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IDE : contexte national

 

INVESTISSEMENTS DIRECTS ÉTRANGERS ET 
PRÉSENCE FRANÇAISE

A la faveur de la reprise économique et des opportunités créées par les privatisations et les concessions attribuées au secteur privé, la Côte d'Ivoire est devenue une terre d'accueil des IDE dans des domaines non traditionnels pour l'Afrique. 

Les entreprises françaises s'imposent toujours comme les premiers investisseurs. 

Les incertitudes politiques et les difficultés financières ont réduit le flux d'investissements en 1999 et 2000.

 

1 LES INVESTISSEMENTS ÉTRANGERS EN CÔTE D'IVOIRE : 

La Côte d'Ivoire est devenue un des premiers pays d'Afrique intertropicale pour l'accueil des IDE non pétroliers et non miniers,  mais connaît un recul des flux entrants en 1999 et 2000

Des flux d'investissements étrangers attirés par les privatisations et les grands travaux depuis 1995 qui se tarissent en 1999 et 2000 

La reprise économique, dynamisée par la dévaluation du franc CFA, l'accélération du programme de privatisations et la mise en chantiers de grands travaux réalisés sous forme de BOT par le secteur privé ont permis aux investissements étrangers de prendre le chemin de la Côte d'Ivoire à un niveau inégalé à partir de 1994. 

Selon les chiffres de la CNUCED, alors que la moyenne annuelle des flux d'investissements directs étrangers entrants en Côte d'Ivoire n'était, entre 1985 et 1995, que de 86 millions USD, (soit 9,1% de la FBCF), les IDE se sont élevés à 450 millions USD (30% de la FBCF) en 1997. En 1998, ils ont diminué à 314 millions USD (16% de la FBCF) pour atteindre 279 millions USD en 1999.

 Le retard pris dans la poursuite des dernières privatisations et du programme de grands travaux, la baisse de l'activité économique à partir de la mi-1999 et les incertitudes politiques nées à la suite du coup d'État du 24 décembre 1999 ont manifestement contribué à ralentir ce flux. 

En termes de stocks, la CNUCED estime les IDE en Côte d'Ivoire à 3 milliards USD en 1999 (soit 24,2% du PIB en 1998) alors qu'ils n'étaient que de 1 milliard en 1990 (9% du PIB) et 1,6 milliard en 1995 (16,2%). 

Malgré le faible poids des IDE entrants en Côte d'Ivoire par rapport aux IDE mondiaux (environ 0,6% en stock), le pays est ainsi passé au premier rang des pays africains au sud du Sahara (et hors Afrique du Sud) pour les IDE hors mines et hors hydrocarbures, ces deux secteurs n'occupant qu'une part faible dans le PIB ivoirien. 

Des investissements étrangers en majorité français dans les domaines des télécommunications, de l'énergie, des transports, de l'agro-industrie :

Selon les données du CEPICI, l'agence de promotion des investissements en Côte d'Ivoire, les demandes d'agréments à l'investissement (exonérations fiscales et réductions douanières) se sont portées, entre 1996 et 2000, en priorité dans les secteurs des télécommunications (28%), l'agro-industrie et l'agro-alimentaire (28%), les transports (7%) et la chimie (5%). 

Les secteurs des télécommunications (fixe et mobile) et de l'énergie attirent le plus les investissements étrangers. 

Les investissements dans le secteur pétrolier et gazier restent encore limités comparés aux autres pays pétrolier du Golfe de Guinée (Nigeria, Congo, Gabon, Angola).

 Ils sont essentiellement le fait de sociétés américaines (Ocean Energy, Ranger Oil), de la Shell mais également de la société française Bouygues Offshore. 

La France apparaît ainsi comme le premier investisseur étranger en Côte d'Ivoire si l'on s'en tient aux statistiques du CEPICI. 

Sur la période 1996-2000, les capitaux français représentaient 23% des demandes d'agrément à l'investissement, derrière les capitaux ivoiriens (52%) et devant les capitaux suisses (7%), britanniques (5%) et américains (2%). 

Si l'on s'en tient aux seuls investissements étrangers, les capitaux français constituent près de 50% des demandes d'agrément à l'investissement sur la période. 

Sur l'année 2000, compte tenu de la situation économique et politique difficile, les demandes d'agrément de la part des entreprises étrangères se sont taries; les capitaux français ne comptaient plus sur les 10 premiers mois que pour 7% du total devant le Luxembourg et les Etat-Unis, mais loin derrière les capitaux ivoiriens (73%).

 

2 LES INVESTISSEMENTS FRANÇAIS : 

Les investissements français restent de loin majoritaires parmi les IDE étrangers

La présence des investissements français en Côte d'ivoire s'est renforcée grâce aux privatisations et aux grands travaux 

Les entreprises françaises, fortes de leur bonne connaissance du pays, ont été les premières à saisir les opportunités nouvelles offertes par les privatisations et les grands travaux en BOT. 

Les données de la Banque de France attestent ainsi d'une progression des flux d'IDE français de 1995 (54 millions FF hors bénéfices réinvestis) à 1997 (1 milliard FF). 

En 1999, ils se sont élevés à 283 millions FF, après 43 millions FF en 1998. Installées, pour certaines d'entre elles, longtemps avant l'Indépendance (CFAO, AXA), les entreprises françaises participent aux secteurs majeurs de l'économie du pays . 

Ainsi Bouygues, à travers la SAUR, est-il l'actionnaire de référence de la Compagnie ivoirienne d'Electricité (CIE), de CIPREL (production d'électricité) et de la Société des eaux de Côte d'Ivoire (SODECI). 

De même, les banques françaises sont-elles dominantes sur le marché avec leurs filiales : la SGBCI (pour la Société Générale), la SIB (pour le Crédit Lyonnais), la BICICI (pour la BNP). 

Bolloré est très actif dans le secteur des transports à travers SAGA, SDV et sa participation dans SITARAIL, mais est aussi producteur de tabac grâce à SITAB, de caoutchouc via la SOGB, et est depuis peu un des exportateurs majeurs de café-cacao via DAFCI. 

Dans le secteur du BTP , les grands groupes sont également présents (SETAO et COLAS, Bouygues, Jean Lefebvre). 

Total et Elf possèdent 25 % de la Société ivoirienne de Raffinage. France Télécom, à travers son achat de 51% de Citelcom, devenue depuis Côte d'Ivoire Télécom, pour 1,05 milliard FF, et la création de la Société Ivoirienne de Mobiles (SIM), est devenu l'opérateur majeur des télécommunications en RCI . 

Ces deux sociétés font depuis deux ans environ 700 MFF d'investissements par an. 

Les sociétés françaises se sont aussi renforcées lors des opérations de privatisation dans le domaine agro-industriel :  le groupe Castel, outre les investissements réalisés pour augmenter sa production de boissons, s'est engagé dans l'industrie du sucre avec l'achat de deux usines de Sodesucre;
 le groupe Bolloré est partie prenante (à hauteur de 20 %) dans l'achat du bloc Nord-Ouest de la CIDT (égrenage du coton).  Dans le secteur agro-industriel et en dehors du cadre des privatisations, il est à noter l'investissement majeur de Cémoi dans une usine de broyage de cacao d'une capacité de 60 000 T pour 150 millions FF. 

Dans le cadre des travaux lancés en BOT, des entreprises françaises ont remporté les concessions de l'aéroport international d'Abidjan (Aéroport de Marseille et SOFREAVIA), du 3ème pont d'Abidjan (Bouygues). 

EDF possède un tiers du consortium qui construit et gère la centrale d'Azito. Selon l'enquête filiale du PEE, le nombre de filiales d'entreprises françaises en Côte d'Ivoire s'élève à 200. Il est à noter également la présence très importante de PME fondées et/ou dirigées par des chefs d'entreprise français. 

L'instabilité politique depuis la fin de l'année 1999 a gelé ou reporté la plupart des investissements français. 

Les tensions politiques de la fin 1999, la transition militaire qu'a connu le pays jusqu'au mois d'octobre 2000, les difficultés économiques et financières du pays (avec l'arrêt des décaissements des principaux bailleurs de fonds) ont obligé les entreprises étrangères et françaises à réduire ou geler leurs programmes d'investissement. 

C'est le cas notable des travaux du 3ème pont d'Abidjan par Bouygues, des investissements de Côte d'Ivoire Télécom, etc. 

La privatisation de la Société Ivoirienne de Raffinage reportée depuis la fin de l'année 1999 pourrait accroître la part de TotalElfFina dans son capital en cas de succès du groupe français. 

 

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   Services des missions économiques régionales d'Abidjan
  Date de parution :
septembre 2002