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Historique de l'intégration économique en Afrique de l'Ouest

 

 
Historique de l'intégration économique en Afrique de l'Ouest
 
 

Au lendemain de leur accession à l'indépendance, six pays de l'Afrique Occidentale membres de la Zone Franc - Bénin (alors Dahomey), Burkina Faso (alors Haute Volta), Côte d'Ivoire, Niger, Sénégal et Togo (en 1963) - ont créé, le 12 mai 1962 , l'Union monétaire Ouest-Africaine (UMOA), manifestant ainsi leur volonté de coopération monétaire à la fois entre eux, au sein d'une union, et avec la France au sein de la Zone Franc. Le Mali n'a adhéré à l'UMOA qu'en juin 1984, après avoir demandé en 1967 sa réintégration dans la Zone Franc.

 

En 1973 , le Traité de l'UMOA a été révisé, la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) a été dotée de nouveaux statuts, la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD) a été créée et de nouveaux accords de coopération avec la France ont été signés. Des mécanismes de régulation, garants de la cohésion et de la stabilité monétaire de l'Union, ont été introduits dans les nouveaux textes.

 

Grâce à un environnement monétaire plus stable - monnaie commune, ancrage au franc français et règles de gestion monétaire - les pays membres de l'UMOA, comme d'ailleurs les autres pays de la Zone Franc, ont connu, en moyenne, de meilleures performances économiques que les autres pays d'Afrique sub-saharienne. La croissance économique a été en général supérieure à la croissance démographique, ce qui a permis d'améliorer les conditions de vie des populations.

 

Dans les années 80 , deux chocs externes majeurs ont largement contribué à déstabiliser les économies de l'Union et à renverser la croissance économique : l'effondrement des prix des matières premières, sources importantes des recettes d'exportation, et l'appréciation réelle du Franc CFA, sous l'effet combiné de la hausse du Franc français et l'ajustement à la baisse des taux de change des pays voisins hors Zone Franc. Les principaux indicateurs macro-économiques et financiers se sont détériorés rapidement, plongeant les pays de l'UMOA dans une crise économique profonde.

 

Face à la crise économique, les pays membres de l'UMOA ont, dès 1990 , manifesté leur volonté d'approfondir leur intégration économique en complément de l'union monétaire. Il était devenu évident que les mécanismes de régulation monétaire devaient être complétés par des réformes économiques pour assurer la cohésion de l'Union et lancer les bases d'une croissance durable. C'est ainsi que le Gouverneur de la BCEAO a reçu mandat des Chefs d'Etat de l'UMOA de mener la réflexion sur l'intégration économique et de préparer un traité dans ce sens. Le Traité instituant l'Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) a été signé le 10 janvier 1994 à Dakar, deux jours avant la dévaluation du Franc CFA.

 

Dans ce contexte, la signature du Traité représente la mesure d'accompagnement la plus importante et la plus volontariste de la dévaluation. Après ratification par l'ensemble des Etats signataires, le Traité entrait en vigueur le 1er août 1994. La Commission -organe exécutif de l'Union- ainsi que la Cour de Justice de l'UEMOA s'installaient le 30 janvier 1995 à Ouagadougou. La première Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement de l'UEMOA s'est tenue le 10 mai 1996 .

 

NDLR :

 

Ce texte ne relate pas les expériences passées d'intégration régionale, notamment celle de la CEAO (Communauté Economique de l'Afrique de l'Ouest) dissoute à la création de l'UMOA. Il n'intègre pas non plus l'appartenance des pays de l'UEMOA à un ensemble régional plus vaste regroupant les 15 pays de l'Afrique de l'Ouest (francophones, anglophones et lusophones) au sein de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) dont le siège est à Lagos (Nigeria). Il ne mentionne pas non plus l'appartenance de certains pays de l'UEMOA à d'autres ensembles régionaux tels que le Conseil de l'Entente, l'OMVS (Organisation de Mise en valeur du Fleuve Sénégal), l'OMVG (Organisation de Mise en valeur du Fleuve Gambie), etc ... plus centrés sur des intérêts spécifiques mais pouvant avoir des incidences sur le processus d'intégration en cours au sein de l'UEMOA.

 

 

 
Source : document UEMOA « Première Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement » mai 1996