaisants des campagnes agricoles dans certains Etats membres.


Au plan des finances publiques, les recettes budgétaires augmenteraient de 6,7 % pour représenter 16,9 % du PIB contre 16,6 % en 2001. En particulier, les recettes fiscales progresseraient de 7,3 % portant ainsi la pression fiscale à 15,2 % contre 14,9 % en 2001.


Les dépenses totales et prêts nets progresseraient de 12,5 % pour s'établir à 22,2 % du PIB contre 20,7 % en 2001. Cette évolution à la hausse des dépenses publiques serait portée essentiellement par les dépenses en capital qui progresseraient de 29,3%. Cette accélération traduit une hausse simultanée des deux composantes à hauteur de 29,5 % pour la composante financée sur ressources internes et de 29,2% pour celle financée sur ressources externes. Quant aux dépenses courantes, elles n'ont progressé que de 3,4 % malgré la hausse des salaires de 6,9 %, suite au dégel des promotions et avancements et à la valorisation du point indiciaire dans certains Etats membres.


Au total, l'exécution des opérations financières des Etats se traduirait par une aggravation du déficit budgétaire global hors dons qui s'établirait à 5,3 % du PIB contre 4,1 % en 2001. De même, le déficit budgétaire global passerait de 1,5 % en 2001 à 2,8 % en 2002. Cette situation a entraîné des tensions de trésorerie qui se traduites par un recours accru aux concours de la Banque Centrale et des accumulations d'arriérés par les Etats membres qui ne bénéficient pas de financements extérieurs importants.


La situation des finances publiques reste, par ailleurs, marquée par le poids de la dette qui demeure une contrainte majeure à l'assainissement des finances publiques. Face à cette contrainte, seul un traitement de fond dans le cadre de l'Initiative en faveur des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) permettra d'alléger le fardeau de la dette et de promouvoir une croissance économique soutenue et durable.


Tous les Etats membres de l'Union, excepté la Côte d'Ivoire et la Togo, ont atteint le point de décision. Le Burkina Faso est le seul Etat membre qui a atteint le point d'achèvement en avril 2002. Il est prévu que le Mali atteigne le point d'achèvement en décembre 2002 ; le Bénin et le Niger en 2003. Quant au Sénégal, le point d'achèvement reste flottant. Le programme mis en place par la Guinée Bissau a connu des dérapages en 2001. Cette situation risque de retarder l'adoption du DSRP final, initialement prévu en 2002.


Les Etats devront donc accélérer la mise en œuvre des réformes structurelles ainsi que l'élaboration des DSRP finaux afin d'accéder au point d'achèvement dans les meilleurs délais.


En 2003, les recettes budgétaires totales devraient progresser de 7,3 % pour représenter 17,1 % du PIB. Cette évolution proviendrait essentiellement de la hausse de 8,4 % des recettes fiscales portant ainsi le taux de pression fiscale à 15,6%.


Quant aux dépenses et prêts nets, ils progresseraient de 6,7 % pour représenter 22,3 % du PIB. Cette hausse résulterait de l'accroissement des dépenses courantes de 3,4 % et des dépenses en capital de 5,4 %. L'augmentation des dépenses d'investissement s'explique par l'accroissement de 14,3 % de la composante financée sur ressources internes la composante financée sur ressources externes étant attendue en baisse de 0,2 %. Au total, l'exécution des opérations financières se traduirait en 2003 par un déficit global hors dons de 5,2 %. Le solde global hors ressortirait à 2,8 %.


S'agissant des échanges extérieurs, ils se traduisent par une légère amélioration du solde courant hors dons, en dépit de la détérioration des termes de l'échange résultant essentiellement de la baisse des cours des matières premières, à l'exception du cacao et de l'or, exportées par les Etats membres de l'Union. Cette évolution enregistrée résulterait notamment de la baisse de l'excédent des transferts courants dont l'impact serait partiellement compensé par le renforcement de l'excédent de la balance commerciale. Au total, le déficit courant extérieur, hors transferts officiels, rapporté au PIB nominal se situerait à 6,2 % (ce solde ne prend pas en compte l'impact de la crise ivoirienne sur les comptes extérieurs) contre 6,3 % en 2001.


La baisse de l'excédent des transferts courants résulte de la réduction des transferts courants en faveur des États membres de l'Union et du déficit des transferts nets au titre du secteur privé du fait principalement des sorties importantes de fonds des travailleurs immigrés en Côte d'Ivoire. L'amélioration de l'excédent commercial serait imputable essentiellement à la bonne tenue des cours du cacao de l'or et à la hausse des quantités exportées (coton, or).


Pour l'année 2003, sur la base des données disponibles, les prévisions des comptes extérieurs se caractériseraient par déficit du compte courant hors dons représentant 6 % du PIB. Cette évolution résulterait d'un accroissement de 7,7 % des importations plus forte que celle des exportations (6,6 %), nonobstant l'évolution favorable des prix des produits d'exportation (cacao, coton, or), en liaison essentiellement avec les achats au titre de biens d'équipement à effectuer dans le cadre de la mise en œuvre des programmes d'investissements publics et de produits alimentaires consécutivement à la mauvaise campagne agricole 2002/2003 enregistrée dans la plupart des pays du Sahel.


En ce qui concerne, la situation monétaire de l'Union, elle caractériserait par un accroissement des avoirs extérieurs nets, une baisse des crédits intérieurs et une hausse de la masse monétaire, la baisse des crédits ayant été plus que compensé par la hausse des avoirs extérieurs nets.


En effet, les avoirs extérieurs nets ont progressé atteindraient 2332,4 milliards en décembre 2002 contre 2162.2 milliards en décembre 2001, en relation avec la hausse des avoirs extérieurs nets de la Banque Centrale. L'encours des crédits intérieurs a baissé de 1,2 % sous l'effet conjugué de la baisse des crédits à l'économie et de l'amélioration de la Position Nette du Gouvernement qui se situerait à 869,5 milliards. De 887,3 milliards de décembre 2001, la PNG passerait à 869,5 milliards. Quant aux crédits à l'économie, ils baisseraient de 2873,4 milliards à 2846,5 milliards. Il en résulterait une progression de la masse monétaire de 6,4%.


En 2003 la situation monétaire se caractériserait par une croissance des avoirs extérieurs nets, des crédits intérieurs et finalement une croissance de la masse monétaire. Les avoirs extérieurs nets progresseraient de 8,6 % pour se situer à 2 532,5 milliards. Les crédits intérieurs augmenteraient de 1,3 % pour s'établir à 3 763,8 milliards. Cette évolution résulte par l'amélioration de la Position Nette du Gouvernement et de l'accroissement de 4,3 % des crédits à l'économie.


La Position Nette du Gouvernement ressortirait à 794,5 milliards et les crédits à l'économie à 2 969,3 milliards. L'amélioration de la Position Nette du Gouvernement s'explique, en partie, par la fin des concours au titre de l'article 16, l'encours à fin 2002 devant faire l'objet d'une consolidation assorti d'un plan d'apurement dont la mise en œuvre commence dès 2003. La hausse des crédits à l'économie serait réalisée sous l'hypothèse d'une amélioration de la qualité du portefeuille des banques, d'un recours accru des banques et des Etats au marché financier et d'un renforcement des fonds propres des banques.


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État de la convergence :


L'état de convergence se présente comme suit :


Critères de premier rang :

  • Ratio solde budgétaire de base sur le PIB nominal supérieur ou égal à 0 :
    Le Bénin, la Côte d'Ivoire et le Sénégal respecteraient ce critère. Ils réaliseraient, respectivement, des excédents de 0,8 %, 0,3 % et 2,0 %.
  • Le taux d'inflation annuel moyen maintenu à 3 % maximum par an :
    Cinq Etats membres respecteraient ce critère. Il s'agit du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d'Ivoire, du Niger, et du Sénégal. Le taux le plus élevé serait enregistré au Mali avec un taux de 5,1 %.
  • Le ratio de l'encours de la dette intérieure et extérieure rapporté au PIB nominal inférieur ou égal à 70% :
    Trois États membres à savoir le Bénin, le Burkina Faso et le Sénégal respecteraient ce critère en 2002. La Côte d'Ivoire, la Guinée Bissau, le Mali et le Togo auraient des taux d'endettement supérieurs à 100 %. Toutefois, dans le cadre de l'Initiative PPTE, le bénéfice des allègements attendus par certains États pourraient favoriser une amélioration du taux d'endettement dans l'Union.
  • Le critère de non accumulation des arriérés de paiement intérieurs et extérieurs sur la gestion de la période courante :
    Au moins trois États membres, la Côte d'Ivoire, la Guinée Bissau et le Togo, ne respecteront pas ce critère.

Critères de second rang :

  • Le ratio de la masse salariale sur les recettes fiscales, inférieur ou égal à 35 % :
    Trois Etats membres respecteraient ce critère. Il s'agit du Bénin, du Mali et du Sénégal. Les prévisions indiquent que pour le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, la Guinée Bissau et le Togo ce ratio se situerait au-dessus de 40 %. En particulier, il serait de 94,6 % pour la Guinée Bissau.
  • Le ratio des investissements publics financés sur ressources internes rapportés aux recettes fiscales, supérieur ou égal à 20%.
    Quatre États membres respecteraient ce critère. Il s'agit du Bénin, du Burkina, du Mali et du Sénégal. Les résultats attendus des autres États membres se situeraient dans la fourchette comprise entre 5,3 % et 14,0 %.
  • Le ratio du déficit extérieur courant hors dons par rapport au PIB nominal, inférieur ou égal à 5 %.
    La Côte d'Ivoire est le seul État membre qui pourrait respecter ce critère. Les autres États membres dégageraient un déficit compris entre 6,2 % et 21,1 %.
  • Le taux de pression fiscale, supérieur ou égal à 17 %.
    Seul le Sénégal respecterait ce critère. Les autres États membres réaliseraient un taux compris entre 7,5 % pour la Guinée-Bissau et 15,9 % pour la Côte d'Ivoire.

Source: Commission de l'UEMOA, Décembre 2002



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