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Ouganda: l'opposant Bobi Wine assigné à résidence

星期二, 23 四月, 2019 - 14:27
© 2019 AFP
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La police ougandaise bloque l'accés à la maison de l'opposant et chanteur Bobi Wine, Kampala, 23 avril 2019. | AFP | ISAAC KASAMANI

La police ougandaise a annoncé mardi avoir assigné à résidence le chanteur et opposant Bobi Wine, potentiel adversaire du président Yoweri Museveni à la présidentielle de 2021, en invoquant des raisons de "sécurité nationale".

"La police a reçu des informations selon lesquelles il envisageait de perturber l'ordre public et nos hommes ont été déployés à sa résidence pour mettre en œuvre les dispositions concernant l'arrestation préventive", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la police ougandaise, Fred Enanga.

"Le principe d'arrestation préventive fonctionne quand quelqu'un est sur le point de commettre un crime et que la police l'en empêche", a-t-il ajouté, précisant que la police maintiendrait sa présence aux abords de la maison de l'opposant "jusqu'à nouvel ordre".

Député d'opposition, Bobi Wine, de son vrai nom Robert Kyagulanyi, avait été interpellé pendant quelques heures lundi à Kampala par la police, pour avoir tenté d'accéder au lieu d'un concert interdit par les autorités.

Celui qui s'est affirmé depuis 2017 comme un ferme opposant au président Museveni, 74 ans et au pouvoir depuis 1986, a indiqué sur son compte Twitter que "la police et l'armée (étaient) déployées à (sa) résidence depuis hier (lundi)".

"Ma maison est en état de siège. Ils ont encerclé le mur d'enceinte et installé des barricades sur toutes les routes y menant", a ajouté Bobi Wine.

Le chanteur a été empêché par la police de quitter son domicile, a constaté un journaliste de l'AFP. Il a ensuite demandé à ses avocats de délivrer au quartier général de la police une lettre réclamant l'autorisation d'organiser des manifestations.

Mais ceux-ci n'ont pas été autorisés à pénétrer dans les locaux et ont, d'après lui, "reçu l'ordre de partir immédiatement" sous peine d'être arrêtés.

"Puisqu'ils ont refusé de recevoir notre notification requise par la loi, nous irons manifester comme la Constitution nous y autorise. C'est notre pays", a-t-il ajouté sur Twitter.

Dans un entretien à l'AFP, il a établi un parallèle entre la situation en Ouganda et le renversement récent des chefs d’État du Soudan et d'Algérie.

"Les Ougandais ont suivi les événements au Soudan et en Algérie, et ailleurs dans le monde, où la situation est semblable à celle que nous avons ici en Ouganda. C'est tout ce qui nous reste: appeler tous les Ougandais à manifester pacifiquement jusqu'à ce que Museveni quitte le pouvoir", a-t-il déclaré.

"Nous avons plusieurs options et les actions de masse sont l'une des solutions à notre disposition. Museveni devrait prendre conscience que les gens ont en assez et, le plus tôt possible, il sera forcé à quitter le pouvoir", a-t-il ajouté.

M. Museveni, ancien guérillero, est le seul président que la plupart des Ougandais connaissent, dans un pays où un habitant sur deux a moins de 16 ans. Et il s'accroche: la Constitution a été récemment modifiée pour supprimer la limite d'âge pour briguer la présidence, l'autorisant ainsi à se présenter pour un sixième mandat en 2021.