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Analyse annuelle du commerce bilatéral avec la France - Gabon

 

ANALYSE ANNUELLE DU COMMERCE FRANCO-GABONAIS 

Le volume des échanges entre la France et le Gabon a crû successivement de 31% en 2000 et de 27% en 2001. 

Cette hausse était due en 2000 à une forte progression globale des importations gabonaises (croissance de la consommation dans un marché essentiellement approvisionné de l'extérieur) ; en 2001, c'est essentiellement la reprise des achats français de pétrole qui explique cette progression, alors que ses autres achats (bois et manganèse) et ses ventes suivent des évolutions moins sensibles.

Pour la première fois depuis 1995, les échanges de la France avec le Gabon ont été déficitaires en 2001.

Le Gabon a été le  64ème client de la France en 2000 et 2001, et est passé dans le même temps du 67ème au 60ème rang de ses fournisseurs.

1 LES ECHANGES FRANCO-GABONAIS :

Un volume d'échanges avec la France important, à l'échelle du pays

Malgré des progressions successives de 31% et de 27% en 2000 et 2001, ses échanges de la France avec le Gabon restent réduits : avec 0,12% des exportations françaises comme de ses importations, le Gabon est de façon assez stable le 64ème client de l'hexagone, le 4ème de la zone franc, et est passé en 2001 au 60ème rang des fournisseurs de la France, le 2ème pour la seule zone franc.

L'économie gabonaise se caractérise par des exportations de produits bruts (essentiellement pétrole, mais aussi bois tropicaux et manganèse), et par la faiblesse des productions nationales destinées au marché intérieur, largement approvisionné de l'extérieur.

La progression globale des échanges franco-gabonais en 2001 est pour plus 80% due à une brusque hausse des achats français de pétrole gabonais, restés très faibles depuis 1993-1994. Les échanges de l'hexagone avec le Gabon retrouvent ainsi une position déficitaire (- 30 M €) qu'ils n'avaient pas connu depuis 1995.

La forte présence française dans tous les secteurs de l'économie et les habitudes de consommation expliquent la position de la France comme premier fournisseur du Gabon, avec plus de 40% des achats du Gabon. Celui-ci, avec une progression globale des importations de 8%, a tiré les ventes françaises de 5,6% .

Les seuls échanges de marchandises ne traduisent que partiellement les relations commerciales franco-gabonaises : les ventes françaises de services sont généralement du même ordre de grandeur que celles de marchandises, 
 les investissements français (80% des investissements étrangers au Gabon) génèrent un flux de revenu important , de l'ordre de 1,8 M euros, 
 ce sont des entreprises françaises implantées au Gabon dans le pétrole, le bois et le manganèse qui réalisent 55 % des exportations globales de ce pays sur le marché mondial. Si les volumes concernés sont réduits, ils sont plus significatifs si l'on tient compte de la faible taille du pays : rapportés à la population (1,2 M hab.), les échanges franco-gabonais sont de 10 fois supérieurs à ceux faits avec le Cameroun ou l'ensemble de la Zone Franc et de 43% inférieurs à ceux faits avec l'ensemble de l'Union Européenne.

 

2 LES EXPORTATIONS DE LA FRANCE VERS LE GABON :

Bien que portées par la présence française, la part de marché française dans les importations gabonaises s'érode légèrement

Selon les statistiques douanières gabonaises, avec une stagnation en valeur en 2001 (-1%), la part des exportations françaises dans l'ensemble des achats du Gabon (progressant de 8,4%) est passée de 44,4% en 1998-2000 à 40,3% en 2002. Cette baisse n'est que partiellement corroborée par les statistiques françaises qui enregistrent une progression de 5,8% des ventes de l'hexagone à 378 M €.

Le secteur agroalimentaire, avec notamment les effets des épizooties qui ont favorisé la concurrence sud-africaine et indienne, est le secteur sur lequel la France perd le plus significativement des parts de marché (baisse de ses ventes de 2% sur un marché en progression de 8% en 2001).

Les ventes françaises de biens de consommation non alimentaires marquent également du retard avec une progression de 11% quand les achats gabonais croissent de 25%.

La France perd également des parts de marché sur le secteur des biens intermédiaires (92 M €, +18% dans un marché progressant de 24% en 2001) , mais en gagne sur le marché des véhicules (+30% à 26 M €, contre +10%).

Les ventes de l'hexagone de biens d'équipement avaient progressé de 58% en 2000 sous l'effet de quelques contrats spécifiques (unité d'enrichissement du manganèse, téléphonie portable, transformation du bois...) ; elles redescendent à 122 M €, avec une baisse de 7%, mais à un niveau supérieur à la moyenne des dix dernières années.

 

3 LES ACHATS DE LA FRANCE AU GABON :

Bond des achats français  de pétrole gabonais, progression plus structurelle pour le bois

Malgré leur forte progression, les achats français de produits pétroliers (217 M €, +166%), s'ils replacent la France au 2ème rang des clients du Gabon, ne représentent que 11% des exportations du Gabon pour ces produits.

L'évolution de ces importations, comme celles de manganèse (38 M €, -9%) semblent essentiellement fonctions d'un nombre limité d'expéditions, arbitrées en fonction des opportunités et des besoins techniques des raffineries ou des différentes installations du groupe Eramet.

Les achats de bois de l'hexagone relèvent d'évolutions plus structurelles, avec : d'une part pour les bois bruts en grumes, une stabilité (+1% en volume avec 509.200 m3, -1% en valeur 108 M €) dans un marché marqué, pour le Gabon, par une baisse des ventes (-11% en volume, -8% en valeur) due à la faiblesse des achats chinois ; globalement, la France a acheté en 2001 22% des grumes gabonaises, contre 19% en 2000,
 d'autre part, pour les bois transformés (principalement okoumé déroulé) par une croissance très ferme des achats français (35 M €, +59%), liée au développement rapide des unités de déroulage, le plus souvent créées par des industriels français en intégration verticale avec des productions françaises de contreplaqués.

 4 CONCLUSION :

Chapeau

La présence française, qui supporte les exportations de la France, est globalement ancienne, pour une très large part tournée vers des activités traditionnelles (négoce, BTP), profitant d'un marché intérieur particulièrement rémunérateur, avec des niveaux de marge élevés.

Le Gabon accueille cependant de plus en plus d'investisseurs d'autres nationalités (asiatiques et italiens dans le bois, hollandais et sud-africains dans la téléphonie portable etc.). Le mouvement des privatisations favorise cette évolution, et celle de Gabon Télécom, attendue en 2002, sera à ce titre un enjeu réel.

Les ajustements économiques liés à la baisse progressive de la rente pétrolière paraissent incontournables et s'annoncent difficiles ; ils amèneront très vraisemblablement une baisse de la consommation, qui devrait cependant rester à un niveau bien supérieur à celle d'autres pays de la région.

Le niveau de richesse du pays, ses besoins en infrastructures, en équipement et en techniques avancées, et sa stabilité sociale et politique justifient un renouvellement des efforts de pénétration dans des secteurs où les besoins sont importants ... à l'échelle du pays : activités encore en friche (transports urbains, assainissement, maintenance mais aussi certains biens de consommations etc.) , ou activités novatrices (télécommunications, NTIC etc.).

 

Sources : Mission Économique de l'Ambassade de France à Libreville
Contact : Libreville@dree.org