| Les tarifs douaniers en Afrique Centrale ... |
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Le système
fiscalo-douanier en
UDEAC / CEMAC
(Cameroun, Congo,
Gabon, Guinée Équatoriale, Centrafrique et Tchad) |
Introduction:
Voici plusieurs années déjà que la réforme fiscalo-douanière de l’UDEAC est en vigueur dans le six États membres : le Cameroun, la République Centrafricaine, le Congo, le Gabon, la Guinée Équatoriale et le Tchad. Elle a atteint son âge adulte tant dans sa conception que dans son application.
La maîtrise du nouveau système fiscalo-douanier par les opérateurs économiques comme par le personnel des régies financières nationales était au départ un grave sujet de préoccupation. Aussi, le Secrétariat Général de l’UDEAC a en son temps organisé des séminaires de vulgarisation au bénéfice des Administrations avec le concours des experts qui avaient participé aux discussions pour la mise au point de la réforme. De même nous avons fait appel à des cabinets spécialisés pour organiser une douzaine de séminaires au bénéfice des opérateurs économiques. La réforme est aujourd’hui rentrée dans la pratique quotidienne.
Que nous ne disposions pas encore d’un document de synthèse rassemblant l’ensemble des textes de la réforme apparaît alors comme une sérieuse lacune. Cette situation en complique l’application. C’est un vide que ce recueil vient combler. C’est aussi une occasion de rappeler le sens, l’esprit et le contenu de ce nouveau système fiscal et douanier.
1/ Objectif de la réforme :
Les instruments fiscaux et douaniers antérieurs de l’Union comportaient de graves faiblesses préjudiciables pour les économies de la sous-région. Une grande confusion régnait entre la mission de protection des productions du territoire douanier, et celle de procurer des recettes pour les finances publiques. Le système, par sa complexité, donnait l’impression d’une jungle exigeant une administration lourde pour l’Etat et pour les contribuables. La taxe unique, les codes d’investissement, les exonérations exceptionnelles diverses, la taxe sur le chiffre d’affaires, cumulative en cascades, introduisaient des distorsions importantes et beaucoup d’inégalités dans la répartition du fardeau fiscal. La réforme vise à éliminer ces faiblesses et à moderniser le système.
2/ Contenu de la réforme :
Le nouveau système fiscalo-douanier de l’UDEAC - CEMAC se compose :
- du Tarif Extérieur Commun (TEC)
- du Tarif Préférentiel Généralisé (TPG
- de la Taxe sur le Chiffre d’Affaires (TCA).
Le Tarif Extérieur Commun (TEC), dépouillé de la Taxe sur le Chiffre d’Affaires à l’Importation et de la Taxe Complémentaire comporte quatre taux pour quatre catégories de marchandises :
- 5 % catégorie I pour les biens de première nécessité
- 10 % catégorie II pour les matières premières et biens d’équipement
- 20 % catégorie III pour les biens intermédiaires
- 30 % catégorie IV pour les biens de consommation courante.
La catégorie II, catégorie hybride, renferme des produits de consommation courante, utilisés comme intrants par certaines productions. Il s’agit de ne pas pénaliser de façon excessive ces productions.
La réforme doit également démonter toutes les mesures de contingentement (barrières non tarifaires). Pour permettre aux entreprises bénéficiaires de ce mode de protection de s’ajuster, le TEC est complété par une surtaxe temporaire, dont le taux est plafonné à 30 %. La surtaxe doit disparaître dans un délai maximum de six ans et s’applique uniquement aux produits faisant l’objet de contingentement.
Le Tarif Préférentiel Généralisé (TPG) :
L’Union a toujours eu le souci de développer les échanges commerciaux entre les Etats membres ; la taxe unique conçue à cette fin, a favorisé l’investissement et l’accroissement de la production intérieur, sans doper les exportations intra-communautaires. Le TPG s’applique aux produits originaires de l’UDEAC, à l’importation vers un pays membre. Son taux initialement fixé à 20 % du TEC applicable au produit concerné, a été ramené à 10 % en janvier 1966, et s’annulera en janvier 1998. Cette démarche est une condition essentielle pour la construction d’un marché commun en Afrique Centrale.
La Taxe sur le Chiffre d’Affaires (TCA) :
Elle remplace toutes les taxes indirectes et s’applique aux livraisons de biens, aux prestations de service et aux importations. La Taxe sur le Chiffre d’Affaires ne fait pas de discrimination entre les importations et les productions nationales. Les Etats en fixent le taux dans les limites de deux fourchettes dont les valeurs viennent d’être réajustées : 0 à 8 % pour le taux réduit, 10 à 18 % pour le taux normal. Pour les assujettis, la TCA sur les intrants est déductible. La TCA déductible est une étape vers la TVA ; à cet effet, chaque Etat étend progressivement son champ d’application notamment vers les opérations de vente au détail et les services.
Pour ajuster les recettes fiscales aux besoins des Trésors Publics, les États agissent sur le droit d’accise applicable à certains biens figurant sur une liste arrêtée par le Comité de Direction. Son taux est arrêté librement par l’État, dans une fourchette allant de 0 à 100 %.
3/ Les effets de la réforme :
Aucune réforme ne peut satisfaire tout le monde, l’État soucieux de ne pas compromettre l’équilibre des finances publiques, les entreprises qui désirent bénéficier d’une protection suffisante vis-à-vis des importations, les consommateurs dont il faut préserver le pouvoir d’achat.
En elle-même, la réforme est neutre et seuls les besoins du Trésor expliquent l’accroissement de la pression fiscale. Chaque État a pu fixer les taux de TCA et de droit d’accise en fonction des exigences de l’équilibre des finances publiques. On peut noter aujourd’hui que les déficits budgétaires se réduisent.
La pression fiscale est-elle plus forte qu’avant la réforme ? Certainement oui, pour ceux qui, sous les différents régimes dérogatoires, ne supportaient qu’une faible part du fardeau fiscal. Logiquement, la simplification devrait entraîner des réductions dans les coûts administratifs de gestion de la fiscalité ; la baisse des taux nominaux rend moins payantes la fraude et la contrebande.
Les opérateurs économiques désirent une protection forte pour leurs productions et un taux de TEC faible pour leurs intrants. Dans certains cas, ceux-ci sont aussi des produits finis pour des entreprises en amont, qui elles aussi réclament une protection. Un juste équilibre est nécessaire pour créer des courants d’échanges interindustriels, tout en réservant les perspectives de l’implantation de nouvelles unités industrielles en amont de celles qui existent. Cela a conduit à la création de la catégorie de biens intermédiaires, à la fois produits de consommation courante et intrants industriels.
4/ Les perspectives :
La réforme toute seule ne peut révolutionner l’environnement économique de l’Afrique Centrale. Elle voudrait susciter des actions d’accompagnement de la part des États, des entreprises.
Les entreprises seront de plus en plus exposées à la concurrence internationale et il est impératif qu’elles prennent sans délai les mesures d’ajustement internes nécessaires pour abaisser les coûts de production, redéfinir leur stratégie commerciale pour le positionnement de leur produit, convaincre leurs partenaires de la faisabilité de leur business-plan pour obtenir de nouveaux financements.
Les États ne peuvent assurer la réussite de la réforme, sans remettre à nouveau les Régies financières, au plan technique, éthique et du professionnalisme. Ils sont invités à mettre en place des structures spécialisées plus performantes pour gérer certains pans de la réforme et engager une lutte crédible contre la fraude, la contrebande et le dumping.
Le Secrétariat Général de l’UDEAC, avec l’assistance des bailleurs de fonds s’emploie à moderniser et compléter la réforme ; sont déjà à l’étude un nouveau système d’incitation à l’investissement, une réglementation régionale sur la concurrence et la protection des consommateurs, etc… Le Secrétariat Général est disponible pour apporter son concours à tout programme de formation et de perfectionnement des Administrations douanières et fiscales.
Ce recueil est destiné à servir d’outil de travail aux opérateurs économiques, il met à leur disposition l’ensemble des textes de base et les textes modificatifs subséquents, ainsi que des commentaires et des lettres circulaires d’application destinés à en faciliter la compréhension.
Le Secrétariat Général accueillerait avec intérêt toutes suggestions qui permettraient d’enrichir les éditions ultérieures.
Le Secrétaire Général de l'UDEAC - CEMAC
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