Le
système de transport:
L'enclavement du pays et l'insuffisance en infrastructures de transports
sont autant de facteurs qui limitent les échanges, occasionnent des surcoûts
qui pèsent sur la compétitivité de l'économie et rendent la RCA tributaire
de ses deux voisins, particulièrement de leurs vicissitudes politico-économiques
pour accéder à une ouverture sur la mer.
La RCA dispose d'un réseau routier de 24 000 km dont 5 000 km de routes régionales,
4 000 km de routes nationales. Le réseau bitumé s'étend sur 458 km. La RCA
compte également environ 15 000 km de pistes rurales.
En matière
d'infrastructures routières, la RCA est coupée en deux.
La partie
Centre-Ouest est la mieux desservie en voies de communication, tandis que le
Nord et l'Est du pays souffrent d'un fort enclavement.
Trois cours d'eau
principaux, l'Oubangui, la Sangha et le M'Poko, permettent l'évacuation des
grumes et du coton ainsi que les échanges vivriers avec les pays voisins.
La
RCA possède, en outre, un aéroport de classe internationale à Bangui et 42
aérodromes intérieurs en terre.
L'accès de la RCA au littoral est assuré par deux voies de désenclavement.
La voie terrestre, la "transcamerounaise", relie Bangui à Douala au
terme de 1 500 km.
L'autre voie, la "transéquatoriale", emprunte la
voie fluviale (Oubangui-Congo) jusqu'à Brazzaville au Congo, puis la voie
ferrée pour atteindre le port de Pointe-Noire.
Pour remettre à niveau le système de transport , un Projet sectoriel des
transports (PST) a été engagé en 1990 avec l'appui de divers bailleurs de
fonds.
Il comporte deux phases: le PST I, couvrant la période 1991-1996 et le
PST II qui devait s'achever en 2000.
Les actions engagées portent sur quatre
points : remettre en état les routes prioritaires et en assurer l'entretien régulier,
garantir la navigabilité en toute saison des principales voies fluviales en
particulier de l'axe Bangui-Brazzaville, diversifier la desserte aérienne de
la RCA et renforcer la sécurité aéroportuaire.
Les activités de transport
et d'entretien routier sont libéralisées et les monopoles abolis.
Les
institutions en bref:
Le général centrafricain François Bozizé a revendiqué le 16 mars
2003 la prise du pouvoir à Bangui à la faveur d'un coup d'Etat. Il a immédiatement annoncé la suspension de la Constitution et la
dissolution de l'Assemblée nationale et du gouvernement centrafricains, ainsi
qu'une période transitoire de "redressement national".
Le professeur Abel Goumba a été désigné le 23 mars 2003 comme Premier ministre de la Centrafrique et a
formé un
gouvernement national de transition chargé de mener un programme d'urgence de
redressement de la nation.
Il a été remplacé le 14 décembre 2003 par Célestin
Gaombalet qui a formé un gouvernement de technocrates et d'union nationale
tenant compte des compétences et des réalités géopolitiques de la
Centrafrique.
Chaque ministre représente ainsi une région du pays ou une formation politique
représentative de la classe politique centrafricaine, notamment les partis qui
étaient représentés dans l'Assemblée nationale dissoute après le coup d'Etat du 15 mars
2003.
Par rapport au précédent gouvernement, la représentation des militaires
est accrue puisqu'ils passent de cinq à sept, y compris le chef de l'Etat, le
général Bozizé, en sa qualité de ministre de la Défense.
Parmi les technocrates reconnus figure Jean-Pierre Lebouder, fonctionnaire à
la Banque Mondiale, qui a toujours décliné l'offre de faire partie d'un
gouvernement depuis son départ de la tête du gouvernement en 1981, sous la
seconde présidence de David Dacko.
A noter que les deux femmes présentes dans le précédent gouvernement sont reconduites,
mais l'une d'elle, Mme Hyacinthe Wodobodé, est, pour la première fois en
Centrafrique, promue ministre de la Justice, des droits de l'Homme et de la
Bonne gouvernance.
La coordination des Patriotes centrafricains de l'étranger, l'aile politique
de la rébellion qui a pris le pouvoir le 15 mars, dispose désormais de quatre
représentants contre trois précédemment.
L'entrée au gouvernement de Guy Kolingba, l'un des fils de l'ancien
président André Kolingba, venant s'ajouter à Bruno Dacko, fils du président
Dacko récemment décédé, constitue une marque de la volonté de consolider
l'unité nationale.
Aux postes clés, notamment la Défense, l'Intérieur, les Affaires
Étrangères, la Communication, la Justice, ainsi qu'aux Mines, à la
Santé, les
Affaires Sociales, l'Agriculture, les Postes et Télécommunications, ont
été
nommées des personnalités dont le profil correspond à leur fonction ou
qui
ont fait la preuve de leur efficacité dans le précédent gouvernement.
L'un des principaux axes du programme d'urgence du gouvernement sera la
préparation et la tenue dans la transparence des différentes échéances
électorales.
Le gouvernement de transition est épaulé par un Conseil national de
transition regroupant les forces vives de la nation, au sein duquel siègent
les anciens chefs d'Etat en qualité de membres d'honneur.
Parmi les autres axes de son plan de redressement, le général Bozizé a
cité la réunification et la restructuration de l'armée, un vaste programme de
désarmement de toutes les régions du pays, la restructuration et la re dynamisation
de l'administration centrafricaine, l'assainissement des régies
financières et l'accentuation de la lutte contre le VIH-sida.
Le nouveau président centrafricain légifère par ordonnance suivant un
premier acte constitutionnel, qui organise depuis le 24 mars 2003 l'exercice des
pouvoirs publics en Centrafrique en remplacement de la Constitution de 1995. Les
pouvoirs actuels du président sont, pour une large part, les mêmes que
ceux de son prédécesseur.
Le Général Bozizé a organisé les conditions d'exercice provisoire des pouvoirs
publics jusqu'aux prochaines élections dans un deuxième acte constitutionnel
qui détermine les pouvoirs exécutif, législatif, et judiciaire.
Cet acte constitutionnel précise dans son article 2: "le président de
la République est le chef de l'exécutif". Il "nomme le Premier
ministre" et "met fin à ses fonctions". "Sur proposition du
Premier ministre, il nomme les autres membres du gouvernement et met fin à
leurs fonctions".
La nomination du Premier ministre relève donc du pouvoir discrétionnaire du
président de la République et elle n'est aucunement liée à une quelconque
majorité parlementaire.
L'article 3 dispose notamment que "le président de la République
préside le conseil des ministres, arrête la politique générale du
gouvernement et veille à son application; il assure l'exécution des lois et
garantit celle des décisions de justice. Il est le chef suprême des
armées" et "réunit et préside le conseil supérieur de la défense
nationale".
Parmi les autres prérogatives attribuées au chef de l'État figurent
"le maintien de l'ordre et de la sécurité publique",
l'accréditation des ambassadeurs ainsi que la négociation et la ratification
des traités et accords internationaux.
L'article 4 proclame que "la politique définie par le président de la
République est mise en oeuvre par le Premier ministre, chef du
gouvernement" qui "coordonne et conduit l'action du gouvernement,
assure l'exécution des lois et des règlements sur autorisation du président
de la République".
Le chef de l'État préside "le conseil supérieur de la magistrature
(...) il a le droit de grâce".
"Le pouvoir judiciaire, gardien des libertés et de la propriété, est
tenu d'assurer le respect des principes consacrés comme bases fondamentales de
la société par le présent acte constitutionnel", conclut le texte.
Source: AFP