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LE BURKINA FASO

L'énergie

Parce qu'il ne dispose pas de ressources énergétiques d'importance, le Burkina Faso figure parmi les pays à plus faible consommation énergétique.

Les hydrocarbures (importés) représentent moins de 10 % des sources énergétiques, ce qui signifie que la quasi-totalité de l'énergie consommée est de type traditionnel (bois, charbon de bois, déchets animaux et végétaux).

Pour faire face à ce frein majeur à la croissance de l'économie, les autorités ont conçu un vaste programme de substitution du bois.

Il vise à renforcer l'utilisation du gaz et à encourager la production d'énergie électrique.

Un schéma directeur du programme d'électrification a été défini pour construire des centrales et des mini-centrales hydro-électriques, poursuivre l'électrification des centres urbains et semi-urbains et améliorer les interconnexions avec les pays voisins.

Le programme de privatisations

Le programme de privatisation en cours porte sur la quasi-totalité des entreprises au capital desquelles l'Etat détenait jusqu'alors une participation plus ou moins importante:

  • Grands moulins du Burlina (GMB)
  • Société burkinabé des cuirs et peux (SBCP)
  • Société burkinabé de manufacture du cuir (SBMC)
  • Centre industriel du Faso (SIFA)
  • Centre national d'équipement agricole (CNEA)
  • Société de construction et de gestion immobilière (SOCOCIIB)
  • Société des plastiques du Faso (FASOPLAST)
  • Société nationale d'assurance et de réassurance (SONAR)
  • Société nationale de produits pharmaceutiques (SONAPHARM)
  • Société burkinabé de crédit automobile (SOBCA)
  • Office national de produits vétérinaires (ONAVET)
  • Faso Tours
  • Centre national avicole (CNA)
  • Société burkinabé de ciment et de matériaux de construction (CIMAT)
  • Zama publicité
  • Flex Faso
  • Brakina
  • Sobbpa

Pour en savoir plus, consultez "les privatisations au Burkina Faso"

L'eau

Le Burkina est un des rares pays au monde où un Ministère ne s'occupe que de l'eau.

Plusieurs plans quinquennaux (1986-1990, 1991-1996) se sont attachés à améliorer les conditions d'accès à l'eau.

Parmi les actions entreprises - et soutenues par les bailleurs de fonds - on peut citer l'opération "34.000 branchements sociaux" à Ouagadougou, réalisée avec l'Office national de l'eau et de l'assainissement.

Les actions ont également porté sur la réhabilitation de plusieurs milliers de points d'eau en milieu rural et sur le développement de l'irrigation par la construction de barrages et de retenues d'eau.

Jusqu'à ces dernières années, l'assainissement n'a mobilisé que de faibles investissements.

En 1998, le pays a entrepris la construction du barrage hydro-agricole de Ziga (50 km à l'est de Ouagadougou) pour approvisionner la capitale en eau potable. Ce projet d'un coût de 116 milliards de FCFA (176 millions d'Euros) est considéré comme le plus grand du pays depuis l'indépendance et doit permettre de "sécuriser l'alimentation en eau potable de la ville jusqu'en 2020".
L'Agence française de Développement participe au financement de ce grand projet.
Pour en savoir plus, cliquez ici

En mai 1999, le Burkina Faso a lancé la construction d'un important barrage à Yakouta (280 km au nord-est de Ouagadougou), dans la région la plus désertique du pays, avec l'aide financière de Taïwan de quelque 3 milliards de FCFA. Le barrage de Yakouta, d'une capacité de 10 millions de mètres cubes, permettra de combler le déficit en eau évalué à 150 mètres cube par jour. Cette réalisation, la plus importante de tout le Sahel burkinabé, va alimenter les régions du Séno, du Soum, de l'Oudalan et de Yagah, situées à l'extrême nord du pays, près des frontières maliennes et nigériennes. Le barrage offrira un périmètre aménageable de 50 hectares et près de 300.000 mètres cubes d'eau seront utilisés pour le cheptel local estimé à 11 000 têtes. Les travaux doivent s'achever en 2002.

Le barrage de Bagré a été inauguré en 1994. Situé à 200 km au sud-est de Ouagadougou, sa capacité est de 1,7 milliards de m3 permettant la mise en valeur d'un potentiel agricole de 30.000 hectares. Ce barrage a également un potentiel halieutique pouvant fournir 1 600 tonnes de poisson chaque année. La production nationale est actuellement de 7.000 tonnes alors que les besoins du pays sont estimés à 18.000 tonnes.

Le Danemark appuie fortement le développement du secteur de l'hydraulique burkinabé, en ayant accordé une enveloppe de 37 milliards de FCFA dans le cadre du programme d'appui quinquennal 1999-2003.

Le bois

En raison de la faiblesse de ses ressources énergétiques, le Burkina subit un déboisement intensif.

Les surfaces recouvertes de forêts sont en forte diminution puisqu'elles ne couvrent qu'à peine un million d'hectares.

La croissance démographique, la désertification due à plusieurs années de sécheresse et la dégradation des sols due à l'agriculture itinérante sont les raisons majeures du déboisement.

Le Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD) joue un rôle important dans la mise en œuvre d'une politique durable de sauvegarde et de gestion des forêts. En 1994, le PNUD et le Burkina Faso ont signé une convention de 2,4 milliards de FCFA pour l'aménagement de ses forêts naturelles.

Un projet baptisé "8000 villages, 8000 forêts", lancé par les autorités burkinabé, œuvre au reboisement de 24000 ha. Notons l'opération pilote, dans le cadre de ce même projet, de la plantation sur 2000 ha de 960000 plants d'acacia (senegalensis) dont la culture peut être associée à celle des céréales (ses feuilles et ses gousses fertilisent le sol).

Le Burkina Faso pourrait enfin se lancer dans l'exportation de gomme arababique, un marché dont l'offre mondiale (45 000 tonnes) ne répond pas à la demande (80 000 tonnes).

L'élevage

La filière bétail et viande est la deuxième ressource de devises du pays après le coton et représente 25 % des exportations totales et contribue en moyenne pour plus de 10% à la formation du PIB.

L'agriculture et l'élevage mobilise environ 90% de la population active.

Les cheptels burkinabé d'ovins-caprins et de volailles s’élevent respectivement à 14 millions et 21 millions de têtes.

Le cheptel porcin est estimé à 585 000 têtes.

Le bétail sur pied constitue la majeure partie des exportations du Burkina Faso; ces exportations sont principalement destinées aux pays de la sous-région (Côte-d'Ivoire, Ghana, Togo …etc.).

Longtemps considéré comme une richesse importante du pays, l'élevage pâtit aujourd'hui du surpâturage et de l'extension des champs de culture.

Il est de type transhumant et extensif.

Les pouvoirs publics et les bailleurs de fonds s'emploient à diversifier la filière et à renforcer ses performances, notamment dans:

  • l'amélioration de la production laitière (avant la dévaluation, le lait importé représentait 80 % des importations de produits alimentaires)
  • l'exportation de bétail
  • une meilleure utilisation de l'énergie animale
  • l'amélioration du cadre législatif concernant le traitement des cuirs et peaux.

Le poids du secteur privé

Depuis quelques années et la mise en œuvre du processus de désengagement de l'Etat dans l'activité économique du pays, un certain nombre d'investisseurs ont vu dans le Burkina de réelles perspectives de développement d'activités.

Le ciment, les mines mais aussi le pétrole sont apparus comme des domaines intéressants.

Parmi les premiers opérateurs privés à avoir investi au Burkina, on peut notamment citer:
  • la firme suisse Holderbank, qui a racheté les parts que détenait l'Etat dans la Société des ciments et matériaux burkinabé
  • Interstart Miningi Group Inc. (canadien), qui exploite à ciel ouvert le gisement de manganèse de Tambao
  • la société suédoise Boliden impliquée dans l'exploitation des mines de zinc de Perkoa.
On peut aussi mentionner les mines d'or de Poura que ce sont disputées, un temps, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et la Holderbank Biliton Shell.

Plusieurs autres investisseurs sont également présents (Ivoiriens, Coréens, Libyens, Britanniques, Américains) dans des secteurs qui vont du secteur pétrolier - généralement pour des opérations modestes - au secteur bancaire, en passant par divers secteurs industriels.

La part française des investissements étrangers au Burkina est estimée à 75%.

L'industrie manufacturière

Peu développée, l'industrie manufacturière est en outre essentiellement localisée le long de la voie ferrée Ouagadougou/Bobo-Dioulasso/Abidjan.

Avant la dévaluation, une dizaine d'entreprises seulement cumulaient, à elles seules, 80 % du chiffre d'affaires du secteur.

Jusqu'à ces dernières années, plusieurs contraintes ont lourdement pesé sur son développement:
  • enclavement du pays
  • insuffisance d'infrastructures
  • faiblesse du marché intérieur
  • faiblesse du pouvoir d'achat
  • coût élevé des facteurs de production
  • faible capacité concurrentielle des produits locaux.
L'insuffisance du nombre de cadres nationaux et le manque de main d' œuvre qualifiée ont également constitué des obstacles au démarrage du secteur.

Il faut aussi mentionner que l'importation illicite de produits manufacturés est venue fortement concurrencer le développement rapide de l'industrie manufacturière locale.

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