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UEMOA
Rapport d'exécution de la surveillance multilatérale
Décembre 1999
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L’environnement économique international:

Les tensions sur les marchés financiers et le ralentissement de l'activité industrielle consécutif à la contraction de la demande étrangère, enregistrés au début de l'année dans certains pays industrialisés de l'Europe, se sont estompés au deuxième trimestre 1999. Depuis lors, la conjoncture économique internationale s'est sensiblement améliorée et les perspectives de croissance de l'économie mondiale à fin 1999 se sont considérablement éclaircies au cours des derniers mois.


L'évaluation globale des performances et perspectives des économies est optimiste et laisse entrevoir une croissance de l'économie mondiale de 3,0 % en 1999, soit une révision à la hausse de 0,7 point. Cette accélération de la croissance mondiale serait portée essentiellement par les bonnes performances de l'économie américaine, les indices annonciateurs d'une reprise au Japon et dans les économies émergentes exception faite de l'Indonésie ainsi que le raffermissement de la croissance dans la zone euro à partir du second semestre 1999.


Ce dynamisme masquerait cependant le marasme des économies des pays en développement dont les prix des principales matières premières ont été orientés à la baisse. Certes, cette évolution de la conjoncture a contribué, du fait de la surabondance de l'offre et de la forte compétitivité des produits des économies des pays émergents, à modérer la hausse des prix, mais les effets ont été moins bénéfiques sur les finances publiques et la croissance dans les Etats membres de l'UEMOA.



Evolution de la situation économique en 1999:


L'activité économique a amorcé depuis le deuxième trimestre 1999, une évolution positive qui devrait se concrétiser par une accélération de la croissance en 1999 dans la plupart des pays industrialisés. Par contre, dans les pays en développement, la situation demeure contrastée.

La croissance vigoureuse aux Etats-Unis, conjuguée au frémissement de la reprise au Japon ainsi qu'au redressement dans la zone euro, s'est traduite par une accélération de la croissance dans les pays industrialisés. Ainsi :



1- Evolution de la croissance économique des pays industrialisés:


Aux Etats-Unis, l'évolution conjoncturelle témoigne d'une croissance réelle de 3,5 % à fin juin et l'on s'attend à fin décembre 1999, à une croissance de 3,6 %. Le cycle d'expansion se prolonge dans ce pays et permet de contrer les menaces de récession affectant l'économie mondiale. Ces performances s'expliqueraient par les effets bénéfiques de la crise asiatique à savoir la baisse des taux d'intérêt et la désinflation importée qui stimulerait la demande intérieure, notamment la consommation des ménages.


Au Japon, malgré la poursuite de la contraction de l'emploi, de la masse salariale et de l'investissement privé, l'activité économique a augmenté de 1,9 % au premier trimestre. Ce mouvement s'est poursuivi tout le long du premier semestre 1999 en liaison avec l'impact des plans de relance budgétaire suite aux progrès réalisés dans l'assainissement des finances publiques. L'ampleur exceptionnelle des dépenses d'investissement public serait parvenue à arrêter l'effondrement de la demande privée. Les dépenses des ménages ont été fortement stimulées par la distribution des bons d'achat. Pour l'année 1999, la croissance serait de 1,0 % contre - 2,9 % en 1998.


Dans la zone euro, après un ralentissement de l'activité économique au premier semestre du fait de la baisse des carnets de commandes étrangères et de la perte de confiance des industriels, des signes évidents d'une reprise sont apparus dès le début du second semestre.


L'Allemagne et l'Italie ont été particulièrement affectées dans la première moitié de l'année. En effet, l'activité a régressé en Allemagne en raison du poids de l'industrie dans son économie et de l'importance de ses échanges avec les pays d'Europe centrale et orientale. Quant à l'Italie, elle a enregistré des pertes de compétitivité liées à l'appréciation de la lire.


En France, le ralentissement de l'activité amorcé à la mi-1998 s'est poursuivi jusqu'au premier trimestre 1999, traduisant le fléchissement de l'activité dans l'industrie manufacturière à la suite de la crise financière. En revanche, l'activité reste dynamique dans les secteurs les moins exposés, grâce à la bonne orientation de la demande intérieure, notamment celle des ménages qui bénéficie de la vigueur de l'emploi, de la faiblesse du taux d'inflation et des taux d'intérêt, et du niveau élevé de la confiance. Pour sa part, l'investissement en logement a connu une reprise et afficherait une hausse annuelle supérieure à 12 %. Ces facteurs, joints au redressement des commandes étrangères adressées aux industries manufacturières, laissent présager d'un raffermissement de la croissance au second semestre. Celle-ci serait de 2,2 % en 1999.


Au total, il est attendu une accélération de la croissance dans la zone euro au second semestre 1999, du fait du dynamisme des secteurs non exposés et de l'amélioration de l'environnement international. Le redressement des échanges extérieurs notamment dans les petits pays, devrait compenser le tassement de la demande. La croissance devrait avoisiner 2 %.



2 - Evolution de la croissance économique des pays en développement:


La situation économique dans les pays en développement présente des évolutions contrastées.


En Asie du sud-est, les économies émergentes semblent sortir de la grande crise financière des années 1997 et 1998. A l'exception de l'Indonésie, on note partout des signes évidents d'une stabilisation voire d'une reprise de la croissance. La croissance pour l'ensemble de la zone devrait atteindre 2,0 % en 1999 contre un recul de 6 % en 1998, en relation avec la remontée de la production stimulée par la baisse des taux d'intérêt.


Au niveau des pays d'Amérique du sud, la crise qui a affecté le Brésil et la détérioration des termes de l'échange ont fragilisé les perspectives de croissance. Des incertitudes pèsent sur l'amélioration rapide de la conjoncture dans cette région où les deux principales économies, en l'occurrence le Brésil et l'Argentine, restent confrontées à une contraction de l'activité. Les perspectives de croissance ont été révisées à - 3,0 % dans chacun des deux pays en raison du recul attendu de la production industrielle et du repli de la demande.


Dans les pays africains, la conjoncture a été marquée par la détérioration des cours mondiaux des matières premières et les problèmes d'écoulement de leurs produits d'exportation, en liaison avec la contraction de l'activité dans les pays d'Asie du sud-est en 1998 et d'Amérique latine en 1999. De ce fait, la plupart des pays ont revu à la baisse leurs prévisions de croissance économique. L'objectif d'une croissance de 3,2 % en 1999 pour l'ensemble de ces pays, pourrait ne pas être atteint.



Evolution des prix à la consommation:


Dans l'ensemble, la stabilité des prix a été renforcée par l'intensification de la concurrence des pays asiatiques et la faiblesse des prix des produits de base. Globalement, l'inflation devrait baisser en 1999.


Ainsi, dans la zone euro, la baisse de l'inflation s'est poursuivie en 1999. Celle-ci a été favorisée par la baisse des coûts de production résultant de la chute des cours des matières premières importées et de la faible progression des coûts salariaux. L'absence de tensions sur les prix est aujourd'hui manifeste dans tous les pays de la zone euro. La moyenne des taux d'inflation des trois pays les plus performants était en avril de 0,5 %. Excepté l'Espagne, l'Irlande et le Portugal, aucun pays n'a connu une hausse des prix supérieure à 2 % à la fin du premier semestre.


En France, les prix à la consommation ont progressé de 0,4 % au deuxième trimestre 1999 contre 0,2 % au premier trimestre 1999 affichant ainsi un des taux les plus bas de la zone euro. En Allemagne, la progression des prix au terme du premier semestre a été de 0,6 % en ligne avec le raffermissement des cours du pétrole, conjugué à la hausse des salaires horaires et au ralentissement des gains de productivité.


Aux Etats-Unis et au Japon, une relative stabilité des prix a été observée.


Dans les pays en développement, une maîtrise générale des prix a été observée. Ainsi dans les pays asiatiques, à fin juin 1999, l'inflation a baissé notamment en Corée du sud de 0,6 % et en Chine de 3,2 % en relation avec la stagnation de la consommation des ménages.


Dans les pays d'Amérique du sud et plus spécifiquement au Brésil, la hausse des prix a été contenue en dépit de la dépréciation de 30 % du réal entre janvier et mars 1999.



Conditions monétaires et taux de change:


Au cours du premier semestre 1999, la détente des taux d'intérêt sur le marché monétaire s'est poursuivie en Europe. En effet, face aux risques de récession dans la zone euro, la Banque Centrale Européenne a procédé en avril 1999, à une réduction de ses trois taux directeurs, qui sont restés inchangés depuis lors. Quant au Japon, il a maintenu inchangé à 0,5 % son taux d'escompte.

Par contre, aux Etats-Unis, les taux d'intérêt demeurés inchangés depuis le début de l'année 1999 ont été revus à la hausse pour prévenir les pressions inflationnistes qui pourraient résulter de la progression des revenus et des tensions sur le marché du travail.


Sur le marché des changes, les cours des principales devises dans les pays industrialisés, en relation avec les données fondamentales des différentes économies, ont évolué de manière contrastée. Aux Etats-Unis, la bonne orientation de l'activité a constitué un soutien au dollar face aux autres devises, notamment l'euro, tandis que le raffermissement du yen par rapport au dollar est induit par les flux de capitaux en faveur des actifs nippons.


Pour ce qui est de l'euro, il a subi depuis son avènement en janvier 1999, une dépréciation continue qui a fait passer son cours de 1,1616 à 1,0373 par rapport au dollar en juin. Ce mouvement s'explique par la conjoncture contrastée entre les deux zones, l'impact de la crise au Kosovo et les opinions divergentes exprimées par les différentes autorités monétaires nationales sur les perspectives économiques et la conduite de la politique monétaire.


Source: Commission de l'UEMOA, Décembre 1999.

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