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L'actualité du Cameroun
(d'après l'Agence France Presse)


Cameroun: L'ex-secrétaire général de la présidence camerounaise Jean-Marie Atangana Mebara a été écroué mercredi à Yaoundé pour détournement dans le cadre du "scandale Albatros", l'achat en 2003 d'un avion présidentiel défaillant et cher

YAOUNDÉ, 7 août 2008 - L'ex-secrétaire général de la présidence camerounaise Jean-Marie Atangana Mebara a été écroué mercredi à Yaoundé pour détournement dans le cadre du "scandale Albatros", l'achat en 2003 d'un avion présidentiel défaillant et cher, a-t-on appris jeudi de source judiciaire. Arrêté vendredi et placé en garde à vue dans cette affaire, l'ancien ministre a été inculpé après avoir été entendu pendant près de cinq heures par le juge d'instruction en charge du dossier, selon cette source. De source proche du dossier, l'arrestation de l'ancien secrétaire général de la présidence, déjà entendu par la police judiciaire en avril, survient après un témoignage d'Yves Michel Fotso, ancien administrateur directeur général de la compagnie aérienne Cameroon Airlines (Camair), "dépossédé du dossier d'achat d'un avion présidentiel au profit d'une commande directement pilotée par ledit secrétaire général de la présidence". Le Boeing présidentiel, vieux et en mauvais état selon une enquête officielle, s'était révélé défaillant dès son vol inaugural entre Douala, la capitale économique, et Paris, en 2004, alors qu'il transportait la famille présidentielle. Le chef de l'Etat Paul Biya avait dû emprunter un autre appareil pour le trajet retour.


Cameroun: L'ancien secrétaire général de la présidence de la République camerounaise Jean-Marie Atangana Mebara a été arrêté vendredi dans le cadre du "scandale Albatros", l'achat controversé en 2003 d'un avion présidentiel défaillant et cher

YAOUNDÉ, 1 août 2008 - L'ancien secrétaire général de la présidence de la République camerounaise Jean-Marie Atangana Mebara a été arrêté vendredi dans le cadre du "scandale Albatros", l'achat controversé en 2003 d'un avion présidentiel défaillant et cher, a-t-on appris de sources concordantes. "Il a été placé en garde à vue à la mi-journée", a affirmé une source policière à l'AFP alors que la famille de M. Atangana Mebara, également ancien ministre d'Etat en charge des relations extérieures, a confirmé qu'il était entendu par la police. De source proche du dossier, l'arrestation de l'ancien secrétaire général, déjà entendu par la police judiciaire en avril, survient au lendemain du témoignage de Yves Michel Fotso, ancien administrateur directeur général de la compagnie aérienne Cameroon Airlines (Camair), "dépossédé du dossier d'achat d'un avion présidentiel au profit d'une commande directement pilotée par ledit secrétaire général de la présidence". Le Boeing présidentiel, vieux et en mauvais état selon une enquête officielle, s'était révélé défaillant dès son vol inaugural entre Douala, la capitale économique, et Paris, en 2004, alors qu'il transportait la famille présidentielle. Le chef de l'Etat Paul Biya avait dû emprunter un autre appareil pour le trajet retour.


Cameroun: Les tarifs des communications téléphoniques vont baisser dimanche pour lutter contre la vie chère, allant jusqu'à 80% dans certains cas et selon les tranches horaires

YAOUNDE, 30 mai 2008 - Les tarifs des communications téléphoniques vont baisser dimanche pour lutter contre la vie chère, a annoncé vendredi Jean-Louis Beh Mengue, directeur général de l'Agence de Régulation des Télécommunications (ART, organisme public), lors d'une conférence de presse. Les trois opérateurs, MTN Cameroon et Orange, pour les portables, et CAMTEL (Cameroon Telecommunications) pour la téléphonie fixe sont concernés. Les baisses peuvent aller jusqu'à 80% dans certains cas - selon les tranches horaires - et sont le résultat de négociations entre les opérateurs de téléphonie et l'ART menées ces dernières semaines. Quelque 5,5 millions de Camerounais sont abonnés au téléphone. MTN a 3 millions d'abonnés, Orange 2,3 millions et CAMTEL 200.000, selon des chiffres donnés par chaque opérateur. A-delà de ces 5,5 millions d'abonnés, des millions de Camerounais font appel aux "call box", ces téléphones portables mis à disposition des passants contre paiement immédiat.


Cameroun: Le président Paul Biya a promulgué la loi controversée qui modifie la Constitution camerounaise et lui permet de briguer un nouveau mandat en 2011, suite à l'adoption jeudi par les parlementaires de la réforme constitutionnelle déposée par le gouvernement

YAOUNDÉ, 15 avr 2008 - Le président Paul Biya a promulgué la loi controversée qui modifie la Constitution camerounaise et lui permet de briguer un nouveau mandat en 2011, a rapporté mardi la radio nationale. Cette promulgation fait suite à l'adoption jeudi par les parlementaires de la réforme constitutionnelle déposée par le gouvernement. Le principal changement apporté à la Loi fondamentale adoptée en 1996 concerne l'article 6.2 et porte sur la suppression de la limitation du nombre de mandats présidentiels. "Le président de la République est élu pour un mandat de sept ans. Il est rééligible", stipule désormais cet article, alors qu'il limitait auparavant à deux les septennats. Très sévèrement critiquée par l'opposition, la révision constitutionnelle autorise Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, à se représenter en 2011. La nouvelle loi octroie également au chef de l'Etat une "immunité" à l'issue de son mandat. Paul Biya, 75 ans, va devenir "le plus grand dictateur" de l'histoire du Cameroun, avait affirmé vendredi à l'AFP John Fru Ndi, le leader du principal parti d'opposition, le Social Democratic Front (SDF), après l'adoption du texte par l'Assemblée nationale, largement dominée par le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) au pouvoir.


Cameroun: Un projet de révision constitutionnelle prévoyant la suppression de la limitation du nombre de mandats présidentiels a été déposé à l'Assemblée nationale

YAOUNDE, 4 avr 2008 - Un projet de révision constitutionnelle, prévoyant la suppression de la limitation du nombre de mandats présidentiels et pouvant donc permettre au président camerounais Paul Biya de se représenter en 2011, a été déposé à l'Assemblée nationale, a annoncé vendredi son président. Le président de l'Assemblée, Djibril Cavayé Yéguié a indiqué que le projet, déposé par le Rassemblement démocratique du Peuple camerounais (RDPC), le parti de M. Biya, était "recevable" et allait être transmis "pour examen à la commission des lois constitutionnelles", selon des propos retransmis par la radio nationale camerounaise. Cette annonce a immédiatement soulevé la colère des 15 députés du principal parti d'opposition, le Social Democratic Front (SDF), qui ont alors occupé la tribune pour manifester leur mécontentement, selon le député SDF Jean-Michel Nintcheu, joint par l'AFP. La séance devait initialement durer trois heures mais n'a duré que 15 minutes après l'interruption provoquée par les députés du SDF puis la levée de la séance annoncée par le président de l'Assemblée. Au pouvoir depuis 1982, le président Biya, 75 ans, tente de faire passer une révision constitutionnelle qui supprime la limitation des mandats présidentiels, et ainsi pouvoir se représenter en 2011. Selon M. Biya, l'article de la Constitution de 1996 interdisant un troisième mandat "apporte (...) une limitation à la volonté populaire, limitation qui s'accorde mal avec l'idée même de choix démocratique". L'opposition y est vigoureusement hostile et a organisé de nombreux rassemblements pour protester contre le projet gouvernemental. Les manifestations dans la région du Douala, bastion de l'opposition, sont d'ailleurs interdites depuis la mi-janvier par le pouvoir afin d'éviter "un scénario à la kenyane", selon un responsable provincial. L'opposition a répété à plusieurs reprises qu'elle ne respecterait pas l'arrêté. Des organisations de défense de la presse ont dénoncé la suspension de plusieurs medias opposé à la révision par le pouvoir. Fin février, une personne était morte lors de la dispersion par la police d'une manifestation contre la révision à Douala. Puis, de violentes émeutes avaient éclaté en protestation de la vie chère. Ces émeutes qui ont secoué le Cameroun pendant plusieurs jours ont fait plus de 100 morts selon une ONG et 40 selon le gouvernement. Le président Paul Biya, qui avait fait appel à l'armée, avait répondu à ces émeutes par un discours musclé parlant "d'apprentis sorciers qui dans l'ombre ont manipulé ces jeunes (émeutiers)" afin "d'obtenir par la violence ce qu'ils n'ont pas eu par la voie des urnes". Il avait aussi fait part de sa "détermination" à poursuivre la lutte contre la corruption. Le gouvernement avait ensuite pris des mesures pour amoindrir la hausse des prix avec notamment des baisses de TVA ou des coûts de l'électricité.


Cameroun: Le Premier ministre camerounais Ephraïm Inoni a décidé de cesser l'achat de "véhicules administratifs" afin de réduire les dépenses de fonctionnement de l'Etat

YAOUNDÉ, 28 mars 2008 - Le Premier ministre camerounais Ephraïm Inoni a décidé de cesser l'achat de "véhicules administratifs" afin de réduire les dépenses de fonctionnement de l'Etat, selon un communiqué publié vendredi. Lors d'un conseil ministériel sur la lutte contre le chômage des jeunes et à l'amélioration du pouvoir d'achat, priorités des autorités après les émeutes qui ont secoué le Cameroun fin février, le chef du gouvernement a décidé jeudi "la suspension de l'acquisition des véhicules administratifs". Il a également "prescrit à l'encontre des membres du gouvernement la réduction du nombre de missions à l'étranger ainsi que la taille des délégations", et a demandé au ministère des Finances de travailler à la "maîtrise" des "dépenses de fonctionnement de l'Etat". Ces annonces ont été accueillies avec scepticisme par la presse privée camerounaise, qui souligne que par le passé, des mesures similaires n'ont jamais été suivies d'effet. Les mesures gouvernementales s'ajoutent à celles annoncées après le mouvement de contestation contre la cherté de la vie qui a fait, fin février, plus d'une centaine de morts selon une ONG, 40 d'après les autorités. Les droits de douane sur plusieurs produits de première nécessité ont ainsi été suspendus, les salaires des fonctionnaires augmentés de 15% à compter du mois d'avril, et les tarifs de l'électricité diminués. Après les émeutes, le président Paul Biya avait également fait part de sa "détermination" à poursuivre la lutte contre la corruption. Les manifestants dénonçaient aussi un projet de révision de la Constitution qui permettrait à l'actuel chef de l'Etat, au pouvoir depuis 1982, de briguer un nouveau mandat en 2011.


Cameroun: La compagnie aérienne nationale Cameroon Airlines (Camair) a partiellement repris ses vols assurant les liaisons du nord au sud du Cameroun, après dix jours d'arrêt total des activités

YAOUNDE, 22 mars 2008 - La compagnie aérienne nationale Cameroon Airlines (Camair) a partiellement repris ses vols assurant les liaisons du nord au sud du Cameroun, après dix jours d'arrêt total des activités, a-t-on appris samedi auprès de Aéroports du Cameroun (ADC). "Un vol Camair part cet après-midi depuis Yaoundé pour le nord du pays", a indiqué à l'AFP un employé de ADC. "Il y a déjà eu un vol hier en fin de journée". La compagnie aérienne avait repris partiellement ses activités hors vols jeudi, après avoir connu une semaine de paralysie complète provoquée par le limogeage de son administrateur provisoire Paul Ngamo Hamani. Celui-ci avait été nommé en 2005 lors de la mise en liquidation de la société. Après son départ, une assemblée générale des actionnaires de la Camair, détenue à 96,4% par l'Etat camerounais, a décidé de confier la gestion de la liquidation de la compagnie non plus à une mais à deux entités. La Camair, qui ne possède aucun avion, compte aujourd'hui 800 employés contre 1.309 en 2005. Sa dette était évaluée en 2006 à 80 milliards de francs CFA (122 millions d'euros). Une fois la liquidation de la société terminée, une nouvelle compagnie aérienne, créée en septembre 2006 par le président Paul Biya, la Cameroon Airlines Corporation (Camair Co), devrait prendre la suite.


Cameroun: Les activités de la compagnie aérienne nationale Cameroon Airlines (Camair), arrêtées depuis mercredi 5 mars, n'avaient pas repris lundi

YAOUNDÉ, 17 mars 2008 - Les activités de la compagnie aérienne nationale Cameroon Airlines (Camair), arrêtées depuis mercredi 5 mars, n'avaient pas repris lundi, a-t-on appris auprès de la société camerounaise. "Les bureaux sont fermés, on ne sait pas quand le travail va reprendre, on ne nous dit rien", a expliqué à l'AFP un employé de la compagnie, désarmé. "Des scellés sont posés sur les bureaux. Nous sommes très inquiets pour la suite", a précisé l'employé. "Nous avons deux mois de salaire qui n'ont toujours pas été payés", a-t-il ajouté. Lundi, le téléphone de la Camair sonnait dans le vide dans ses bureaux de Yaoundé comme de Douala, capitale économique du Cameroun. Les activités de la compagnie sont suspendues depuis le limogeage mercredi de l'administrateur provisoire Paul Ngamo Hamani, qui avait été nommé en 2005 lors de la mise en liquidation de la société. Ce dernier a été limogé par le président camerounais Paul Biya. Vendredi après l'assemblée générale des actionnaires de la compagnie détenue à 96,4% par l'Etat camerounais, le ministre des Finances Essimi Menye avait pourtant assuré que les activités allaient reprendre normalement. Une équipe de "gestion de l'exploitation" doit être désignée dans les jours à venir, a-t-il indiqué, tandis que la gestion de la liquidation de la société doit être confiée non plus à une mais à deux entités. La Camair, qui ne possède aucun avion, compte aujourd'hui 800 employés contre 1.309 en 2005. Sa dette était évaluée en 2006 à 80 milliards de francs CFA (122 millions d'euros). Une fois la liquidation de la société terminée, une nouvelle compagnie aérienne, créée en septembre 2006 par le président Biya, la Cameroon Airlines Corporation (Camair Co), devrait prendre la suite.


Cameroun: Près de 40.000 réfugiés tchadiens ayant fui les combats à N'Djamena le week-end dernier pour la ville voisine de Kousseri, dans le nord du Cameroun, ont reçu samedi une aide alimentaire du Programme alimentaire mondial (PAM)

DAKAR, 10 fév 2008 (AFP) - Près de 40.000 réfugiés tchadiens ayant fui les combats à N'Djamena le week-end dernier pour la ville voisine de Kousseri, dans le nord du Cameroun, ont reçu samedi une aide alimentaire du Programme alimentaire mondial (PAM), a annoncé dimanche l'agence onusienne. "Plus de 37.000 tchadiens déplacés qui ont fuit N'Djamena à cause des combats du week-end dernier ont reçu une aide alimentaire du PAM samedi à Kousseri, dans le nord du Cameroun", a annoncé le PAM dans un communiqué publié à Dakar. "La distribution de vivres aux déplacés tchadiens, principalement des femmes et des enfants qui ont passé plusieurs nuits dans des mosquées, églises, écoles ou à la belle étoile, a été assurée par la Croix-Rouge camerounaise, en coordination avec le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et les autorités locales", indique le texte. Plus de 120 tonnes de sorgho, de riz, de haricots et d'huile végétale avaient été acheminées par la route cette semaine en provenance de plusieurs ville camerounaises, indique le PAM, précisant que 37 tonnes de biscuits à haute valeur énergétique et des kits médicaux étaient en voie d'acheminement dimanche dans cette zone par voie aérienne. Depuis l'incursion rebelle le week-end dernier dans la capitale tchadienne, environ 50.000 personnes avaient fui vers le Cameroun voisin, selon des sources humanitaires, qui ont ensuite indiqué que des milliers d'entre eux avaient repris la direction du Tchad au cours de la semaine écoulée. Cette semaine, le PAM s'était inquiété de la situation au Tchad, susceptible, selon l'organisation de perturber les distributions de vivres dans les camps du Tchad abritant, dans l'est, quelque 235.000 réfugiés soudanais du Darfour (ouest du Soudan), environ 46.000 Centrafricains dans le sud, ainsi que quelque 150.000 Tchadiens déplacés (est). "Le PAM espère que la situation sécuritaire au Tchad s'améliorera rapidement pour permettre la reprise rapide des livraisons de vivres", ajoute le communiqué, précisant que "tout retard important pourrait affecter la distribution de vivres dès le mois de mars".


Cameroun: Les "réunions et manifestations publiques" sont interdites "jusqu'à nouvel ordre" dans la province camerounaise du Littoral, incluant la capitale économique Douala

YAOUNDÉ, 17 jan 2008 - Les "réunions et manifestations publiques" sont interdites "jusqu'à nouvel ordre" dans la province camerounaise du Littoral, incluant la capitale économique Douala (sud), a indiqué jeudi à l'AFP un responsable provincial. "Il s'agit d'une mesure de prévention qui vise principalement les marches organisées en ville", a-t-il précisé. "Nous savons que ce type de manifestation dégénère souvent". Cette décision intervient alors que des partis de l'opposition et des organisations de la société civile ont annoncé des manifestations à Douala, leur fief, pour protester contre la révision de la Constitution envisagée par le président Paul Biya. Cette modification constitutionnelle aurait pour objectif la suppression de la limitation des mandats présidentiels, afin de permettre à M. Biya, au pouvoir depuis 1982, de se représenter en 2011. "Nous savons que des groupes sont en train de s'organiser pour créer le désordre sur la voie publique. Nous ne voulons pas d'un scénario à la kényane", a souligné le responsable provincial. Des formations politiques, dont le principal parti d'opposition, le Social Democratic Front (SDF), ont annoncé qu'elles ne respecteraient pas cet arrêté. "Nous avons déjà élaboré notre plan d'action que nous allons dérouler sans tenir compte en aucune manière de cet arrêté rétrograde et moyenâgeux", a déclaré le responsable provincial de ce parti, Jean Michel Nintcheu, au quotidien privé Mutations. "Nous voulons que Paul Biya écoute le peuple, qu'il comprenne son désarroi et qu'il sache que les populations sont à 99% contre cette modification (de la Constitution)", a-t-il ajouté. Réputée frondeuse, Douala, la ville la plus peuplée du pays, a connu près de 6 mois de grève générale lors de l'opération "villes mortes" organisée en 1991 par l'opposition qui réclamait une "conférence nationale souveraine" pour développer la démocratie après l'instauration du multipartisme.



Cameroun: Selon un rapport du patronat camerounais, l'économie du Cameroun s'est "essoufflée" en 2007 et peine à engranger les bienfaits des importantes réductions de dette obtenues depuis 2006

YAOUNDÉ, 4 jan 2008 - L'économie du Cameroun s'est "essoufflée" en 2007 et peine à engranger les bienfaits des importantes réductions de dette obtenues depuis 2006, selon un rapport du patronat camerounais obtenu vendredi par l'AFP à Yaoundé. En 2007, la croissance du Produit intérieur brut (PIB) n'a été que de 2,9%, contre 3,2% l'année précédente, écrit dans ce rapport le Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam), qui réunit plus de 200 entreprises. Selon l'organisation patronale, les "effets attendus" de l'atteinte par le Cameroun, en avril 2006, du "point d'achèvement" de l'initiative Pays pauvres très endettés (PPTE), synonyme d'importantes remises de dette, "se font toujours attendre". La production des principales cultures de rente (banane, cacao, café, coton) a baissé en 2007, tandis que le trafic au port de Douala, principal point d'entrée et de sortie des marchandises du pays, a stagné. En outre, les patrons ne sont guère optimistes pour l'année qui commence: 38,7% d'entre eux s'attendent à une baisse de leur activité au cours des prochains mois. Ils mettent notamment en cause la loi de finances 2008, dans laquelle les incitations fiscales dont bénéficiaient certains secteurs ont été revues à la baisse. C'est un "signal négatif", déplore le Gicam, soulignant par ailleurs que seulement 20% des contribuables assurent près de 80% de recettes fiscales du pays. "Pour l'équité, il est nécessaire de faire évoluer ce ratio", selon l'organisation patronale. En mai, l'ambassadeur des Etats-Unis alors en poste à Yaoundé, Niels Marquardt, avait déclaré que les impôts représentaient au Cameroun un "vrai harcèlement" et "un frein à la croissance". Le climat des affaires y "fait parfois peur", avait-il ajouté, estimant que "peu d'investisseurs, sauf les plus courageux, oseraient risquer leurs biens dans une telle situation". Dans un récent rapport, la Banque mondiale a classé le Cameroun parmi les pays les moins compétitifs de la planète, au 152e rang sur 175 Etats. D'après cette étude, il faut, pour monter une entreprise, compter 444 jours et dépenser l'équivalent de 1.165% du revenu par habitant, contre 149 jours et 72% dans les pays les plus compétitifs. C'est ce mauvais climat des affaires qui explique en grande partie la faible croissance, selon le Gicam. Le patronat espère cependant qu'un début de reprise viendra en 2008 de la relance du secteur du bâtiment et des travaux publics, grâce aux opérations de réhabilitation et de construction d'infrastructures prévues avec les fonds dégagés par l'initiative PPTE.



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