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Le 31 décembre1999, M. Hama Amadou a été nommé Premier ministre par décret
présidentiel.
Un
cadre ingrat:
Dans la nomenclature des Nations-Unies, le Niger figure parmi les Pays les
moins avancés (PMA).
La FAO qui a établi une nomenclature selon des critères sensiblement différents,
classe le Niger parmi les pays à faibles revenus et parmi les pays à déficit
vivrier.
Pour le Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD), le pays
figure au 173 ème rang dans le classement par indice de développement
humain.
On le savait: la position sahélienne du Niger contribue largement à
maintenir un très faible niveau de développement. Depuis plusieurs années,
les priorités du pays portent donc sur la satisfaction immédiate des besoins
des populations, sur l'amélioration des conditions sanitaires et sur la
formation des tranches d'âge les plus jeunes qui représentent une partie
croissante de la population: la moitié des quelque 10 millions d'habitants
est âgée de moins de 20 ans.
Programme
cadre de lutte contre la pauvreté:
La stratégie du gouvernement en matière de lutte contre la pauvreté a été
finalisée dans le Programme cadre de lutte contre la pauvreté (PCLCP) que le
gouvernement a présenté lors d'une "Table ronde pour le Niger" qui
s'est déroulée à Genève, les 10 et 11 mars 1998.
Les autorités du pays estiment que "la situation du Niger n'est pas
seulement due à la pauvreté intrinsèque du pays, mais aussi à des éléments
qui sont du domaine des politiques de développement".
C'est cet argument qu'ils ont développé devant les bailleurs de fonds.
Le PCLCP vise à démontrer que la pauvreté menace la stabilité et le développement
du pays.
Les autorités ont sollicité des financements complémentaires pour accélérer
la réalisation d'un programme-cadre initialement doté d'une enveloppe
globale de 344 milliards de francs CFA.
Les bailleurs de fonds ont répondu favorablement aux exposés des motifs
du pays puisqu'ils se sont engagés à couvrir près de 300 % des besoins de
financement exprimés.
Etats-généraux
du développement:
Pour répondre au plus près aux besoins réels des populations, plusieurs
missions multi-disciplinaires, se sont succédées dans le pays (Banque
mondiale, PNUD, représentants des différents domaines de compétence de l'Etat)
pour "faire participer les populations, sous forme d'ateliers, pour que
ce programme reflète fidèlement leurs aspirations.
Une Assemblée des chefs de projet doit se réunir à Niamey, avec la
participation des autorités locales et coutumières.
Le Ministère du Plan veut faire de cette rencontre "une sorte d'Etats
Généraux".
Selon le document ministériel, "il s'agit de donner la parole aux
populations qui en seront les premiers bénéficiaires et les premiers
acteurs.
Là aussi, il s'agit de décentraliser les projets, en passant par les
communautés rurales organisées librement en coopératives et dans d'autres
structures participatives.
Les projets seront élaborés avec l'appui d'équipes pluridisciplinaires,
constituées au niveau sous-régional et faisant largement place au concours
des structures associatives, des ONG et des opérateurs privés.
La
relance du secteur rural:
Le Programme de relance économique a comme point focal la relance du
secteur rural qui inclut naturellement l'agriculture et l'élevage mais aussi
l'environnement et l'hydraulique.
L'agriculture emploie en effet 90 % de la population active du pays.
Selon les différentes études réalisées par les bailleurs de fonds, plus
des deux tiers de la population vivent en-dessous du seuil de pauvreté et 35
% en dessous d'un "seuil extrême de pauvreté".
Il n'est pas prévu d'amélioration immédiate sensible de cet état de
fait puisque le taux de croissance démographique atteint les 3 % par an pour
un taux moyen de croissance de la production agricole de 2 %.
L'engagement
de la BAD:
La BAD a signé avec le Niger un accord cadre aux termes duquel elle a
accordé un crédit de 13 milliards FCFA, en trois versements, qui lui permet
de bénéficier "du produit de certaines ressources, des reliquats de
projets clôturés, des projets en difficulté dont l'exécution allait
conduire à un échec".
Ce crédit permet de régler les arrièrés, le différentiel étant
consacré au soutien du programme d'ajustement structurel et à la
constitution d'une provision destinée à soutenir les échéances dues à la
BAD, du fait de la reprise de son programme avec le Niger.
Via le Fonds africain de développement (FAD), la BAD a également accordé
un prêt global de 10,6 milliards de francs dont 6,5 milliards pour la
mobilisation des eaux de ruissellement à Tahoua. Les 4 autres milliards
seront consacrés à l'aménagement et à la mise en valeur de 12.000 ha, au développement
de la production animale et à l'accroissement du cheptel.
Le
programme d'investissement:
L'instrument essentiel de mise en oeuvre du plan de relance est le
Programme d'investissement de l'État. Il couvre une période de trois ans.
L'enveloppe fondamentale (300 milliards FCFA) représente la contribution de
l'État à l'effort d'investissement. Les efforts du gouvernement s'articulent
selon trois volets:
- l'amélioration de la sphère économique des pauvres à travers la généralisation
d'emplois de type haute intensité de main-d'œuvre, notamment en zone rurale
- le renforcement des services sociaux essentiels (santé, éducation et
besoins en eau potable) dans un souci de valorisation des ressources humaines
- le renforcement des capacités institutionnelles de l'Etat
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