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Une richesse
naturelle : la pêche
La pêche représente une richesse naturelle importante pour la Guinée
Bissau dont les eaux comptent parmi les plus poissonneuses du monde. Le mode
d'exploitation (pêche industrielle concédée à des sociétés étrangères
sous forme de licences et d'accords particuliers) n'a que peu d'effets dans la
formation du PIB (en moyenne 4% entre 1994 et 1997). Cette activité participe
très fortement, en revanche, aux recettes courantes du budget de l'État
(environ 40%). Les accords passés avec l'Union européenne (6 milliards de F
CFA versés en 1997) sont particulièrement avantageux pour le pays.
La valorisation à terre des produits de la mer pourrait être une source
de création de richesse interne et d'accroissement des ressources en devises,
mais ceci suppose une amélioration dans la gestion des infrastructures
portuaires (peu compétitives) et des investissements importants dans le
domaine de la transformation et pour la mise aux normes. Le développement de
la pêche artisanale lors de ces dernières années, (captures estimées à
50000 tonnes) est réel. Il participe à la création d'emplois, à l'amélioration
de la situation alimentaire de la population et fait l'objet de transactions
peu formelles avec les pays de la sous-région, dont l'ampleur mériterait d'être
mieux analysée.
Le
secteur industriel:
Dans les autres secteurs, les possibilités de croissance et de
diversification semblent plus restreintes. Le potentiel minier (phosphates,
bauxite) est intéressant mais les conditions pour une exploitation rentable
ne sont pas réunies. Le secteur des industries manufacturières (8 à 10% du
PIB) est peu développé. La mise en place de mesures de sécurisation et
d'incitation de l'investissement privé (justice, code des investissements,
police, crédits, etc.) et d'amélioration des services (énergie, télécommunications,
etc.) est impérative pour promouvoir une croissance durable dans ce domaine.
Compte tenu des caractéristiques primaires de la production (agriculture
et pêche), le développement de l'industrie devrait concerner en priorité la
transformation et la valorisation des produits pour le marché intérieur ou
l'exportation (sous-régional et international). Ceci suppose un dynamisme
plus soutenu des entrepreneurs et une amélioration rapide des compétences
professionnelles des demandeurs d'emplois nationaux.
Finances
et investissements publics:
Le manque de productivité ou de compétitivité des grands secteurs de l'économie
et le poids du secteur primaire ont des conséquences immédiates sur les
recettes de l'État, dont les faiblesses structurelles persistent. En 1998, à
la veille de la mutinerie du 7 juin, le budget général de l'État avait été
arrêté à hauteur de 69,96 milliards de F CFA, en diminution sensible par
rapport à 1997 (48%). Cette évolution résultait de la diminution importante
des dépenses générales et notamment de l'amortissement de la dette extérieure
à la suite des accords de 1972 : 12,8 milliards de F CFA. Le budget ordinaire
de l'État en accroissement de 20%, représentait 23% des dépenses générales
dont 41% consacrés au Départements de l'économie et des finances, de la
santé publique et de l'éducation (sur l'insistance des bailleurs de fonds
pour ces deux derniers ministères). La perception des recettes courantes
devait reposer pour l'essentiel sur l'activité des douanes, les impôts
directs se limitant à 9% du total des recettes. L'entrée dans l'UEMOA et la
mise en application d'un tarif extérieur commun devait induire une perte de
recettes, en principe compensée par un élargissement de l'assiette fiscale
(taxe sur les ventes de 10%, création d'un impôt sur la consommation). Le
programme d'investissement public (PIP) prévisionnel représentait, avec 26,9
milliards de F CFA, près de 35% du budget en accroissement de 15% par rapport
à l'année précédente. Ce programme, comme à l'accoutumé, était très
largement dépendant (72%) du dénouement des financements des bailleurs de
fonds, la priorité étant accordée aux secteurs de la production (36%) et du
"développement social et culturel" (32%). La "lutte contre la
pauvreté" correspondait à 4% des investissements, l'habitat social étant
le seul programme inscrit sous cette rubrique.
Un
potentiel touristique:
Dans le secteur tertiaire, le tourisme présente des potentialités
certaines qui pourraient être mieux exploitées. Le manque de
professionnalisme des sociétés d'exploitation, la non compétitivité et la
médiocre qualité des infrastructures d'accueil, l'isolement du pays et les
difficultés de communications intérieures limitent le tourisme à une clientèle
très réduite et spécialisée (2000 personnes pour la chasse et la pêche)
sans retombées réelles pour les populations locales.
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