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Russie: les partisans de Navalny manifestent contre Poutine le jour de ses 65 ans

Saturday, 7 October, 2017 - 15:42
© 2017 AFP
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Aux slogans de "Bon anniversaire!" ou "Poutine, honte de la Russie", plusieurs milliers de partisans de l'opposant Alexeï Navalny, actuellement en prison, ont manifesté dans toute la Russie samedi le jour des 65 ans du maître du Kremlin, à cinq mois de la présidentielle.

Avant un défilé d'une forte portée symbolique réunissant un millier de personnes dans la soirée à Saint-Pétersbourg (nord-ouest), où est né M. Poutine, des rassemblements ont eu lieu dans environ 80 villes de Vladivostok (Extrême orient) à l'enclave de Kaliningrad sur la Baltique à l'appel du charismatique opposant de 41 ans.

Plus de 120 arrestations a été recensée par l'ONG spécialisée OVD-Info, surtout en province, notamment à Ekaterinbourg dans l'Oural ou Samara sur la Volga.

La mobilisation, comme la réponse policière, semble avoir été nettement inférieure aux manifestations du printemps qui avaient rassemblé des dizaines de milliers de personnes, souvent très jeunes. Elle constitue cependant un défi direct au président russe - qui sauf énorme surprise devrait briguer un quatrième mandat au printemps prochain - le jour de son anniversaire, habituellement marqué par de nombreux éloges.

A Moscou, plus d'un millier de personnes se sont réunies sous les averses sur la place Pouchkine et la rue Tverskaïa, au centre la capitale, malgré l'interdiction opposée par les autorités, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Je ne veux pas d'un régime asiatique ou à la nord-coréenne", a déclaré à l'AFP une manifestante de Moscou, Maria Antonienko, une étudiante de 18 ans.

La police a fait état de 700 manifestants. D'importantes mesures de sécurité avaient été déployées mais les forces antiémeutes n'ont pratiquement pas perturbé la marche des protestataires, contrastant avec la dernière manifestation de juin marquée par un millier d'interpellations dans la capitale et un recours aux matraques sans ménagement.

"Je ne soutiens pas Navalny mais je suis ici car je pense qu'il a le droit d'être candidat aux élections", a expliqué à l'AFP Orest Tchertchessov, 43 ans.

Opposant numéro un au Kremlin, Alexeï Navalny a peu de chance de pouvoir se présenter contre Vladimir Poutine, au pouvoir depuis 1999. La commission électorale centrale a prévenu en juin qu'une précédente condamnation de justice pour détournement de fonds le rendait inapte pour la présidentielle.

- Des pommiers pour Poutine -

L'opposant, connu pour ses enquêtes sur la corruption des élites russes, est détenu pour la troisième fois cette année pour appel à des manifestations non autorisées. Il a été condamné lundi à 20 jours de prison, ce qu'il a dénoncé comme un "cadeau pour l'anniversaire de Poutine".

Il a multiplié ces dernières semaines les meetings dans de nombreuses villes russes.

Une manifestation très symbolique samedi avait lieu à Saint-Pétersbourg, deuxième ville du pays, et ville natale de M. Poutine. Elle n'avait pas été autorisée, comme la majorité des rassemblements de l'opposition.

Alexeï Navalny avait prévu d'y tenir un meeting avant son placement en détention.

A son début, elle réunissait environ un millier de personnes sur le Champ de Mars, en plein centre de l'ancienne capitale impériale russe, a constaté une journaliste de l'AFP.

"Poutine ne me convient pas", a expliqué Igor Klimov, 20 ans. "Il a toujours été au pouvoir autant que je sois capable de me souvenir, et partout on ne voit que de la corruption".

De son côté, Vladimir Poutine a présidé une réunion du conseil de sécurité russe à la mi-journée, selon le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Le journal de la chaîne publique d'information Rossia-24 gardait samedi le silence sur les manifestations de l'opposition, mais consacrait un long sujet aux voeux adressés par des dirigeants étrangers et des créateurs ou restaurateurs étrangers inspirés par le président.

"Vladimir Poutine a rendu à la société le sentiment de l'amour et du respect de la patrie", a écrit Ramzan Kadyrov, le dirigeant de la Tchétchénie, république du Caucase russe, dans un message sur Instagram, ajoutant que la Russie serait "toujours un empire très puissant".

Le gouverneur de la région de Tambov (environ 400 km au sud-est de Moscou), Alexandre Nikitine, a planté avec des responsables locaux 65 pommiers, comme "symbole de l'unité avec Vladimir Poutine".