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La chefferie au Niger et ses transformations. De la chefferie coloniale à la chefferie post coloniale

Report Summary: 

La chefferie a toujours été un acteur stratégique de la scène politique nigérienne. Et les chercheurs s’interrogent souvent sur les raisons de ce positionnement qui semble défier autant le temps que les modes de pensée politique. Tantôt décriée pour son anachronisme dans le contexte de l’Etat post colonial, tantôt reconnue comme une institution gardienne des valeurs de civilisation africaine, la chefferie continue de susciter de nombreuses controverses à chaque étape importante de l’histoire du Niger. L’ambition ici ne sera pas de s’engager dans ces débats malgré tout l’intérêt qu’il faut leur reconnaître, mais plutôt d’analyser les dynamiques de la chefferie et ses interactions avec son environnement socio-politique, de la période coloniale à la période post-coloniale. Nos développements se nourriront principalement de données puisées dans la vie politique nigérienne tout au long du siècle passé, mais aussi des cadres législatif et réglementaire qui ont régi la chefferie au Niger. En outre, les nombreuses rechercheseffectuées sur le sujet (Séré de Rivière 1967 ; Salifou 1981 ; Guillemin 1983 ; Olivier de Sardan 1984 et 1999 ; Abba 1990 ; Idrissa 2002 ; Hamani 2002, etc. ) seront utilisées. Par ailleurs, le regard sera aussi orienté sur les trajectoires individuelles des chefs (âge, éducation, parcours professionnel, ascendance, influence) pour analyser l’institution à travers ses transformations internes. On sait en effet que la figure du chef traditionnel renferme desréalités hétérogènes, forgées par l’histoire particulière de chaque chefferie, en dépit du cadre homogénéisant dans lequel on l’enferme souvent, et quoiqu’en disent les nombreux textes juridiques qui la fondent. De plus, la diversité de leurs profils invite à reconnaître que les chefs ne s’appuient pas toujours sur le même capital de ressources politiques. Celles-ci sont variables d’une période à l’autre et ne renferment pas toujours le même contenu. Leur efficacité symbolique et leur poids politique ne peuvent s’analyser sans tenir des contextes socio-politiques locaux et nationaux. Qu’est-ce qui explique la permanence et le poids administratif et politique de l’institution chefferiale, au Niger alors que l’option faite par les pouvoirs postcoloniaux va dans le sens de la « républicanisation » des sociétés nigériennes ?

Qu’est-ce qui explique cette position de la chefferie au Niger, alors que, dans la plupart des pays de la sous-région, elle a disparu ou a été réduite à des fonctions symboliques hors des arènes politiques et administratives qui lui nient toute légitimité ? Les profils des chefs, peuvent-il expliquer leur poids dans la vie socio-politique du Niger et la forte capacité d’adaptation qui leur est souvent reconnue face aux mutations politiques ayant marqué l’histoire politique du Niger ? C’est autour que ce questionnement que nous voudrions comprendre l’institution dite de la chefferie traditionnelle dans les dynamiques politiques du Niger.

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Report date: 
Friday, 1 May, 2009
Structure Name: 
LASDEL (Laboratoire d'Etudes et de Recherche sur les Dynamiques Sociales et le Développement Local)
Contact of the structure: 
LASDEL BP : 12901 Niamey Niger Email : lasdel@lasdel.net, Tél : (227)20723780
Authors: 
Mahaman TIDJANI ALOU
Study commissioned by: 
LASDEL (Laboratoire d'Etudes et de Recherche sur les Dynamiques Sociales et le Développement Local)