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Venezuela: nouvelle tentative de dialogue gouvernement-opposition

Mercredi, 13 Septembre, 2017 - 02:35
© 2017 AFP
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La présidente de l'Assemblée constituante vénézuélienne, Delcy Rodriguez (2ème G) et Jorge Rodriguez (D), le chef du parti socialiste pro-gouvernemental du Venezuela lors d'une conférence de presse, à Saint-Domingue en République Dominicaine, le 13 septembre 2017 | afp/AFP | Erika SANTELICES

Des représentants du gouvernement socialiste vénézuélien et de l'opposition se retrouvaient mercredi en République dominicaine, dans une nouvelle tentative pour résoudre la grave crise politique.

Invités par le président dominicain Danilo Medina et l'ex-chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, les délégués du président Nicolas Maduro sont arrivés à un hôtel luxueux de Saint-Domingue et se sont montrés optimistes.

"Je peux dire que nous sommes très proches de résoudre beaucoup des points qui sont à l'agenda (...) et qui seront au menu des conversations aujourd'hui", a assuré aux journalistes Jorge Rodriguez, mandaté par le gouvernement pour mener ces discussions.

Ancien vice-président, M. Rodriguez est venu accompagné notamment de sa soeur Delcy Rodriguez, présidente de la toute-puissante Assemblée constituante.

Il n'a pas précisé s'il rencontrerait directement les délégués de la Table pour l'unité démocratique (MUD), la vaste coalition regroupant l'opposition.

Parmi eux se trouve notamment Julio Borges, président du Parlement, la seule institution contrôlée par l'opposition.

Selon la coalition, ses représentants rencontreront le président Medina.

La tentative de pourparlers a été annoncée mardi soir par M. Maduro, une surprise tant les positions semblaient irréconciliables.

L'opposition a multiplié les manifestations entre avril et juillet pour exiger le départ du président, sur fond d'effondrement économique du pays pétrolier, ruiné par la chute des cours du brut.

Le mouvement de contestation, souvent émaillé de violence, a fait 125 morts en quatre mois et le gouvernement socialiste s'est attiré les foudres de la communauté internationale, qui l'a enjoint à nouer un dialogue avec le camp adverse pour trouver une solution pacifique à la crise.

- L'opposition prudente -

Mercredi, Julio Borges a prévenu qu'un dialogue formel ne sera possible que si M. Maduro respecte les conditions posées par la MUD et s'il y a un accompagnement international.

"Je réitère au Venezuela et au monde qu'aujourd'hui, il n'y a pas de dialogue et il n'y en aura pas jusqu'à ce que soient remplies les conditions formulées dans le communiqué" de la MUD, a écrit M. Borges sur Twitter.

Parmi ces conditions figure un "chronogramme électoral" incluant la présidentielle de fin 2018, la libération de 590 "prisonniers politiques", le "respect" du Parlement - dont les pouvoirs ont été confisqués par la Constituante - et la levée des sanctions qui empêchent certains opposants de se présenter à des élections.

Le président Maduro a lui appelé la MUD à "respecter la parole donnée à la communauté internationale d'avancer dans la recherche de solutions pacifiques".

Mardi, le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a apporté son "soutien total" à cette tentative de dialogue et appelé les deux camps à "profiter de cette opportunité".

Le pape François avait lui appelé lundi l'ONU à aider le Venezuela à sortir de sa crise économique, politique et sociale, tout en reconnaissant que "la situation est très difficile".

Le Vatican avait été l'instigateur d'un premier dialogue en octobre 2016, qui avait échoué, chaque partie accusant l'autre de ne pas avoir respecté sa parole.

L'ex-candidat à la présidentielle Henrique Capriles, figure majeure de l'opposition, a d'ailleurs fixé, mardi soir, comme condition à la reprise des discussions la présence à la fois du Vatican et de l'ONU.

La MUD se veut prudente, assurant que sa réunion avec le président Medina ne sera qu'"exploratoire" et rappelant que l'urgence est d'abord de résoudre la crise économique.

Cette nouvelle tentative a été saluée par les gouvernements français et espagnol, très critiques envers M. Maduro.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, le premier à l'avoir évoquée avant même que ce soit officiel, l'a qualifiée de "bonne nouvelle", mais son homologue espagnol, Alfonso Dastis, a mis en garde: "Ce n'est pas suffisant que le gouvernement vénézuélien exprime son désir d'avoir un dialogue avec l'opposition".