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Les institutions congolaises
A l’issue de la guerre civile de 1997 (juin-octobre), Denis Sassou Nguesso, qui avait assumé les fonctions de Chef d’Etat du Congo de 1979 à 1992, est revenu aux commandes du pays.

Il a été proclamé Chef d’Etat le 25 octobre 1997; le 3 novembre, un nouveau gouvernement a été formé.
Du 4 au 14 janvier 1998, le président Sassou Nguesso a organisé un Forum de réconciliation nationale, au cours duquel plusieurs décisions ont été prises, notamment au plan institutionnel.

La Constitution de 1992, approuvée par référendum et qui avait donné naissance a un régime de type semi-présidentiel, a été suspendue.
Un Parlement transitoire de 75 membres a été mis en place, ainsi qu'un Conseil national de transition investi des prérogatives législatives de l’ex-Assemblée nationale dissoute.
Un projet de constitution du Congo-Brazzaville s'inspirant des conclusions du forum sur l'unité et la réconciliation a été soumis à referendum le 20 janvier 2002. Les Congolais l'ont approuvé à une écrasante majorité (84,26% des suffrages exprimés).

La nouvelle constitution ( 77 Ko) institue un régime présidentiel accordant au président de la République de larges pouvoirs.

Elu pour un mandat de sept ans renouvelable une fois, le président de la République est le chef de l'exécutif. Il nomme les ministres et met fin à leurs fonctions.

La constitution prévoit un parlement bicaméral avec une Assemblée nationale de 137 membres élus pour cinq ans et un sénat de 66 sièges. Le mandat des sénateurs est de six ans.
Pour assurer la pérennité des institutions, la constitution ne prévoit pas de motion de censure contre le gouvernement.
L'assemblée ne peut démettre le président de la République qui ne peut la dissoudre.

La nouvelle constitution prévoit d'autres institutions tels le Conseil de liberté de l'information et de la communication, la Haute cour de justice, la Cour des comptes, la Cour suprême, la Cour constitutionnelle, la Commission nationale des droits de l'Homme, le Conseil économique et social.
Elle est entrée en vigueur à la fin du processus électoral, après l'élection présidentielle de mars 2002 , les élections législatives de mai 2002 et sénatoriales de juin 2002.

Pour en savoir plus, cliquez ici (constitution du Congo au format PDF, 77 Ko)

Les élections présidentielles de mars 2002 :


Chef de l’État : Denis Sassou Nguesso

Denis Sassou Nguesso a été élu à sa propre succession à la présidence de la République du Congo avec 89,41 % des suffrages exprimés.
Le taux de participation communiqué par le ministre de l'Intérieur est de 74,70 % et le taux de suffrages exprimés de 69,36 %.
Denis Sassou Nguesso a devancé très largement Joseph Kignoumbi Kia Mboungou qui n'a recueilli que 2,76 % des suffrages suivi d'Angèle Bandou (2,32 %), Luc Daniel Adamo Mateta (1,59 %), Côme Manckassa (1,25 %) et Bonaventure Mizidy Bavoueza (1 %).
Trois candidats de l'opposition, dont l'ancien président de l'Assemblée nationale, André Milongo, avaient retiré leurs candidatures.


Denis Sassou Nguesso est un militaire rompu à la politique qui a dirigé à deux reprises son pays, de 1979 à 1992 sous le régime du parti unique et depuis son retour au pouvoir en 1997.
Agé de 60 ans, le général Sassou Nguesso, originaire du nord du pays, s'est engagé en 1961 dans l'armée congolaise. Dès lors son histoire personnelle va souvent croiser celle de son pays.

En 1964, il sort lieutenant de l'école d'infanterie de Saint-Maixent, en France, l'ancienne puissance coloniale avec laquelle il veillera toujours à conserver d'étroites relations.
Dès août 1963, alors adepte du marxisme-léninisme, il avait activement participé au soulèvement qui avait renversé le régime de l'abbé Fulbert Youlou. Cinq ans plus tard, il est de nouveau en première ligne dans le mouvement insurrectionnel qui porte au pouvoir le commandant Marien Ngouabi. L'officier parachutiste prend alors la direction des services de sécurité, "la sécurité d'Etat", ministre de la Défense.

Militaire et homme de renseignement, il devient également un idéologue du régime: en 1969, il est co-fondateur du Parti congolais du travail (PCT), avec notamment Martin Mbéri.
Son ascension au sein de l'armée, des services de sécurité et du parti le conduit le 5 février 1979 à la présidence du Congo. Il succède au président Joachim Yhombi-Opango, contraint à la démission.
Pragmatique dès son arrivée à la tête du pays, M. Sassou Nguesso avait réussi de 1980 à 1984, alors qu'il se réclamait du marxisme-léninisme, à mettre en exécution un plan de développement régional dont l'objectif principal était de doter le Congo d'un réseau routier fiable.
En moins de trois ans, près de 1000 km de routes ont été construits ainsi que des ponts.
Sur le plan africain, le général entretient des relations privilégiées avec les dirigeants des Mouvements de libération nationale et particulièrement avec le pouvoir angolais. L'armée cubaine est alors engagée avec les forces gouvernementales angolaises contre les rebelles de l'UNITA soutenus par le régime d'apartheid sud-africain.
Ainsi, il réunit, pour la première fois en 1988, face à face, à Brazzaville, des représentants du régime d'apartheid et de l'Angola pour discuter de la paix en Afrique australe.
Il tisse également un réseau de relations au sein des chefs d'Etat des pays francophones. Il est notamment le beau-père des doyens des présidents d'Afrique centrale, le Gabonais Omar Bongo.
Dans le vent de la "démocratisation" qui souffle sur le continent, le pluralisme est restauré à Brazzaville par son régime. Cela se traduit pour lui par une défaite à la première élection présidentielle pluraliste, en 1992, face à l'un de ses anciens rivaux, Pascal Lissouba, longtemps exilé en France.
Sur fond de contestation des différents scrutins qui suivent la présidentielle, le Congo va s'enfoncer dans un cycle de violences marquées par trois guerres civiles successives en une décennie.

En 1997, à l'issue de cinq mois de guerre civile qui ont permis à ses miliciens de vaincre ceux de M. Lissouba, avec le soutien décisif de l'armée angolaise intervenue à ses côtés, le général Sassou Nguesso reprend les rênes du pouvoir à Brazzaville, dévastée par les combats.
Le pays n'est pas pour autant pacifié et un nouveau conflit, marqué par des exactions contre les populations, éclate fin 1998.
Les forces du général Sassou Nguesso gagnent cette dernière guerre, toujours avec l'appui de l'Angola.

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