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Dans son discours d'investiture (le 17 février
2000), le nouveau président a plaidé en faveur de
l'unité nationale de la Guinée-Bissau, affirmant qu'il allait mener des réformes
"profondes" dans les mécanismes de fonctionnement d'un pays
soumis pendant onze mois à une rébellion militaire sanglante.
La priorité de son action à l'extérieur sera "placée sous le
signe du développement des relations d'amitié et de coopération avec les
pays voisins, le Sénégal et la Guinée-Conakry", qui avaient envoyé
des troupes pour soutenir l'ex-président Vieira dans son combat contre la
junte militaire.
Le Portugal, premier partenaire économique de la Guinée Bissau, attend
l'installation des nouvelles autorités pour lancer un programme de coopération
triennal.
L'UE a réaffirmé être, "dans ces conditions, prête à coopérer
avec les nouvelles autorités et à poursuivre l'appui à la Guinée-Bissau
dans la réalisation de son programme de reconstruction et de réhabilitation
du pays".
La reconstruction de la Guinée-Bissau se chiffrerait à 187 millions de
USD.
Source: AFP (voir archives de l'actualité)
L'économie en
bref:
La Guinée Bissau, malgré la taille réduite de son territoire (36125 km2)
dispose de potentialités et ressources naturelles non négligeables
(agriculture, domaine maritime, gisements miniers). La mise en valeur de ces
richesses depuis l'accession à l'indépendance en 1974 ne s'est pourtant pas
traduite, au cours des décennies passées, par un progrès économique et
social à la hauteur des espérances.
De nombreuses causes expliquent les difficultés rencontrées dans le
processus de développement:
- I'état général du pays à l'indépendance (économie primaire peu développée;
niveau d'éducation très faible et absence de formation professionnelle,
mauvaise situation sanitaire),
- certains choix de politique économique adoptés après l'indépendance
(planification et investissements publics inappropriés (notamment dans
l'industrie), inconvertibilité de la monnaie, organisation bancaire
unique, etc.)
Évolution de
la production:
En 1997, la part du secteur primaire (53%) dans le PIB (153 milliards de F
CFA) s'est accrue en valeur courante, par rapport à 1986 (49%) au détriment
du secteur secondaire qui participe pour environ 15% à la constitution du
PIB. La part des investissements industriels est dans ce contexte peu
significative. L'économie agricole du pays occupe plus de 80% de la
population active, le riz constituant la principale culture vivrière.
L'agriculture commerciale est dominée par la noix de cajou. Celle-ci représente
20% du PIB et plus de 90% des recettes d'exportation. Les aléas climatiques,
la concurrence croissante sur le marché international (Afrique de l'est, Asie
de l'est) peuvent avoir des effets dépressifs importants, à court ou moyen
terme, sur cette rente actuelle de situation. Les impacts de cette stratégie
sur la sécurité alimentaire ne sont pas non plus négligeables, le commerce
de la noix de cajou basé sur un système de troc avec le riz ayant entraîné
une stagnation de la production vivrière intérieure (taux de couverture des
besoins estimé à 75%) et contribué à un accroissement des importations
alimentaires (71000 tonnes de riz en 1997 soit une augmentation de 10% I'an en
moyenne depuis 1986).
La diversification de l'économie dans le secteur primaire reste encore
limitée mais est amorcée. Le décollage récent de la production cotonnière
(4300 tonnes de coton graine en 1997/1998) devrait se confirmer au cours des
prochaines années mais ses effets sur le PIB ou sur la balance commerciale
(5% en prévision 1998, environ 10% à terme de 3 ans) resteront faibles.
Ajustement
et dette:
Les difficultés cumulées dans la politique nationale de développement
ont conduit le pays à entreprendre à partir de 1987, avec le soutien des
institutions de Bretton Woods, un programme de stabilisation (FAS 87/89)
portant sur la libéralisation des prix, l'ouverture du commerce extérieur et
la réforme du secteur bancaire. Ce premier programme a été prolongé en
1995/98 par un nouvel accord d'ajustement structurel triennal dont l'élaboration
et la réalisation ont coïncidé avec la mise en œuvre d'une politique de démocratisation
à partir du mois d'août 1994.
Le troisième programme d'ajustement négocié en mars 1998 avec le FMI et
la Banque mondiale, sans suite à ce jour du fait du soulèvement militaire du
6 juin 1998, se situe après l'adhésion de la Guinée Bissau en 1997 à l'UMOA
(février) et à l'UEMOA (mars) et la signature des accords de coopération
monétaire (avril). Les différents programmes d'ajustement qui ont été menés
ont sensiblement contribué à l'amélioration des performances économiques
(taux de croissance compris entre 4 et 5%, réduction de l'inflation de 65% en
1996 à 17% fin 1997; amélioration des avoirs extérieurs) et permis l'éligibilité
de la Guinée Bissau à l'initiative en faveur des pays les plus endettés
(PPTE/HIPC).
En revanche, la dette extérieure s'est fortement accrue au cours des dix
dernières années correspondant aux phases d'ajustement structurel, le stock
de la dette (moyen et long terme pour l'essentiel) passant de 424 millions de
$ en 1987 à 914 en 1996. La dette bilatérale (Portugal, Italie, Russie et
Taiwan, principaux créanciers) est désormais largement supérieure à la
dette multilatérale (Banque mondiale et BAD pour 90%) alors qu'elles étaient
pratiquement identiques en 1987. Le niveau d'endettement qui atteignait près
de 2 fois le PIB en 1987 et dépasse actuellement 3,5 fois celui ci, pèse
lourdement sur une économie nationale peu diversifiée où le poids du
secteur primaire est prépondérant.
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