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Comparé à celui de 2001, le taux de
croissance économique se stabiliserait à 5,6 % en 2002. Cette croissance se
réaliserait dans un contexte de relative maîtrise des prix avec un taux
d'inflation annuel moyen de 2,4 % en 2002 contre 4,9 % en 2001.
La situation des finances publiques serait
marquée par une progression des dépenses non compensée par l'augmentation
significative des recettes, induisant une aggravation des déficits
budgétaires. En effet, le déficit global passerait de 4,5 % en 2001 à 5,9 %
du PIB en 2002.
En ce qui concerne les comptes extérieurs, le
déficit courant hors dons ressortirait à 13,7 % du PIB contre 14,5 % en
2001. Cette contraction du déficit s'expliquerait par l'augmentation des
exportations, notamment celles de coton.
La situation monétaire serait caractérisée
par un accroissement des avoirs extérieurs nets de 11,7 % et du crédit
intérieur de 2,2 % entraînant ainsi une augmentation de la masse monétaire
de 5,1 % pour s'établir à 446,1 milliards.
Dans l'ensemble, le profil des indicateurs de
convergence devrait s'améliorer, excepté celui du solde budgétaire de base.
Cependant, la plupart des critères de convergence ne seraient pas respectés
en 2002.
Évolution économique
récente et perspectives 2003:
En 2002, la situation économique serait
marquée par un ralentissement des activités des secteurs primaire et
tertiaire et par une accélération de la croissance du secteur secondaire. Il
en résulterait un taux de croissance du PIB de 5,6 % identique à celui de
2001. Les contributions des secteurs primaire, secondaire et tertiaire, à
cette croissance seraient, respectivement, de 1,6 point, 1,4 point et 2,6
points. Les effets de la crise socio-politique en Côte d'Ivoire pourraient
infléchir à la baisse cette croissance attendue.
Du côté de la demande, la croissance serait
essentiellement portée par la consommation qui contribuerait pour 2,8 points.
L'investissement et les échanges extérieurs contribueraient à cette
croissance pour, respectivement, 1,3 point et 1,5 point.
En terme nominal, le taux d'épargne
intérieure brute devrait s'améliorer de 0,7 point pour se situer à 10,6 %
en 2002. Cette amélioration explique la progression de 0,7 point du taux
d'investissement qui s'établirait à 26,8 % sous l'effet de la reprise des
investissements publics.
Pour l'année 2003, il est attendu une
croissance économique de 5,7 % résultant d'un ralentissement des activités
du secondaire et d'une accélération des activités du primaire et du
tertiaire.
En 2002, le taux d'inflation annuel moyen
serait de 2,4 % contre 4,9 % en 2001. Cette relative maîtrise des prix,
malgré la hausse des prix des produits pétroliers liée au nouveau système
de tarification à la pompe, s'expliquerait essentiellement par les résultats
satisfaisants des campagnes agricoles.
Au plan des finances publiques, la situation
serait caractérisée en 2002 par une détérioration des soldes budgétaires
imputable à l'augmentation des dépenses, les recettes progressant
également. Les recettes budgétaires totales progresseraient de 19,8 % pour
représenter 14,9 % du PIB contre 12,5 % en 2001. Cette évolution
proviendrait essentiellement des recettes au titre de la fiscalité
intérieure dont l'amélioration s'expliquerait par la mise en œuvre des
mesures spécifiques pour élargir l'assiette fiscale, renforcer l'efficacité
des régies financières et lutter contre la fraude.
S'agissant des dépenses totales, y compris
celles financées sur ressources PPTE, elles devraient croître de 13,9 % et
représenteraient 28,4 % du PIB contre 25,1 % en 2001. Cet accroissement se
justifierait par l'augmentation des dépenses courantes et des investissements
financés sur ressources intérieures.
Au total, le solde global hors dons
s'aggraverait de 0,9 point pour se situer à 13,5 % du PIB en 2002. De même,
le solde global déficitaire se détériorerait de 1,4 point pour s'établir
à 5,9 % en relation avec la baisse des dons. Le déficit global base caisse
s'aggraverait de 34 milliards en se situant à 116,6 milliards. Il serait
financé pour 108,2 milliards par l'extérieur et pour 8,4 milliards par
l'intérieur.
En 2003, la situation des finances publiques
serait marquée par une amélioration des soldes budgétaires imputable à
l'augmentation des recettes, à la maîtrise des dépenses courantes et à la
baisse des investissements financés sur ressources extérieures. En matière
de recouvrement, les recettes totales progresseraient de 13,2 % pour
représenter 14,3 % du PIB en rapport avec la mise en œuvre des mesures d'amélioration
des recettes fiscales intérieures et de porte. S'agissant des dépenses,
elles augmenteraient de 4,4 % pour représenter 25,2 % du PIB contre 28,4 % en
2002. Ainsi, le déficit global serait de 4,3 % du PIB en 2003.
En 2002, l'encours de la dette publique totale
se situerait à 1 317,4 milliards, soit 66,6 %. La dette extérieure est
estimée à 1 161,0 milliards, soit 88,1 % de l'encours total. Quant à la
dette intérieure, son encours, en baisse régulière depuis 2000,
s'établirait à 156,4 milliards en 2002 contre 184,9 milliards en 2001. Le
service de la dette publique contractuelle représenterait 16,1 % des recettes
budgétaires contre 26,7 % un an plus tôt.
Dans le cadre de l'Initiative PPTE, le Burkina
Faso a atteint le point d'achèvement en avril 2002 avec un complément
d'allègement d'un montant de 129 millions de dollars US en valeur actualisée
nette justifié par les conséquences de la baisse du cours international du
coton sur le respect des seuils de soutenabilité de la dette. Au total, il
bénéficierait d'un allègement global en valeur actualisée nette de 625
millions de dollars US de sa dette, soit environ 420 milliards de F CFA. Au 31
octobre 2002, le cumul des ressources mobilisées au titre de l'Initiative
PPTE s'élèverait à 53,3 milliards en 2002 dont 33,6 milliards pour 2000 et
2001.
En ce qui concerne les comptes extérieurs, le
déficit courant hors dons se réduirait de 0,8 point pour se situer à 13,7 %
du PIB en 2002. En 2003, la situation devrait s'améliorer à nouveau. Cette
amélioration en 2002 et 2003 serait surtout due à la réduction du déficit
commercial imputable à la forte progression des exportations de coton.
Cependant la crise socio-politique en Côte d'Ivoire pourrait avoir un impact
défavorable sur les exportations d'animaux vivants et les transferts privés.
S'agissant de la situation monétaire, elle
serait caractérisée par un accroissement de 11,7 % des avoirs extérieurs
nets pour se situer à 143,1 milliards. Cette hausse serait surtout imputable
aux mobilisations des concours extérieurs, aux rapatriements au titre des
recettes d'exportation du coton et aux économies de devises à réaliser sur
les services de la dette extérieure grâce à l'initiative PPTE. Le crédit
intérieur progresserait de 2,2 % pour s'établir à 315,1 milliards en
liaison avec l'accroissement des crédits à l'économie et de la contraction
de la position nette du Gouvernement. Suivant l'évolution de ses composantes,
la masse monétaire devrait croître de 5,1 % par rapport à fin décembre
2001 pour s'élever à 446,1 milliards. En 2003, il résulterait de
l'augmentation des avoirs extérieurs nets de 15,7 % et du crédit intérieur
de 2,3 %, une hausse de la masse monétaire de 6,7%.
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* *
État de la
convergence en 2002 et 2003 :
A la date du 05 décembre 2002, le programme
pluriannuel de convergence, de stabilité, de croissance et de solidarité
pour la période 2003-2005 n'est pas parvenu à la Commission.
Sur la base de l'exécution du programme
pluriannuel 2002-2004, trois critères de convergence sur les huit retenus
dans le Pacte de convergence seraient respectés en 2002.
L'état de la convergence se présente comme
suit :
Critères de premier rang :
- Le ratio du solde budgétaire de base
rapporté au PIB nominal (critère clé) passerait de -2,7 % en 2001 à
-3,1 % en 2002 pour un objectif de 0,2 %. Cette contre-performance
s'explique par l'augmentation des dépenses courantes. En tenant compte
des dépenses financées sur ressources PPTE, ce ratio se détériorerait
davantage en s'établissant à -4,5 % contre -3% en 2001. En 2003,
l'intensification des efforts de maîtrise des dépenses courantes et de
renforcement des recouvrements contribuerait à améliorer ce ratio qui se
situerait à -1,9 %.
- Le taux d'inflation annuel moyen serait de
2,4 % pour un objectif de 3% maximum.
- Le ratio de l'encours de la dette
intérieure et extérieure rapporté au PIB nominal, se réduirait de 4,8
points en se situant à 66,6 % pour une norme de 70 %.
- Les arriérés de paiement :
- la non-accumulation des arriérés de
paiement intérieurs sur la gestion de la période courante serait
respectée. En 2003, il n'est prévu aucune accumulation de nouveaux
arriérés intérieurs.
- la non-accumulation des arriérés de
paiement extérieurs sur la gestion de la période courante serait
respectée en 2002. En 2003, les efforts déployés devraient être
poursuivis en vue d'éviter l'accumulation de nouveaux arriérés
extérieurs
Critères de second rang :
- Le ratio de la masse salariale sur recettes
fiscales se réduirait pour s'établir à 41,1 % en 2002, soit 6,1 points
de plus que l'objectif. Cette moindre performance par rapport à
l'objectif s'explique par l'application de la nouvelle grille salariale
aux agents de l'Etat et au recrutement de nouveaux agents contractuels. En
2003, il est attendu une amélioration sensible de ce ratio qui
s'établirait à 38,3 %.
- Le ratio des investissements publics
financés sur ressources internes rapportés aux recettes fiscales devrait
s'améliorer de 13,8 points en se situant à 43,6 % contre 29,8 % en 2001,
pour un objectif de 23,9 %. Cette évolution est due à l'augmentation de
73,5 % des investissements publics financés sur ressources internes. Ces
investissements, incorporant ceux financés sur ressources PPTE, seraient
réalisés en faveur des secteurs sociaux de base dans le cadre de la
lutte contre la pauvreté. Malgré la détérioration du ratio en 2003, il
représenterait plus du double de la norme communautaire de 20 % minimum.
- Le ratio du déficit extérieur courant
hors dons par rapport au PIB nominal se réduirait de 0,8 point pour se
situer à 13,7 % pour un objectif de 15,7 %. Cette performance serait
liée à l'amélioration de la balance commerciale et de la balance des
revenus nets. Toutefois, ce niveau reste en deçà de la norme
communautaire de 5,0 %. L'amélioration de ce ratio en 2003 serait surtout
due à l'augmentation des exportations de coton.
- Le taux de pression fiscale devrait
s'améliorer de 1,1 point pour s'élever à 13,8 % en rapport avec une
augmentation de 19,1 % des recettes fiscales justifiée par le
renforcement et la mise en œuvre des mesures d'amélioration des recettes
fiscales annoncées dans le programme et la Loi de Finances 2002. En 2003
les efforts d'amélioration de cet indicateur devraient se poursuivre.
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Conclusion et
recommandations :
Les résultats économiques et financiers
indiquent que les objectifs de convergence ne seraient pas atteints en 2002.
Les valeurs de références associées, à l'inflation, au taux d'endettement,
aux arriérés de paiement et au ratio investissements publics financés sur
ressources internes rapportés aux recettes fiscales seraient respectées en
2002.
Pour améliorer ces résultats, les mesures à
prendre visent la poursuite du renforcement des mesures spécifiques de
recouvrement des recettes fiscales et de maîtrise des dépenses courantes,
notamment la masse salariale et les transferts et subventions. Ces mesures
devraient être appuyées par :
- l'amélioration du niveau d'exécution des
dépenses sur ressources issues de l'Initiative PPTE et le renforcement
des efforts de mobilisation des ressources extérieures ;
- la maîtrise de l'eau en vue de pratiquer
l'agriculture en toute saison afin de desserrer les contraintes d'offre
pour contenir l'inflation ;
- l'amélioration des taux de rendement de
coton graine et de coton fibre qui baissent et la promotion des industries
textiles en vue de compenser la faiblesse des embarquements liée à la
lenteur observée des acheteurs dans l'exécution des contrats de vente de
coton ;
- l'élaboration et la transmission à la
Commission de l'UEMOA du programme pluriannuel 2003-2005 dans les délais
prescrits par les textes communautaires. Dans ce cadre, il est en outre
recommandé la confection d'un chronogramme de mesures et la mise en place
d'un comité de suivi de son exécution.
Source: Commission de
l'UEMOA, Décembre 2002
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