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Perspectives économiques 2004-2006 :
Le programme pluriannuel 2004-2006 du Burkina Faso est une actualisation du
programme pluriannuel 2003-2005 adopté par Décision n° 03/2003/CM/UEMOA du
26 juin 2003. Ce programme actualisé est parvenu à la Commission de l'UEMOA
le 17 novembre 2003.
Principaux éléments du programme :
Le programme réaffirme un objectif de croissance économique équitable et
soutenue d'au moins 6 % en moyenne par an pour réduire la pauvreté. La
réalisation de cet objectif repose sur le dynamisme et la capacité de
réaction de l'économie qui permettrait de réduire l'impact négatif des
chocs extérieurs.
Au niveau sectoriel, le secteur primaire connaîtrait un taux de croissance
annuel moyen de 4,2%. Pour réaliser cette croissance, le gouvernement entend
mettre en œuvre les actions suivantes :
" la vulgarisation de techniques culturales adaptées aux conditions
climatiques à travers notamment l'introduction de nouvelles variétés de
semences et le développement de la petite irrigation villageoise ; " la
valorisation de la filière coton à travers notamment la défense des
intérêts des producteurs ; " le renforcement de l'Opération Saaga, la
conservation des eaux et des sols et la création de 50 000 fosses fumières ;
" l'amélioration génétique du cheptel et le développement des zones
pastorales.
Le secteur secondaire serait le moteur de la croissance avec un taux de
croissance moyen de 9,6 % par an. Cette performance serait principalement
tirée par les activités d'égrainage de coton, l'industrie manufacturière
et les BTP. Les mesures prises porteront sur l'accélération du programme de
privatisation, la poursuite de l'amélioration de l'environnement, la
diversification des sources d'approvisionnement ainsi que la construction
d'infrastructures de base.
L'activité du secteur tertiaire progresserait de 5,0 % en moyenne par an
sur la période. Cet objectif serait atteint par l'amélioration des
infrastructures économiques à travers (i) le lancement du projet de fibre
optique et l'harmonisation des tarifs de télécommunication, (ii) l'opérationalisation
du barrage de ZIGA, le renforcement du processus d'interconnexion et
l'électrification rurale, (iii) le bitumage des axes routiers et le
renouvellement du parc automobile en vue du développement des transports.
Concernant l'évolution des prix, le taux d'inflation annuel moyen
passerait de -1,2 % en 2004 à 1,8 % en 2006 tout en respectant la norme de 3
% maximum.
En ce qui concerne les finances publiques, l'exécution du Plan de
Renforcement de la Gestion Budgétaire (PRGB) et du plan d'action en matière
de recouvrement des recettes devrait conduire à la maîtrise des dépenses
courantes et à l'amélioration de la mobilisation des recettes, afin de
consacrer davantage de ressources aux investissements. Le solde budgétaire de
base rapporté au PIB nominal devrait s'améliorer en passant de -0,1 % en
2004 à 0,0 % en 2005 et 2006.
Dans ce cadre, les recettes totales devraient croître de 14,3 % en moyenne
par an pour passer de 13,3 % du PIB en 2003 à 14,1 % en 2006. Le taux de
pression fiscale s'améliorerait régulièrement et passerait de 12,2 % en
2004 à 13,0 % en 2006, en rapport avec l'amélioration sensible des recettes
fiscales intérieures.
Pour atteindre les objectifs de recettes, les mesures envisagées porteront
sur la mise en place du Circuit Intégré des Recettes (CIR), la poursuite des
efforts de collecte de la TVA à travers le renforcement des actions de
contrôle et de réduction sensible des exonérations. En outre, pour élargir
l'assiette fiscale, les actions porteront sur le passage des entreprises du
secteur non structuré vers le secteur structuré. Enfin, la lutte contre la
fraude et l'évasion fiscale serait intensifiée grâce au renforcement de
l'efficacité des administrations fiscales et douanières.
L'objectif de maîtrise des dépenses est de limiter le rythme annuel moyen
de progression des dépenses totales à 8,8 %. Elles passeraient de 22,7 % du
PIB en 2004 à 21,7 % en 2006. Les dépenses courantes croîtraient en moyenne
de 6,5 % par an. Ainsi le ratio masse salariale sur recettes fiscales, estimé
à 40,6 % en 2003 se situerait à 32,6 % en 2006. Quant aux dépenses en
capital, elles progresseraient de 9,0% sous l'effet d'une plus forte
augmentation de la composante financée sur ressources internes en vue de
lutter efficacement contre la pauvreté. Ainsi, cette composante augmenterait
régulièrement pour représenter 30,1 % du PIB en 2006.
Dans le but de renforcer la maîtrise des dépenses publiques et rendre le
cadre budgétaire plus efficace et transparent, le Gouvernement entend
poursuivre l'approche du budget programme comme base d'élaboration des
prévisions budgétaires et accélérer l'application du PRGB. Dans ce cadre,
les mesures porteront sur la finalisation de la chaîne du système
informatisé de gestion administrative et salariale du personnel de l'Etat,
l'amélioration de la préparation et du suivi du programme d'investissements
publics en cohérence avec le Cadre de Dépenses à Moyen Terme (CDMT) et le
budget général de l'Etat.
S'agissant de la dette, le taux d'endettement serait maîtrisé en passant
de 39,7 % en 2004 à 35,9 % en 2006. Ces objectifs incluent le traitement du
stock des concours monétaires qui s'élevait à 34,4 milliards à fin
décembre 2002. En outre, l'Etat poursuivra sa politique de paiement régulier
des factures afin d'éviter l'accumulation de nouveaux arriérés de paiement.
En ce qui concerne les comptes extérieurs, le déficit courant hors
transferts officiels rapporté au PIB nominal se réduirait constamment pour
s'établir à 10,4 % en 2006. Pour atteindre cet objectif, les mesures de
soutien et de diversification des exportations seront poursuivies.
Evaluation technique du programme :
Le programme pluriannuel du Burkina Faso au titre de la période 2004-2006
a été élaboré dans un contexte marqué par :
- la conjoncture sous-régionale peu favorable aux investissements et à
la promotion des affaires;
- la révision du Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP)
et la première revue du programme 2003-2006 approuvé par les Conseils
d'Administration du FMI et de la Banque mondiale le 11 juin 2003.
- Présentation du programme :
Le programme du Burkina Faso est conforme au canevas type de
présentation des programmes pluriannuels.
- Cohérence entre les programmes :
Le programme est dans l'ensemble cohérent avec le programme monétaire
pour l'année 2004. Il est en outre conforme aux actions définies dans le
CSLP révisé.
- Amélioration continue des critères de convergence :
Conformément aux dispositions de l'Acte additionnel portant Pacte de
convergence, de stabilité, de croissance et de solidarité, le profil des
indicateurs de convergence serait marqué par une amélioration continue au
cours de la période du programme.
- Conformité par rapport aux objectifs de l'année de convergence :
Les critères de convergence de premier rang seraient respectés en 2005,
horizon de convergence retenu dans le Pacte.
- Pertinence des hypothèses :
Les objectifs du programme témoignent de l'engagement des Autorités à
assurer la convergence économique et à faire reculer la pauvreté. La
réalisation de ces objectifs est basée sur un taux de croissance
économique moyen de plus de 6 % par an. Le moteur de cette croissance
serait le secteur secondaire tiré par les activités d'égrainage,
l'industrie manufacturière et les BTP. L'hypothèse qui sous-tend cette
croissance est fondée sur la diversification des sources
d'approvisionnement rendue nécessaire pour réduire les risques de chocs et
de rupture de stocks liés à la conjoncture sous-régionale.
Les réalisations des trois dernières années indiquent que l'objectif
de croissance économique de 6 % par an est réalisable. Cette perspective
suppose des conditions climatiques favorables et des investissements privés
soutenus notamment dans le secteur secondaire.
Au plan des finances publiques, le solde budgétaire de base rapporté au
PIB nominal s'inscrirait en amélioration continue pour respecter la norme
communautaire en 2005, horizon de convergence. En effet, le solde
budgétaire de base s'améliorerait en 2004 pour atteindre l'équilibre en
2005 et 2006. La réalisation de ces objectifs exige que des efforts soient
déployés pour lever les contraintes pouvant entraver les perspectives de
croissance. Par ailleurs, les Autorités sont encouragées à mettre en
œuvre les mesures appropriées pour atteindre les objectifs en matière de
renforcement des recettes et de maîtrise de dépenses courantes, notamment
la masse salariale et les transferts et subventions en vue d'assurer le
respect des critères.
La réalisation de l'objectif de recettes fiscales entraînerait une
amélioration régulière du taux de pression fiscale qui atteindrait 13 %
en 2005 pour une norme de 17 %. Ce taux s'inscrirait en retrait en se
situant à 13 % en 2006. Cette situation indique une contre-performance et
marque un net recul par rapport à la norme communautaire.
Si des dispositions urgentes ne sont pas prises pour remédier à cette
situation, l'équilibre du solde budgétaire de base en 2005 serait remis en
cause dès 2006.
En ce qui concerne la dette publique, elle est maîtrisée, avec un taux
d'endettement qui se situerait à 35,9 % pour une norme de 70 % maximum, en
rapport avec l'atteinte du point d'achèvement en avril 2002.
S'agissant des comptes extérieurs, le profil du solde extérieur courant
hors dons par rapport au PIB nominal s'inscrirait en amélioration continue.
Toutefois, ce critère ne serait pas respecté sur la période du programme.
Tout en poursuivant une politique économique bien orientée, les Autorités
doivent fournir des efforts pour contenir ce taux à travers des mesures
visant à accélérer la diversification des produits d'exportation.
* * *
Conclusions et recommandations :
Il ressort de cette évaluation que le sentier décrit par le présent
programme pluriannuel indique la convergence des indicateurs de premier rang
vers les normes communautaires en 2005, horizon de convergence.
La Commission juge le programme pluriannuel 2004-2006 du Burkina conforme
aux objectifs du Pacte.
Elle recommande au Conseil des Ministres son adoption. Pour conforter ce
programme les Autorités sont invitées à :
- intensifier les efforts en vue de l'élargir l'assiette et d'améliorer
le recouvrement des recettes fiscales qui constituent la principale
contrainte pour le respect de la norme associée au solde budgétaire de
base à l'horizon de convergence ;
- renforcer la maîtrise des dépenses courantes, notamment la masse
salariale, et les transferts et subventions ;
- renforcer les réformes structurelles et les politiques sectorielles en
vue de la consolidation et de la diversification des bases de production.
Source: Commission de
l'UEMOA, Décembre 2003
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