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Place
de la politique industrielle dans le schéma d'intégration de l'UEMOA:
Le Protocole Additionnel N°II, relatif aux politiques sectorielles de l'UEMOA prévoit à son article 21, la mise en place d'une politique industrielle qui vise :
Toutefois la mise en place d'une Politique Industrielle Commune efficace suppose sa compatibilité avec les autres politiques communautaires qui ont chacune des incidences sur l'industrie. Par conséquent, il apparaît nécessaire d'approfondir au niveau de la Commission de l'UEMOA, les trois chantiers majeurs ci-après :
1. la mise en place
d'un environnement macroéconomique stable et harmonisé:
L'UEMOA a mis en place le mécanisme de surveillance multilatérale des politiques macroéconomiques prévu par le Traité, qui comporte la définition de politiques macroéconomiques et budgétaires communes et la création d'un système d'information. L'accomplissement des objectifs budgétaires nécessite en outre l'harmonisation des politiques fiscales des pays de l'UEMOA. Les objectifs des critères de convergence choisis par l'Union sont :
2. la réalisation du
marché commun:
La création d'un marché élargi et de qualité est un élément par excellence de la politique industrielle. Le marché commun sous-régional offre, entre autres, les possibilités d'économie d'échelle pour les investissements mais aussi pour le développement de nouveaux produits. Le commerce intra-communautaire des produits du cru et de l'artisanat traditionnel est exonéré de tous droits et taxes à l'entrée des Etats membres. Les produits industriels originaires de l'Union, agréés, bénéficient d'une préférence par rapport aux produits de l'espèce importés des pays tiers. Quant aux produits industriels originaires de l'Union, non agréés, ils bénéficient lors de l'importation dans un Etat membre, d'une réduction de 5% des droits d'entrée applicables aux produits de l'espèce, originaires des pays tiers. A cet effet, des règles d'origine ont été instituées pour définir les produits originaires des Etats membres. En outre, l'harmonisation des droits d'entrée sur les produits des pays tiers est régie par un tarif extérieur commun. L'abaissement des taux des droits d'entrée sur les importations en provenance des pays tiers a un impact considérable sur le secteur industriel. Dans ce cadre, pour faciliter un ajustement progressif des systèmes de production des entreprises particulièrement menacées et atténuer l'impact de fluctuations soudaines des cours mondiaux, notamment sur les produits agricoles et agro-industriels dont les prix sont particulièrement volatiles, des mécanismes temporaires (Taxe Dégressive de Protection -TDP - et Taxe Conjoncturelle à l'Importation -TCI - ) ont été prévus. De manière non limitative, les produits de base éligibles à la TDP et les produits agréés à la TCI et s'inscrivant dans le principe de la subsidiarité de l'intervention communautaire pourraient servir de référence pour la définition des priorités dans la réalisation d'études stratégiques visant à préparer les programmes d'ajustement industriel. Toutefois, le marché sous régional devrait permettre le développement d'entreprises et de leur capacité à faire face à la concurrence internationale. Aussi, la suppression des barrières non tarifaires, le bon fonctionnement des règles de concurrence, la libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux et le droit d'établissement sont-ils des conditions indispensables pour rendre effectif le marché commun de l'UEMOA.
3. la mise en place
d'un environnement juridique et institutionnel porteur:
Une meilleure coordination des politiques fiscales est le prolongement indispensable de l'intégration régionale et de la promotion des échanges intra-communautaires. Les pays de l'UEMOA réfléchissent ensemble aux méthodes les plus adéquates pour maximiser leurs recettes fiscales, sans entraver l'activité économique et sans créer de nouvelles distorsions qui freinent l'investissement et les échanges commerciaux. L'élargissement de la base d'imposition, la fiscalisation de secteurs et d'opérateurs jusqu'à présent exemptés, la lutte contre la fraude et la corruption, la réduction des exonérations, la simplification des régimes et l'harmonisation des taux sont quelques-unes des mesures pour atteindre cet objectif. De même, la mise en place d'un code communautaire des investissements doit contribuer à améliorer l'investissement privé et à promouvoir l'entreprise et l'investissement au sein de l'UEMOA. Le code communautaire des investissements prévoit entre autres :
En matière de droit des affaires, tous les Etats membres de l'UEMOA ont signé le Traité de l'Organisation pour l'Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique (OHADA). De ce fait, l'UEMOA souscrit aux Actes Uniformes de l'OHADA sur le droit commercial général, le droit des sociétés commerciales et du groupement d'intérêt économique, l'organisation des sûretés, les procédures simplifiées de recouvrement et les voies d'exécution, et les procédures collectives d'apurement du passif.
En plus de ces
chantiers liés à l'environnement global, trois autres catégories de
chantiers s'imposent comme des catalyseurs ou des accélérateurs potentiels
du développement industriel de l'Union, à savoir :
1. Le développement
des infrastructures physiques de base:
Le développement des infrastructures de transport, de télécommunications, de production énergétique constitue donc une composante majeure de la politique de compétitivité industrielle de l'Union. Les coûts et la qualité des services actuels handicapent fortement cette compétitivité (en 1996 le prix du kWh représentait 4 à 6 fois les prix du Ghana et du Nigeria et 2 fois les prix de plusieurs pays d'Asie du sud Est. ; Quant aux transport internationaux, leur coût représente 16 à 21% de la valeur totale des échanges extérieurs des Etats côtiers et 19 à 32 % de celle des pays sahéliens) Un accent marqué devra être donné au développement des infrastructures trans-régionales, afin de favoriser le développement des échanges et de donner à toutes les économies de l'Union les mêmes possibilités d'accès au marché communautaire (désenclavement de certaines zones) et réduire les coûts de certains facteurs de production. Il faut, par conséquent, doter l'espace communautaire et en particulier les régions enclavées, d'infrastructures essentielles à la réussite d'entreprises dans un environnement compétitif. La mise en œuvre du Programme Energétique Communautaire (PEC) - Recommandation N°03/97.CM du 21 juin 1997 et du programme d'actions communautaires dans le domaine des infrastructures et des transports routiers accélérera la réduction des coûts des facteurs de production. Dans ce cadre, le secteur privé devra jouer un rôle prépondérant dans le financement des infrastructures, grâce à la mise en place de formules adaptées.
2. la valorisation du
capital humain et de la technologie:
Le capital humain constitue un levier moteur pour accélérer la compétitivité industrielle. Une main d'œuvre qualifiée fait partie de l'environnement sans lequel le secteur privé ne peut opérer efficacement. La capacité d'assimiler de nouvelles technologies et de nouvelles méthodes organisationnelles est un préalable à l'ajustement industriel. Il apparaît donc nécessaire de promouvoir
Parallèlement, afin de promouvoir l'innovation, la valorisation, le transfert et la diffusion pour l'industrie des résultats de la recherche seront améliorés. Dans ce cadre, la recherche au niveau régional se rapprochera davantage des préoccupations des industriels et la coordination entre les entreprises, les Etats et l'Union sera renforcée. Ceci se traduira par le renforcement des structures d'appui existantes dans les domaines de la valorisation et de la vulgarisation des résultats de la recherche et du renforcement des mécanismes de protection des droits de propriété intellectuelle avec l'OAPI.
3. le développement
rural et l'environnement:
Ces secteurs, de par leur complémentarité avec le développement industriel, représentent un catalyseur important de la Politique Industrielle Commune. En effet, l'industrie agroalimentaire représente près de la moitié de la valeur ajoutée manufacturière de l'Union. Or, les relations entre l'agro-industrie et la production agricole sont un paramètre clé de la compétitivité de ce secteur, notamment à travers trois indicateurs :
Ces indicateurs renvoient à des contraintes multiples liées à l'organisation de la production agricole, sa collecte, son conditionnement, son transport et sa commercialisation. La Commission a définit trois objectifs prioritaires dans le cadre du programme de première génération dans le domaine du développement rural (Recommandation N°01/97/CM du 21 juin 1997) :
Leur réalisation pourrait favoriser le développement d'une industrie agroalimentaire compétitive.
Par ailleurs, le
financement du secteur privé, le financement de l'Union et la coopération
sous-régionale et régionale constituent des leviers qui contribueront de façon
efficace à la mise en œuvre de la Politique Industrielle Commune :
1. le problème du
financement de l'investissement:
Malgré les progrès accomplis ces dernières années dans le domaine de l'élargissement du secteur financier, l'étroitesse de la gamme d'instruments financiers disponibles, la faiblesse de l'épargne longue constituent toujours des freins importants au financement de l'investissement dans l'Union.
2. le financement de
l'Union:
Dans le cadre global du financement de l'Union, un instrument privilégié a été mis en place : le Fonds d'Aide à l'Intégration Régionale (FAIR). Le FAIR a entre autres missions, de contribuer à lever les contraintes physiques au développement. Toutefois, l'UEMOA requiert pour ses premières années, un appui marqué de la communauté internationale.
3. la coopération
sous-régionale et régionale
vise d'abord à assurer une véritable
coordination avec d'autres organismes ayant des missions complémentaires,
CILSS, CEDEAO, CEA par exemple, afin d'optimiser les synergies entre les
programmes et d'assurer la complémentarité des interventions. Elle doit par
ailleurs permettre à l'UEMOA de bénéficier de l'appui technique et
financier de bailleurs de fonds internationaux.
Conscient de l'accroissement marqué de la concurrence qui découle de l'ouverture des marchés, le secteur industriel exige une accélération de la mise en œuvre des autres politiques de l'Union, notamment les politiques sectorielles qui constituent un facteur clé de la compétitivité industrielle. L'UEMOA organisera donc un dialogue constant et confiant entre les représentants des industriels et les autres secteurs en vue de mieux identifier les priorités de l'industrie sur le plan des politiques communautaires et influencer le calendrier des réformes.
Source: Commission de
l'UEMOA, janvier 2000
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