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Évolution économique et financière de la CEMAC
(Extrait du Rapport d'Exécution de la Surveillance Multilatérale de la CEMAC, Édition Juin 2003)

La situation économique et financière de la Communauté en 2002 a été caractérisée par un repli de la croissance, une situation budgétaire relativement stable, un renforcement de la monnaie commune, un allègement des tensions inflationnistes et un solde du compte courant extérieur déficitaire.


De fait, la croissance économique réelle en 2002 a atteint 4,0 % contre 5,8 % en 2001, entraînant ainsi un PIB réel par habitant de 1,5 %. L'indice des prix à la consommation des ménages a enregistré une hausse de 3,0 % contre 4,3 % en 2001 en moyenne annuelle. Au niveau des finances publiques, l'excédent budgétaire, base engagements, hors dons, s'est établi à 1,2 % du PIB en 2002 contre 1,6 % du PIB une année plus tôt. Les dépenses en capital ont été particulièrement orientées vers les secteurs prioritaires.


S'agissant des échanges extérieurs, le déficit du compte courant de la balance des paiements, dons officiels inclus, s'est réduit, à 8,1 % du PIB en 2002 contre 8,2 % du PIB en 2001, en liaison avec une baisse sensible des achats des biens et services du secteur pétrolier.


La situation monétaire, quant à elle, s'est consolidée davantage, avec un taux de couverture extérieure de la monnaie de 66,6 % en 2002 contre 63,4 % un an plus tôt.


* * *


Production :


En 2002, la croissance économique des États de la CEMAC a été principalement tirée par la demande extérieure nette soutenue par la hausse des exportations de pétrole et la forte contraction des importations des biens et services.


Cette embellie provient de la forte expansion de l'activité économique observée dans la plupart des Etats de la CEMAC, notamment au Cameroun (4,0 %), au Congo (2,4 %), au Tchad (8,5 %) et en Guinée Équatoriale (20,9 %). En revanche, le Centrafrique a connu une stagnation (0,6 %) et le Gabon une baisse de la croissance économique (- 0,1 %).


Du côté de l'offre, la croissance économique a profité aussi bien de l'apport du secteur pétrolier que du secteur non pétrolier.


La contribution du secteur primaire a été faible (0,1 point) malgré le retour de bonnes conditions climatiques et les prix rémunérateurs, notamment des cultures vivrières et maraîchères. Toutefois, les résultats d'importants investissements réalisés dans le secteur forestier en 2002 n'ont pas été à la hauteur des attentes, car les activités sylvicoles ont contribué négativement à la croissance (-0,3 point).


CEMAC : Produit Intérieur Brut
(Taux de croissance annuelle, en pourcentage)
Agrégats 2000 2001 2002
Estim.
Secteur primaire -0,8 1,3 0,7
Agriculture, Élevage, Chasse et Pêche -0,3 2,6 2,1
Sylviculture -3,3 -4,9 -6,7
Secteur secondaire 2,8 11 5,8
Pétrole -3,2 10,2 4,9
Industries manufacturières 5,6 7,4 5
Bâtiments et Travaux Publics 16,3 24,9 11,4
Autres 0,6 3,3 0,4
Secteur tertiaire 5,9 5,4 4,8
Services marchands 6,7 6,1 5,9
Services non marchands 4,2 3,9 2,4
PIB au coût des facteurs 3,4 6,3 4,3
Droits et Taxes à l'importation -0,7 -14 -12,1
PIB aux prix constants du marché
de 1992
3,3 5,8 4
PIB du secteur pétrolier -3,2 10,2 4,9
PIB du secteur non pétrolier 4,4 5,2 3,8

Sources : Administrations nationales, FMI et BEAC



CEMAC : Produit Intérieur Brut
(structure, en pourcentage)
Agrégats 2000 2001 2002
Estim.
Secteur primaire 20,8 21,2 21,1
Agriculture, Élevage, Chasse et Pêche 16,4 17,1 17,2
Sylviculture 4,4 4,1 3,9
Secteur secondaire 43,5 42,9 42,5
Pétrole 30,4 27,7 26,7
Industries manufacturières 8,3 8,7 8,9
Bâtiments et Travaux Publics 3,5 4,5 4,9
Autres 1,3 2 2
Secteur tertiaire 31,6 33,1 33,7
Services marchands 22,2 23,5 24,2
Services non marchands 9,4 9,7 9,5
PIB au coût des facteurs 96 97,2 97,3
Droits et Taxes à l'importation 4 2,8 2,7
PIB aux prix constants du marché
de 1992
100 100 100
PIB du secteur pétrolier 30,4 27,4 26,7
PIB du secteur non pétrolier 69,6 72,6 73,3

Sources : Administrations nationales, FMI et BEAC.


Le secteur secondaire a contribué fortement à la croissance dans la Communauté, avec 1,9 points en 2002 contre 3,4 points en 2001, bénéficiant essentiellement de l'augmentation de la production de pétrole, de méthanol et de Gaz Pétrole Liquéfié (GPL) en Guinée Équatoriale, ainsi que du dynamisme du secteur des bâtiments et travaux publics dans la plupart des États membres.


Les performances observées dans le secteur pétrolier résultent de l'extension des capacités d'extraction de certains gisements (Zaffiro, Jade et Alba), de la mise en production des nouveaux puits dans certains pays notamment la Guinée Equatoriale, ainsi que du doublement de la production du méthanol et du GPL.


S'agissant des bâtiments et travaux publics (BTP), leur contribution (0,6 point) provient des travaux de construction et de réhabilitation des infrastructures de base, notamment au Cameroun et au Gabon, des travaux du pipeline Doba/Kribi et du terrassement du champ pétrolier de Doba, du rééquipement des unités de production et de l'accroissement de la construction des logements individuels.


Le redressement des activités manufacturières (+ 0,6 point), découle de la réouverture de la voie fluviale entre le Congo démocratique et la Centrafrique, de l'implantation de nouvelles unités de transformation du bois et du dynamisme des activités agroalimentaires, de raffinage des produits pétroliers, de la cimenterie et de la métallurgie. Toutefois, le secteur manufacturier a été confronté aux difficultés liées au délestage d'électricité dans certains pays.


Le secteur tertiaire, principal facteur de la croissance, a quant lui contribué à hauteur de 2,2 points, essentiellement à travers les activités de services marchands (commerce, transport et autres). Son évolution s'explique par la hausse des revenus des ménages, la poursuite des travaux de réhabilitation des infrastructures routières, la régularisation du trafic fluvial, l'amélioration de la distribution des produits pétroliers, notamment en Centrafrique et le développement rapide de la téléphonie cellulaire et des nouvelles technologies de télécommunications (informatique, Internet).


S'agissant de la demande, la croissance économique a été alimentée par la demande extérieure nette dont la contribution a été de 6,3 points, en liaison avec la progression des exportations des biens et services non-facteurs, notamment les ventes de pétrole brut, et la baisse des importations des biens et services non-facteurs. En revanche, la demande intérieure brute a obéré la croissance à concurrence de 2,3 points, du fait de la contraction des investissements productifs (- 4,8 points), et ce malgré l'apport positif de la consommation privée, attribuable à la hausse sensible des salaires dans le secteur public. L'apport négatif des investissements bruts à la croissance, traduit les baisses observées dans toutes leurs composantes.


CEMAC : Emplois et ressources
(Taux de croissance annuelle, en pourcentage)
Agrégats 2000 2001 2002
Estim.
Produit intérieur brut 3,3 5,8 4
Dépenses intérieures brutes 7,7 16,1 -1,9
Consommation 5,4 9,7 3
Publique (Etat) 8,7 10,9 3,6
Privée 4,9 9,4 2,9
Investissements bruts 14,2 33,3 -12,7
Formation brute de capital fixe 13,2 33,7 -11,7
Publique (Etat et Administrations publiques) 23,5 21,2 -4,4
Privée (Entreprises et ménages) 11,4 36,1 -13
Secteur pétrolier 16,7 43,2 -38,3
Secteur non pétrolier 6,8 29,4 13,4
Variations des stocks 298 0,9 -123,4
Exportations nettes 102 129 -31,6
Exportations de biens et services non-facteurs -2 1,6 5,1
Importations de biens et services non-facteurs 13,2 34,9 -11,2

Sources : Administrations nationales, FMI et BEAC.

CEMAC: Emplois et ressources
(structure du PIB, en pourcentage)
Agrégats 2000 2001 2002
Estim.
Produit intérieur brut 100 100 100
Dépenses intérieures brutes 83,4 95,5 94,6
Consommation 59,5 62 63,2
Publique (Etat) 8,3 9 9,2
Privée 51,2 53 54
Investissements bruts 23,9 33,6 31,4
Formation brute de capital fixe 23,7 33 31,5
Publique (Etat et
Administrations publiques)
4,5 5,3 5,2
Privée (Entreprises et
ménages)
19,2 27,6 26,3
Secteur pétrolier 8,1 12,6 9,7
Secteur non pétrolier 11,1 15 16,6
Variations des stocks 0,3 0,6 -0,1
Exportations nettes 16,6 4,5 5,4
Exportations de biens et
services non-facteurs
48,9 44,7 42,9
Importations de biens et
services non facteurs
-32 -40 -37,5

Sources : Administrations nationales, FMI et BEAC.


* * *


Prix :


A fin décembre 2002, le niveau général des prix dans la Communauté a progressé de 3,0 % contre 4,2 % en 2001 en moyenne annuelle.


Ce ralentissement de l'inflation provient notamment des bons résultats enregistrés dans l'approvisionnement des produits pétroliers et vivriers consécutifs aux meilleures récoltes de la campagne agricole 2001-2002, la reprise de la navigation sur le fleuve Congo et l'inflexion de la demande intérieure dans la plupart des États membres de la Communauté.


CEMAC : Inflation (moyenne annuelle)
États 2000 2001 2002
Estim.
CEMAC 1,3 4,2 3
Cameroun 1,2 4,5 2,8
Centrafrique 3,1 3,8 2,3
Congo -0,3 0,4 3,8
Gabon 0,5 2,1 0,2
Guinée Equatoriale 4,6 8,8 7,6
Tchad 3,8 12,4 5,2

* * *


Finances publiques :


En 2002, la situation des finances publiques s'est légèrement détériorée à travers les baisses enregistrées dans les excédents budgétaires en raison de la progression moins rapide des recettes par rapport aux dépenses.


En effet, les recettes budgétaires totales, hors dons, ont progressé de 0,5 % contre 8,0 % en 2001, s'établissant respectivement à 3 606,8 milliards, soit 21,7 % du PIB contre 3 589,8 milliards (22,7 % du PIB). Cette tendance résulte de la baisse des recettes pétrolières, baisse compensée par une augmentation des recettes non pétrolières dans la plupart des Etats de la CEMAC en liaison avec l'amélioration du recouvrement.


De leur côté, les dépenses budgétaires totales ont augmenté de 2,1 % en 2002 contre 21,2 % un an plus tôt, soit respectivement 20,5 % contre 21,2 % du PIB. Cette évolution est la résultante d'une légère hausse des dépenses courantes et d'une baisse sensible des dépenses en capital.


Le solde primaire excédentaire s'est réduit à 5,7 % du PIB contre 7,5 % du PIB en 2001 ainsi que le solde budgétaire de base, à 2,5 % du PIB contre 3,1 % du PIB en 2001.


En conséquence, l'excédent budgétaire global, base engagements, hors dons, est revenu à 195,0 milliards, soit 1,2 % du PIB en 2002 contre 247,2 milliards, soit 1,6 % du PIB en 2001.


Compte tenu de l'apurement à hauteur de 288,4 milliards des arriérés de paiements intérieurs (134,7 milliards) et extérieurs (153,7 milliards), de l'amortissement de la dette extérieure de 856,7 milliards et du désengagement net vis-à-vis du système bancaire pour 45,6 milliards et non bancaire pour 419,8 milliards, le besoin de financement global de la Communauté s'est élevé à 1 415,5 milliards. Ce besoin a été entièrement couvert par des financements extérieurs à hauteur de 132,0 milliards au titre des dons, de 359,8 d'emprunts et de 923,6 milliards d'allègements de la dette extérieure.


CEMAC : Tableau des opérations financières des Etats.
(En milliards de FCFA)

2000 2001 2002
Estim.
Recettes totales 3 328,40 3 589,80 3 606,80
Recettes pétrolières 1 822,00 1 856,80 1 737,90
Recettes non pétrolières 1 506,40 1 733,10 1 867,40
Dépenses totales 2 753,20 3 332,20 3 371,80
Dépenses courantes 2 079,30 2 498,50 2 522,80
Salaires et traitements 722,1 778,9 836,5
Biens et services 549,4 636 669,8
Transferts et subventions 293,7 382,7 481,1
Intérêts 514,2 700,9 535,3
Dette extérieure 452,8 632,4 459,3
Dette intérieure 61,3 68,6 76
Dépenses en capital 673,9 833,7 753,1
Sur ressources locales 448,4 594 558,1
Sur ressources extérieures 225,5 239,7 195
Solde primaire (en milliards de FCFA) 1 314,90 1 198,30 963,8
Solde primaire (en pourcentage du PIB) 8,7 7,5 5,8
Solde budget. de base (en milliards de FCFA) 800,7 497,4 428,5
Solde budgétaire de base (en % du PIB) 5,3 3,1 2,6
Solde global (base engagements hors dons) 575,2 247,2 195
Solde global (en pourcentage du PIB) 3,8 1,6 1,2
Solde global (base engagements dons compris) 697,3 398,1 325,2
Variations des arriérés (baisse ) -425,6 -110 -288,4
Intérieurs (principal et intérêts) -234 -307,5 -134,7
Extérieurs (principal et intérêts) -191,6 197,5 -153,7
Solde global (base trésorerie) 149,6 137,2 -93,3
Financement total -149,6 -137,2 93,3
Extérieur 410,7 -33,1 558,7
Dons 122,1 150,8 132
Tirages 162,8 250,5 359,8
Amortissements de la dette extérieure -667,6 -887,8 -856,7
Allégements de la dette extérieure 781,1 447,5 923,6
Autres 12,3 6 0
Intérieur -560,3 -104,1 -465,4
Système bancaire -188,9 241,7 -45,6
Non bancaire -371,3 -345,8 -419,8
Gap résiduel - …..

Sources : Administrations nationales, FMI et BEAC


* * *


Balance des paiements :


Au niveau des échanges extérieurs, le déficit du compte courant (transferts publics inclus) des Etats membres de la CEMAC s'est aggravé, s'élevant à 1 346,5 milliards (8,2 % du PIB) en 2001 contre 1 299,1 milliards, soit 8,1 % du PIB en 2002.


L'excédent de la balance commerciale a progressé de 8,9 %, se situant 3153,0 milliards contre 2895,9 milliards en 2001, sous l'effet à la fois d'une légère hausse des exportations (0,6 %) et d'une baisse sensible des importations (7,3 %). La hausse des exportations a été due principalement à la progression des ventes de pétrole, de manganèse, de bois, de banane et d'aluminium du fait de la bonne tenue des cours sur le marché, alors que la baisse des importations est attribuable, entre autres, à la réduction des achats de biens du secteur pétrolier.


De son côté, le déficit de la balance des services s'est accru de 2,7 %, atteignant 2 252,4 milliards en 2002 contre 2 192,7 milliards un an plus tôt, en liaison avec les dépenses des services liées à la prospection pétrolière, notamment au Tchad et en Guinée Equatoriale. De la même manière, le déficit de la balance des revenus a également augmenté, en relation avec l'accroissement des sorties au titre de la rémunération des investissements privés. Le solde des transferts courants sans contrepartie est revenu à 88,6 milliards en 2002 contre 117,5 milliards en 2001.


Enfin, l'excédent du compte de capital et des opérations financières est resté quasimment stable, à 733,0 milliards en 2002 contre 729,5 en 2001, du fait d'une stagnation des investissements directs étrangers et d'une légère progression des transferts en capital du secteur public.


En définitive, le déficit de la balance des paiements de la Communauté s'est réduit sensiblement, atteignant 524,4 milliards (3,2 % du PIB) en 2002 contre 757,5 milliards (4,8 % du PIB) en 2001.


En y incorporant la réduction des arriérés extérieurs de 153,7 milliards et la reconstitution des réserves officielles de change de 245,5 milliards, le besoin de financement extérieur s'est situé à 923,6 milliards et a été entièrement comblé par un réaménagement de la dette extérieure.


CEMAC: Balance des paiements
Agrégats 2000 2001 2002
Estim.
SOLDE DU COMPTE COURANT
(transf. publics inclus)
930 -1 299,10 -1 346,50
Solde du compte courant (en % du PIB) 6,2 -8,2 -8,1
Solde du compte courant (transf. publics exclus) 785,1 -1 421,50 -1 462,60
Solde du commerce extérieur 4 179,00 2 895,90 3 153,00
Exportations, fob 6 723,50 6 446,90 6 487,30
Importations, fob -2 544,60 -3 550,90 -3 334,30
Balance des services -1 695,50 -2 192,70 -2 252,40
Services fournis ou reçus par les adm.
publiques
28,2 - -
Balance des revenus -1 682,30 -2 120,20 -2 335,70
Solde des transferts courants 129 117,5 88,6
Compte de capital et d’opérations financières -1 075,60 729,5 733
Compte de capital 107,4 110,8 103,2
Compte financier -1183 618,7 629,8
Erreurs et omissions -189,1 -187,5 89,1
S O L D E G L O B A L -334,7 -757,5 -524,4
Financement 334,7 757,5 524,4
Variations des réserves officielles (baisse +) -401,2 112,6 -245,5
Financements exceptionnels 735,9 644,9 769,9
Variations des arriérés extérieurs (baisse -) -186,9 197,4 -153,7
Réaménagement de la dette 922,8 447,5 923,6
Autres 0 0 0
GAP RESIDUEL

Sources : Administrations nationales, FMI et BEAC



En ce qui concerne la dette publique, l'amélioration des comptes extérieurs s'est traduite par une diminution du ratio du service de la dette par rapport aux exportations de biens et services non-facteurs, revenant de 21,5 % en 2001 à 18,5 % en 2002. De même, le ratio du service de la dette sur les recettes budgétaires et celui de l'encours de la dette sur le PIB se sont améliorés, se situant respectivement à 36,5 et 68,5 % en 2002 contre 42,3 % et 75,9 % en 2001.


* * *


Monnaie :


A fin décembre 2002, la situation monétaire dans la Communauté a été caractérisée par une augmentation des avoirs extérieurs nets, une légère hausse des crédits intérieurs nets, et par conséquent un accroissement de la masse monétaire.


En effet, les avoirs extérieurs nets du système monétaire ont enregistré une progression de 47,9 % pour s'établir à 877,8 milliards contre 593,6 milliards à fin décembre 2001. Cette consolidation des avoirs extérieurs nets entre décembre 2001 et décembre 2002 a été principalement imprimée par le dynamisme des activités économiques dans la plupart des Etats membres de la CEMAC, notamment l'accroissement des exportations d'hydrocarbures en Guinée, le maintien des cours du pétrole et du cacao à un niveau soutenu, les effets positifs des allègements de la dette extérieure de certains Etats notamment le Cameroun et le Tchad et le rapatriement régulier des recettes d'exportation. En définitive, le taux de couverture extérieure de l'émission monétaire s'est établi à 66,6 % au 31 décembre 2002 contre 63,4 % au 31 décembre 2001.


La quasi-constance des crédits intérieurs nets est le résultat d'une contraction des créances nettes sur les Etats (-9,0 %), revenues de 860,6 milliards en 2001 à 782,8 milliards en 2002, en raison de la consolidation de la trésorerie publique, notamment au Cameroun, au Gabon et en Guinée Equatoriale et d'une augmentation des crédits à l'économie (6,0 %), atteignant 1591,7 milliards en décembre 2002 contre 1501,3 milliards un an plus tôt, en liaison avec le maintien de l'activité économique à un niveau soutenu dans plusieurs pays (Guinée Equatoriale, Tchad et Cameroun).


La masse monétaire a augmenté en conséquence de 15,2 % entre décembre 2001 et décembre 2002.


CEMAC : Situation monétaire.
Agrégats 2000 2001 2002
Estim.
Avoirs extérieurs nets 794,2 593,6 877,8
Avoirs intérieurs nets 1413,7 1751,1 1807,7
Crédit intérieur net 2026,7 2362 2374,6
Créances nettes sur l'Etat 629,4 860,6 782,8
Crédits à l'économie 1397,3 1501,3 1591,7
Autres postes nets -613 -610,9 -566,8
Masse monétaire (M2) 2141 2276,6 2623,4
Monnaie fiduciaire 689,5 761,8 817,8
Dépôts à vue 820,2 787,9 954,7
Dépôts à terme 631,2 726,9 850,9
Allocations de DTS 66,9 68,1 62,1

Source : BEAC, Etats

Variation annuelle, en pourcentage
Agrégats 2000 2001 2002
Estim.
Avoirs extérieurs nets 491,4 -25,3 47,9
Crédit intérieur net -6,9 16,5 0,5
Créances nettes sur l'Etat -32,1 36,7 -9
Crédits à l'économie 11,8 7,4 6
Masse monétaire (M2) 25,6 6,3 15,2

* * *


Perspectives de l'économie de la communauté en 2003 :


Perspectives économiques et financières :


En 2003, les perspectives économiques communautaires en 2003 devraient rester dans la tendance de 2002 avec un taux de croissance de 4,0 %, conduisant à une augmentation du revenu réel par habitant de 1,5 % pour un taux de croissance de la population de 2,5 %.


Du côté de l'offre, la croissance serait imprimée par le secteur tertiaire avec une contribution de 1,9 points, suivi du secteur secondaire (1,3 points) et du secteur primaire (0,6 point) ; et du côté de la demande, essentiellement par la demande intérieure avec une contribution projetée à 10,7 points dont 5,9 points pour la consommation privée et 4,8 points pour les investissements productifs. En revanche, la demande extérieure nette obèrerait la croissance, car les importations seraient importantes à cause de la reprise attendue des activités dans les secteurs pétrolier et non pétrolier.


Les tensions inflationnistes seraient contenues autour 2,4 % contre 3 % en 2002, sous l'hypothèse d'une campagne agricole 2002-2003 abondante et de la régularisation progressive de l'approvisionnement en énergie électrique.


Dans le domaine des finances publiques, la gestion serait marquée par la poursuite du redressement et de l'assainissement des comptes dans les pays de la CEMAC. En conséquence, l'excédent budgétaire, base engagement, hors dons, progresserait à 1,5 % du PIB contre 1,2 % du PIB en 2002.


Enfin, les comptes courants extérieurs se détérioreraient légèrement, sous l'effet principalement d'une contraction prévue des recettes d'exportation de pétrole brut.


Perspectives monétaires :


Le raffermissement des finances publiques, conjuguée avec l'afflux des capitaux extérieurs, contribuerait au renforcement de la situation monétaire en 2003. Ainsi, les avoirs extérieurs nets progresseraient de 43,2 %, les créances nettes sur l'Etat poursuivraient leur repli (-30,8 %), les crédits à l'économie augmenteraient de 7,5 %, et la masse monétaire s'accroîtrait en conséquence de 9,5 %.


* * *


Source: Secrétariat Exécutif de la CEMAC, Juin 2003.



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