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La situation économique et financière
du Togo en 2003

(Extrait du Rapport d'Exécution de la Surveillance Multilatérale de l'UEMOA, Décembre 2003)

L'activité économique, en 2003, sous l'impulsion de l'ensemble des secteurs, enregistrerait un taux de croissance de 3,0 % contre 4,8 % en 2002. Cette décélération de la croissance se réaliserait dans un contexte marqué par une baisse de la tension sur les prix. Le taux d'inflation annuel moyen ressortirait à -0,6 % contre 3,1 % en 2002.


La situation des finances publiques se traduirait par une amélioration du solde budgétaire global rapporté au PIB nominal qui passerait d'un déficit de 0,7 % en 2002 à un excédent de 1,1 % en 2003.


S'agissant des échanges extérieurs, le déficit du solde courant hors dons rapporté au PIB nominal se contracterait pour se situer à 8,1 % contre 11,7 % en 2002, en liaison avec une amélioration du déficit commercial et du déficit de la balance des services.


Pour les agrégats monétaires, la masse monétaire enregistrerait une progression de 3,5 % contre une contraction de 5,9 % en 2002. En contrepartie, les avoirs extérieurs nets s'inscriraient en nette amélioration, tandis que le crédit intérieur se contracterait de 1,4 %, confirmant ainsi la tendance baissière amorcée depuis l'année dernière.


En ce qui concerne les indicateurs de convergence budgétaire, le Togo ne respecterait que les critères relatifs au taux d'inflation annuel moyen et au solde budgétaire de base.


* * *


Évolution économique récente :


En 2003, le taux de croissance économique est estimé à 3,0 % contre 4,8 % en 2002. Cette croissance économique serait essentiellement tirée par les secteurs primaire et secondaire qui progresseraient respectivement de 3,3 % et de 6,4 %.


La croissance du secteur primaire se réaliserait, grâce aux résultats satisfaisants de la production des cultures vivrières qui ont bénéficié de meilleures conditions climatiques. La production agricole serait en hausse de 3,0 % et celle de l'élevage progresserait de 6,5 %.


Au niveau du secteur secondaire, le regain d'activité des industries extractives, lié au redressement de la production des phosphates suite à la création de la société mixte International Fertilizers Group (IFG) d'exploitation des phosphates, contribuerait à tirer la croissance en 2003. Ainsi la production des industries extractives serait en hausse de 24,5 % contre 21,9 % en 2002. Celle des industries manufacturières augmenterait de 3,9 %.


Quant au secteur tertiaire, il serait en progression de 1,7 % contre -1,7 % un an plus tôt. Cette évolution serait imputable aux performances des activités des branches : "Commerce", "Transports, Entrepôts et Communications", et "Banques et Assurances" qui progresseraient respectivement de 0,6 % ; 2,5 % et 2,4 %.


Au total, les contributions à la croissance des secteurs primaire, secondaire et tertiaire s'établiraient respectivement à 1,3 point, 1,3 point et 0,4 point.


Du côté de la demande, la croissance en 2003 serait principalement impulsée par l'investissement qui progresserait de 44,5 %. Cette évolution de l'investissement est, en particulier, imputable aux investissements privés qui enregistreraient une hausse de 53,3%. La consommation finale, en diminution de 2,0 %, serait induite par la consommation privée qui régresserait de 2,9 % contre une hausse de 6,9 %.


Les contributions de l'investissement, de la consommation et des échanges extérieurs au taux de croissance seraient respectivement de 6,4 points, de -2,9 points et de -0,5 point.


En terme nominal, le taux d'épargne intérieure brute passerait de -0,5 % en 2002 à 8,2 % en 2003. De même, le taux d'investissement augmenterait en passant de 14,7 % en 2002 à 20,5 % en 2003, en liaison avec l'accroissement de 63,6 % des dépenses de fonds d'entretien routier.


Sur les dix premiers mois de l'année 2003, l'inflation en glissement annuel à fin octobre s'est située à -0,8 % contre 2,8 % au cours de la même période de l'année 2002. Cette évolution résulterait de la baisse des prix de types de consommation : "produits alimentaires, boissons et tabacs" de 5,2 % et "Transports" de 2,0 %. Le taux d'inflation annuel moyen se situerait à -0,6 % en 2003 contre 3,1 % en 2002.


Dans le domaine des finances publiques, les opérations financières de l'Etat enregistreraient en 2003 une amélioration des principaux soldes budgétaires, imputable à l'augmentation des recettes budgétaires.


En effet, les recettes budgétaires augmenteraient de 24,3 % contre une réduction de 12,3 % en 2002. Elles représenteraient ainsi 14,4 % du PIB nominal pour 12,1 % en 2002. Cette performance serait essentiellement portée par les recettes fiscales qui progresseraient de 22,5 %, en liaison avec l'augmentation des impôts sur les revenus et bénéfices et des taxes sur les biens et services. En effet, les impôts sur les revenus et bénéfices augmenteraient de 43,9 % tandis que les taxes sur les biens et services s'accroîtraient de 23,5 %. Quant aux recettes provenant de la taxe sur la valeur ajoutée, elles seraient en hausse de 16,9 %.


Les dons, en progression de 71,9 %, représenteraient 0,6 % du PIB contre 0,3 % en 2002.


Quant aux dépenses totales, elles seraient en accroissement de 10,2 % en 2003 pour se situer à 13,9 % du PIB contre 13,1 % en 2002. Cette augmentation s'expliquerait par une augmentation simultanée des dépenses courantes et des dépenses en capital. En effet, les dépenses courantes progresseraient en passant de -6,2 % en 2002 à 11,0 % en 2003. Cette évolution des dépenses courantes serait principalement imputable à la forte hausse du poste "autres dépenses courantes" de 21,7 % contre une contraction de 9,6 % en 2002 ; liée à l'accroissement des dépenses de matières et de fournitures de 29,6 %. En outre, les dépenses de transferts et de subventions passeraient d'un taux de croissance de -7,5 % en 2002 à 45,3 % en 2003. En ce qui concerne les dépenses en capital qui progresseraient de -28,8 % en 2002 à 5,8 % en 2003, leur accroissement s'expliquerait par le renforcement des dépenses d'investissement financées sur ressources intérieures. Celles-ci seraient en hausse de 32,6 % contre 7,3 % en 2002.


Au total, l'exécution des opérations financières de l'Etat se caractériserait par une amélioration des principaux soldes. Le solde budgétaire global passerait d'un déficit de 0,7 % du PIB nominal en 2002 à un excédent de 1,1 % en 2003. De même, le solde budgétaire global hors dons s'améliorerait, en passant d'un déficit de 1,0 % en 2002 à un excédent de 0,5 % du PIB en 2003.


En dépit de ces améliorations des soldes, la situation des finances publiques demeure préoccupante avec le recours au financement exceptionnel, notamment le recours à l'accumulation d'arriérés de paiement intérieur et extérieur. Au titre de l'année 2003, les accumulations d'arriérés de paiement intérieur se fixeraient à 6,7 milliards contre 15,2 milliards en 2002, tandis que celles relatives aux arriérés de paiement extérieur se chiffreraient à 14,6 milliards contre 47,4 milliards en 2002. L'existence d'un besoin de financement estimé à 55,9 milliards à fin 2003 viendrait renforcer ces arriérés de paiement au titre de la même année.


S'agissant de la dette publique totale, son encours représenterait 102,7 % du PIB nominal en 2003 contre 112,6 % en 2002. Le service de la dette publique totale représenterait 36,2 % des recettes budgétaires totales contre 41,5 % un an plus tôt. Ces ratios indiquent la non soutenabilité de la dette avec pour conséquence une accumulation d'arriérés de paiement intérieur et extérieur.


Le Togo est éligible à l'initiative PPTE, mais n'ayant pas de programme avec les Institutions de Bretton Woods, il est l'un des deux pays de l'Union à n'avoir pas encore atteint le point de décision pour un traitement de fond de sa dette extérieure.


En ce qui concerne les comptes extérieurs, la balance des paiements dégagerait un solde excédentaire de 10,2 milliards en 2003 contre 14,5 milliards en 2002, induit par la réduction du déficit de la balance courante dont l'impact serait atténué par la baisse de l'excédent du compte de capital et d'opérations financières.


Le déficit courant, hors dons, s'établirait à 8,1 % du PIB en 2003 contre 11,7 % en 2002. Cette amélioration serait imputable à la balance commerciale, du fait du rythme de progression plus rapide des exportations comparé à celui des importations. En effet, les exportations seraient impulsées par la hausse de la production de phosphate et des cours des produits de rente tels que le coton et le café. Le déficit de la balance des services serait réduit de 14,4 milliards, en relation avec l'accroissement des activités portuaires, le port de Lomé palliant partiellement les difficultés d'évacuation par celui d'Abidjan. Le déficit des revenus nets s'accentuerait de 14,3 milliards à 16,1 milliards en 2003. Les transferts courants dégageraient un solde excédentaire de 74,4 milliards, imputable essentiellement aux envois de fonds des travailleurs, les réceptions de fonds étant passées de 51,3 milliards en 2002 à 61,0 milliards en 2003, atténuant ainsi la baisse des aides publiques.


Le compte de capital et d'opérations financières ressortirait excédentaire de 84,3 milliards en 2003 contre 122,7 milliards en 2002. Son évolution refléterait celle des autres investissements, le Togo n'ayant pas bénéficié d'allègement au titre de la dette extérieure.


S'agissant de la situation monétaire, la masse monétaire progresserait au rythme de 3,5 % pour s'établir à 242,2 milliards contre 234,0 milliards en 2002. Cette hausse serait essentiellement imputable à celle de 10,2 milliards des avoirs extérieurs nets qui se situeraient à 79,5 milliards. Sur la base des prévisions, l'encours du crédit intérieur baisserait de 2,4 milliards ou 1,4 % en 2003, pour se fixer à 161,7 milliards à fin décembre 2003 en liaison avec l'amélioration de 7,1 milliards de la Position Nette du Gouvernement (PNG) et de la hausse de 4,7 milliards des crédits à l'économie.


Source: Commission de l'UEMOA, Décembre 2003



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