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L'activité économique, en 2003, sous l'impulsion de l'ensemble des
secteurs, enregistrerait un taux de croissance de 3,0 % contre 4,8 % en 2002.
Cette décélération de la croissance se réaliserait dans un contexte
marqué par une baisse de la tension sur les prix. Le taux d'inflation annuel
moyen ressortirait à -0,6 % contre 3,1 % en 2002.
La situation des finances publiques se traduirait par une amélioration du
solde budgétaire global rapporté au PIB nominal qui passerait d'un déficit
de 0,7 % en 2002 à un excédent de 1,1 % en 2003.
S'agissant des échanges extérieurs, le déficit du solde courant hors
dons rapporté au PIB nominal se contracterait pour se situer à 8,1 % contre
11,7 % en 2002, en liaison avec une amélioration du déficit commercial et du
déficit de la balance des services.
Pour les agrégats monétaires, la masse monétaire enregistrerait une
progression de 3,5 % contre une contraction de 5,9 % en 2002. En contrepartie,
les avoirs extérieurs nets s'inscriraient en nette amélioration, tandis que
le crédit intérieur se contracterait de 1,4 %, confirmant ainsi la tendance
baissière amorcée depuis l'année dernière.
En ce qui concerne les indicateurs de convergence budgétaire, le Togo ne
respecterait que les critères relatifs au taux d'inflation annuel moyen et au
solde budgétaire de base.
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Évolution
économique récente :
En 2003, le taux de croissance économique est estimé à 3,0 % contre 4,8
% en 2002. Cette croissance économique serait essentiellement tirée par les
secteurs primaire et secondaire qui progresseraient respectivement de 3,3 % et
de 6,4 %.
La croissance du secteur primaire se réaliserait, grâce aux
résultats satisfaisants de la production des cultures vivrières qui ont
bénéficié de meilleures conditions climatiques. La production agricole
serait en hausse de 3,0 % et celle de l'élevage progresserait de 6,5 %.
Au niveau du secteur secondaire, le regain d'activité des
industries extractives, lié au redressement de la production des phosphates
suite à la création de la société mixte International Fertilizers Group
(IFG) d'exploitation des phosphates, contribuerait à tirer la croissance en
2003. Ainsi la production des industries extractives serait en hausse de 24,5
% contre 21,9 % en 2002. Celle des industries manufacturières augmenterait de
3,9 %.
Quant au secteur tertiaire, il serait en progression de 1,7 % contre
-1,7 % un an plus tôt. Cette évolution serait imputable aux performances des
activités des branches : "Commerce", "Transports, Entrepôts
et Communications", et "Banques et Assurances" qui
progresseraient respectivement de 0,6 % ; 2,5 % et 2,4 %.
Au total, les contributions à la croissance des secteurs primaire,
secondaire et tertiaire s'établiraient respectivement à 1,3 point, 1,3 point
et 0,4 point.
Du côté de la demande, la croissance en 2003 serait principalement
impulsée par l'investissement qui progresserait de 44,5 %. Cette évolution
de l'investissement est, en particulier, imputable aux investissements privés
qui enregistreraient une hausse de 53,3%. La consommation finale, en
diminution de 2,0 %, serait induite par la consommation privée qui
régresserait de 2,9 % contre une hausse de 6,9 %.
Les contributions de l'investissement, de la consommation et des échanges
extérieurs au taux de croissance seraient respectivement de 6,4 points, de
-2,9 points et de -0,5 point.
En terme nominal, le taux d'épargne intérieure brute passerait de -0,5 %
en 2002 à 8,2 % en 2003. De même, le taux d'investissement augmenterait en
passant de 14,7 % en 2002 à 20,5 % en 2003, en liaison avec l'accroissement
de 63,6 % des dépenses de fonds d'entretien routier.
Sur les dix premiers mois de l'année 2003, l'inflation en
glissement annuel à fin octobre s'est située à -0,8 % contre 2,8 % au cours
de la même période de l'année 2002. Cette évolution résulterait de la
baisse des prix de types de consommation : "produits alimentaires,
boissons et tabacs" de 5,2 % et "Transports" de 2,0 %. Le taux
d'inflation annuel moyen se situerait à -0,6 % en 2003 contre 3,1 % en 2002.
Dans le domaine des finances publiques, les opérations financières
de l'Etat enregistreraient en 2003 une amélioration des principaux soldes
budgétaires, imputable à l'augmentation des recettes budgétaires.
En effet, les recettes budgétaires augmenteraient de 24,3 % contre
une réduction de 12,3 % en 2002. Elles représenteraient ainsi 14,4 % du PIB
nominal pour 12,1 % en 2002. Cette performance serait essentiellement portée
par les recettes fiscales qui progresseraient de 22,5 %, en liaison avec
l'augmentation des impôts sur les revenus et bénéfices et des taxes sur les
biens et services. En effet, les impôts sur les revenus et bénéfices
augmenteraient de 43,9 % tandis que les taxes sur les biens et services
s'accroîtraient de 23,5 %. Quant aux recettes provenant de la taxe sur la
valeur ajoutée, elles seraient en hausse de 16,9 %.
Les dons, en progression de 71,9 %, représenteraient 0,6 % du PIB contre
0,3 % en 2002.
Quant aux dépenses totales, elles seraient en accroissement de 10,2
% en 2003 pour se situer à 13,9 % du PIB contre 13,1 % en 2002. Cette
augmentation s'expliquerait par une augmentation simultanée des dépenses
courantes et des dépenses en capital. En effet, les dépenses courantes
progresseraient en passant de -6,2 % en 2002 à 11,0 % en 2003. Cette
évolution des dépenses courantes serait principalement imputable à la forte
hausse du poste "autres dépenses courantes" de 21,7 % contre une
contraction de 9,6 % en 2002 ; liée à l'accroissement des dépenses de
matières et de fournitures de 29,6 %. En outre, les dépenses de transferts
et de subventions passeraient d'un taux de croissance de -7,5 % en 2002 à
45,3 % en 2003. En ce qui concerne les dépenses en capital qui
progresseraient de -28,8 % en 2002 à 5,8 % en 2003, leur accroissement
s'expliquerait par le renforcement des dépenses d'investissement financées
sur ressources intérieures. Celles-ci seraient en hausse de 32,6 % contre 7,3
% en 2002.
Au total, l'exécution des opérations financières de l'Etat se
caractériserait par une amélioration des principaux soldes. Le solde
budgétaire global passerait d'un déficit de 0,7 % du PIB nominal en 2002 à
un excédent de 1,1 % en 2003. De même, le solde budgétaire global hors dons
s'améliorerait, en passant d'un déficit de 1,0 % en 2002 à un excédent de
0,5 % du PIB en 2003.
En dépit de ces améliorations des soldes, la situation des finances
publiques demeure préoccupante avec le recours au financement exceptionnel,
notamment le recours à l'accumulation d'arriérés de paiement intérieur et
extérieur. Au titre de l'année 2003, les accumulations d'arriérés de
paiement intérieur se fixeraient à 6,7 milliards contre 15,2 milliards en
2002, tandis que celles relatives aux arriérés de paiement extérieur se
chiffreraient à 14,6 milliards contre 47,4 milliards en 2002. L'existence
d'un besoin de financement estimé à 55,9 milliards à fin 2003 viendrait
renforcer ces arriérés de paiement au titre de la même année.
S'agissant de la dette publique totale, son encours représenterait
102,7 % du PIB nominal en 2003 contre 112,6 % en 2002. Le service de la dette
publique totale représenterait 36,2 % des recettes budgétaires totales
contre 41,5 % un an plus tôt. Ces ratios indiquent la non soutenabilité de
la dette avec pour conséquence une accumulation d'arriérés de paiement
intérieur et extérieur.
Le Togo est éligible à l'initiative PPTE, mais n'ayant pas de programme
avec les Institutions de Bretton Woods, il est l'un des deux pays de l'Union
à n'avoir pas encore atteint le point de décision pour un traitement de fond
de sa dette extérieure.
En ce qui concerne les comptes extérieurs, la balance des paiements
dégagerait un solde excédentaire de 10,2 milliards en 2003 contre 14,5
milliards en 2002, induit par la réduction du déficit de la balance courante
dont l'impact serait atténué par la baisse de l'excédent du compte de
capital et d'opérations financières.
Le déficit courant, hors dons, s'établirait à 8,1 % du PIB en 2003
contre 11,7 % en 2002. Cette amélioration serait imputable à la balance
commerciale, du fait du rythme de progression plus rapide des exportations
comparé à celui des importations. En effet, les exportations seraient
impulsées par la hausse de la production de phosphate et des cours des
produits de rente tels que le coton et le café. Le déficit de la balance des
services serait réduit de 14,4 milliards, en relation avec l'accroissement
des activités portuaires, le port de Lomé palliant partiellement les
difficultés d'évacuation par celui d'Abidjan. Le déficit des revenus nets
s'accentuerait de 14,3 milliards à 16,1 milliards en 2003. Les transferts
courants dégageraient un solde excédentaire de 74,4 milliards, imputable
essentiellement aux envois de fonds des travailleurs, les réceptions de fonds
étant passées de 51,3 milliards en 2002 à 61,0 milliards en 2003,
atténuant ainsi la baisse des aides publiques.
Le compte de capital et d'opérations financières ressortirait
excédentaire de 84,3 milliards en 2003 contre 122,7 milliards en 2002. Son
évolution refléterait celle des autres investissements, le Togo n'ayant pas
bénéficié d'allègement au titre de la dette extérieure.
S'agissant de la situation monétaire, la masse monétaire
progresserait au rythme de 3,5 % pour s'établir à 242,2 milliards contre
234,0 milliards en 2002. Cette hausse serait essentiellement imputable à
celle de 10,2 milliards des avoirs extérieurs nets qui se situeraient à 79,5
milliards. Sur la base des prévisions, l'encours du crédit intérieur
baisserait de 2,4 milliards ou 1,4 % en 2003, pour se fixer à 161,7 milliards
à fin décembre 2003 en liaison avec l'amélioration de 7,1 milliards de la
Position Nette du Gouvernement (PNG) et de la hausse de 4,7 milliards des
crédits à l'économie.
Source: Commission de
l'UEMOA, Décembre 2003
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