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La situation économique et financière
du Burkina Faso

(Extrait du Rapport d'Exécution de la Surveillance Multilatérale de l'UEMOA, Décembre 2002)

Comparé à celui de 2001, le taux de croissance économique se stabiliserait à 5,6 % en 2002. Cette croissance se réaliserait dans un contexte de relative maîtrise des prix avec un taux d'inflation annuel moyen de 2,4 % en 2002 contre 4,9 % en 2001.


La situation des finances publiques serait marquée par une progression des dépenses non compensée par l'augmentation significative des recettes, induisant une aggravation des déficits budgétaires. En effet, le déficit global passerait de 4,5 % en 2001 à 5,9 % du PIB en 2002.


En ce qui concerne les comptes extérieurs, le déficit courant hors dons ressortirait à 13,7 % du PIB contre 14,5 % en 2001. Cette contraction du déficit s'expliquerait par l'augmentation des exportations, notamment celles de coton.


La situation monétaire serait caractérisée par un accroissement des avoirs extérieurs nets de 11,7 % et du crédit intérieur de 2,2 % entraînant ainsi une augmentation de la masse monétaire de 5,1 % pour s'établir à 446,1 milliards.


Dans l'ensemble, le profil des indicateurs de convergence devrait s'améliorer, excepté celui du solde budgétaire de base. Cependant, la plupart des critères de convergence ne seraient pas respectés en 2002.


Évolution économique récente et perspectives 2003:


En 2002, la situation économique serait marquée par un ralentissement des activités des secteurs primaire et tertiaire et par une accélération de la croissance du secteur secondaire. Il en résulterait un taux de croissance du PIB de 5,6 % identique à celui de 2001. Les contributions des secteurs primaire, secondaire et tertiaire, à cette croissance seraient, respectivement, de 1,6 point, 1,4 point et 2,6 points. Les effets de la crise socio-politique en Côte d'Ivoire pourraient infléchir à la baisse cette croissance attendue.


Du côté de la demande, la croissance serait essentiellement portée par la consommation qui contribuerait pour 2,8 points. L'investissement et les échanges extérieurs contribueraient à cette croissance pour, respectivement, 1,3 point et 1,5 point.


En terme nominal, le taux d'épargne intérieure brute devrait s'améliorer de 0,7 point pour se situer à 10,6 % en 2002. Cette amélioration explique la progression de 0,7 point du taux d'investissement qui s'établirait à 26,8 % sous l'effet de la reprise des investissements publics.


Pour l'année 2003, il est attendu une croissance économique de 5,7 % résultant d'un ralentissement des activités du secondaire et d'une accélération des activités du primaire et du tertiaire.


En 2002, le taux d'inflation annuel moyen serait de 2,4 % contre 4,9 % en 2001. Cette relative maîtrise des prix, malgré la hausse des prix des produits pétroliers liée au nouveau système de tarification à la pompe, s'expliquerait essentiellement par les résultats satisfaisants des campagnes agricoles.


Au plan des finances publiques, la situation serait caractérisée en 2002 par une détérioration des soldes budgétaires imputable à l'augmentation des dépenses, les recettes progressant également. Les recettes budgétaires totales progresseraient de 19,8 % pour représenter 14,9 % du PIB contre 12,5 % en 2001. Cette évolution proviendrait essentiellement des recettes au titre de la fiscalité intérieure dont l'amélioration s'expliquerait par la mise en œuvre des mesures spécifiques pour élargir l'assiette fiscale, renforcer l'efficacité des régies financières et lutter contre la fraude.


S'agissant des dépenses totales, y compris celles financées sur ressources PPTE, elles devraient croître de 13,9 % et représenteraient 28,4 % du PIB contre 25,1 % en 2001. Cet accroissement se justifierait par l'augmentation des dépenses courantes et des investissements financés sur ressources intérieures.


Au total, le solde global hors dons s'aggraverait de 0,9 point pour se situer à 13,5 % du PIB en 2002. De même, le solde global déficitaire se détériorerait de 1,4 point pour s'établir à 5,9 % en relation avec la baisse des dons. Le déficit global base caisse s'aggraverait de 34 milliards en se situant à 116,6 milliards. Il serait financé pour 108,2 milliards par l'extérieur et pour 8,4 milliards par l'intérieur.


En 2003, la situation des finances publiques serait marquée par une amélioration des soldes budgétaires imputable à l'augmentation des recettes, à la maîtrise des dépenses courantes et à la baisse des investissements financés sur ressources extérieures. En matière de recouvrement, les recettes totales progresseraient de 13,2 % pour représenter 14,3 % du PIB en rapport avec la mise en œuvre des mesures d'amélioration des recettes fiscales intérieures et de porte. S'agissant des dépenses, elles augmenteraient de 4,4 % pour représenter 25,2 % du PIB contre 28,4 % en 2002. Ainsi, le déficit global serait de 4,3 % du PIB en 2003.


En 2002, l'encours de la dette publique totale se situerait à 1 317,4 milliards, soit 66,6 %. La dette extérieure est estimée à 1 161,0 milliards, soit 88,1 % de l'encours total. Quant à la dette intérieure, son encours, en baisse régulière depuis 2000, s'établirait à 156,4 milliards en 2002 contre 184,9 milliards en 2001. Le service de la dette publique contractuelle représenterait 16,1 % des recettes budgétaires contre 26,7 % un an plus tôt.


Dans le cadre de l'Initiative PPTE, le Burkina Faso a atteint le point d'achèvement en avril 2002 avec un complément d'allègement d'un montant de 129 millions de dollars US en valeur actualisée nette justifié par les conséquences de la baisse du cours international du coton sur le respect des seuils de soutenabilité de la dette. Au total, il bénéficierait d'un allègement global en valeur actualisée nette de 625 millions de dollars US de sa dette, soit environ 420 milliards de F CFA. Au 31 octobre 2002, le cumul des ressources mobilisées au titre de l'Initiative PPTE s'élèverait à 53,3 milliards en 2002 dont 33,6 milliards pour 2000 et 2001.


En ce qui concerne les comptes extérieurs, le déficit courant hors dons se réduirait de 0,8 point pour se situer à 13,7 % du PIB en 2002. En 2003, la situation devrait s'améliorer à nouveau. Cette amélioration en 2002 et 2003 serait surtout due à la réduction du déficit commercial imputable à la forte progression des exportations de coton. Cependant la crise socio-politique en Côte d'Ivoire pourrait avoir un impact défavorable sur les exportations d'animaux vivants et les transferts privés.


S'agissant de la situation monétaire, elle serait caractérisée par un accroissement de 11,7 % des avoirs extérieurs nets pour se situer à 143,1 milliards. Cette hausse serait surtout imputable aux mobilisations des concours extérieurs, aux rapatriements au titre des recettes d'exportation du coton et aux économies de devises à réaliser sur les services de la dette extérieure grâce à l'initiative PPTE. Le crédit intérieur progresserait de 2,2 % pour s'établir à 315,1 milliards en liaison avec l'accroissement des crédits à l'économie et de la contraction de la position nette du Gouvernement. Suivant l'évolution de ses composantes, la masse monétaire devrait croître de 5,1 % par rapport à fin décembre 2001 pour s'élever à 446,1 milliards. En 2003, il résulterait de l'augmentation des avoirs extérieurs nets de 15,7 % et du crédit intérieur de 2,3 %, une hausse de la masse monétaire de 6,7%.


* * *


État de la convergence en 2002 et 2003 :


A la date du 05 décembre 2002, le programme pluriannuel de convergence, de stabilité, de croissance et de solidarité pour la période 2003-2005 n'est pas parvenu à la Commission.


Sur la base de l'exécution du programme pluriannuel 2002-2004, trois critères de convergence sur les huit retenus dans le Pacte de convergence seraient respectés en 2002.


L'état de la convergence se présente comme suit :


Critères de premier rang :

  • Le ratio du solde budgétaire de base rapporté au PIB nominal (critère clé) passerait de -2,7 % en 2001 à -3,1 % en 2002 pour un objectif de 0,2 %. Cette contre-performance s'explique par l'augmentation des dépenses courantes. En tenant compte des dépenses financées sur ressources PPTE, ce ratio se détériorerait davantage en s'établissant à -4,5 % contre -3% en 2001. En 2003, l'intensification des efforts de maîtrise des dépenses courantes et de renforcement des recouvrements contribuerait à améliorer ce ratio qui se situerait à -1,9 %.
  • Le taux d'inflation annuel moyen serait de 2,4 % pour un objectif de 3% maximum.
  • Le ratio de l'encours de la dette intérieure et extérieure rapporté au PIB nominal, se réduirait de 4,8 points en se situant à 66,6 % pour une norme de 70 %.
  • Les arriérés de paiement :

- la non-accumulation des arriérés de paiement intérieurs sur la gestion de la période courante serait respectée. En 2003, il n'est prévu aucune accumulation de nouveaux arriérés intérieurs.


- la non-accumulation des arriérés de paiement extérieurs sur la gestion de la période courante serait respectée en 2002. En 2003, les efforts déployés devraient être poursuivis en vue d'éviter l'accumulation de nouveaux arriérés extérieurs


Critères de second rang :

  • Le ratio de la masse salariale sur recettes fiscales se réduirait pour s'établir à 41,1 % en 2002, soit 6,1 points de plus que l'objectif. Cette moindre performance par rapport à l'objectif s'explique par l'application de la nouvelle grille salariale aux agents de l'Etat et au recrutement de nouveaux agents contractuels. En 2003, il est attendu une amélioration sensible de ce ratio qui s'établirait à 38,3 %.
  • Le ratio des investissements publics financés sur ressources internes rapportés aux recettes fiscales devrait s'améliorer de 13,8 points en se situant à 43,6 % contre 29,8 % en 2001, pour un objectif de 23,9 %. Cette évolution est due à l'augmentation de 73,5 % des investissements publics financés sur ressources internes. Ces investissements, incorporant ceux financés sur ressources PPTE, seraient réalisés en faveur des secteurs sociaux de base dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. Malgré la détérioration du ratio en 2003, il représenterait plus du double de la norme communautaire de 20 % minimum.
  • Le ratio du déficit extérieur courant hors dons par rapport au PIB nominal se réduirait de 0,8 point pour se situer à 13,7 % pour un objectif de 15,7 %. Cette performance serait liée à l'amélioration de la balance commerciale et de la balance des revenus nets. Toutefois, ce niveau reste en deçà de la norme communautaire de 5,0 %. L'amélioration de ce ratio en 2003 serait surtout due à l'augmentation des exportations de coton.
  • Le taux de pression fiscale devrait s'améliorer de 1,1 point pour s'élever à 13,8 % en rapport avec une augmentation de 19,1 % des recettes fiscales justifiée par le renforcement et la mise en œuvre des mesures d'amélioration des recettes fiscales annoncées dans le programme et la Loi de Finances 2002. En 2003 les efforts d'amélioration de cet indicateur devraient se poursuivre.

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Conclusion et recommandations :


Les résultats économiques et financiers indiquent que les objectifs de convergence ne seraient pas atteints en 2002. Les valeurs de références associées, à l'inflation, au taux d'endettement, aux arriérés de paiement et au ratio investissements publics financés sur ressources internes rapportés aux recettes fiscales seraient respectées en 2002.


Pour améliorer ces résultats, les mesures à prendre visent la poursuite du renforcement des mesures spécifiques de recouvrement des recettes fiscales et de maîtrise des dépenses courantes, notamment la masse salariale et les transferts et subventions. Ces mesures devraient être appuyées par :


  • l'amélioration du niveau d'exécution des dépenses sur ressources issues de l'Initiative PPTE et le renforcement des efforts de mobilisation des ressources extérieures ;
  • la maîtrise de l'eau en vue de pratiquer l'agriculture en toute saison afin de desserrer les contraintes d'offre pour contenir l'inflation ;
  • l'amélioration des taux de rendement de coton graine et de coton fibre qui baissent et la promotion des industries textiles en vue de compenser la faiblesse des embarquements liée à la lenteur observée des acheteurs dans l'exécution des contrats de vente de coton ;
  • l'élaboration et la transmission à la Commission de l'UEMOA du programme pluriannuel 2003-2005 dans les délais prescrits par les textes communautaires. Dans ce cadre, il est en outre recommandé la confection d'un chronogramme de mesures et la mise en place d'un comité de suivi de son exécution.

Source: Commission de l'UEMOA, Décembre 2002


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