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Visions à long terme

VISION DE LONG TERME DE l'AFRIQUE

LES RAISONS D'ESPERER AVEC L'EXEMPLE DE
L'UEMOA ET DE LA CEDEAO

par Jean-Louis Terrier,
Credit Risk International (article paru dans Afrique Projets N°93 de
juillet 2001 suivi d'une présentation power point de l'auteur au CFCE en
décembre 2001)

Avec ce dernier Afrique Projets avant les congés annuels de 2001, un peu de réflexion estivale ne peut faire de mal. A longueur
d'articles de presse, le constat est partout le même : l'Afrique sub-saharienne est à nouveau frappée de malédiction. Que ce soit
aux confins immédiats des pays de la Zone franc, avec la RPC, la Sierra Leone, la Guinée, le Liberia ou le Nigeria, ou au sein même
de celle-ci, avec la Côte d'Ivoire ou le Congo, convulsions politiques et crises socio-économiques, sur fond de misère et de
pandémies, de conflits ethniques et de pillages, sont susceptibles de démoraliser ceux des investisseurs qui faisaient encore de ce
continent l'une de leurs priorités. Il faut lutter contre une telle unanimité dans l'opprobre en nous arc-boutant sur deux idées-force
et une perspective plus constructive.

Première idée force : Croissance et urbanisation accélérées

L'axiome selon lequel on ne constate pas, sur longue période, de croissance du PIB inférieure à la croissance démographique, est presque partout démontré pour les pays pré-émergents, c'est à dire avant leur transition démographique et leur décollage économique. Ce fut le cas de l'Afrique subsaharienne durant les trente dernières années où le PIB régional s'est accru, à l'égal de la population africaine, au rythme annuel de 2,7%, par conséquent sans gain de revenu par tête depuis 1970 mais sans paupérisation généralisée non plus (il s'agit bien sûr d'une situation moyenne).

Période 1970-2000 Croissance annuelle
  Population PIB
Afrique sub-saharienne +2,7% +2,7%
Asie du Sud +2,2% +4,7%
Asie de l'Est +1,8% +7,4%
Amérique latine +2,1% +3,5%


Si on se réfère à l'expérience des économies de la péninsule indienne dont la transition démographique a été différée de 15 à 20 ans par rapport au reste de l'Asie, ou à l'Amérique latine qui se trouve actuellement encore dans le même cas, on constate pour ces deux régions un taux de croissance plus élevé pour l'Afrique subsaharienne et surtout une augmentation des revenus par tête. Ces tendances lourdes ne peuvent que se répéter. On peut donc bâtir une prévision médiane, c'est à dire ni trop optimiste ni trop pessimiste pour le devenir de l'Afrique noire.

Hypothèse médiane de
croissance annuelle (%)
1970-2000 2001-2010 2011-2020  
- démographique +2,7% +2,4% +1,9%  
- démographie urbaine +4,5% +5,5% +5,8%  
- économique (PIB) +2,7% +3,5% +4,2%  
Projections sur 20 ans 2000 2010 2020 soit sur 20 ans
Population totale (millions) 658 834 1007 +53%
Population urbaine (millions) 220 383 647 x 3
PIB (US $ milliards) 334 471 710 x 2,1
PIB par tête (US $) 508 565 706 +39%


Outre un décollage, enfin, du PIB africain par tête dans les vingt prochaines années, ce qui frappe dans le tableau ci-dessus c'est l'augmentation extraordinaire de la population urbaine. Pour complètement anarchique qu'elle soit, l'urbanisation de près des deux tiers des Africains en 2020, au lieu du tiers aujourd'hui, est le phénomène clé des deux prochaines décennies. Et, sur ce point, il faut cesser de nous poser des questions sur le pourquoi et le comment ; le fait est qu'on n'empêche pas une population urbaine de consommer !

Deuxième idée force : La finalité de l'intégration

Dans la promotion des intégrations régionales en Afrique, les Européens commettent généralement l'erreur de plaquer leurs schémas économiques et mentaux sans tenir compte des réalités. Est-il en effet possible de sauter l'étape de l'Etat nation, à la fois historiquement nécessaire et douloureuse, en imposant aux Africains l'intégration économique sous le prétexte de faire oublier les frontières aberrantes héritées de la décolonisation ? De même, concernant des économies de rentes, de surcroît très ouvertes, pourquoi déplorer que les coefficients d'intégration commerciale demeurent ridiculement faibles alors que 70 à 85% des exportations sont encore constitués de produits primaires destinés aux seuls pays du nord ? En revanche, on gagnerait beaucoup à faire valoir à nos amis africains que les unions économiques, commerciales et de transports ont pour finalité l'élargissement des marchés domestiques. Prenons l'exemple de l'Afrique de l'Ouest : l'UEMOA est constituée encore aujourd'hui de huit micro-marchés de 1 (Guinée Bissau) à 14 millions (Côte d'Ivoire) de personnes chacun, soit, en terme de marchés réels de consommation, l'équivalent français d'une toute petite agglomération ou d'une capitale régionale moyenne, ce qui n'autorise, dans la course mondiale actuelle aux économies d'échelles, aucun processus rentable d'industrialisation par substitution d'importation. En fait, ces pays sont contraints, par l'exiguïté de leurs marchés nationaux solvables, d'acheter (importer) les biens de consommation à l'étranger et de les payer en devises fortes. Ce sont, par opposition aux "pays PPA" qui caractérisent les grands marchés émergents, des "Greenback Countries" !
Si, au contraire, les huit pays de l'UEMOA forment demain un ensemble cohérent, l'addition théorique de 72 millions de personnes en 2000 se transforme en un marché unique de 93 millions en 2010, soit plus de 8 millions de ménages urbains dont la moitié disposerait d'un pouvoir de consommation supérieur à 10.000 dollars internationaux par an en parité de pouvoir d'achat (PPA), équivalant à un marché de consommation à peu près égal à celui de la Région Provence-Côte d'Azur en France… La donne est alors totalement différente.
C'est un fait, la combinaison des deux phénomènes (urbanisation accélérée + intégration régionale) est susceptible de produire des effets d'une grande portée dont on ne soupçonne pas encore aujourd'hui l'ampleur. L'Afrique va accoucher, à l'horizon dix-vingt ans, d'un vrai marché et c'est ce marché qui attirera, en définitive, les investisseurs étrangers autant sinon plus que les conditions d'accueil qui leur seront réservées.

L'auteur de cette introduction et de la présentation qui suit est disponible pour tout commentaire :
cri.jlt@wanadoo.fr

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