ÉVOLUTION DU SECTEUR AUTOMOBILE
1 CARACTÉRISTIQUES GÉNÉRALES
DU SECTEUR :
Un parc restreint, en bon état
L'activité du secteur automobile gabonais se résume essentiellement à
l'importation de véhicules.
L'industrie locale liée à ce secteur est limitée à un
carrossier-équipementier.
12 concessionnaires se répartissent les 24 marques présentes sur ce marché
que se partagent, pour l'essentiel, le Japon, la France et l'Allemagne.
En revanche, les ventes coréennes restent très limitées, la Grande-Bretagne a
disparu du paysage et les États-Unis, après une percée en 1997 et 1998, se
sont ensuite marginalisés, handicapés par le cours du dollar.
Les véhicules tout terrain représentent 54,4% des ventes réalisées en 2003,
le marché du diesel environ 78%.
Faute notamment de déclarations régulières des retraits de la circulation des
véhicules hors d'usage, le nombre de véhicules du parc est difficile à
estimer.
Il serait de l'ordre de 65.000.
Les importations de véhicules neufs au Gabon (plus de 3 000 par an en moyenne)
sont particulièrement importantes par rapport à la région, au regard
notamment de la taille du pays (1,3 millions d'habitants).
2 ÉVOLUTION DU MARCHE :
Une prédominance des marchés de véhicules tout terrain et diesel
Véhicules neufs :
Suite à la dévaluation du franc CFA en 1994, le marché automobile a connu la
même année une baisse de 40%, puis une stabilisation en 1995.
Il a ensuite
enregistré une progression de 29% en 1996, 16% en 1997, 19% en 1998.
Après une
forte baisse des ventes en 1999 (- 47%) due à une crise financière engendrée
par le niveau trop élevé des dépenses publiques en 1998 et la baisse du cours
du pétrole, le marché global des véhicules neufs a enregistré une
augmentation de 11 % en 2000 (soit 2 563 véhicules vendus).
En 2001, 3068
véhicules neufs ont été livrés (+11,9%).
Une première baisse s'est fait
sentir en 2002 avec, 2938 ventes (-4,2 %).
Pour 2003, la profession prévoit une
baisse de l'ordre de 10% avec une évaluation du nombre de véhicules vendus
variant de 2400 à 2600 unités selon le degré d'optimisme.
Ces résultats sont
de toute évidence directement liés aux restrictions budgétaires de l'Etat
gabonais qui n'a pas, comme au cours des années précédentes, passé commandes
pour compte de ses différents ministères.
Évolution des ventes de
véhicules au Gabon - 1993 à 2003
| Année |
1993 |
1994 |
1995 |
1996 |
1997 |
1998 |
1999 |
| Ventes |
4.003 |
2.376 |
2.431 |
3.144 |
3.659 |
4.363 |
2.317 |
| Année |
2000 |
2001 |
2002 |
Prévisions 2003 |
| Ventes |
2.563 |
3.068 |
2.938 |
2.400 à 2.600 |
Les grandes marques commercialisées :
Au cours des sept premiers mois de
l'année 2003, les parts de marché des marques japonaises ont subi une légère
baisse de 72,3 à 71,4% au profit essentiellement des marques européennes qui
progressent de 1,9 points sur la même période.
Les marques européennes
détiennent 23,8% des parts de marché et la France conserve sa 2ème position :
18,9% (contre 14,9% pour la même période l'an dernier) de marques
françaises (Peugeot : 11,3%, Renault : 6,4%, RVI : 1,2%)
4,9% (7,2% l'an
dernier) de marques allemandes (Volkswagen : 2%, Mercedes PL et VL : 2,9%)
A l'inverse de leur pénétration sur d'autres marchés mondiaux, les ventes de
marques coréennes et nord-américaines demeurent marginales.
| Année |
Berlines
(1) |
Utilitaires
légers (2) |
Tout
terrain
(3) |
Bus
et minibus (4) |
Camions
(5) |
| 1994 |
30,30% |
11,50% |
43,9 |
5 |
9,3 |
| 1995 |
23,9 |
13,6 |
45,3 |
6,9 |
10,4 |
| 1996 |
22,1 |
17,6 |
43,6 |
8,1 |
8,5 |
| 1997 |
20,8 |
12,4 |
49,6 |
8,1 |
9,1 |
| 1998 |
20,3 |
10,9 |
53,3 |
7,5 |
8 |
| 1999 |
22,8 |
9,2 |
49,7 |
8,4 |
10 |
| 2000 |
22,3 |
10,7 |
51,4 |
5,7 |
9,9 |
| 2001 |
18 |
11,5 |
55,6 |
8,5 |
6,3 |
| 2002 |
19,1 |
9,3 |
58,2 |
5,7 |
7,6 |
| 2003 |
22 |
10,3 |
54,4 |
7,7 |
5,6 |
1) petites urbaines, bas-moyen-haut de gamme, berline de prestige, coupés
cabriolets
2) véhicules utilitaires (VUL jusque 3,5 t, pick up 4x2)
3) pick up
4x4 et tout terrain
4) mini bus et bus de 12 à plus de 30 places
5) PL de 3,5 à
plus de 22 t/ tracteurs 4x2,4x6,6x4,6x6
Véhicules d'occasion :
Profitant de la libéralisation du marché, plusieurs opérateurs se sont
lancés dans l'importation massive des véhicules d'occasion, communément
dénommés " les venants d'Europe " (1), pour satisfaire la demande
intérieure, les revenus salariaux ne permettant pas à une frange importante de
la population d'acquérir des véhicules neufs, même à crédit.
Depuis 1999,
les ventes de véhicules d'occasion au Gabon sont estimées à près du double
des ventes de véhicules neufs.
Une part importante des véhicules usagés est
écoulée dans le circuit des taxis urbains.
Marché prospère pour les vendeurs,
il semblerait nuire aux concessionnaires agréés et nuire à la sécurité
routière.
Les autorités locales et l'URAI (Union des Représentants de
l'Automobile et de l'Industrie) ont depuis décidé conjointement de définir
des règles strictes en matière d'importation de véhicules d'occasion.
Un
décret de juillet 2001 interdit l'importation de véhicules d'occasion de plus
de 4 années, de façon à assainir le parc automobile en limitant l'arrivée de
voitures provenant pour une large part du rebut des contrôles techniques
européens , et échappant parfois à toute taxation.
Cette réglementation
semble néanmoins être très imparfaitement appliquée.
(1) des plates-formes
importantes de véhicules d'occasion, essentiellement en provenance de Belgique,
ont été créées en 1996 au Togo et surtout au Bénin pour une réexportation
vers l'Afrique de l'Ouest et Centrale
3 LA PRODUCTION NATIONALE :
SOGI, carrossier-équipementier, concentre la production nationale liée au
secteur automobile
L'industrie automobile se limite à l'heure actuelle au montage par la SOGI
(Société Gabonaise Industrielle, Groupe SOGAFRIC) d'équipements
spécifiquement conçus pour le Gabon, sur la base d'éléments hydrauliques et
mécaniques importés d'Europe (Marell, BPW notamment), avec des fabrications de
:
bennes basculantes, remorques, semi-remorques, grumiers,
châssis tracteurs, châssis porte-containers, plateaux ridelles,
citernes- camion grues.
SOGI équipe notamment des camions Mercedes, Renault ou Isuzu.
Lors du
lancement d'un appel d'offres pour la fourniture d'autobus pour une société
publique gabonaise (sur financement BID), SOGI avait développé, en septembre
2000, un prototype réalisé sur la base de châssis produit par SODIM TP, autre
filiale du groupe SOGAFRIC.
Le projet a par la suite été abandonné, le
marché ayant été attribué à une société algérienne.
NB : SOGI a déjà
dans le passé réalisé, à des prix compétitifs, des quantités limitées de
véhicules de transport en commun, jugés adaptés aux réseaux urbains et
interurbains gabonais.
4 LES CIRCUITS DE DISTRIBUTION :
Prédominance de deux groupes de distribution
12 concessionnaires se répartissent les 24 marques présentes sur ce marché
détenu à 90%par les groupes SOGAFRIC et CFAO (respectivement 51,8 et
38,2%).
Ces deux groupes représentent à eux seuls 10 marques automobiles.
CFAO GABON regroupe :
CENTRAL MOTORS (Mitsubishi, Hyundai),
SOMEMAGA (Peugeot, Nissan et
Suzuki)
TECMAT (Renault VI)
SOGAFRIC regroupe :
SODIM TP (Isuzu, Renault, Mazda, Man),
TOYOTA GABON (Toyota),
A ceux-ci s'ajoutent :
GABON SPRINT AUTO : Mercedes-Benz, Volkswagen
SOGARIC : Ssangyong, Daewoo
SIVVA : Ford
SHO GABON : Mercedes véhicules industriels
SICG (Sté Ind. et
commerciale du Gabon) : Jeep Cherokee, Kia, Piaggo
GEANT 241 : GM/Chevrolet,
Cadillac, Opel, Honda
S'agissant de l'entretien des véhicules, on peut noter que le marché de
"seconde monte" se développe au Gabon, mais avec retard par rapport
à la tendance internationale.
5 LA RÉGLEMENTATION ET LES CONTRAINTES
PARTICULIÈRES :
Des normes similaires aux normes françaises
Depuis début 2001, une réglementation fixe les normes d'homologation des
véhicules autorisés à circuler au Gabon.
Le contrôle technique des véhicules est obligatoire tous les ans pour les
particuliers, et tous les six mois pour les entreprises.
Les droits de douanes calculés sur la valeur C&F sont identiques pour les
véhicules essence et diesel.
Ils sont en revanche définis en fonction de l'utilisation du véhicule :
Véhicules de plus de 9 personnes (véhicules de transport) : 10%
Gamme intermédiaire (pick-up et véhicules utilitaires) : 20%
Berlines : 30%
Les droits de douane concernant les pièces détachées et les accessoires
sont de 20% (à l'exception de la position tarifaire "essieux porteurs…"
: 10%).
La TVA est uniformément de 18% pour l'ensemble de ces équipements.
Enfin, comme indiqué précédemment, l'importation de véhicules d'occasion de
plus de 4 années est en principe interdite depuis début 2001.
6 LE CAS PARTICULIER DU MARCHE
DU DIESEL :
Un marché en fort développement malgré l'absence de mesures
gouvernementales en faveur du diesel
Évolution du marché :
Au Gabon, la part des véhicules diesel est prépondérante.
Elle se traduit
par un parc important de 4x4 qui s'explique par trois principales raisons :
la
faible proportion de routes goudronnées (10%) sur l'ensemble du réseau routier
(environ 8000 km de routes)
le mauvais état de la voirie urbaine
la rareté
des pompes à essence à l'intérieur du pays et la plus grande disponibilité
des pompes à diesel destinées au parc de camions circulant hors des grandes
villes
A titre d'information, et sur base des statistiques de ventes globales
2003, on peut calculer les ventes de véhicules diesel de la manière suivante :
Véhicules berlines (22% des ventes totales 2003 dont 10% en diesel)
Utilitaires légers (10 ,3 des ventes dont 50% en diesel)
Tous terrains (54,4%
des ventes totales dont 100% en diesel)
Bus et minibus (7,7% des ventes totales
dont 90% en diesel)
Camions (5,6% des ventes totales dont 90% en diesel)
Estimation de ventes de véhicules diesel en 2003
| Véhicules
berline |
Utilitaires
légers |
Tous
terrains |
Bus
et minibus |
Camions |
TOTAL |
| 58 |
136 |
1441 |
183 |
133 |
1951 |
Ce marché ne peut qu'évoluer favorablement compte-tenu de la lenteur des
travaux de construction et d'entretiens routiers.
Absence de politique gouvernementale en faveur du marché diesel :
Le marché du diesel ne bénéficie au Gabon d'aucune mesure d'incitation
particulière :
les droits de taxe applicables à ce segment de marché sont
les mêmes que ceux applicables aux véhicules à essence ,
le tarif du gasoil
est légèrement inférieur à celui de l'essence (mais plus disponible dans les
stations-services à l'intérieur du pays).
Il n'existe aucune disposition
particulière sur le plan environnemental, à l'exception de la décision du
Sommet de Dakar concernant le passage obligatoire à l'essence sans plomb avant
fin 2005 pour les pays de la CEMAC (ce produit est actuellement indisponible au
Gabon)
7 CONTACT UTILE :
Au Gabon, les importateurs de véhicules automobiles sont regroupés au sein de
l'Union des Représentants de l'Automobile et de l'Industrie :
B.P 31 - Libreville
Tel : (+ 241) 72 92 56 -
Fax : (+ 241) 72 44 17
Contact : M. Frédéric HAFFRAY, Président, depuis
décembre 2003 (et Directeur Général de l'entreprise
SOMEMAGA, Groupe CFAO, en remplacement de M. Grau, Directeur
Commercial d'APC).
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Rédigée par : Corine RIVOLLIER
Revue par : Xavier BLANCHARD |
Services de la mission économique régionale de
Libreville
Date de parution : Décembre 2003
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