Tchad: La commission d'enquête
sur les événements survenus au cours de l'attaque de rebelles tchadiens sur
N'Djamena début février a remis mardi son rapport au président Idriss Deby Itno
lors d'une cérémonie au palais présidentiel
N'DJAMENA, 5 août 2008 - La commission d'enquête
sur les événements survenus au cours de l'attaque de rebelles tchadiens sur
N'Djamena début février a remis mardi son rapport au président Idriss Deby Itno
lors d'une cérémonie au palais présidentiel, a constaté un journaliste de l'AFP.
"Ce rapport est un tout, il ne peut être considéré comme un rapport d'enquête
judiciaire ou policière", a déclaré Me Allaissem Djaibé, le président de la
commission et bâtonnier des avocats tchadiens, précisant qu'il n'avait pas le
droit d'en révéler le contenu. Le rapport évoque l'arrivée des rebelles, "la
bataille" dans la capitale, ainsi que les "lieux de détention" des personnes
arrêtées, a-t-il précisé sans donner d'indication sur le sort de l'opposant
disparu lors de ces événements, Ibni Oumar Mahamat Saleh, porte-parole de la
Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC), la
principale coalition de l'opposition. "Le rapport traite des responsabilités et
finit par des recommandations. Les conclusions constituent des pistes à
exploiter sur le plan juridique, administratif, social et politique", a-t-il
ajouté, soulignant que "la commission (avait) travaillé en toute indépendance".
Le président Deby a estimé qu'il s'agissait d'un "rapport crédible attendu non
seulement par la communauté internationale mais aussi par les Tchadiens dans
leur ensemble". "Ce rapport contribuera à la manifestation de la vérité sur tout
ce qui s'est passé au Tchad", a-t-il poursuivi, promettant que "le gouvernement
veillera à le rendre public".
Tchad: Le gouvernement
tchadien a inscrit à son budget "deux milliards de francs CFA" pour participer à
l'organisation au Sénégal du procès de l'ex-président tchadien Hissène Habré
DAKAR, 1 août 2008 - Le ministre tchadien de la
Justice, Jean Bowoyeu Alingue, a annoncé vendredi à Dakar que le Tchad avait
inscrit à son budget "deux milliards de francs CFA" pour participer à
l'organisation au Sénégal du procès de l'ex-président tchadien Hissène Habré.
"C'est un procès qui est assez lourd, qui demande des moyens", a souligné M.
Alingue, interrogé par une journaliste de Radio France internationale à Dakar en
marge d'une réunion de l'Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit
des affaires (OHADA). "Le Sénégal a fait un geste en inscrivant dans son budget
un milliard de francs. Le Tchad, qui suit de près cette opération, a inscrit
également dans son budget deux milliards de francs pour permettre au procès
d'aller de l'avant", a-t-il annoncé. "Mais il faudrait encore que la communauté
internationale puisse venir au secours du Sénégal et de l'Union africaine pour
que ce dossier puisse enfin voir le jour en faveur de l'Afrique en général et en
particulier des victimes tchadiennes", a ajouté le ministre tchadien. Hissène
Habré a dirigé le Tchad de 1982 à 1990, avant d'être renversé par l'actuel
président tchadien Idriss Deby Itno. Réfugié au Sénégal depuis 1991, il est
poursuivi pour crimes contre l'humanité, crimes de guerre et actes de torture en
Belgique, sur la base de plainte de victimes d'origine tchadienne. Le Sénégal a
récemment modifié sa Constitution pour pouvoir juger Hissène Habré poursuivi
pour crimes contre l'humanité, mais l'instruction n'a toujours pas débuté. Il
s'agirait du premier procès à se tenir en Afrique d'un ancien chef d'Etat
africain jugé pour de tels crimes.
Tchad: D'après le chef
d'état-major de l'armée de terre, le général Touka Ramadan Koré, l'armée
tchadienne a remporté mardi "une victoire décisive" sur la rébellion à Am Zoer
(est) et tué 162 rebelles
AM ZOER (Tchad), 18 juin 2008 - L'armée
tchadienne a remporté mardi "une victoire décisive" sur la rébellion à Am Zoer
(est) et tué 162 rebelles, a affirmé mercredi le chef d'état-major de l'armée de
terre, le général Touka Ramadan Koré, à des journalistes, en présentant les
lieux des combats. "C'est une victoire décisive remporté à Am Zoer (80 km au
nord est d'Abéché, la ville la plus importante de l'est). Il n'y aura plus de
ville prise. les mercenaires soudanais de l'Alliance nationale (qui regroupe les
diverses factions de la rébellion tchadienne) ont fui ou sont morts", a déclaré
le général. Il a indiqué qu'il y avait eu "162 rebelles tués recensés et sans
doute plus" au cours des combats et que l'armée tchadienne avait détruit ou
récupéré une quarantaine de véhicules et "fait plusieurs dizaines de
prisonniers". L'armée a compté trois morts dans ses propres rangs, a affirmé le
général. Une vingtaine de prisonniers, dont cinq blessés, ont aussi été
présentés à la presse par les autorités. Les rebelles tchadiens avaient lancé le
11 juin une offensive dans l'est du pays, prenant successivement, sans y rester
longtemps, Goz Beida, Am-Dam, Biltine et mardi matin Am Zoer. L'objectif affiché
des rebelles est de se rendre à N'Djamena, comme il l'avait fait les 2 et 3
février, étant alors à deux doigts de renverser le régime du président Idriss
Deby Itno.
Tchad: La principale coalition
de l'opposition tchadienne s'est dite prête lundi à participer au nouveau
gouvernement d'"ouverture", seul le parti de l'opposant Ibni Oumar Mahamat
Saleh, "disparu" depuis début février, refusant pour l'instant d'y entrer
N'DJAMENA, 21 avr 2008 - La principale coalition
de l'opposition tchadienne s'est dite prête lundi à participer au nouveau
gouvernement d'"ouverture", seul le parti de l'opposant Ibni Oumar Mahamat
Saleh, "disparu" depuis son enlèvement début février, refusant pour l'instant
d'y entrer. "Nous ne voyons pas d'inconvénient à participer au gouvernement", a
déclaré à l'AFP le porte-parole adjoint de la Coordination des partis politiques
pour la défense de la Constitution (CPDC), Hamit Mahamat Dahalob. "Nous avons
donné notre accord de principe au Premier ministre", a-t-il ajouté. Le nouveau
Premier ministre nommé mercredi, Youssouf Saleh Abbas, mène des consultations
pour former un gouvernement "de large ouverture". Cet ancien conseiller
diplomatique du président Idriss Deby Itno a rencontré vendredi des
représentants de la CPDC, leur proposant d'entrer dans cette équipe pour
travailler "à la restauration de la paix". La CPDC avait suspendu son dialogue
avec le pouvoir après l'attaque rebelle ratée des 2 et 3 février à N'Djamena, à
l'issue de laquelle trois figures de l'opposition avaient été arrêtées, selon
des témoignages concordants, par les services de sécurité tchadiens. Deux
d'entre eux ont depuis retrouvé la liberté, mais Ibni Oumar Mahamat Saleh,
porte-parole de la CPDC et secrétaire général du Parti pour les libertés et le
développement (PLD), est toujours porté "disparu" depuis son enlèvement à son
domicile à la fin d'un raid rebelle contre N'Djamena les 2 et 3 février.
Plusieurs responsables de l'opposition le considèrent aujourd'hui comme mort. La
CPDC, reçue le 8 avril par le président Deby pour la première fois depuis le
raid rebelle, réclamait jusqu'alors sa "libération immédiate et
inconditionnelle". Dans un communiqué, le PLD affirme qu'il "réserve sa
participation dans tout gouvernement tant que son secrétaire général (...) n'est
pas libéré". "Le refus du PLD est légitime, mais il ne quitte pas la CPDC", a
assuré Hamit Mahamat Dahalob.
Tchad: Le président tchadien
Idriss Deby Itno a limogé mercredi son Premier ministre Delwa Kassiré Coumakoye
et l'a remplacé par son conseiller diplomatique Youssouf Saleh Abbas
N'DJAMENA, 16 avr 2008 - Le président tchadien
Idriss Deby Itno a limogé mercredi son Premier ministre Delwa Kassiré Coumakoye
et l'a remplacé par son conseiller diplomatique Youssouf Saleh Abbas, a rapporté
la radio publique à N'Djamena. Youssouf Saleh Abbas, un ancien chef rebelle et
ex-opposant en exil qui a rallié le pouvoir actuel en 2006, est chargé de former
un nouveau gouvernement. Le nouveau Premier ministre, originaire de la région du
Ouaddaï, dans l'est du Tchad où sont actifs plusieurs mouvements rebelles
hostiles au président Deby, est un diplomate de formation. Il était jusqu'ici le
conseiller du président tchadien pour les relations internationales et son
représentant spécial auprès de la force européenne (Eufor), en cours de
déploiement dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique pour protéger
notamment les réfugiés soudanais du Darfour voisin. Cet homme de confiance du
chef de l'Etat a été en 1981 et 1982 le directeur de cabinet de l'ancien
président Goukouni Weddeye. Il a également été le vice-président de la
"Conférence nationale souveraine" organisée en 1993, trois ans après l'arrivée
au pouvoir par les armes d'Idriss Deby, qui a renversé Hissène Habré. M. Kassiré,
originaire du sud du Tchad à majorité chrétienne, avait été nommé Premier
ministre le 26 février 2007 après le décès de son prédécesseur Pascal
Yoadimnadji, un autre sudiste. Le Premier ministre limogé, président du
Rassemblement national pour la démocratie et le progrès (RNDP), un petit parti
de la majorité, s'est distingué par ses déclarations à l'emporte-pièce, souvent
contradictoires avec celles du chef de l'Etat. "Kassiré a été relevé de ses
fonctions parce qu'il s'oppose à la mise en oeuvre de l'accord du 13 août 2007
entre la majorité présidentielle et l'opposition", a expliqué à l'AFP un
responsable tchadien qui a requis l'anonymat. Cet accord prévoit le
"renforcement du processus démocratique au Tchad", ainsi que des élections
libres et transparentes en 2009. Mais la Coordination des partis politiques pour
la défense de la Constitution (CPDC), principale coalition de l'opposition,
boude son comité de suivi depuis l'attaque rebelle ratée des 2 et 3 février à
N'Djamena, au cours de laquelle un front de groupes armés a failli renverser le
président Deby. Dans le sillage du retrait des rebelles de la capitale, trois
dirigeants de l'opposition ont été arrêtés par les services de sécurité
tchadiens, selon des témoignages concordants. Deux d'entre eux ont depuis
retrouvé la liberté, mais le troisième, le porte-parole de la CPDC Ibni Oumar
Mahamat Saleh, est toujours porté "disparu". La CPDC réclame sa "libération
immédiate et conditionnelle", ainsi que la mise en place d'une commission
d'enquête "réellement indépendante et réellement internationale" sur les
arrestations d'opposants en lieu et place de l'instance créée par le président
Deby.
Tchad: Le président tchadien
Idriss Deby Itno a reçu mardi la principale coalition de l'opposition, pour la
première fois depuis le raid rebelle raté de début février à N'Djamena, afin de
lui demander de renouer le dialogue avec le pouvoir
N'DJAMENA, 9 avr 2008 - Le président tchadien
Idriss Deby Itno a reçu mardi la principale coalition de l'opposition, pour la
première fois depuis le raid rebelle raté de début février à N'Djamena, afin de
lui demander de renouer le dialogue avec le pouvoir, ont affirmé mercredi à
l'AFP des opposants. "Le chef de l'Etat nous a rencontrés pour nous faire part
d'un certain nombre de préoccupations, pour faire avancer le processus
démocratique à travers l'accord du 13 août 2007 (entre opposition et pouvoir)",
a déclaré un membre de la Coordination des partis politique pour la défense de
la Constitution (CPDC). "Nous lui avons également fait part de nos
préoccupations, notamment les préalables quant à notre participation au comité
de suivi (de cet accord)", a-t-il ajouté sous couvert de l'anonymat, précisant
qu'une nouvelle rencontre aurait lieu "prochainement" pour tenter de "régler
tous les problèmes". La présidence n'a fait aucun commentaire au sujet de cette
rencontre. La CPDC, qui regroupe la plupart des partis d'opposition, a suspendu
sa participation au comité de suivi de l'accord du 13 août après la bataille de
N'Djamena et les arrestations d'opposants qui ont suivi. Le porte-parole de la
CPDC Ibni Oumar Mahamat Saleh, arrêté par la garde présidentielle le 3 février
selon des témoignages concordants, est toujours porté "disparu". L'opposition a
fait de sa libération "immédiate et inconditionnelle", ainsi que de la création
d'une commission d'enquête "réellement internationale et réellement
indépendante" sur les disparitions d'opposants, des préalables à son retour au
sein du comité de suivi de l'accord du 13 août, censé aboutir à des élections
démocratiques en 2009. Sur ces questions, "il y a toujours un grand désaccord",
a estimé un autre responsable de la CPDC, Salibou Garba. "Le président Deby
continue de dire qu'il ne sait pas où se trouve Ibni", a-t-il expliqué. Il a
ajouté que l'opposition n'approuvait pas la commission d'enquête tchadienne sur
l'attaque rebelle, au sein de laquelle l'Union européenne (UE) et la
Francophonie sont "observateurs", car "elle n'est pas internationale". "Le
président nous a proposé de faire partie de cette commission, mais nous n'avons
pas encore répondu", a précisé Salibou Garba. Il a néanmoins fait état de
"petites avancées": "Deby a dit qu'il est prêt à entendre nos propositions sur
un forum pour la paix, et nous a demandé d'en définir les contours". La CPDC
exige un dialogue "élargi" aux rebelles, ce que le pouvoir a jusqu'ici refusé.
Tchad: Un des principaux
opposants tchadiens, Wadal Abdelkader Kamougué, est rentré samedi à N'Djamena en
provenance du Cameroun "pour continuer l'opposition" au gouvernement du
président Idriss Deby Itno
LIBREVILLE, 22 mars 2008 - Wadal Abdelkader
Kamougué, un des principaux opposants tchadiens, est rentré samedi à N'Djamena
en provenance du Cameroun "pour continuer l'opposition" au gouvernement du
président Idriss Deby Itno, a appris l'AFP auprès l'opposition. "Kamougué est
rentré cet après-midi de Bongor (nord Cameroun). Il a reçu des garanties sur sa
sécurité de la part des autorités et il revient pour continuer l'opposition" au
chef de l'Etat, a affirmé Salibou Garba, membre de la Coordination des partis
politiques pour la défense de la Constitution (CPDC). Principale coalition de
l'opposition, la CPDC compte parmi ses membres l'Union pour le renouveau et la
démocratie, dont Wadal Abdelkader Kamougué est le président. "Il y a beaucoup de
travail: la commission d'enquête sur les évènements, qu'il faut changer et que
nous ne reconnaissons pas", a notamment dit M. Garba qui se trouvait à N'Djamena
et qui a été interrogé par téléphone par l'AFP depuis Libreville. Il a précisé
que M. Kamougué, qui est député, était "en bonne santé". De nombreux opposants
avaient fui le Tchad après les "événements" du 2 et 3 janvier qui avait vu les
rebelles, partis le 28 janvier de leurs bases arrière au Soudan, acculer le
président Deby dans son palais présidentiel avant d'être repoussés in extremis.
Des ONG ont dénoncé de nombreuses violations des droits de l'Homme et des
exactions contre la population dans les jours qui ont suivi. De nombreux
opposants avaient été arrêtés - le porte-parole du CPDC Ibni Oumar Mahamet Saleh
est toujours disparu. La commission d'enquête créée après la visite du président
français Nicolas Sarkozy et chargée de faire la lumière sur les évènements
"n'inspire aucune confiance" à l'opposition qui juge sa composition partiale.
Tchad: Une délégation des
autorités de N'Djamena a rencontré dans l'est du Tchad des émissaires du
Rassemblement des forces pour le changement (RFC), un des principaux groupes
rebelles, en vue d'ouvrir d'éventuels pourparlers de paix
N'DJAMENA, 18 mars 2008 - Une délégation des
autorités de N'Djamena a rencontré dans l'est du Tchad des émissaires du
Rassemblement des forces pour le changement (RFC), un des principaux groupes
rebelles, en vue d'ouvrir d'éventuels pourparlers de paix, a-t-on appris mardi
auprès des deux parties. Selon des sources proches du pouvoir, la délégation
officielle, conduite par l'ex-rebelle Adoum Togoï, s'est rendue à la mi-mars
dans la région de Guéréda, dans l'extrême est du Tchad frontalier du Soudan,
pour y rencontrer des représentants du RFC de Timan Erdimi. Les émissaires des
autorités étaient "essentiellement des membres du clan zaghawa du président
Idriss Deby Itno", a expliqué à l'AFP une de ces sources. Timan Erdimi, neveu du
chef de l'Etat dont il fut le directeur de cabinet à la présidence, est
également membre de l'ethnie zaghawa, comme la plupart des cadres de sa
rébellion. "Pour l'instant, la rencontre n'a pas abouti à des résultats
concrets", a-t-on ajouté de même source. Un cadre du RFC interrogé par l'AFP par
téléphone depuis Libreville a confirmé cette rencontre. "La délégation du RFC
est maintenant allée rejoindre Timan pour étudier les suites éventuelles à
donner", a-t-il expliqué, sous couvert de l'anonymat. Selon lui, les rebelles
ont posé "quatre conditions préalables" à l'ouverture de réelles négociations:
des pourparlers organisés à l'étranger, l'indemnisation de tous les combattants
du RFC, un partage du pouvoir et la convocation d'un "forum national" regroupant
toutes les forces politiques tchadiennes pour trouver une solution définitive à
la crise. "Ce sont des conditions inacceptables pour Deby, cela ne va rien
donner", a pronostiqué ce membre du RFC. Le RFC était membre du front rebelle
qui a failli renverser le président Deby début février à N'Djamena. Tous les
mouvements qui ont participé à cette offensive avaient pourtant signé le 25
octobre à Syrte, en Libye, un accord de paix avec le pouvoir tchadien. En
revanche, le RFC n'a pas adhéré à la nouvelle Alliance nationale (AN) que
d'autres groupes rebelles ont formé fin février autour du général Mahamat Nouri.
Dimanche, Timan Erdimi a menacé d'"attaquer le sud pétrolier (...) pour faire
comprendre à la France et aux Etats-Unis qu'il n'est pas leur intérêt de
soutenir" le président Deby.
Tchad: L'état d'urgence
décrété sur tout le territoire du Tchad après l'attaque ratée début février des
rebelles sur N'Djamena a pris fin dimanche et le couvre-feu a été levé
N'DJAMENA, 16 mars 2008 - L'état d'urgence
décrété sur tout le territoire du Tchad après l'attaque ratée début février des
rebelles sur N'Djamena a pris fin dimanche et le couvre-feu a été levé, ont
annoncé les autorités tchadiennes dans un communiqué. "Le couvre-feu instauré
dans des circonstances spéciales a été levé à partir d'aujourd'hui sur
l'ensemble du territoire tchadien", affirme le communiqué publié dimanche.
Instauré à partir du 15 février par le président Idriss Deby Itno, l'état
d'urgence avait été prorogé de quinze jours le 29 février par l'Assemblée
nationale. L'état d'urgence prévoyait notamment un couvre-feu de 00H00 à 06H00
et le "contrôle (de) la circulation des personnes et des véhicules". L'Etat
d'urgence autorisait aussi "les perquisitions à domicile et le contrôle de la
presse publique et privée", c'est-à-dire la censure préalable des médias.
Plusieurs organisations internationales des droits de l'Homme ont critiqué le
gouvernement tchadien, l'accusant d'avoir arrêté des opposants dont Ibni Oumar
Mahamat Saleh, porte-parole de la principale coalition de l'opposition au Tchad,
toujours porté disparu, et dénoncé des exactions contre les populations. Partis
de bases arrières au Soudan, des rebelles tchadiens avaient failli renverser le
régime, pénétrant dans N'Djamena les 2 et 3 février et acculant le président
Deby dans son palais, avant d'être repoussés in extremis par les forces
gouvernementales tchadiennes, avec le soutien de l'armée
Tchad: Les gouvernements
soudanais et tchadien signeront le 12 mars à Dakar un accord en vue d'une
"solution définitive" au conflit qui les oppose
DAKAR, 10 mars 2008 - Le ministre tchadien des
Affaires étrangères a déclaré lundi espérer un règlement du conflit Tchad-Soudan
par "un accord définitif" dont la signature est prévue mercredi à Dakar à la
veille du sommet de l'Organisation de la Conférence islamique (OCI). "Nous
espérons qu'à partir de Dakar, nous parviendrons à un accord définitif pour le
règlement du conflit Tchad-Soudan. La médiation (du président sénégalais
Abdoulaye Wade) est en bonne voie", a déclaré Amad Allam-Mi à la télévision
publique sénégalaise après une audience avec le chef de l'Etat sénégalais,
Abdoulaye Wade. "Nous assurons le président Wade de notre coopération et de
respecter tous nos engagements à partir de Dakar. Nous nous félicitons de cette
initiative qu'il a prise et qui vient renforcer la médiation de l'Union
africaine confiée à la Libye et au Congo", a ajouté le diplomate tchadien. Le
président Wade a annoncé vendredi à Paris que le Soudan et le Tchad allaient
signer, le 12 mars à Dakar, un accord en vue d'une "solution définitive" au
conflit qui les oppose. L'accord doit être signé en présence du secrétaire
général de l'ONU, Ban Ki-moon, présent à Dakar à l'invitation du président Wade,
qui présidera ce sommet de la réconciliation entre les présidents tchadien
Idriss Déby Itno et soudanais Omar el-Béchir. Le Tchad et le Soudan ont déjà
signé plusieurs accords, restés lettre morte, dans lesquels ils s'étaient
engagés à ne plus soutenir les rebelles de l'autre pays, ce qui est à l'origine
de la tension entre N'Djamena et Khartoum. Cette nouvelle initiative visant à un
rapprochement entre les deux pays intervient plus d'un mois après une tentative
de renversement du régime du président tchadien Idriss Deby, début février, par
des rebelles venus de bases arrières au Soudan. Les président gabonais Omar
Bongo Ondimba, l'ex-président de la Commission de l'Union africaine (UA) Alpha
Oumar Konaré, et le président en exercice de l'UA, le Tanzanien Jakaya Kikwete
participeront à ce mini-sommet ainsi que des observateurs français et de l'Union
européenne, avait précisé M. Wade.
Tchad: L'opposant tchadien
Ngarlejy Yorongar, disparu depuis le 3 février à la fin d'une attaque rebelle
ratée à N'Djamena, est arrivé dimanche à Yaoundé, en provenance du nord du
Cameroun
LIBREVILLE, 2 mars 2008 - L'opposant tchadien
Ngarlejy Yorongar, disparu depuis son arrestation le 3 février à la fin d'une
attaque rebelle ratée à N'Djamena, est arrivé dimanche à Yaoundé, en provenance
du nord du Cameroun, a appris l'AFP de sources concordantes. Le député a quitté
dimanche la ville de Maroua, dans l'extrême nord du Cameroun limitrophe du
Tchad, dans un avion à destination de la capitale camerounaise, qui a fait
escale à Garoua (nord), selon une source proche de l'opposition tchadienne. Une
source proche des Nations unies a ensuite confirmé à l'AFP que Ngarlejy Yorongar,
un des opposants les plus radicaux au président tchadien Idriss Deby Itno, était
arrivé à Yaoundé, où il a été accueilli à l'aéroport par la Police de l'air et
des frontières (PAF). Ces sources n'ont pas précisé si l'opposant était libre de
ses mouvements. Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner
s'est "réjoui" dimanche soir dans un communiqué "de la confirmation que M.
Yorongar est vivant et de son arrivée il y a quelques minutes à Yaoundé en
provenance de Garoua". Ngarlejy Yorongar avait donné samedi de premiers signes
de vie à travers une brève conversation téléphonique avec son fils aîné
Rokoulmian Yorongar et la publication d'un témoignage dans le magazine Afrique
Education, dans lequel il dit avoir été arrêté le 3 février par l'armée
tchadienne et avoir ensuite réussi à fuir au Cameroun. Le fils de l'opposant,
qui vit en France, avait déclaré samedi à l'AFP que son père était "en vie",
mais il avait assuré ne pas savoir d'où son père l'appelait, le numéro étant
"masqué". "Tant que je ne l'aurai pas vu vivant, je ne sais pas s'il est otage
ou pas", avait-il dit. On ignore en revanche toujours le sort d'un autre
opposant arrêté dans les mêmes circonstances le 3 février à N'Djamena, Ibni
Oumar Mahamat Saleh, porte-parole de la principale coalition de l'opposition
tchadienne. Le chef de la diplomatie française affirme dans son communiqué qu'il
"reste préoccupé de la situation de M. Saleh dont on a à ce jour aucune
nouvelle".
Tchad:
Le gouvernement tchadien a sollicité l'aide de la Communauté économique et
monétaire d'Afrique Centrale (CEMAC) pour réhabiliter N'Djamena, endommagée lors
des combats début février
BRAZZAVILLE, 22 fév 2008 (AFP) - Le Tchad a
sollicité l'aide de la Communauté économique et monétaire d'Afrique Centrale (CEMAC)
pour réhabiliter N'Djamena, endommagée lors des combats début février, a déclaré
le ministre de l'Agriculture tchadien Haroun Kabadi jeudi à Brazzaville. "Nous
sommes venus nous entretenir avec le président Sassou Nguesso pour que la CEMAC
puisse apporter sa contribution dans les travaux de réhabilitation", a ajouté le
ministre après un entretien avec le président congolais. "Nous avons enregistré
pas mal de destructions dans la ville. Plusieurs édifices publics ont été
détruits", a-t-il poursuivi, indiquant que l'Assemblée nationale, la Cour
suprême, les ministères du Pétrole, de l'Enseignement et du Contrôle d'Etat
avaient été durement touchés. Les forces gouvernementales ont repoussé à
N'Djamena les 2 et 3 février une attaque des rebelles, qui, partis de bases
arrière installées au Soudan, avaient traversé en quelques jours le Tchad d'est
en ouest sans être inquiétés dans 300 pick-up pour tenter de renverser le régime
du président Idriss Deby. Fondée en juin 2000 à Malabo, la Communauté réunit des
pays à revenu intermédiaire (Gabon, Guinée équatoriale) et d'autres très pauvres
(Tchad, Centrafrique). Le Tchad assure actuellement la présidence tournante de
la CEMAC.
Tchad: La Libye a entamé mardi
un pont aérien humanitaire pour venir en aide aux victimes des combats qui ont
éclaté début février entre l'armée et la rébellion tchadiennes à N'Djamena
TRIPOLI, 19 fév 2008 - La Libye a entamé mardi un
pont aérien humanitaire pour venir en aide aux victimes des combats qui ont
éclaté début février entre l'armée et la rébellion tchadiennes à N'Djamena. "Un
pont aérien a été mis sur pied par la Fondation Kadhafi pour le développement,
visant à fournir une assistance médicale aux victimes des combats de N'Djamena,
notamment les femmes et les enfants", a indiqué à l'AFP le directeur exécutif de
la Fondation, Youssef Sawan. Une quarantaine de médecins et d'infirmiers seront
envoyés à N'Djammena pour faire fonctionner un hôpital de campagne, a-t-il dit.
Des cargaisons d'aide, composées notamment de vingt tonnes de produits
pharmaceutiques, quatre ambulances ainsi que des générateurs d'électricité,
seront également acheminées vers la capitale tchadienne au cours des trois
prochain jours. M. Sawan a ajouté que 200 blessés tchadiens étaient hospitalisés
actuellement en Libye. Les combats pour le contrôle de N'Djamena début février
ont fait au moins 160 morts et un millier de blessés, selon le Comité
international de la Croix-Rouge (CICR).
Tchad - 15 fév. 2008: Le
président Idriss Deby Itno décrète l'état d'urgence sur toute l'étendue du
territoire tchadien à compter du 15 février à partir de 00H00
N'DJAMENA, 14 fév 2008 - L'état d'urgence sera
instauré à partir de vendredi sur toute l'étendue du territoire du Tchad, a
annoncé jeudi soir un décret du président tchadien Idriss Deby Itno. "Il est
institué à compter du 15 février à partir de 00H00 l'état d'urgence sur toute
l'étendue du territoire de la République du Tchad", précise le décret aux termes
duquel "les gouverneurs des régions doivent mobiliser tous les moyens humains et
matériels disponibles en vue de ramener l'ordre public". L'état d'urgence
instaure un couvre-feu sur le territoire de 00H00 à 06H00 du matin et "contrôle
la circulation des personnes et des véhicules". Le couvre-feu était déjà en
vigueur dans N'Djamena de 00H00 à 06H00 du matin. L'état d'urgence autorise
aussi "les perquisitions à domicile et le contrôle de la presse publique et
privée". Cette décision d'exception intervient à la suite de l'attaque des
rebelles qui ont tenté sans succès de renverser le président Deby au cours d'une
violente bataille dans la capitale tchadienne les 2 et 3 février. Depuis, les
rebelles ont reflué et se trouvent, selon des sources militaires, dans le
sud-est du pays.
Tchad: La Commission
européenne, qui craint une "crise humanitaire grave" au Tchad, a annoncé mardi
une aide d'urgence de plus de 1,3 milliards de francs CFA pour les personnes
déplacées ces derniers jours par les combats autour et dans la capitale
N'Djamena
BRUXELLES, 5 fév 2008 - La Commission européenne,
qui craint une "crise humanitaire grave" au Tchad, a annoncé mardi une aide
d'urgence de 2 millions d'euros pour les personnes déplacées ces derniers jours
par les combats autour et dans la capitale N'Djamena. "Je suis très inquiet de
voir une nouvelle grave crise humanitaire se développer et je veux être sûr que
les agences humanitaires aient les moyens d'aider les personnes vulnérables le
plus vite possible", a déclaré le commissaire à l'Aide humanitaire Louis Michel
dans un communiqué. "La situation est toujours trop chaotique pour obtenir une
évaluation complète de la situation mais il est clair que de nombreuses
personnes souffrent et nous devons être prêts à les aider aussi rapidement que
possible", a-t-il ajouté. Les 2 millions d'euros débloqués par Bruxelles
serviront, par l'intermédiaire de la Croix rouge et des agences de l'ONU, à
fournir des vivres, de l'eau, des abris et des soins médicaux aux personnes
déplacées et aux réfugiés. Entre 15.000 et 20.000 Tchadiens se sont réfugiés au
Cameroun au cours des derniers jours pour échapper aux combats entre rebelles et
armée gouvernementale à N'Djamena, selon le Haut commissariat des Nations unies
pour les réfugiés (HCR). En raison de cette insécurité, la Commission a décidé
de fermer son bureau dans la capitale, a indiqué une de ses porte-parole. Son
personnel (16 personnes) devait totalement être évacué vers Libreville mardi. La
Commission européenne a déjà financé des programmes humanitaires au Tchad pour
aider les réfugiés de la région soudanaise voisine du Darfour: 30,5 millions
d'euros en 2007 et 30 millions prévus pour 2008.
Tchad: Le Commissaire européen
au Développement Louis Michel a annoncé lundi qu'il signerait mardi à N'Djamena
une convention de plus de 6,5 milliards de FCFA pour l'amélioration des
structures d'accueil au Tchad des déplacés de ce pays et des réfugiés du Darfour
voisin
GOZ BEIDA, 21 jan 2008 - Le commissaire européen
au Développement Louis Michel a annoncé lundi qu'il signerait mardi à N'Djamena
une convention de 10 millions d'euros pour l'amélioration des structures
d'accueil au Tchad des déplacés de ce pays et des réfugiés du Darfour voisin.
"Demain (mardi) je vais signer pour 10 millions d'euros de supplément (d'aide)
qui permettront déjà d'entamer des travaux de reconstruction d'infrastructures
et d'adduction (d'eau) pour créer des équipements durables (...) et permettre le
retour des déplacés", a affirmé M. Michel à Goz Beïda. Goz Beïda est une
localité de l'est du Tchad où sont implantés des camps de déplacés tchadiens et
de réfugiés soudanais du Darfour, région voisine en proie à une guerre civile.
"Ici (dans l'est Tchad), la Commission (européenne) dépense déjà 30 millions
d'euros par an", a ajouté M. Michel, après une visite des sites de Djabal, un
camp de réfugiés du Darfour, et Gouroukoum, un camp de déplacés tchadiens qui
ont fui les troubles secouant la région. Avant de se rendre mardi à N'Djamena,
où il doit rencontrer le président Idriss Deby Itno, M. Michel est allé lundi à
Abéché, la ville la plus importante de l'est du Tchad pour des entretiens avec
des responsables locaux, les représentants des Nations unies, ainsi que ceux des
nombreuses ONG inquiètes de la sécurité dans la région. En février, une force
européenne de quelque 3.500 soldats, qui aurait dû arriver dès novembre 2007, va
être déployée dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique. Cette
force, l'Eufor Tchad-RCA, doit protéger 240.000 Soudanais réfugiés du Darfour,
ainsi que 173.000 Tchadiens et des milliers de Centrafricains déplacés par le
conflit. Cette force constitue la plus grande opération militaire de l'histoire
pour l'UE.