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COMMUNIQUE FINAL
N’Djaména, 14 décembre 2000
La deuxième Conférence des Chefs d’État de la Communauté
Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale, s’est réunie à N’Djaména
le 14 décembre 2000 sous la haute présidence de Son Excellence Idriss DEBY, Président
de la République du Tchad, Président en exercice de la Communauté.
Ont participé à ces assises :
Son Excellence Ange Félix PATASSE, Président de la République
Centrafricaine ;
Son Excellence Denis SASSOU NGUESSO, Président de la République
du Congo ;
Son Excellence El Hadj Omar BONGO, Président de la République
Gabonaise ;
Son Excellence OBIANG NGUEMA MBASOGO, Président de la République
de Guinée Equatoriale ;
Son Excellence Peter MAFANY MUSONGE, Premier Ministre, Chef
du Gouvernement Représentant Son Excellence Paul BIYA, Président de la République
du Cameroun ;
Son Excellence NAGOUM YAMASSOUM, Premier Ministre, Chef du
Gouvernement de la République du Tchad.
La Conférence a été précédée par la cinquième session
du Conseil des Ministres et par une rencontre extraordinaire du Comité Ministériel
réunies à N’Djaména les 11 et 12 décembre 2000.
Le Conseil des Ministres et la Session Extraordinaire du
Comité Ministériel ont examiné les affaires inscrites à leurs ordres du jour
et formulé des avis sur celles inscrites à l’ordre du jour de la présente
Conférence des Chefs d’Etat.
Lors de la cérémonie solennelle d’ouverture, le Président
en exercice a, dans son discours, rendu un hommage mérité à son frère et ami
le Président de Guinée Equatoriale, son Excellence OBIANG NGUEMA MBASOGO qui
avait su assurer la transition de l’UDEAC à la CEMAC, préparant ainsi le bon
démarrage des activités de notre Communauté naissante.
Il s’est particulièrement réjoui de la mise en place des
deux nouvelles institutions de la Communauté à savoir, la Cour de Justice
Communautaire installée à N’Djaména le 12 avril 2000 et la Commission
Interparlementaire à Malabo le 22 juin 2000.
Il s’est ensuite félicité des efforts déployés par les
organes de la Communauté, tant au niveau de l’Union Economique que de l’Union
Monétaire, tout au long des 18 mois qu’a duré son mandat.
Il a par ailleurs salué l’adoption du passeport CEMAC, en
tant qu’instrument fondamentalement intégrateur, puisque devant puissamment
contribué au brassage des populations et des cultures ainsi qu’à
l’accroissement des échanges dans la zone.
Dans ce contexte, il a exhorté ses pairs à tout mettre en
œuvre pour une entrée en vigueur immédiate de cet important document de
voyage.
Enfin, il a appelé de tous ses vœux, l’adoption et la
mise en place d’un mécanisme de financement autonome de la Communauté, afin
de garantir à celle-ci, les moyens de relever efficacement les lourds défis
des nobles missions de développement qui lui sont assignées.
Les Chefs d’Etat ont ensuite suivi avec un intérêt
particulier, des messages de l’Union des Patronats de l’Afrique Centrale, de
la Banque Africaine de Développement, de la Commission Economique des Nations
Unies pour l’Afrique et de la Francophonie sur les enjeux de l’intégration
sous-régionale en Afrique Centrale, leur vision du développement ainsi que la
priorité de la réduction de la pauvreté, et les axes de coopération avec la
sous-région.
Passant à l’examen de leur ordre du jour, les Chefs d’Etat
ont pris connaissance avec satisfaction, des rapports d’activité et des
programmes d’action pour l’exercice 2001 du Secrétariat Exécutif et des
autres Organismes, et ont donné des directives pour en améliorer les
performances.
Du point de vue institutionnel, ils ont agréé un nouveau mécanisme
de financement de la Communauté fondé sur un prélèvement ou
l’institutionnalisation d’une taxe dans chaque pays d’un taux de 1 % des
recettes d’importations de tous les produits en provenance des pays tiers.
Ils ont également entériné les règles de procédures et
statuts de la Cour de Justice Communautaire.
Dans le domaine agricole, les Chefs d’Etat ont adopté le
programme régional de sécurité alimentaire qui sera mis en œuvre et exécuté
avec le concours de la FAO.
Au niveau économique, les Chefs d’Etat ont été informés
de la mise en place, pour compter de l’exercice 2001, du dispositif de
Surveillance Multilatérale, en vue de la mise en cohérence et de la
convergence des politiques budgétaires et macro-économiques à l’effet
d’assurer le redressement des économies de la zone de garantir encore
davantage la stabilité de la monnaie et d’impulser la croissance.
En ce qui concerne les transports, ils ont pris connaissance
des dispositions relatives à la libéralisation de l’espace aérien en
Afrique Centrale ainsi que du dossier afférent à la création d’une
compagnie aérienne sous-régionale.
Ils se sont par ailleurs penchés sur le réseau routier
prioritaire intégrateur dont la recherche de financement est en cours auprès
des bailleurs de fonds.
Dans sa traditionnelle communication aux Chefs d’Etat, le
Gouverneur de la BEAC a présenté les grandes tendances économiques des pays
de la zone ainsi que la situation de l’Institut d’Emission.
Il en ressort que l'activité économique dans la CEMAC s'est
globalement redressée depuis le début de l'année. Les éléments ayant
sous-tendu ce redressement sont en particulier la fermeté des cours du pétrole,
du bois et du dollar américain, d'une part, les mesures d'assainissement et de
consolidation des finances publiques mises en œuvre par les Etats, d'autre
part. La plupart de ces mesures découlent du Programme Sous-régional de
Redressement Economique et Financier adopté par le Comité Ministériel de l’UMAC
en septembre 1999, suivant les directives de la Conférence des Chefs d’Etat
de juin 1999 à Malabo. A ces facteurs, il convient d’ajouter le retour de la
confiance en la sous-région à la suite de l'apaisement du climat
socio-politique et de l’intensification des relations entre les pays membres
et les institutions de Bretton Woods.
Le Produit Intérieur Brut en termes réels devrait croître
de 4 % en 2000, alors qu'il a baissé de 0,2 % l'année précédente. Le revenu
réel par habitant progresserait de 1,5 %. Le taux d'inflation s'établirait à
1,4% et le solde budgétaire, base engagements, hors dons, passerait d'un déficit
représentant 1,9 % du PIB en 1999 à un excédent de 5 % du PIB. Pour la première
fois, les transactions courantes extérioriseraient un solde excédentaire de
4,4 % du PIB, alors qu'il était déficitaire de 2,9 % du PIB en 1999. La marge
de compétitivité des pays de la CEMAC s'améliorerait, passant de 18,5 % en
1999 à 21,3 % en 2000.
Cette bonne orientation des fondamentaux économiques a
affecté positivement la situation monétaire qui, au 30 septembre 2000, est
caractérisée par : une consolidation des avoirs extérieurs nets à 534,9
milliards contre 50,4 milliards un an plutôt ; une diminution de 6 % en un
an du crédit intérieur traduisant un désendettement des Etats ; une
croissance annuelle de 19,1 % de la masse monétaire.
L’état du système bancaire sous-régional connaît une amélioration
sensible par rapport à 1999. Dans l'ensemble, la rentabilité des établissements
de crédit se redresse et leur solvabilité se renforce.
S’agissant de la Banque Centrale, sa situation comptable se
caractérise au 31 octobre 2000 par une forte augmentation des avoirs extérieurs
bruts qui ressortent à 889 milliards, contre 371 milliards un an plus tôt. Le
taux de couverture extérieure de la monnaie s’établit à 66 %, largement
au-dessus de la norme statutaire de 20 %.
Les perspectives économiques et financières s’annoncent
également favorables pour 2001, avec une croissance attendue du PIB réel de
5,7 %.
Toutefois, pour consolider le redressement amorcé en 2000,
notamment au plan budgétaire, et afin de réduire la pauvreté, une croissance
économique durable s’avère indispensable. Aussi, les Etats membres se
doivent-ils de persévérer dans la poursuite des réformes structurelles engagées
dans le cadre du Programme Sous-régional de Redressement Economique et
Financier, de diversifier les bases productives et d’exportations, d’accroître
la rigueur et la transparence dans la gestion économique afin de gagner en
crédibilité vis-à-vis des partenaires extérieurs et des populations.
Sur le plan intérieur, la poursuite et le renforcement des
programmes d’ajustement engagés avec le soutien de la communauté financière
internationale s’avère plus que jamais indispensable comme stratégie de
sortie de crise. Aussi la mise en place du mécanisme de surveillance multilatérale
des politiques économiques doit être accélérée.
Au niveau sous-régional, la Conférence a adopté une Déclaration
sur la lutte contre le blanchiment des capitaux et donné son accord pour la création
d’un groupe d’experts de haut niveau à cet effet.
Les Chefs d’Etat présents à N’Djaména ont décidé de
fixer définitivement le siège de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières
à Libreville.
La Conférence a recommandé un renforcement de la
concertation entre les Etats membres dans la préparation des négociations
internationales annoncées à l’OMC, et à l’Union Européenne avec les pays
du Groupe ACP. Elle a donné mandat conjointement au Secrétariat Exécutif de
la CEMAC et au Secrétariat Général de la CEEAC de préparer et de mener ces négociations
en vue de conclure les Accords de partenariats économiques et commerciaux avec
l’Union Européenne.
La Conférence des Chefs d’Etat a par ailleurs décidé de
réactiver la Convention de 1972 sur la Libre Circulation des personnes et
d’accélérer la mise en circulation du Passeport CEMAC.
Le Président du Conseil d’Administration de la BDEAC a
quant à lui, présenté la situation de cet Institut dont le redressement tarde
à se consolider, du fait de l’importance de la masse des arriérés,
d’impayés et de la non libération totale par les Etats de leurs parts de
capital. Il a également fait état de la situation préoccupante qui règne
entre le personnel et la hiérarchie de cette institution. La Conférence des
Chefs d’Etat a adopté à cet effet les conclusions du Conseil d’Administration
du 24 novembre 2000 à Libreville.
Les Chefs d’Etat ont par ailleurs pris connaissance des résultats
des Conseil d’Administration des Organismes Spécialisés de la CEMAC, à
savoir : l’ISTA, l’ISSEA, l’EIED, la CEBEVIRHA et ont approuvé les
budgets de ces Institutions.
Passant à l’examen des questions politiques, les Chefs
d’Etat ont fait un large tour d’horizon des problèmes d’actualité régionale
et internationale.
Ils ont exprimé leur profonde préoccupation sur la
situation qui prévaut en Côte d’Ivoire et ont appelé à l’ouverture
d’un dialogue pour une normalisation rapide de la situation dans ce grand pays
frère et ami.
S’agissant de la situation en République Centrafricaine,
la Conférence des Chefs d’Etat a tenu à manifester son soutien à son
Excellence Ange Félix PATASSE et lancé un appel d’une part, au peuple
centrafricain, pour une sortie pacifique de la crise sociale actuelle, et
d’autre part aux Institutions de BRETTON WOODS, à la France et à l’Union
Européenne, pour une aide immédiate à la RCA à l’instar des autres pays en
situation de post-crise.
Les Chefs d’Etat ont suivi un compte rendu sur les derniers
développements de la situation en République du Congo et se sont félicités
de la restauration définitive de la paix et la sécurité dans ce pays frère.
Les Chefs d’Etat ont, une nouvelle fois, rendu un hommage appuyé à son
Excellence El Hadj Omar BONGO, Président de la République Gabonaise, pour son
rôle de médiateur dans cette crise, et l’ont encouragé à persévérer et
à ne ménager aucun effort, jusqu’au terme de cette mission.
La Conférence des Chefs d’Etat a également exigé le
retour immédiat du Siège du Bureau Régional de l’OMS à Brazzaville. Elle
s’est félicitée de la tenue prochaine à Brazzaville en septembre 2001 de la
Conférence des Ministres de la santé, conformément à la décision de la réunion
des Ministres de la santé de Ouagadougou
La Conférence a évoqué la tenue en janvier 2001 à Yaoundé
au Cameroun, de la Conférence des Chefs d’Etat de France et d’Afrique et
s’est résolue à y prendre une part active.
Les Chefs d’Etat se sont félicités du soutien de la
Banque Mondiale dans la concrétisation du projet Pipeline Tchad-Cameroun et se
sont réjouis du lancement des travaux en octobre dernier.
Au titre des mesures individuelles, la Conférence des Chefs
d’Etat a décidé de reconduire Monsieur ROKU MESANI Augusto au poste de
Directeur de l’ISSEA pour un nouveau mandat.
Elle a par ailleurs nommé :
Monsieur le Docteur BOUBA Khalidou au poste de Directeur de
la Production à la CEBEVIRHA.
Avant de se séparer, les Chefs d’Etat ont tenu à exprimer
à leur illustre frère, Son Excellence Idriss DEBY, au vaillant peuple tchadien
et à son dynamique Gouvernement, leurs plus vifs remerciements pour l’accueil
hautement fraternel et chaleureux ainsi que pour les délicates attentions dont
ils ont bénéficié tout au long de leur séjour.
La Présidence de la Communauté sera assurée pour
l’exercice 2001 par son Excellence Paul BIYA, Président de la République du
Cameroun et la prochaine conférence des Chefs d’Etat de la CEMAC aura lieu à
Yaoundé en décembre 2001.
Les travaux se sont déroulés dans une atmosphère de sérénité,
de franche collaboration, de compréhension réciproque et d’entente cordiale.
Fait à N’Djaména, le 14 Décembre 2000
LE PRESIDENT DE LA CONFERENCE
Idriss DEBY
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