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Législatives à Sao Tome: le parti au pouvoir perd la majorité absolue

Mardi, 9 Octobre, 2018 - 10:30
© 2018 AFP
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Des taxis attendent le client à Sao Tomé, le 2 janvier 2018 | AFP/Archives | Ruth McDowall

Le parti au pouvoir a perdu la majorité absolue à l'Assemblée nationale de Sao Tome et Principe, petit archipel du golfe de Guinée où des élections législatives et municipales ont eu lieu dimanche, selon des résultats provisoires.

L'Action indépendante démocratique (ADI, centre-droit), au pouvoir depuis 2014, a remporté les législatives, mais avec seulement 25 des 55 sièges à l'Assemblée - contre 33 auparavant - selon les résultats provisoires donnés lundi soir par la Commission électorale nationale.

L'ADI envisage de s'associer au Mouvement citoyen indépendant de Sao Tome et Principe (MCISTP), qui a obtenu deux sièges, insuffisant pour assurer une majorité.

Le parti d'opposition socialiste, le Mouvement pour la libération de Sao Tomé-et-Principe - Parti social-démocrate (MLSTP-PSD), a remporté 23 sièges et prévoit une coalition avec les cinq députés d'une coalition d'autres petits partis d'opposition.

Les résultats définitifs doivent être annoncés dans les jours à venir par la Cour constitutionnelle, inféodée au pouvoir, selon l'opposition.

Dimanche, quelque 90.000 électeurs de cet archipel de 200.000 habitants s'étaient massivement rendus aux urnes pour des législatives et municipales, les plus importantes pour ce régime parlementaire.

Lundi soir, des centaines de personnes ont manifesté devant la Commission électorale à Sao Tomé, craignant des fraudes en faveur de l'ADI.

La voiture de la juge Natacha Amado Vaz a été incendiée et la police anti-émeute est intervenue pour disperser les manifestants.

Sao Tome et Principe est considéré comme un modèle d'alternance démocratique en Afrique centrale. Le pays, qui vit du cacao et du café et dépend à 90% de l'aide internationale, s'est ouvert au multipartisme en 1991, après quinze ans de régime marxiste et de parti unique du président Manuel Pinto da Costa (MLSTP).

Comme au Portugal, l'ancienne puissance coloniale jusqu'en 1975, le président de la République - issu de l'ADI depuis 2016 - arbitre mais ne gouverne pas.