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Les publications de la Banque Centrale des Etats de la CEMAC...
Situation économique, financière et monétaire
des Etats de la CEMAC en 2002
Index du rapport

Note présentée à la réunion des ministres de la zone Franc CFA à Paris en septembre 2002

Évolution de la demande globale :


En 2002, la croissance économique serait essentiellement tirée par la demande extérieure nette, qui participerait à concurrence de 10,5 points, du fait, d'une part, de la progression des ventes de pétrole brut, et d'autre part, de la baisse des importations de biens et services.


En revanche, la demande intérieure obérerait la croissance à hauteur de 4, 8 points, en liaison avec la contraction des investissements productifs.


L'on rappellera qu'en 2001 et 2000, la croissance avait plutôt été tirée par la demande intérieure.


Tableau 2 : Contribution de la demande globale à la croissance réelle (en pourcentage)

1997 1998 1999 2000 2001 Estim. 2002
Prév.
Produit intérieur brut 5,3 4,9 -0,3 3,4 5,7 5,7
Demande intérieure, dont : 8 7,3 -0,9 9,1 17,3 -4,8
Consommation totale 0,4 5,8 2 5 9,5 0,5
Consommation publique 1,3 1,3 -1,1 1 0,9 0,1
Consommation privée -0,9 4,5 3,1 4 8,7 0,4
Investissements bruts 7,6 1,5 -2,9 4,1 7,8 -5,3
Investissements publics 2,8 0,5 -1,8 1 1,4 0,9
Investissements privés 5 0,9 -I,0 2,8 6,6 -6,2
Secteur pétrolier 3,2 0,9 -1 1,7 5,2 -6,4
Secteur non pétrolier 1,8 0 0 1, l 1,4 0,2
Variation des stocks -0,2 0,2 0 0,3 -0,2 0
Demande extérieure nette, dont : -2,7 -2,4 0,6 -5,7 -11,6 10,5
Exportations des biens et services non facteurs 3,6 0,2 0 -0,1 0,4 3,1
Importations des biens et services non facteurs -6,3 -2,7 0,6 -5,6 -11,9 7,4

* * *


La consommation globale :


La consommation globale contribuerait timidement à la croissance, suite à un apport moins vigoureux de sa composante privée (0,5 point en 2002 contre 9,5 points en 2001).


Néanmoins, la consommation finale des ménages resterait soutenue en milieu urbain par la hausse sensible des salaires dans le secteur public, la régularisation progressive du rythme de règlement des salaires des agents de l' Etat, les créations d'emplois dans les secteurs des hydrocarbures, des bâtiments et travaux publics, des agro-industries et des industries du bois.


En milieu rural, elle serait soutenue par la progression des prix de vente des produits vivriers et maraîchers et la hausse des prix d'achat aux planteurs de cacao et du coton.


La participation de la consommation publique à la croissance serait négligeable (0,1 point), en raison de la réduction des budgets de fonctionnement des administrations dans le cadre des programmes en cours appuyés par les institutions de Bretton Woods.


Cependant, la masse salariale de la fonction publique continuerait à progresser dans tous les pays de la CEMAC, avec des hausses prévues de 20,9 % au Cameroun, 10 % en République Centrafricaine, 1 % au Gabon, 56,5 % en Guinée Équatoriale et 24,2 % au Tchad.


* * *


Les investissements bruts :


Les investissements bruts grèveraient la croissance des économies de la CEMAC à raison de 5,3 points en 2002 contre une participation positive de 7,8 points en 2001, du fait essentiellement d'une réduction sensible de la formation brute de capital fixe du secteur pétrolier.


En effet, en raison de la réduction du programme d'investissement des entreprises pétrolières, notamment en Guinée équatoriale, les investissements du secteur pétrolier participeraient négativement à la croissance (-6,2 points).


De fait, le niveau exceptionnellement élevé des investissements opérés au cours de ces dernières années dans ce secteur, notamment pour l'acquisition de la plate-forme Jade et de la nouvelle plate-forme d'exploitation des gisements Oveng et Okoumé sur Ceiba, ne se réaliserait qu'en 2003-2004 avec le développement des champs récemment découverts (Ebano, Akom, Elon) et la mise en exploitation du gisement Zafiro-Ekanga à la frontière maritime entre la Guinée Equatoriale et le Nigeria.


Toutefois, les dépenses d'équipement seraient en progression et concerneraient


i) les activités d'exploration dans les bassins du Logone et de Mamfé et de développement du gisement pétrolier de Boa au Cameroun,


ii) la mise en production des gisements de Mboudi Marine I, de Mwafi, de Masséko et de Foukanda, la construction d'un pipe-line reliant le site de Nkossa au terminal de Djeno et les travaux d'exploration avec plusieurs forages en off shore très profond sur les permis Haute Mer-Nkossa, Mer très profonde sud, Mer très profonde Nord et Marine X au Congo,


iii) la remise en état des puits sur les champs de Torpille, Anguille et Gonelle, la mise en oeuvre du plan de développement du permis d'exploration Etame ainsi que la poursuite des travaux de recherche pétrolière avec plusieurs forages en off shore très profond sur les permis Nautilus marin, Ighengué marin, Moabi et Nguma au Gabon, et enfin


iv) l'accélération des travaux d'aménagement des sites pétroliers (Doba, Moïssala et Sahr) au Tchad.


La contribution des investissements privés du secteur non pétrolier serait limitée à 0,2 point, en raison notamment des retards enregistrés dans le processus de privatisation de certaines entreprises publiques au Cameroun, et de l'attentisme de certains opérateurs économiques en République Centrafricaine et au Congo qui reste lié au processus en cours de normalisation socio-politique dans ces deux pays.


Néanmoins, des investissements seraient consacrés à la réalisation des projets d'implantation et d'extension d'usines de transformation de bois, à la régénération des exploitations agricoles, au développement de la prospection minière, au rééquipement des unités industrielles au Congo, et à l'expansion des BTP, notamment en Guinée Équatoriale.


Enfin, l'apport des investissements publics à la croissance serait de 0,9 point, en relation avec la progression des ressources budgétaires allouées aux dépenses en capital de l'Etat.


Ces ressources seraient consacrées à la mise en oeuvre des grands travaux de l'Etat en matière d'infrastructures routières, d'édification de nouveaux établissements scolaires, de réhabilitation d'hôpitaux et de centres de soin de santé primaire, de développement des réseaux électriques et hydrauliques, de modernisation des systèmes de télécommunications, ainsi que de réaménagement de sites portuaires et aéroportuaires.


En définitive, le taux d'investissement brut dans la CEMAC se situerait à 29,7 % du PIB en 2002 contre 30,8 % un an plus tôt.


* * *


La demande extérieure nette :


La demande extérieure nette contribuerait positivement à la croissance (+ 10,5 points), suite à un apport de 7,4 points des importations des biens et services non facteurs induit par la réduction sensible du programme d'investissement des entreprises pétrolières et de 3,1 points des exportations de biens et services non facteurs, en relation notamment avec la progression de la production pétrolière et des ventes de méthanol en Guinée Équatoriale.


Source: BEAC

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