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IDE : contexte national

 
INVESTISSEMENTS DIRECTS ÉTRANGERS 

ET PRÉSENCE FRANÇAISE 

1 LE FLUX D'IDE AU SENEGAL:

Le Sénégal abrite un stock important d'IDE, essentiellement d'origine française, mais il lui faut trouver un second souffle

Le flux d'investissements étrangers au Sénégal se maintient depuis trois ans autour de 50 millions d'euros, dont les deux tiers environ (socle de base de 30 millions) sont d'origine française. 

Il ne bénéficie plus depuis 2000 des retombées des privatisations, tandis qu'aucun grand projet à actionnariat étranger n'a vu le jour récemment. 

Tout repose beaucoup sur les futurs grands projets d'infrastructures et de mise à niveau du secteur électrique, à la fois pour attirer les partenaires stratégiques, et pour relâcher les goulots d'étranglement endémiques qui limitent l'accès aux facteurs de production.

Le Sénégal est un récipiendaire de rang intermédiaire des flux d'IDE vers l'Afrique, et le second au sein de l'UEMOA

Grâce à la vente de licences de télécoms et aux privatisations, l'Afrique a reçu trois fois plus de capitaux en 2001 qu'en 2000. 

L'Afrique subsaharienne a ainsi attiré en 2001 une part exceptionnellement élevée des IDE mondiaux, soit 3%, ce qui correspond à un volume de 22,2 Md USD. 

Il s'agit là d'un triplement par rapport à 1999 (0,9 % des flux mondiaux d'IDE, soit 8,9 Md USD) et six fois plus qu'en 2000 (0,5% soit 7,3 Md USD). 

Il apparaît donc qu'après une période de diminution entre 1999 et 2000, on assiste à un redéploiement positif des IDE vers l'Afrique subsaharienne. 

Toutefois ce phénomène ne s'est pas reflété dans les IDE au Sénégal, qui ont enregistré une évolution inverse : les estimations pour 2001 convergent vers 56 M USD d'IDE net, de source CNUCED, contre près d'une centaine de millions de dollars en 1999.

Cette tendance à contre courant (en termes de volume) s'explique par plusieurs considérations: les opérations lourdes de privatisation et d'octroi des licences dans le secteur des télécoms ont eu lieu dès 1999 au Sénégal
  il n'y a pas eu récemment de nouvelle privatisation non plus que d'investissement étranger lié à un projet étranger de bonne taille au Sénégal (il convient toutefois de mentionner l'extension de capacité de la Sococim, filiale du groupe français Vicat),
  les grands projets en partenariat public-privé initiés par l'Apix (projets présidentiels) en sont encore au stade des études
  les secteurs d'activités traditionnelles (agroalimentaire, industrie, fiances, tourisme) sont déjà très largement contrôlées par des intérêts étrangers et les niches d'opportunités nouvelles ne sont pas nécessairement propices à des investissements majeurs à bonne visibilité.
  le marché du Sénégal demeurera de taille modeste tant qu'il ne bénéficiera pas de la démultiplication régionale, c'est à dire tant que les infrastructures régionales de communication ne seront pas construites.
 dans le même ordre d'idée, tant que l'accès à l'électricité et l'accès au foncier n'auront pas été sécurisés, ce sera un frein pour les investisseurs. Le Sénégal maintient malgré tout une place honorable dans le classement des récipiendaires africains de flux d'IDE, bien qu'il se situe loin derrière l'Afrique du sud, le Nigeria, l'Angola, le Gabon, le Cameroun, le Kenya et la Côte d'Ivoire. 

Au sein de l'UEMOA, le Sénégal se place en seconde position, juste après la Côte d'Ivoire qui reçoit généralement deux fois plus d'IDE que lui.

 

2 LES FLUX D'IDE D'ORIGINE FRANCAISE :

 Les flux d'IDE d'origine française sont en diminution mais ils demeurent prédominants au Sénégal, ainsi que le stock

Les liens historiques et culturels qui rattachent la France et le Sénégal ont favorisé les relations commerciales entre les deux pays et une forte représentation des entreprises françaises sur le sol sénégalais. 

Au Sénégal, la France est le premier bailleur de fonds bilatéral, un contributeur important dans les programmes d'aide au développement de l'UE, le premier partenaire commercial, le premier investisseur, le premier opérateur touristique.

A travers plus de 250 entreprises, la présence économique française au Sénégal est d'une part le fait de filiales françaises ou de participations minoritaires (une centaine), et d'autre part celui d'entrepreneurs français à l'origine de sociétés de droit local créées par eux, généralement avec des partenaires sénégalais. 

Le flux soutenu d'investissements français au cours de la dernière décennie s'est traduit par la création de 20 % des établissements franco-sénégalais actuellement recensés. 

L'effet de cette présence sur l'emploi national est forte (plus de 22 000 salariés - soit 22% de l'emploi dans le secteur privé " formel " -, dont 500 expatriés environ).

Avec 33 M d'euros en 2001 (contre 30 M d'euros en 2000 et… 82 M d'euros en 1999), le Sénégal est au 60ème rang des pays d'accueil des investissements directs français dans le monde et à la 8ème position en Afrique Sub-saharienne (sur un total de 1 Md d'euros investis par les entreprises françaises en Afrique en 2001), selon la Banque de France. 

Ces volumes, d'ordre moyen depuis deux années, s'expliquent par la quasi absence de privatisations abouties ou de grands projets porteurs en 2000 et 2001 (N.B. 2000 a été l'année du désengagement de Elyo dans la Sénélec). 

Entre 1997 et 2000, les investissements français ont en moyenne représenté 75 % du flux total d'IDE entrant au Sénégal, et cette proportion serait de l'ordre de 60% pour 2001. 

Le stock d'investissements français au Sénégal s'élevait à 165 M d'euros à la fin de l'année 2000 (75ème stock d'investissements français à l'étranger). 

Les secteurs privilégiés sont : le secteur secondaire avec l'agroalimentaire et la transformation de produits de la pêche, les produits pharmaceutiques, le raffinage pétrolier, la production de ciment, le textile, l'emballage, la mécanique et la métallurgie ;
 le secteur tertiaire avec les banques et les assurances, la distribution de l'eau, l'hôtellerie/restauration, les transports, les télécommunications, la distribution de biens d'équipement et de biens de consommation, les services informatique et les hautes technologies, l'audiovisuel, les services portuaires. A titre d'exemples, on peut citer la Société Africaine de Raffinage (SAR) ; Razel ; Fougerolle ; les sociétés du groupe Mimran (activités industrielles de la Compagnie Sucrière Sénégalaise et des Grands Moulins de Dakar mais aussi activités bancaires avec la CBAO) ; Sopasen ; Ikagel ; Sodefitex ; les sociétés du groupe Bolloré (SDV Sénégal, Sénégal Tours, Socofroid, Socopao Sénégal) ; celles du groupe ACCOR (Sofitel Téranga, Novotel) ; le Club Méditerranée ; Fram ; Nouvelles Frontières; la Sonatel (France Télécom et Etat sénégalais); la société d'exploitation des Eaux (Saur, groupe Bouygues) ; le Crédit Lyonnais Sénégal ; BNP-Paribas (Bicis) ; la SGBS (Société Générale de Banques au Sénégal) - qui toutes bénéficient d'une participation française à leur capital. 

Au cours des deux dernières années, de nouvelles implantations ont été enregistrées. 

Ainsi, le groupe Schneider a ouvert un bureau de liaison à Dakar, tandis que TESAM (filiale d'Alcatel et de France Telecom, télécommunication par satellite) s'est installée au même titre que Sifrecom, Alcatel Contracting et Sat/Sagem, dans le cadre du programme d'investissements de la Sonatel. 

On note également un bon courant d'implantations nouvelles dans le secteur informatique, les téléservices, le tourisme, l'immobilier, et le commerce; ces implantations sont souvent le fait d'investisseurs français individuels.

 

3 AUTRES IMPLANTATIONS ÉTRANGÈRES :

Les autres implantations étrangères ne sont pas marginales

Le groupe portugais Lisnave contrôle " Dakarnave Chantiers Navals ". 

Tolsa (Espagne) est dans le capital de la SSPT (Société Sénégalaise des Phosphates de Thiès) ; l'Espagne est aussi dans le secteur de la pêche Senevisa et Hispano Sénégalaise de pêche ; 

Royal Air Maroc est dans le capital d'Air Sénégal International. 

Les États-Unis sont présents au Sénégal avec une demi-douzaine d'implantations importantes: Mobil, Colgate-Palmolive, Parke-Davis, Citibank, Gti (production et d'électricité), Coca Cola ...;

La Suisse avec la SGS (Société Générale de Surveillance) et le groupe Nestlé ; 

L'Inde dans le secteur de la chimie d'une part avec les Ics (Industries Chimiques du Sénégal) et la Saec (industrie chimique de fabrication de peinture) et dans celui des biens de consommation avec la Sotiba (industrie textile) d'autre part ; 

Les Pays Bas dans la distribution de produits pétroliers avec le groupe Shell ; l'Afrique du Sud dans les télécommunications avec Net Services; 

Le Liban dans le tertiaire, le BTP et maintenant le ciment avec les Ciments du Sahel (N.B. les ressortissants libanais sont souvent établis au Sénégal depuis deux à trois générations); et bientôt , 

L'Île Maurice dans le textile (délocalisation d'unités textiles dans le cadre de l'AGOA).

 

4 TENDANCES ET PERSPECTIVES :

Tendances et perspectives : privatisations, grands projets, contexte d'accueil de l'investissement

Lorsqu'on observe les intentions d'investissement enregistrées par le guichet unique de l'Apix, il en ressort une tendance globalement haussière, mais la part des projets à composante étrangère y est faible. 

Pour les 10 premiers mois de 2002, les projets d'investissement agréés (qui bénéficieront des avantages fiscaux du code des investissements) atteignent 387 milliards de CFA (590 millions d'euros), à comparer avec un total de 199 milliards pour l'ensemble de l'année 2001. 

Ce doublement du volume annuel est en soi intéressant, mais il repose essentiellement sur l'investissement d'origine locale, et très peu sur les IDE (6 à 7 milliards sur 387).

Il est donc clair que la tendance naturelle des flux d'IDE au Sénégal se maintiendra à un faible niveau tant que des éléments d'attraction nouveaux n'interviendront pas.

S'agissant des privatisations, trois grandes opérations sont à l'ordre du jour :  la concession ferroviaire de la ligne Dakar - Bamako, pour laquelle deux groupements sont en lice : celui de Bolloré associé à la SNCF International, et celui du canadien Canacs. Cette consultation s'est heurtée à l'obstacle du difficile ajustement des attentes des états et de celles des soumissionnaires. Les divergences financières ont conduit en octobre à la disqualification des deux candidats, mais de nouvelles bases de consultation sont en négociation actuellement ;
 la re-privatisation de la Sénélec après l'annulation, en novembre 2000, de son rachat partiel par Elyo et Hydro-Quebec. En novembre 2001, les négociations avec Vivendi Environnement et AES n'avaient pas abouti et l'invalidation de la consultation avait été déclarée. Une " task force " des bailleurs de fonds et des autorités sénégalaises se penche actuellement sur le schéma institutionnel qu'il conviendrait de retenir pour favoriser le retour d'un partenaire stratégique (ce schéma incluera très probablement le recours à des BOT ou BOO pour la production électrique, dans le cadre d'un plan d'urgence). 
 la privatisation de la Sonacos (transformation de l'arachide en huile et tourteaux) est en principe inscrite au calendrier 2003 En ce qui concerne les grands projets présidentiels : L'Apix bénéficie d'un don de 315 000 USD pour le financement de l'étude de faisabilité concernant l'autoroute qui reliera Dakar à Thies et surtout au futur aéroport international, pour lequel des négociations ont été engagées en gré à gré avec la société européenne ABB; une autoroute à péage ; une cité des affaires; un port minéralier à Bargny ; l'exploitation des mines de fer du Sénégal oriental ; l'exploitation des phosphates de Matam.
 La libération de l'emprise de l'actuel aéroport, si elle a lieu, permettra de dégager une superficie de 800 hectares pour des opérations immobilières, tandis que l'actuelle aérogare serait aménagée en " cité des affaires ". Enfin, s'agissant de l'évolution favorable du contexte d'accueil des investisseurs, le Sénégal compte à l'avenir sur les éléments suivants : La nette amélioration des facilités de production, à commencer par l'accès à électricité (grâce au courant en provenance du Mali, et grâce au plan d'urgence pour la Sénélec), et l'accès à des infrastructures de transport terrestre (chemin de fer, routes, autoroute) dignes de ce nom, et l'accès au ciment pour la construction (entrée en service en 2002 d'une nouvelle cimenterie)
 La valorisation des avantages préférentiels dont bénéficie le Sénégal, comme d'autres pays d'Afrique (les PMA en particulier), pour l'accès aux marchés européens et américains
 La montée en puissance des marchés financiers en Afrique de l'Ouest et de la bourse régionale (BRVM, 38 entreprises cotées actuellement, dont la Sonatel pour 25% de la capitalisation boursière qui dépasse un milliard d'euros).
 Les politiques communautaires de l'UEMOA garantissent par ailleurs le maintien d'un cadre économique et monétaire stable et d'une bonne ouverture ; un code communautaire pour l'investissement est en préparation.

 

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   Services des missions économiques régionales de Dakar
  Date de parution
27 Novembre 2002