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L'amélioration de la conjoncture économique internationale n'a pas induit une reprise
de la demande mondiale de produits de base notamment ceux exportés par les Etats membres
de l'UEMOA. Ainsi, en dehors du pétrole dont les cours remontent, les cotations du cacao,
du café, du coton, des huiles végétales, du caoutchouc et de l'or s'inscrivent en
baisse.
Les principaux facteurs à l'origine de cet effondrement des prix sont le
déséquilibre entre une offre surabondante, consécutive aux productions records en
1998-1999 et une demande en nette contraction du fait de la faiblesse de la consommation
liée aux crises asiatique, russe et brésilienne, ainsi qu'une concurrence agressive
entre les pays producteurs. L'évolution des marchés des principaux produits de rente des
Etats membres de l'Union se présente comme suit :
Le cacao:
Le marché du cacao connaît une nouvelle phase de repli des cours, après celle de
1989-1992. En glissement annuel, la moyenne des cours au premier semestre 1999 est en
baisse de 26,5 %. L'évolution des cours est particulièrement influencée par plusieurs
facteurs fondamentaux tels que :
- la crise qui prévaut dans le secteur du négoce où les rumeurs
successives de dépôts de bilan ont contribué à renforcer le sentiment de régulation
du marché ;
- la persistance des craintes de désorganisation des circuits de
commercialisation que pourrait entraîner la libéralisation partielle ou totale de la
filière en Afrique de l'Ouest et plus précisément en Côte-d'Ivoire et au Ghana ;
- la révision régulière à la hausse de la production de la campagne
1998-1999.

Le café:
Les cours du café ont évolué à la baisse depuis le début de l'année 1999. A la
fin du premier semestre, le recul a été de 14,5 % en glissement annuel. Ce mouvement est
imputable à l'abondance de l'offre et à l'afflux massif des exportations brésiliennes
sur le marché. En effet, la récolte du premier producteur mondial estimée à 34,5
millions de sacs, est en hausse de 51,8 % par rapport à la campagne précédente. Outre
ce niveau record de la récolte, la dévaluation de la monnaie nationale, en janvier 1999,
a stimulé les exportations et contribué à augmenter de plus de 36 % les placements
opérés par le Brésil.
Selon l'Organisation Internationale de Café (OIC), la production mondiale a progressé
de 9,5 % en 1998-1999, pour s'établir à 105 millions de sacs. En revanche, la
consommation mondiale, avec une hausse de 1,5 %, est ressortie à 100 millions de sacs.

Le coton:
Sur le marché du coton, les cours ont subi d'amples fluctuations
depuis janvier avec une tendance à la détérioration à la fin du premier semestre 1999.
En glissement annuel, les cours ont chuté de 14,5 %. L'évolution défavorable des cours
est en rapport avec l'impact des informations faisant état d'une augmentation de la
récolte américaine de 36 %, pour s'établir à 3,9 millions de tonnes en 1999-2000 et
des anticipations d'un déstockage de 1,7 million de tonnes de coton par la Chine.

Le caoutchouc:
L'annonce par l'Organisation Internationale de Caoutchouc de la reprise
de ses opérations d'achat sur le marché, après une longue période de suspension, a
stimulé les cours au début du mois de mai. Cette hausse a été cependant éphémère,
les opérateurs étant restés dans l'attente de l'issue des consultations électorales en
Indonésie. Les cours moyens du premier semestre 1999 ont connu en glissement annuel, une
baisse de 5,6 %.

L'or brut:
Sur le marché de l'or brut, les cotations après avoir fluctué légèrement sur les
quatre premiers mois de l'année, ont amorcé une tendance orientée à la baisse, l'or
n'ayant pas joué son rôle de valeur refuge pour les fonds d'investissement. Par rapport
au premier semestre 1998, les cours ont enregistré un repli de 5,6 %. De janvier à juin
1999, la baisse a été de 9 %. Ce mouvement est consécutif à plusieurs facteurs dont :
- l'accord obtenu du G7/G8 à Cologne, autorisant le FMI à vendre une
partie de ses réserves pour financer sa contribution à la réduction de la dette des
pays les plus pauvres dans le cadre de l'Initiative en faveur des Pays Pauvres Très
Endettés (PPTE) ;
- l'annonce faite en mai par le Trésor britannique de la vente de 415
tonnes de ses réserves d'or sur les 715 tonnes détenues par la Banque d'Angleterre.
- l'amélioration du rendement du dollar sur le marché de change.
Le pétrole:
Le marché du pétrole a enregistré une forte augmentation du prix du baril entre
janvier et juin 1999. En effet, un relèvement du prix de 43,8 % a été enregistré,
portant le prix à 18,0 dollars le baril en moyenne en juin. Ce redressement exceptionnel
fait suite à la signature d'un accord entre pays producteurs en vue d'une régulation de
l'offre.
La hausse des cours a été également soutenue par la réduction de 5,8 millions de
barils des stocks de brut aux Etats-Unis, en relation avec une politique de gestion des
stocks de raffinerie.
Au total, la chute quasi-générale des cours des produits de base, corollaire de
l'excès de l'offre conjuguée à la contraction de la demande mondiale, a contraint les
Etats membres de l'Union à revoir à la baisse les prévisions de croissance de
l'activité économique en 1999.

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