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L'Ukraine prolonge la loi sur le "statut spécial" pour l'Est rebelle

Vendredi, 6 Octobre, 2017 - 12:48
© 2017 AFP
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Accrochage entre des députés ukrainiens lors d'une session au Parlement sur le "statut spécial" de l'Est séparatiste prorusse, le 6 octobre 2017 | AFP | Genya SAVILOV

Le Parlement ukrainien a prolongé d'un an la loi octroyant davantage d'autonomie à l'Est séparatiste prorusse, lors d'une session houleuse vendredi marquée par des accrochages entre députés.

Cette décision a été soutenue par les Occidentaux qui la considèrent comme un moyen de maintenir le fragile dialogue entre les belligérants mais dénoncée notamment par l'extrême-droite qui y voit une concession au Kremlin.

Des heurts ont opposé plusieurs dizaines de députés dans la salle plénière avant le vote. Un parlementaire du parti nationaliste Svoboda a jeté une grenade fumigène dans l’hémicycle.

Le texte a été adopté par seulement 229 députés contre un minimum requis de 226. Le président Petro Porochenko ne devrait pas tarder à promulguer le texte pour qu'il entre en vigueur.

La loi stipule cependant qu'elle ne peut entrer en vigueur qu'après le départ du sol ukrainien des troupes et armements russes.

Kiev et l'Occident accusent le Kremlin de soutenir militairement les rebelles, ce que Moscou dément malgré de nombreux témoignages sur la présence de ses militaires dans la zone de conflit.

Cette loi sur le statut spécial a été initialement adoptée pour trois ans en septembre 2014 dans le cadre des accords de paix de Minsk, conclus après la lourde défaite de l'armée ukrainienne dans la ville d'Ilovaïsk, où des centaines de soldats avaient péri en quelque jours.

La loi, qui n'a jamais été appliquée par les rebelles pro-russes qui rejettent l'autorité de Kiev, renforce l'autonomie des zones séparatistes, leur permet notamment de former légalement leurs propre milices et accorde un statut plus favorable à la langue russe qui y est majoritairement parlée.

Le conflit armé dans l'est de l'Ukraine, qui éclaté en 2014, a fait depuis plus de 10.000 morts.