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Togo : la marche résolue vers l’accès universel à l’énergie en 2030

Lundi, 04 novembre 2019

Le secteur électrique du Togo fait l’objet, depuis 2017, de réformes dont les résultats améliorent significativement son environnement des affaires. Pour la deuxième année consécutive, les experts de la Banque mondiale ont d’ailleurs classé le pays parmi les plus réformateurs au monde, en se basant entre autres sur l’amélioration de l’accès à l’électricité.

Au Togo, le taux d’électrification est passé de 23 % en 2010 à 38 % en 2017, avant de connaître une accélération importante. Il est en effet passé à 45 % en 2018, selon Marc Ably-Bidamon, le ministre en charge des énergies, et même à 48 % selon les données de la Banque mondiale. Une croissance accélérée qui devrait se prolonger en 2019 et rapprocher le pays de son objectif d’atteindre l’accès universel en 2030, en passant par le cap intermédiaire des 75 % d’électrification en 2025.

Une croissance accélérée qui devrait se prolonger en 2019 et rapprocher le pays de son objectif d’atteindre l’accès universel en 2030, en passant par le cap intermédiaire des 75 % d’électrification en 2025.

Pour y arriver, il compte mettre en place une combinaison des différentes technologies à sa disposition, en misant aussi bien sur la densification et l’extension de son réseau électrique, que sur le recours à des solutions énergétiques hors réseau.

Marc Ably-Bidamon vise un taux d’électrification de 75% en 2015.

Dans cette optique, le pays a mis sur pied deux projets principaux, le PRISET (Projet de réforme et d’investissement dans le secteur de l’énergie) et le CIZO, son projet d’électrification grâce au solaire off-grid.

Un secteur plus performant et une plus grande couverture électrique grâce au PRISET

Mis en œuvre, depuis début 2018, avec l’appui de la Banque mondiale qui lui a alloué un financement de 35 millions $, le PRISET a pour objectifs d’améliorer le fonctionnement du secteur électrique et d’accroître la couverture électrique dans la capitale, Lomé. Il prévoit, entre autres, d’accroître la puissance électrique parvenant à 80 000 ménages et entreprises dans la zone urbaine et périurbaine de la capitale et d’étendre le réseau, avec la connexion de 20 000 nouveaux abonnés. Pour y parvenir, l’initiative intègre un volet de réhabilitation et de renforcement des lignes haute et moyenne tensions de la région, d’extension de son réseau et de réalisation de nouvelles connexions.

Pierre Laporte : « Ce projet encouragera les investissements privés.»

« Le PRISET aidera le Togo à accroître l’accès à une électricité fiable et relativement bon marché, la réalisation de ces deux objectifs étant essentielle pour le développement des entreprises, la création des emplois, la génération de revenus et la compétitivité internationale. Ce projet permettra en outre à ce secteur d’améliorer sa gestion financière, ce qui encouragera les investissements privés », a affirmé Pierre Laporte, le directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Togo.

Le second volet du projet consiste en effet à appuyer la réforme du secteur en réduisant les pertes techniques et commerciales de la Compagnie d’énergie électrique du Togo (CEET). La gestion et l’organisation des flux de trésorerie de la compagnie seront également améliorées. Cela sera possible grâce à de meilleurs résultats financiers induits par une plus grande efficacité dans le recouvrement des factures.

La CEET a d’ailleurs entamé, dans ce cadre, l’acquisition de 20 000 compteurs prépayés. Un contrat de 6,7 millions € a également été conclu avec la Société tunisienne de l’électricité et du gaz pour la réhabilitation des réseaux moyenne et basse tensions.

Des installations solaires domestiques et des mini-réseaux pour électrifier 345 000 ménages

L’un des choix en matière de technologie hors réseau pour alimenter les populations rurales, qui constituent plus de 55 % des 8 millions de Togolais, a été les installations solaires domestiques. Dans le cadre de son projet CIZO, le pays s’est donné pour objectif d’équiper 2 millions de personnes (300 000 ménages), avec ces installations, d’ici à 2022. Il ambitionne également de doter 800 centres de santé et 3000 exploitations agricoles de petite taille de ces kits solaires individuels.

Dans le cadre de son projet CIZO, le pays s’est donné pour objectif d’équiper 2 millions de personnes, avec ces installations, d’ici à 2022. Il ambitionne également de doter 800 centres de santé et 3000 exploitations agricoles de petite taille de ces kits solaires individuels.

Pour atteindre cet objectif, il est prévu la mise en place de subventions afin de venir en aide aux ménages les plus défavorisés.

Déjà 23 000 foyers électrifiés avec le britannique BBOXX.

Mis en place depuis décembre 2017 par le fournisseur britannique de solutions solaires BBOXX, le projet a enregistré 23 000 foyers ruraux équipés en juillet 2019. Un mois plus tôt, un deuxième acteur, SOLEVA, avait officiellement démarré ses activités. Une nouvelle entrée qui présage une accélération des opérations, tandis que d’autres acteurs tels que le japonais Mitsubishi ont fait part de leur volonté de participer à la mise en œuvre de CIZO.

Avec la mise en œuvre de ce projet s’appuyant sur les kits individuels, le Togo prévoit de faire passer son taux d’électrification rurale des 8 % actuels à 40 %. Une autre partie des populations rurales sera électrifiée grâce à des mini-réseaux électriques locaux. Le pays prévoit en effet de doter 317 localités de ces mini-réseaux, sous la direction de l’Agence togolaise d’électrification rurale et des énergies renouvelables. 11 MW de mini-centrales et 480 km de lignes de distribution électriques sont prévus pour être mis en place dans ce cadre afin de desservir 45 000 abonnés.

Une plus grande ambition et une stratégie bien définie

L’ensemble de ces projets évoqués entre dans le cadre d’une stratégie énergétique bien définie par les autorités nationales. L’ambition finale du Togo est d’atteindre, outre l’accès universel à l’électricité, l’autonomie énergétique tout en fournissant à ses citoyens une énergie fiable et abordable.

En effet, sur les 390 MW consommés dans le pays, seulement 130 MW sont fournis par des centrales nationales. L’essentiel de la consommation électrique du pays est importé depuis le Ghana ou le Nigeria. Les autorités prévoient donc d’augmenter significativement leur capacité électrique installée en la faisant passer à 300 MW, d’ici à 2022. Dans ce cadre, le pays compte mettre en place une centrale thermique de 65 MW à Lomé.

Le pays est engagé dans un processus de décarbonisation.

En ce qui concerne la composition de son mix énergétique, le pays s’est engagé à y inclure les énergies renouvelables. « Les engagements auxquels notre pays a souscrit sur le plan régional et international dans le secteur de l’énergie, exigent que la part des énergies renouvelables soit portée à 50 % dans le mix énergétique national, à l’horizon 2030 », a affirmé, à ce propos, le ministre de l’Energie.

« Les engagements auxquels notre pays a souscrit sur le plan régional et international dans le secteur de l’énergie, exigent que la part des énergies renouvelables soit portée à 50 % dans le mix énergétique national, à l’horizon 2030 »,

Le pays s’est doté, dans ce cadre, d’une loi régissant la mise en place du sous-secteur des énergies renouvelables. Il est engagé dans un processus de décarbonisation, en remplaçant l’utilisation du fioul dans ses centrales thermiques par le gaz naturel, beaucoup moins polluant.

Une annonce a aussi été faite à propos de la construction de 240 km de lignes électriques haute tension au cours des prochaines années, afin d’atteindre l’objectif global : 100 % de taux d’électrification, d’ici à 2030.

Gwladys Johnson Akinocho
agenceecofin

Source: ecodafrik