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Les Ministres des Finances des Etats de la zone Franc se sont réunis le
mardi 4 avril 2000 à Malabo, sous la présidence de M. Fortunato OFA MBO,
Ministre de la Planification et du Développement Economique de Guinée
Equatoriale.
La séance d’ouverture a été présidée par son Excellence OBIANG
NGUEMA MBAZOGO, Président de la République de Guinée-Equatoriale, qui a
remercié les participants d’avoir accepté de se réunir à Malabo et qui a
réaffirmé son attachement à la zone Franc.
Ont participé à cette réunion :
- Pour la République du Bénin : M. Idriss L. DAOUDA, Directeur national
de la BCEAO pour le Bénin, représentant le Ministre de l’Economie et des
Finances
- Pour le Burkina Faso : M. Lucien Marie Noël BEMBAMBA, Directeur Général
du Trésor et de la Comptabilité Publique représentant le Ministre de l’Economie
et des Finances
- Pour la République du Cameroun : M. Roger MELINGUI, Ministre délégué
à l’Economie et aux Finances chargé du Budget
- Pour la République Centrafricaine : M. Théodore DABANGA, Ministre délégué
aux Finances, chargé du Budget
- Pour la République Fédérale Islamique des Comores : M. Sououndi
ABDOU TOYBOU, Ministre des Finances, du Budget et du Plan
- Pour la République du Congo : M. Mathias DZON, Ministre de l’Economie,
des Finances et du Budget
- Pour la République de Côte d'Ivoire : M. N’golo COULIBALY, Ministre
de l’Economie et des Finances
- Pour la République Française : M. Charles JOSSELIN, Ministre délégué
à la Coopération et à la francophonie, M. François HUWART, Secrétaire
d’Etat au commerce extérieur
- Pour la République Gabonaise : M. Emile DOUMBA, Ministre de l'Economie,
des Finances, du Budget et de la Privatisation
- Pour la République de Guinée Bissau : M. Purna BIA, Ministre de l’Economie
et des Finances
- Pour la République de Guinée Equatoriale : M. Fortunato OFA MBO,
Ministre de la Planification et du Développement Economique, M. Miguel ABIA
BITEO BORIKO, Ministre de l’Economie et des Finances
- Pour la République du Mali : M. Bangaly N’KO TRAORE, Représentant
le Ministre de l’Economie et des Finances
- Pour la République du Niger : M. Seyni OUMAROU, Ministre du Commerce
et de l’Industrie
- Pour la République du Sénégal : M. Seyni N’DIAYE, Directeur
National de la BCEAO pour le Sénégal, représentant le Ministre de l’Economie
et des Finances
- Pour la République du Tchad : M. Mahamat ALI HASSAN Ministre des
Finances
- Pour la République Togolaise : M. Abdoul-Hamid Segoun B.
TIDJANI-DOURODJAYE, Ministre de l’Economie, des Finances et des
Privatisations
- Pour la Banque Ouest Africaine de Développement : M. Boni YAYI, Président
- Pour la BDEAC : M. Paul-Gilles NANDA, Chef de Département des Opérations,
représentant du Directeur Général
- Pour la Commission de l'UEMOA : M. Frédéric Assomption KORSAGA,
Commissaire chargé du Département des Politiques Economiques
- Pour la CEMAC : M. Jean NKUETE, Secrétaire Exécutif
- Pour la Banque de France : M. Jean-Pierre PATAT, Directeur Général
des Etudes et des Relations Internationales
- Pour la Banque Centrale des Comores : M. SAID AHMED SAID ALI,
Gouverneur
- Pour la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest : M. Charles
KONAN BANNY, Gouverneur
- Pour la Banque des Etats de l'Afrique Centrale : M. Jean-Félix
MAMALEPOT, Gouverneur
Les Ministres ont examiné les différentes questions à l'ordre du jour et
plus particulièrement les perspectives économiques des pays de la zone
Franc, les rapports du Comité de convergence de la zone Franc, les modalités
de mise en oeuvre de l'initiative sur la dette, le financement de la
protection sociale en zone Franc et la préparation des réunions de printemps
du FMI et de la Banque mondiale.
I) Les perspectives économiques des pays de
la zone Franc:
Les Ministres ont pris acte du ralentissement conjoncturel affectant
l'ensemble de la zone Franc en 1999, la croissance s’établissant légèrement
en dessous de 3% pour l’ensemble de la zone. L’importance du choc externe
subi du fait de la baisse des prix des matières premières et la correction
d'importants déséquilibres financiers constatés dans certains pays, sont à
l’origine de ce ralentissement.
Les Ministres ont également pris connaissance des projections économiques,
qui anticipent un léger redémarrage de la croissance dès 2000. Les
Ministres sont toutefois convenus qu’une reprise durable de la croissance
requiert de la part des Etats membres de la zone Franc des efforts de
consolidation de leurs finances publiques et la relance des réformes
structurelles, notamment pour mobiliser les concours financiers extérieurs.
Dans ce contexte de faible croissance, les Ministres de la zone Franc se sont
néanmoins félicités de l’ancrage réussi du Franc CFA et du Franc
Comorien à l’euro, qui a eu pour avantage de ne pas rajouter le risque
d’un choc monétaire au choc des termes de l’échange qui a affecté les
pays de la zone Franc.
Les Ministres se sont également félicités de la faible inflation (moins
de 1%) enregistrée en 1999. Ce résultat, le meilleur obtenu depuis 1994, a
permis cette année à la zone Franc d’améliorer sa compétitivité vis-à-vis
du reste du monde. Ce constat général pour l'ensemble de la zone Franc
recouvre cependant des disparités au sein des deux unions monétaires régionales.
Après la baisse des prix du pétrole et la correction des déséquilibres des
finances publiques qui auront caractérisé la première moitié de l’année
1999, le redémarrage des économies d'Afrique centrale s’est opéré dans
les derniers mois de 1999.
La croissance des pays de la CEMAC pourrait être supérieure à 4 % dès
2000. La forte appréciation des prix du pétrole depuis plusieurs mois a eu
par ailleurs des conséquences très positives sur le solde commercial. Les
Ministres conviennent de la nécessité de maintenir les efforts de rigueur
financière engagés pour faire profiter à plein les économies de la zone
Franc de la croissance retrouvée au niveau mondial et européen et de
l'embellie sur le marché du pétrole.
Dans les pays de l’UEMOA, la faiblesse des cours des matières premières
agricoles (café, coton, cacao) devrait en 2000 réduire une croissance encore
soutenue en 1999 par la consommation des ménages. Les Ministres sont convenus
que la reprise des relations avec les institutions de Bretton Woods pour un
certain nombre de pays de la zone s’avérait cruciale pour permettre à l’UEMOA
de retrouver le niveau de croissance de ces dernières années, niveau
indispensable pour faire face à l’évolution démographique et atteindre
l’objectif de réduction de la pauvreté.
II) Les rapports du Comité de convergence de
la zone Franc:
Les Ministres ont examiné les travaux réalisés à leur demande par le
Comité de convergence de la zone Franc.
Ils ont ainsi convenu de faire à l’occasion des prochaines réunions de
la zone Franc un examen des résultats enregistrés par les différents pays
dans leur processus régional de convergence qui s’accompagnera d’une
harmonisation des calendriers de la surveillance sous-régionale. A ce titre,
une attention particulière sera donnée à l’évolution du solde budgétaire
de base.
Les Ministres ont également convenu de la nécessité de prévenir
l’apparition d’arriérés intérieurs et extérieurs, ceux-ci étant de
nature à altérer la confiance des opérateurs dans les circuits économiques,
privant ainsi les économies concernées du principal bénéfice qui devrait résulter
d'un cadre monétaire stable, à savoir des conditions de financement propres
à favoriser l'investissement. Pour ce faire, les Ministres sont convenus
d’approfondir la réflexion sur la définition d’indicateurs d’alerte précoces
permettant de prévenir l’apparition de tels arriérés.
Enfin les Ministres sont convenus que le renforcement des appareils
statistiques des pays de la zone Franc était nécessaire à l’exercice de
la surveillance multilatérale, et que des efforts financiers additionnels
devaient être réalisés concomitamment par les Etats et les bailleurs de
fonds.
III) L'initiative française en faveur des
pays pauvres endettés:
Suite au Sommet du G7 à Cologne de juin 1999, les premiers pays éligibles
commencent à bénéficier des mesures d’allègement de la dette dans le
cadre de l’initiative PPTE renforcée. Les Ministres ont fait le point de la
situation concrète d’éligibilité des pays de la zone Franc et souhaité
qu’une majorité d’entre eux soit effectivement déclarée éligible
d’ici la fin de l’année. De plus, les Ministres français ont présenté
à leurs collègues les modalités concrètes du volet bilatéral de cette
initiative. Conformément aux trois principes fondamentaux de solidarité, de
responsabilité et d’équité, la France procèdera à titre bilatéral pour
les créances traitées en Club de Paris à un refinancement par dons des échéances
dues. Ces refinancements bilatéraux s’inscriront dans la stratégie de réduction
de la pauvreté élaborée par les pays éligibles, en concertation avec la
société civile et avec l’aval de la communauté internationale. Ils
prendront la forme de projets de développement centrés sur les priorités
sociales de façon à contribuer efficacement à la lutte contre la pauvreté.
La France veillera à se rapprocher des pays partenaires de l’Union Européenne
dans l’intérêt des pays bénéficiaires, notamment pour veiller à la cohérence
des procédures mises en oeuvre par les différents Etats membres de l’Union
ainsi qu’à la cohérence avec les programmes du FED. A cette fin, la France
proposera à ses partenaires de l’Union Européenne de se coordonner étroitement.
L’effort que la France fera dans le cadre de l’initiative s’élève
ainsi à près de 8 milliards d’euros dont plus de 4,8 milliards d’euros
doivent bénéficier aux pays de la zone Franc. Les Ministres ont exprimé
leur gratitude à la France pour son rôle dans l’approfondissement de
l’initiative sur la dette et pour l’importance du volet bilatéral complémentaire
qu’elle s’apprête à mettre en place. Ils ont souhaité que les autres
bailleurs de fonds suivent son exemple. Dans le cadre de l’approche globale
du financement de l’initiative prenant en compte les besoins et les efforts
spécifiques des institutions financières multilatérales participant à sa
mise en œuvre, les Ministres des finances de la zone Franc ont lancé un
message aux autres bailleurs de fonds pour que ceux-ci, dans le respect du
principe du partage du fardeau, apportent au plus vite les financements nécessaires
à l’initiative commune. A cet égard, les Ministres se sont félicités de
la participation active de l’Union Européenne, qui prendra notamment la
forme d’une contribution de l’ordre de 730 Millions d’euros au fonds
fiduciaire PPTE, dont près de 680 Millions d’euros au bénéfice de la
Banque Africaine de Développement.
IV) Le financement de la protection sociale:
Les Ministres ont pris note avec intérêt des conclusions du rapport sur
le financement de la protection sociale dans les pays de la zone franc. Ils
sont convenus de s’attacher à remédier aux déséquilibres pouvant
affecter les organismes de prévoyance sociale, à poursuivre leurs efforts de
rationalisation de la gestion de ces organismes et de réfléchir aux réformes
qui permettraient d’accroître le taux de couverture des populations
africaines. Les Ministres ont convenu que l’accroissement des populations
couvertes de façon appropriée par des mécanismes d’assurance sociale se
situait au cœur des problématiques de lutte contre la pauvreté.
V) Préparation des réunions de printemps du
FMI et de la Banque mondiale:
Les Ministres de la zone Franc ont réaffirmé avec force leur souhait de
voir le Fonds Monétaire International, dont le rôle au service du développement
est crucial et complémentaire de celui des banques de développement,
poursuivre son soutien technique et financier aux pays les plus pauvres, y
compris par des ressources concessionnelles. A cet égard, les Ministres se
sont montrés fortement préoccupés par les recommandations de la Commission
Metzler, qui portent notamment sur la suppression de l’assistance
concessionnelle du FMI aux pays membres à faible revenu. Ils dénoncent le
caractère inacceptable de telles recommandations.
Les Ministres ont exprimé le souhait, suite à la transformation du Comité
intérimaire en Comité monétaire et financier international, que se
poursuivent et s’approfondissent dans cette enceinte les réflexions sur la
réforme du système monétaire et financier international et ont rappelé les
dangers d’une concertation qui serait limitée aux seuls grands pays. Les
Ministres ont réaffirmé l’importance de la lutte contre le SIDA et ont
demandé à la communauté internationale, aux institutions spécialisées et
à la Banque Mondiale d’intervenir simultanément et de manière équilibrée
dans les 3 domaines suivants : prévention, soins et traitement ainsi que la
recherche.
En clôture de la réunion, les Ministres ont exprimé leurs vifs
remerciements à l’endroit des autorités équato-guinéennes, qui, pour la
première fois depuis leur entrée dans la zone Franc en 1985, accueillaient
la réunion des Ministres, pour la qualité et la chaleur de leur accueil.
Source: Banque de France, avril 2000
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