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IDE : contexte national

 

IDE ET PRESENCE FRANCAISE

> LES INVESTISSEMENTS DIRECTS ETRANGERS AU GABON :

Une volonté largement affirmée de promouvoir les investissements étrangers dans le pays :

Le Gabon, pour assurer l'exploitation de ses ressources naturelles, a adopté dès l'origine une attitude et des textes favorables aux investissements étrangers. 

La prospérité économique liée au pétrole, la situation géographique privilégiée, la stabilité politique et sociale, l'appartenance à la Zone Franc et la qualité des infrastructures d'accueil expliquent qu'il ait ainsi pu attirer de nombreux investisseurs étrangers dans tous les secteurs.

La baisse continue de la production pétrolière depuis 1997, avec la diminution des ressources financières qu'elle provoque et la diversification urgente de l'économie qu'elle impose, incite le Gabon à promouvoir d'avantage l'investissement, avec quelques succès dans la transformation du bois et l'exploitation du manganèse, mais des lenteurs politiques quand il s'agit des privatisations. 

Deux initiatives illustrent la volonté de promotion des investissements étrangers : la création de l'Agence de Promotion des Investissements Privés (APIP), dotée des missions d'information et de conseil aux investisseurs, et de facilitation des démarches administratives liées à la création d'une entreprise. Cette Agence, ouverte effectivement début 2002, développe progressivement ses activités.
 le projet de création d'une Zone Franche à Mandji (Port-Gentil), qui pourrait ouvrir en 2005 ; elle sera assortie de conditions fiscales attrayantes : exonération d'impôts pendant 10 ans, crédits d'impôts liés à l'investissement et à l'emploi etc.. La seconde transformation du bois et les industries navales et para-pétrolières sont, à ce stade, les cibles privilégiées du projet.  Il convient de souligner que l'attitude vis-à-vis des investisseurs étrangers, au-delà de la politique gouvernementale, est un "fait culturel" réel : un étranger qui est supposé apporter une contribution à l'économie du pays sera généralement accueilli de façon positive par les représentants de l'Administration avec lesquels il aura à traiter, même si le contrôle de l'immigration -police frontalière notamment- peut paraître lourd et très rigide.

 Des volumes qui restent modestes, toutes origines confondues : 

Les volumes d'investissements directs étrangers (IDE) restent très marginaux comparés aux flux d'IDE mondiaux, le Gabon n'attirant en 2001 que 1,2% des flux destinés à la seule Afrique.

Même si rapportés au nombre d'habitants ils sont plus significatifs (chaque gabonais accueille 20 fois plus d'IDE que les autres africains), les flux d'IDE ne représentent qu'environ 4% du PNB.

Les freins aux investissements étrangers, exclusivement économiques et physiques, sont réels : marché étroit, coût des facteurs élevé, et retard grandissant dans l'amélioration des infrastructures (transport, télécommunications) qu'un recours plus résolu aux investissements étrangers aurait pu éviter.

Le secteur pétrolier est de très loin le premier secteur d'IDE ; les efforts de mise en valeur des gisements connus prennent le pas en 2002 sur les dépenses d'exploration menées en offshore ultra-profond.
 
Une part très marginale du volume des IDE mondiaux
En M USD 2000 2001
Explorations 68 - 133 -
- part France 10 15% 26 20%
Développement 328 - 280 -
- part France 87 27% 94 34%
Total 396 - 413 -
- part France 97 25% 120 29%

 Une forte présence française, souvent ancienne: 

Si le poids du Gabon dans les volumes mondiaux ou même africains d'investissements directs toutes origines confondues, il pèse de façon plus significative dans les IDE en provenance de France, traduisant le poids de la présence française au Gabon, hérité de l'histoire.

La France, avec 1.241 millions d'euros, occupe ainsi à fin 2000 une place prépondérante (de l'ordre de 60%) dans le stock d'IDE au Gabon, lui conférant le 26ème rang au monde pour le volume des investissements français à l'étranger, et le 2ème en Afrique juste derrière le Maroc et loin devant les autres pays d'Afrique subsaharienne.

En terme de flux d'IDE en provenance de France en 2001, son poids est relativement moindre: 38ème au monde, 3ème rang en Afrique.

La présence française est visible dans tous les secteurs de l'économie ; elle concerne largement les secteurs développés d'assez longue date au Gabon : pétrole, exploitation forestière, extraction du manganèse, BTP, agroalimentaire, services et distribution.

Elle concerne aussi quelques implantations plus récentes, avec principalement les unités de transformation du bois (déroulage d'okoumé) qui se développent en intégration verticale avec des fabriques françaises de contreplaqués et la privatisation en 1997 des services d'eau et d'électricité (Vivendi).

Poussée d'investisseurs d'autres pays, parfois très dynamiques :

Même s'ils sont peu visibles dans les statistiques mondiales d'IDE, du fait de leur faible volume dans l'absolu, les investissements de pays tiers au Gabon se développent sensiblement, principalement dans les secteurs nouvellement développés au Gabon.

Shell a perdu en 2001 la place de premier opérateur de champs pétroliers au Gabon au bénéfice de TotalFinaElf, mais les autorités gabonaises s'efforcent d'attirer de nouveaux investisseurs de toutes nationalités notamment pour le développement de gisements déjà connus.

L'attribution en 1999 des licences de téléphonie portable a profité à des entreprises de pays tiers, les groupes MCI (Pays Bas) et Orascom (Egypte) bénéficiant de deux des trois licences accordées, la troisième allant à une filiale de l'OPT gabonais.

La crise rencontrée en 1997 par l'exploitation forestière avait permis la reprise par des groupes asiatiques (malais notamment) de plusieurs sociétés franco-gabonaises. 

Si les difficultés rencontrées à nouveau en 2001 et 2002 par ce secteur n'ont pas les mêmes conséquences, de nombreuses sociétés de pays tiers (malaises, italiennes, espagnoles...) investissent ou prévoient d'investir, à côté des industriels français, dans le déroulage de l'okoumé et la fabrication de contreplaqué.

Les consultations internationales lancées pour les privatisations permettent aussi à des intérêts d'autres pays de prendre pied au Gabon (le norvégien Scancem pour les ciments, l'italien Cora pour la Cie Forestière du Gabon, le malais Winnerpac pour l'exploitation des palmiers à huile) ; parmi les neufs candidats déclarés à la reprise de Gabon Télécom, un est français, un est franco-marocain et six sont de pays tiers (Portugal, Allemagne, Norvège, Corée du sud, Chine et Libye).

Quelques secteurs susceptibles d'accueillir des IDE: 

Les incertitudes sur l'évolution de l'économie du pays (baisse des recettes pétrolières, difficultés budgétaires) risquent d'inciter à la réserve les investisseurs potentiels dans des secteurs tournés vers le marché intérieur gabonais.

Les recherches et développements pétroliers, la création d'unités de transformation du bois et les privatisations, notamment dans le secteur des télécommunications et sans doute ultérieurement des ports resteront donc les principaux vecteurs d'IDE.

Le développement d'activités tertiaires à vocation régionale, avec notamment l'installation à Libreville de services régionaux d'entreprises internationales paraît aussi correspondre à une vocation naturelle du Gabon et à ses avantages comparatifs (situation géographique, niveau d'infrastructures, calme social), pour autant que les équipements de télécommunications puissent mieux répondre aux exigences croissantes de ces métiers.

Avec le développement prochain de liaisons routières plus performantes avec le Cameroun, l'intégration régionale pourrait aussi élargir les marchés locaux accessibles depuis le Gabon, et présenter des opportunités d'investissement, malgré le niveau élevé des coûts des facteurs.

 

Source: Mission Économique de l'Ambassade de France de Libreville