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Les
institutions en bref:
Le Tchad est une République indépendante depuis 1960, démocratique et laïque.
Le référendum de mars 1996 a approuvé la Constitution.
Le président de la République a été élu pour 5 ans en juin 1996 et détient
le pouvoir exécutif.
Il nomme le Premier ministre.
Une Assemblée nationale a été élue en mars 1997 composée de 145
membres, expression du multipartisme en vigueur.
D'autres institutions sont en place : Haut conseil de la communication,
Conseil économique et social. La Cour d'appel est l'instance judiciaire suprême
complétée d'une Chambre constitutionnelle.

Chef de l'État : Idriss Deby
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Le pétrole:
Jusqu'à ces toutes dernières années, les ressources pétrolifères
n'avaient pas encore été mises dans une perspective d'exploitation: soit
parce les coûts d'extraction et de transport étaient considérés comme trop
élevés, soit parce que la situation du pays ne permettait pas de l'envisager
sans risque. La découverte, en 1989, d'importants gisements (130 millions de
tonnes) dans le bassin de Doba, dans le Logone oriental, a ouvert de nouvelles
perspectives.
Cette découverte a provoqué une réévaluation du projet d'exploitation
du bassin de Sédigui (découvert en 1975) dont les réserves pourraient dépasser
les 15 millions de tonnes. L'aboutissement de ces deux projets - aux
investissements fort élevés - représente un enjeu majeur. Il permettrait
d'assurer l'indépendance énergétique et entraînerait une économie considérable
de devises. Pour les entreprises, ceci aurait comme conséquences la
diminution des charges d'exploitation. Selon certaines études, la mise en
production de Doba (10 millions de tonnes/an) et de Sédigui (900 millions de
barils/an) "propulseraient le Tchad au niveau des productions du
Congo-Brazzaville (11,4 millions de tonnes en 1996) et au-dessus de celle du
Cameroun (5,2 millions de tonnes). Les recettes de l'État seraient doublées.
Les experts de la sous-région
estiment que le Tchad, la Guinée Équatoriale et le
Congo seront dans les prochaines années les "trois
pôles de croissance" de l'industrie pétrolière en Afrique
centrale si des découvertes "soudaines et significatives"
ne sont pas faites au Cameroun et au Gabon,
Selon le rapport du 1er Forum sur les
industries pétrolières d'Afrique centrale, le Cameroun et le Gabon connaissent en effet
"une production modeste" et "une absence depuis 1997 de
découvertes significatives".
Depuis le milieu des années 1990, l'industrie pétrolière
de cette région a été marquée par l'essor de l'activité
pétrolière en Guinée Equatoriale, les découvertes importantes au
Congo susceptibles de compenser l'épuisement des réserves des
anciens gisements, le début de la mise en exécution du projet
pipeline Tchad-Cameroun, la mise en évidence d'un potentiel
pétrolier à Sao-Tomé et Principe et la poursuite du déclin des
industries pétrolières du Cameroun et du Gabon, avec pour corollaire
un intérêt accru pour les champs marginaux", résume ce
rapport.
Au Tchad, la Banque mondiale a donné le feu vert en juin 2001 de
la construction du projet pipeline Tchad-cameroun qui doit permettre
la mise en valeur du gisement de Doba dont les réserves sont
estimées à environ 900 millions de barils.
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Le
pétrole : quel mode d'exploitation ?
Plusieurs études ont été réalisées pour mettre en évidence les
meilleurs scénarios de mise en valeur des ressources pétrolières.
Le gisement de Sédigui (le plus modeste) pourrait être développé en
direction des besoins internes du pays. Dans cette hypothèse, une raffinerie
d'une capacité de 2.000 à 5.000 barils/jour et un pipe-line de 450 km seront
construits pour acheminer le brut de la région du lac Tchad à la raffinerie.
La Société d'étude et d'exploitation de la raffinerie du Tchad (SEERAT) étudie
les conditions de faisabilité.
L'exploitation des gisements de Doba (230.000 barils/jour sur une durée de
25-30 ans) devrait faire entrer le Tchad dans le cercle des pays pétroliers. Il est prévu la
construction d'un pipe-line de 1.000 km (Doba, Moundou, Yaoundé, le port de
Kribi) qui acheminera le brut jusqu'à la côte camerounaise. Un accord-cadre
a été signé entre le Tchad et le Cameroun en février 1996.
Pour prévenir des effets négatifs à moyen et à long terme, plusieurs éléments
devront être pris en compte:
- utiliser une partie des revenus pour lutter
contre la pauvreté des populations
- prévoir des mesures pour lutter contre
la dégradation de l'environnement
- ne pas sous-estimer l'importance des
tensions régionales qui pourraient naître de la mise en exploitation.
Les
autorités tchadiennes ont d'ores et déjà mis en place un Comité de gestion
de l'environnement où siègent également des représentants du consortium
chargé de l'exploitation.
Le consortium Esso Exploration and Production Chad Inc. (EEPCI),
composé d'Exxon (32 %), de Shell (32 %), d'Elf (16 %) ainsi que des États
tchadien et camerounais est titulaire des permis d'extraction et
d'acheminement.
Deux sociétés ont été créées pour la mise en place et la
gestion du pipe-line: la Tchad Oil Transportation Company (TOTCO) pour le
Tchad et la Cameroon Oil Transportation Company (COTCO) pour le Cameroun.
Pour en savoir plus, cliquez
ici
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Le
secteur informel:
Des pans entiers de l'économie échappent à toute classification et à
tout contrôle.
Réalisée entre juin 1995 et juin 1996, une "Enquête
sur la consommation et le secteur informel au Tchad" a montré que le
secteur informel revêtait une importance capitale au Tchad.
Il représenterait
ainsi l'équivalent de 40 % du produit intérieur brut.
Plus de la moitié de
l'activité urbaine serait réalisée dans le cadre d'emplois informels et les
trois quarts des activités non agricoles dans les zones rurales.
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Le
dispositif militaire français:
Les réorientations de la politique française en matière de déploiement
militaire n'ont pas abouti à une réduction des effectifs français au Tchad.
La mission d'assistance militaire (200 personnes) est renforcée par le
dispositif Épervier (800 hommes) qui avait aidé à soutenir le Tchad dans
son conflit avec la Libye.
Plaque-tournante à la jonction de l'Afrique
arabophone, anglophone et francophone, le Tchad reste un point stratégique.
L'impact économique de la présence militaire française est évalué à 85
millions de francs.
Il comprend l'entretien du matériel, le ravitaillement et
le paiement du personnel mais aussi plusieurs actions de coopération au
profit des collectivités locales (rénovations d'écoles, de dispensaires, de
routes...).
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Le coton:
Le coton - introduit par l'administration coloniale dans les années 1920 -
demeure le pilier de l'économie tchadienne.
Il est cultivé dans le sud du
pays, s'étend sur 100.000 km 2 et contribue à 65 % des exportations.
Aujourd'hui, le Tchad occupe le 5ème rang des producteurs africains avec une
production de 160000 tonnes.
La France, l'Allemagne, la
Belgique, le Portugal et l'Espagne constituent les principaux pays
importateurs.
La commercialisation est le fait de la Coton Tchad qui emploie près de
1.000 salariés et plus du double de saisonniers.
Société d'économie mixte,
elle est chargée de l'ensemble de la filière commerciale.
La Coton Tchad a
signé des accords avec la Compagnie française des fibres textiles (CFDT) aux
termes desquels elle bénéfice d'un appui technique et d'une expertise.
Neuf usines d'égrenage fonctionnent dans le sud du pays (Sahr, Koumra,
Moundou, Kelo, Gounou-Gaya, Léré, Pala, Kyabe). Elles ont une capacité de
production de 230.000 tonnes.
L'avenir de la filière et de la Coton Tchad dépendent des conditions dans
lesquelles se déroulera la privatisation.
Un des points essentiels portera
sur le prix que les nouveaux propriétaires paieront pour conserver à la
culture du coton un aspect suffisamment attractif pour les populations qui
vivent de cette culture.
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La
SONASUT:
La Sonasut constitue le plus important complexe agro-industriel tchadien.
Il comprend:
- une unité de production à Banda
(Sahr),
d' une plantation de 3.600 ha de cannes à sucre irrigués en pivot, composée
d'une sucrerie-raffinerie de 30.000 tonnes de sucre raffiné norme CEE n°2,
d'une agglomération en ligne automatique d'une capacité nominale de 50
tonnes/jour de sucre en morceaux.
- une unité de production de pains de sucre
situé à Farcha/N'Djaména. Elle est dotée d'une capacité nominale de
15.000 tonnes à laquelle s'ajoute une confiserie de 1.500 tonnes de bonbons
par an.
- une unité expérimentale à Mani
(région
du lac Tchad). Cette unité expérimente la culture de la canne dans la région
du lac Tchad en vue de l'extension envisagée de la Sonasut.
Le marché sucrier tchadien est estimé à 52.000 tonnes dont la Sonasut détient
84 % des parts.
Le marché est alimenté par la production propre (32.000 tonnes) et par
les importations (12.000 tonnes).
L'objectif est d'atteindre rapidement une production de 35.000 tonnes, grâce
à une augmentation des capacités de l'usine de Banda.
Une étude faite à ce sujet prévoit une enveloppe de 3 milliards de FCFA
d'investissements sur laquelle l'État et l'Agence française de développement
(AFD) ont fait part de leur accord.
Une autre action expérimentale est menée pour déterminer les possibilités
d'implantation à plus long terme d'une mini-raffinerie à Mani, dans la région
du lac Tchad, après l'an 2000.
Par ses activités directes ou indirectes, la Sonasut encadre et fait vivre
entre 60.000 et 70.000 tchadiens.
C'est ce qui a permis de fixer des
populations sur place et d'implanter des infrastructures telles que écoles,
lycées, dispensaires, économats... Elle joue un rôle fondamental dans l'économie
tchadienne.
La Sonasut a été privatisée en avril 2000.
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