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La politique industrielle commune de l'UEMOA

La politique industrielle commune de l'UEMOA

 

 

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Le Cadre Institutionnel:

Le Traité instituant l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) traduit la volonté des Etats membres (Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo) d'élargir aux volets des politiques économiques et sociales, la coopération qu'ils poursuivent dans le domaine monétaire depuis plus de trente ans. Il établit le cadre institutionnel au sein de l'Union et définit un schéma d'intégration dont les objectifs sont :

 
  • renforcer la compétitivité des activités économiques et financières des Etats membres dans le cadre d'un marché ouvert et concurrentiel et d'un environnement juridique rationalisé et harmonisé ;
  • assurer la convergence des performances et des politiques économiques des Etats membres par l'institution d'une procédure de surveillance multilatérale ;
  • créer entre les Etats membres un marché commun basé sur la libre circulation des personnes, des biens, des services, des capitaux et le droit d'établissement des personnes exerçant une activité indépendante ou salariée, ainsi que sur un tarif extérieur commun et une politique commerciale commune ;
  • instituer une coordination des politiques sectorielles nationales, par la mise en œuvre d'actions communes et éventuellement de politiques communes notamment dans les domaines suivants : ressources humaines, aménagement du territoire, transports et télécommunications, environnement, agriculture, énergie, industrie et mines ;
  • harmoniser, dans la mesure nécessaire au bon fonctionnement du marché commun, les législations des Etats membres et particulièrement le régime de la fiscalité.

La réalisation des objectifs ainsi visés devrait contribuer au développement économique et social des Etats membres et à la réduction des disparités de développement en leur sein.

 

C'est dans ce cadre institutionnel, porteur de développement que la présente Politique Industrielle Commune a été conçue.

 

Elle s'articule autour de cinq parties :

 

 

 

 

 
La situation de l'industrie dans les pays de l'UEMOA:

 

 
Le tissu industriel des pays de l'UEMOA est très faible et participe peu à la formation du Produit Intérieur Brut:

Ainsi, la contribution de l'industrie dans l'UEMOA varie entre 12% et 27% du PIB ; prise à part, l'industrie manufacturière contribue pour 7 à 26%.

 

Les ressources sont très peu transformées, les exportations étant constituées essentiellement de produits primaires.

 

Par ailleurs, le tissu industriel est peu diversifié, et les pays possèdent souvent les mêmes unités dans les mêmes filières.

 

Deux secteurs, l'agroalimentaire et le textile, représentent les 2/3 de la valeur ajoutée manufacturière.

 

De manière générale les industries de soutien tels les emballages et le machinisme agricole, sont peu développées.

 

Enfin, de nombreuses activités sont absentes du tissu industriel de l'UEMOA, faute entre autres, de marchés nationaux suffisamment larges.

 

Toutefois, le manque d'informations statistiques fiables rend difficile l'appréciation de la contribution du secteur industriel à l'économie et la fixation d'objectifs quantifiables.

 

 

 
L'industrie de l'UEMOA est confrontée à des contraintes multiples qui entravent son développement:

Trois niveaux de contraintes ont ainsi été identifiés :

 
  1. Au niveau macroéconomique
    , un environnement peu incitatif (étroitesse des marchés nationaux, qualité limitée des services administratifs, insuffisance des infrastructures de base, faiblesse des investissements), faible qualité et des coûts élevés des facteurs de production ; les coûts des facteurs de production (énergie, transport, eau, télécommunications, notamment) dans les pays membres de l'UEMOA, sont très élevés si on les compare à ceux des pays tiers. En plus, les disparités sont très importantes d'un pays à un autre dans le même espace communautaire ;
  2. Au niveau mesoéconomique
    , une infrastructure institutionnelle peu efficace (faiblesse des dispositifs institutionnels d'appui, faiblesse de la concertation Etat-secteur privé) ;
  3. Au niveau microéconomique
    , une qualité de management insuffisante et des services manquants (insuffisance des industries et des services de soutien, déficiences dans le management des entreprises).

 

 
Cette industrie évolue dans un contexte mondial en pleine mutation, qui comporte de nombreuses opportunités, mais également de sérieuses menaces:

Le premier changement radical renvoie à la baisse forte et généralisée des protections tarifaires et non tarifaires au niveau mondial dans le cadre des accords de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) insérant désormais les entreprises de l'UEMOA dans un vaste marché mondial.

 

En effet, ces accords vont remettre en question tout un ensemble de systèmes préférentiels et de pratiques considérées comme des entraves au commerce mondial.

 

Ces bouleversements vont entraîner une érosion significative des marges préférentielles, notamment pour les produits tropicaux à l'exportation, ainsi qu'un abaissement des taux des droits d'entrée sur les importations en provenance des pays tiers.

 

Ces mutations, couplées avec l'avènement de l'union douanière au sein de l'UEMOA, le 1er janvier 2000, constituent sans doute un des plus grands défis économiques pour les entreprises de l'Union depuis l'indépendance.

 

Elles auront en particulier un impact considérable sur le secteur industriel, dans la mesure où seulement 25% des activités de ce secteur sont tournés vers l'exportation, alors que ses importations représentent près de 80% des importations totales de la sous-région.

 

Ainsi, les industriels de l'Union se posent plusieurs questions qui traduisent leur inquiétude :

 

- Serons-nous capables de résister à la nouvelle concurrence ?

 

- Arriverons-nous à nous positionner en leader sur le marché de l'UEMOA ?

 

- Serons-nous capables de conquérir de nouveaux marchés extérieurs avec la fragilisation des marchés traditionnels due à la disparition des systèmes préférentiels ?

 

La compétitivité de l'industrie de l'Union devient plus que jamais un enjeu fondamental.

 

 

 
Cette rupture majeure s'accompagne de la poursuite de changements en profondeur dans l'environnement économique mondial, notamment:
  1. le déclin continu dans le commerce mondial des produits primaires au profit des produits manufacturés (la part des produits primaires est passée de 2/3 à ¼ du commerce mondial),
  2. le développement des nouvelles technologies de l 'information et de la communication,
  3. La modification des facteurs de compétitivité des entreprises et des nations (les avantages comparatifs intangibles -savoir-faire, innovation technologique- supplantent les avantages économiques tangibles -matières premières)
  4. l'émergence de grands blocs régionaux qui monopolisent l'essentiel des flux économiques mondiaux tels que l'Union Européenne, l 'ALENA, l'ASEAN
    ( voir
    Sygles et acronymes
    )
    ,...

Ces mutations se traduisent par un risque majeur de marginalisation des économies de l'UEMOA, si elles s'avèrent incapables de s'ouvrir de façon compétitive aux opportunités de la mondialisation.

 

 

 
Source: Commission de l'UEMOA, janvier 2000