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Situation économique, financière et monétaire des pays membres de la CEMAC
L'évolution de la demande globale en 2001
(Source: BEAC, septembre 2001)

En 2001, la croissance économique serait essentiellement tirée par la demande intérieure, qui participerait à hauteur de 11,6 points à la formation de la croissance, en rapport avec la consolidation de la consommation privée et le raffermissement des investissements productifs. Cependant, la demande extérieure nette obérerait la croissance à hauteur de 4,7 points, en liaison avec la hausse des importations des biens et services non facteurs.


Tableau 2 : Contribution (en %) de la demande globale à la croissance réelle

1996

1997

1998

1999

2000
Estim.

2001
Prév.

Produit intérieur brut

4,4

5,2

4,9

0,1

3,6

6,9

Demande intérieure, dont:

7,9

5,9

6,0

-2,1

9,3

11,6

Consommation totale

7,4

-1,0

4,8

0,3

5,4

7,1

Consommation publique

-0,5

1,2

1,1

-0,8

1,2

0,8

Consommation privée

8,0

-2,3

3,7

1,1

4,1

6,3

Investissements bruts

0,5

6,9

1,2

-2,4

4,0

4,5

Investissements publics

0,6

1,3

0,9

-1,4

1,1

1,4

Investissements privés

0,4

5,7

0,2

-1,0

2,8

3,1

Secteur pétrolier

-1, l

3,8

0,2

-0,9

1,1

2,1

Secteur non pétrolier

1,5

1,9

-0,l

-0,1

1,7

l,0

Variation des stocks

-0,5

-0,2

0,2

0,0

0,1

0,0

Demande extérieure nette, dont :

-3,5

-0,7

-1,1

2,3

-5,8

-4,7

Exportations des biens et services non facteurs

2,0

4,2

0,0

0 ,1

0, l

2,4

Importations des biens et services non facteurs

-5,5

-4,9

-1,1

2,2

-5,9

-7,1

Sources: Administrations nationales, FMI et BEAC.


La consommation globale:


La consommation globale serait la locomotive de la croissance, favorisée essentiellement par la consommation privée, dont l'apport serait de 6,3 points en relation avec l'amélioration des revenus des ménages, consécutivement au développement des activités industrielles notamment dans la filière bois, à la hausse des salaires dans la fonction publique, à la réduction des arriérés de salaires, et à l'appréciation des prix d'achat aux planteurs pour les principales cultures de rente. De plus, de nombreux emplois seraient créés, grâce d'une part, à la construction du pipeline entre le Cameroun et le Tchad, et d'autre part, à l'intensification des grands travaux de l'Etat dans l'ensemble de la Sous-région. Cette évolution positive serait toutefois atténuée par les conséquences de la crise socio-politique qu'a connue la République Centrafricaine (*) et la pénurie d'hydrocarbures au Tchad, qui risqueraient d'entraîner la fermeture prolongée de nombreuses entreprises et la mise au chômage technique du personnel.


(*) Il convient de noter que la réouverture de la voie fluviale entre le port de Matadi en République Démocratique du Congo et celui de Kolongo en République Centrafricaine devrait permettre l'approvisionnement régulier de ce dernier pays en hydrocarbures.


La consommation publique contribuerait à la croissance pour 0,8 point, traduisant la politique budgétaire volontariste mise en oeuvre par les Etats. Elle serait soutenue par une augmentation de la masse salariale de 15,7 % au Cameroun, 12 % en République Centrafricaine, 5,6 % au Congo, 0,6 % au Gabon, 60,7 % en Guinée Équatoriale et 15,4 % au Tchad.


Les investissements bruts:


Les investissements bruts participeraient positivement à la croissance à raison, de 4,5 points, du fait essentiellement d'une augmentation sensible de la formation brute de capital fixe du secteur privé.


Les investissements publics soutiendraient la croissance à hauteur de 1,4 point, compte tenu, principalement d'une augmentation de 30 % en termes réels des dépenses d'équipement de l' Etat dans l'ensemble des pays de la CEMAC, à l'exception de la République Centrafricaine. Cette forte progression proviendrait de la hausse des dotations budgétaires allouées aux dépenses en capital, favorisée notamment par la mobilisation accrue de capitaux extérieurs pour la mise en oeuvre des grands travaux de l'Etat en matière d'infrastructures routières, d'édification de nouveaux établissements scolaires, de réhabilitation d'hôpitaux et de centres de soin de santé primaire, de développement des réseaux électriques et hydrauliques, et de modernisation des systèmes de télécommunications et des aéroports.


Les investissements privés du secteur non pétrolier apporteraient 1 point de croissance, en rapport avec la poursuite de la réhabilitation des infrastructures de base au Congo et au Cameroun, la réalisation des projets d'implantation et d'extension d'usines de transformation de bois dans l'ensemble des pays producteurs, la régénération des exploitations agricoles, le développement de la prospection minière, le rééquipement des unités industrielles au Congo et au Gabon, et l'expansion des BTP, notamment en Guinée Equatoriale. Par ailleurs, l'aménagement des sites pétroliers de Doba et de Sédigui ainsi que la construction de la mini-raffinerie de Farcha au Tchad contribueraient à renforcer les investissements de ce secteur.


Quant aux dépenses d'équipement du secteur pétrolier, elles concourraient à l'expansion économique à concurrence de 2,1 points, du fait de la hausse des investissements d'exploration et de développement décidée par les sociétés étrangères. En effet, de nombreux projets pétroliers sont redevenus rentables et les investissements y ont été relancés, à la suite de l'embellie des prix mondiaux du brut observée depuis le deuxième trimestre de 1999. Aussi, le renforcement des principaux investissements engagés concernerait le développement des champs de Boa et de Lipendja au Cameroun, les travaux d'exploration en mer profonde et ultra-profonde sud, le développement du champ de Youbi et la mise en production des gisements de Masséko, de Mwafi et de Foukanda au Congo, le développement de plusieurs puits complémentaires sur Mboumba et sur Baudroie, des campagnes d'exploration sur les blocs Douka marin, Moabi et Nguma au Gabon, ainsi que la poursuite des travaux d'accroissement des capacités de production des gisements de Zaffiro et de Jade, l'exploitation du champ de Ceiba, et la mise en développement du gisement de gaz Estrella 1 en Guinée Equatoriale. En outre, la poursuite des travaux d'aménagement du site de Doba, des forages d'exploration et des études sismiques dans la région de Moïssala et de Sahr au Tchad, contribueraient à relancer le secteur des hydrocarbures.


En conséquence, le taux d'investissement brut se situerait à 29,3 % du PIB en l'an 2001 contre 24,3 % un an plus tôt.


La demande extérieure nette:


La demande extérieure nette grèverait la croissance à hauteur de 4,7 points, sous l'effet d'une participation négative de 7,1 points des importations des biens et services non facteurs en rapport avec le raffermissement de la croissance dans la zone, le démarrage du projet de Doba et la hausse du programme d'investissement public. En revanche, les exportations des biens et services non facteurs apporteraient une contribution positive de 2,4 points à la croissance, reflétant d'une part, la progression des expéditions de pétrole brut, de diamants, de cacao, de banane, de sucre, de manganèse et de bétail sur pied, et d'autre part, le démarrage des ventes du méthanol par la Guinée Équatoriale.


Source: BEAC, Septembre 2001


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