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Au cours du premier semestre 1999, la conjoncture économique au Bénin a été
marquée par un redémarrage de l'activité industrielle après le repli enregistré à la
même période en 1998, en liaison avec la crise de l'énergie électrique. De plus, une
bonne pluviométrie a été observée augurant d'une augmentation de la production
agricole au cours de la campagne 1999-2000 qui viendrait renforcer les disponibilités
alimentaires en hausse de 15,2 %. Cette situation a permis de contenir les hausses de prix
dans des marges étroites. Par rapport, au premier semestre 1998, l'inflation s'est
située à 0,6 % contre 6,3 % une année plus tôt.
Sur une base annuelle, la croissance du PIB impulsée par la consommation des ménages
et les investissements publics, devrait s'établir à 5% contre 4,5 % en 1998. Au niveau
des échanges extérieurs, le déficit courant hors dons s'améliorerait en passant de 6,8
% du PIB en 1998 à 6,1 % en 1999. Ces performances qui seraient enregistrées dans un
contexte de poursuite de la maîtrise de l'inflation, amélioreraient le solde budgétaire
global dont l'excédent s'établirait à 1,4 % du PIB en 1999 contre 0,9 % en 1998, en
liaison avec la progression attendue des dons. Excepté le ratio relatif aux
investissements publics financés sur ressources internes rapportés aux recettes
fiscales, les critères de convergence seraient respectés en 1999.
La production du Bénin:
L'activité économique, avec un PIB projeté en volume à 738,5 milliards en 1999,
enregistrerait une croissance de 5 % en terme réel, soit une accélération de 0,5 point
par rapport au taux de 1998. Au niveau de l'offre, cette croissance serait impulsée par
les différents secteurs.
La production du secteur primaire connaîtrait, une croissance réelle
de 5,1 % contre 6,7 % en 1998 expliquée essentiellement par la production vivrière et
dans une moindre mesure par la reprise de la production cotonnière. En effet, la
production de coton, après deux années de stagnation liée notamment à la mauvaise
qualité des intrants et aux difficultés de gestion de la filière, devrait enregistrer
une croissance modérée de 4,5 % en 1999 pour atteindre 350.000 tonnes. La croissance du
secteur serait donc le fait des produits vivriers dont les performances devraient
s'expliquer par les effets de la bonne pluviométrie et la stratégie de couplage des
produits d'exportation avec ceux de vivriers, dans le cadre de la promotion de la
sécurité alimentaire. Toutefois, la production du secteur prévue à 292,5 milliards
représenterait 39,6 % du PIB en 1999, soit une stagnation par rapport à 1998.
Le secteur secondaire sous l'impulsion de la production des industries
non minières, devrait afficher un taux de croissance de 3,4 % en 1999 contre environ 1%
en 1998, reflétant ainsi la fin de la crise de l'énergie électrique. Cette
accélération du taux de croissance du secteur serait consécutive à une bonne
orientation de la conjoncture dans les branches industrielles excepté dans celle des
industries extractives constituées essentiellement de l'industrie du pétrole. Les
activités de cette industrie connaissent depuis la fin de l'année 1998, une cessation
temporaire pendant que les autres industries et les BTP, avec une valeur ajoutée
projetée à 106,3 milliards, enregistreraient une croissance de 6,9 %.
Quant au secteur tertiaire, il dégagerait la plus forte croissance,
en rapport avec le dynamisme attendu du commerce et des transports. En effet, l'activité
commerciale avec une valeur ajoutée de 113,3 milliards devrait augmenter de 6,3 % en 1999
contre 5,0 % en 1998. De même, l'accroissement de la production intérieure et de
l'activité portuaire stimulée par le transit en direction des pays limitrophes,
entraînerait une croissance de 6% des transports. Ces évolutions jointes à celle de 6,1
% des autres services marchands, permettraient à la production du secteur tertiaire
d'atteindre 338,8 milliards, en hausse de 5,5 % en 1999 contre 3,7 % en 1998.
Les secteurs primaire, secondaire et tertiaire enregistreraient des contributions
respectives au taux de croissance du PIB de 2 points, 0,5 point et de 2,5 points.
Du côté de la demande, la consommation finale et plus précisément
la consommation des ménages avec un volume de 586,7 milliards en 1999 et une contribution
à la croissance de 1,9 point demeurera l'élément moteur de la croissance du PIB en
1999. Son poids dans la structure du PIB faiblirait légèrement en passant de 81,5 % en
1998 à 79,4 % en 1999. Quant à la consommation publique, sa croissance stagnerait autour
de 2 % en rapport avec les efforts de maîtrise des dépenses publiques. Elle
représenterait 9,7 % du PIB contre 10,0 % en 1998.
S'agissant de la formation brute de capital fixe (FBCF), elle
enregistrerait une hausse de 8% contre 3 % en 1998, sous l'effet d'une accélération
imputable à la FBCF publique. Toutefois, sa part dans le PIB connaîtrait une légère
augmentation en passant de 13,4 % en 1998 à 13,7 % en 1999 en liaison avec la
décélération du taux de croissance de la FBCF privée. En effet, ce taux passerait de
9,9% en 1998 à 3,4 % en 1999. Par contre, au niveau de la FBCF publique, il est prévu un
retournement de tendance consécutif au dynamisme attendu des activités des bâtiments et
travaux publics, notamment la poursuite des travaux d'assainissement des principales
villes, la construction de l'autoroute Cotonou - Porto-Novo, l'aménagement de la route
Cotonou - Hillacondji. Ainsi d'une situation de baisse de 9,3 % en 1998, la FBCF publique
s'accroîtrait de 18,5 % pour s'établir à 34,6 milliards en 1999, ce qui correspond à
4,7 % du PIB contre 4,2 % environ, une année plus tôt.
La contribution du solde commercial à la croissance du PIB serait de 1,6 point.
En terme nominal, l'épargne intérieure brute, du fait de la
réduction de la part de la consommation dans le PIB, poursuivrait sa progression pour
atteindre 11,2 % du PIB en 1999 contre 10,4 % en 1998.
Le taux d'investissement se renforcerait également en atteignant 18,6
% en 1999 contre 18,3 % en 1998, en liaison avec le dynamisme des travaux
d'infrastructures économiques en cours de réalisation.
Prix et inflation au Bénin:
L'évolution des prix a été bien orientée en 1999 du fait de la fin de la crise
énergétique de 1998 et de l'abondance de l'offre des produits alimentaires.
En glissement annuel au premier semestre 1999 et sur les neufs premiers mois de la
même année, les prix ont progressé, respectivement de 0,6 % et de 0,8 %. Cette
maîtrise relative de l'inflation résulterait d'une part, de l'abondance de l'offre de
produits vivriers, en relation avec la bonne pluviométrie de cette année et, d'autre
part, des mesures de diversification agricole prises pour compenser les déficits de
produits vivriers généralement induit par le développement des cultures de rente dont
en particulier le coton.
Toutefois, la désinflation a été atténuée par la hausse saisonnière des prix des
articles scolaires en relation avec la rentrée. Sur la base des évolutions notées, le
taux d'inflation annuel moyen resterait en 1999, en dessous de la norme communautaire de 3
% maximum.
Orientations de politique budgétaire pour l'année 2000:
Les orientations de politique budgétaire entrent dans le cadre de la stratégie
globale de développement économique définie dans le Programme d'actions du gouvernement
et le Document cadre de politique économique. Les principaux objectifs macroéconomiques
fixés dans le cadre du Budget 2000 sont :
- réaliser un taux de croissance de 6 % ;
- réaliser un taux d'inflation inférieur à 3,0 % et ;
- respecter la norme communautaire de 20 % des investissements sur ressources internes
rapportés aux recettes fiscales.
Dans cette perspective, un renforcement des politiques macro-économiques devrait
permettre une résorption des déficits et le potentiel de croissance de l'économie
béninoise serait conforté par l'effet des réformes structurelles.
Ainsi, en matière de politique budgétaire pour la gestion 2000, les actions à mener
devraient tendre vers une amélioration de la gestion des ressources de l'Etat, une
augmentation de l'épargne publique et une résorption des arriérés intérieurs en vue
de contribuer à la relance des activités du secteur privé. d'accroître l'accès aux
services publics de base.
L'amélioration des recettes dans le cadre de la poursuite des réformes du système
fiscal, sera obtenue notamment, grâce à l'élargissement de la base imposable et à la
mise en œuvre du Tarif Extérieur Commun. En ce qui concerne les dépenses, les
allocations budgétaires en faveur des secteurs sociaux seront accrues tout en renforçant
le suivi budgétaire.
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