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Vaccin antipaludéen: l'OMS recommande le déploiement des tests en Afrique sub-saharienne

Vendredi, 23 Octobre, 2015 - 14:43
© 2015 AFP
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Margaret Chan, directrice générale de l'OMS, à Berlin le 11 octobre 2015 | DPA/AFP | Jörg Carstensen

Un panel d'experts de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a recommandé vendredi le déploiement des tests dans certaines zones impaludées d'Afrique sub-saharienne du Mosquirix, le vaccin le plus avancé contre le paludisme, avant d'en envisager un usage plus étendu.

Selon ces experts, chargés de conseiller l'OMS sur les politiques de vaccination, le Mosquirix, fabriqué par le laboratoire britannique GlaxoSmithKline (GSK), devrait être distribué dans trois à cinq zones de manière a évaluer son efficacité. Ce vaccin pourrait ainsi bénéficier jusqu'à un million d'enfants.

La première dose serait administrée à des enfants âgés de cinq à 17 mois afin d'évaluer son effet protecteur.

"Dans ces zones de l'Afrique, le premier facteur de mortalité est aujourd'hui le paludisme", a déclaré le professeur Jon Abramson, président du Groupe stratégique consultatif d'experts de l'OMS (SAGE) sur la vaccination.

Le Mosquirix est le vaccin le plus avancé contre le plasmodium falciparum, la souche la plus fréquente et la plus sévère du paludisme. Transmis par les moustiques, ce parasite touche environ 200 millions de personnes dans le monde, principalement en zone tropicale et fait environ 600.000 morts chaque année, selon l'OMS.

Plus de 75% des décès concernent des enfants de moins de cinq ans, en grande majorité en Afrique subsaharienne, où le parasite tue 1.200 enfants par jour.

Développé par GSK avec des financements de la fondation de Bill et Melinda Gates, le Mosquirix est le premier vaccin antipaludéen à atteindre la Phase III des essais cliniques - l'étape finale avant l'autorisation de commercialisation - et le premier à être évalué par des institutions.

Selon le Pr Abramson, les tests pourraient ouvrir la voie à une utilisation à grande échelle du vaccin au cours des cinq prochaines années.

Lors du déploiement de cette phase pilote, on devrait également également s'il est envisageable d'administrer quatre doses lors des programmes de vaccination systématique.

La vaccination complète se fait en effet en quatre injections, l'administration de la quatrième dose devant avoir lieu un an et demi après les trois premières.

M. Abramson indique en effet qu'une des préoccupations principales du panel d'experts est de savoir si les parents se déplaceraient pour faire administrer à leurs enfants cette quatrième et dernière dose.

"Si l'on n'administre pas cette quatrième dose, l'efficacité du vaccin est annulée", a-t-il précisé.

En avril, les résultats de tests effectués pendant plusieurs années sur 15.500 enfants dans sept pays africains ont été publiés dans la revue médicale The Lancet, faisant état d'un succès mitigé.

Les chercheurs ont constaté que le vaccin n'offre qu'une protection partielle qui décline avec le temps, mais permet néanmoins d'éviter des millions de contaminations.

Ces résultats font également état d'un nombre accru de cas de méningite et de paludisme cérébral parmi les personnes ayant reçu le traitement. Selon M. Abramson, le déploiement des tests recommandé par l'OMS permettrait de mieux déterminer ces risques.

Il a cependant souligné que ces risques pourraient être "potentiellement atténués" et que les avantages du traitement pouvaient prédominer.

Le parasite responsable du paludisme est capable d'acquérir une résistance aux traitements successifs. Alors que les options médicales sont limitées, l'utilisation de moustiquaires imprégnées d'insecticides restent une des méthodes de prévention les plus efficaces.

Le laboratoire GSK a déclaré que le médicament serait distribué à un prix "non lucratif".

Selon M. Abramson, il pourrait coûter environ 5 dollars la dose, soit 20 dollars par enfant pour un traitement complet.