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Présidentielle en Guinée-Bissau: l'ex-ministre José Mario Vaz candidat du PAIGC

BISSAU, 02 mars 2014 (AFP) - L'ex-ministre bissau-guinéen des Finances José Mario Vaz a été désigné dimanche candidat du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC, ex-pouvoir) pour l'élection présidentielle du 13 avril dans son pays, selon cette formation.

   M. Vaz, quinquagénaire, a été choisi par les délégués du PAIGC à l'issue de deux jours de primaires. Au total, dix prétendants étaient en compétition pour la candidature du parti pour la présidentielle, dont l'actuel ministre de la Pêche Mario Lopes Rosa, les anciens Premiers ministres Carlos Gomes Junior et Aristides Gomes, et le diplomate Mario Cabral.

   Le vote final a départagé José Mario Vaz et Mario Lopes Rosa. Sur 319 votants, M. Vaz a obtenu 208 voix, M. Rosa 109, il y a eu deux bulletins nuls.

   M. Vaz a été maire de Bissau. Comme ministre des Finances, il avait notamment piloté des discussions ayant permis en novembre 2011 un accord avec la France pour l'annulation de 8 millions d'euros de dette publique de la Guinée-Bissau, pays lusophone d'Afrique de l'Ouest d'environ 1,6 million d'habitants.

   Dans une déclaration à la presse après sa désignation comme candidat officiel du PAIGC, M. Vaz s'est posé en rassembleur, regrettant notamment "les calomnies et querelles internes" ayant affaibli ces dernières années le parti.

"Nous avons un objectif commun et nous devons tous lutter pour l'atteindre", a-t-il affirmé.

   D'après certains délégués, Carlos Gomes Junior, actuellement en exil, a été écarté de la compétition pour éviter des remous au PAIGC, secoué ces dernières années par des querelles entre des membres qui lui sont favorables et d'autres hostiles.

   "Nous avons décidé de suspendre sa candidature pour permettre au débat de se dérouler dans des conditions idoines et pour que le choix de notre candidat officiel ne subisse aucune entrave", a dit un haut responsable du PAIGC, sans plus de détails.

   Le régime de M. Gomes Junior avait été renversé par un coup d'Etat militaire le 12 avril 2012. Ce putsch a eu lieu entre les deux tours d'une présidentielle - annulée de facto - pour laquelle Carlos Gomes Junior était bien placé face à l'opposant et ex-président Kumba Yala.

   En mai 2012, Carlos Gomes Junior s'est rendu au Portugal, d'où il avait annoncé en août 2013 son souhait de rentrer dans son pays pour participer à la présidentielle. D'après son entourage, il séjourne depuis plusieurs semaines au Cap-Vert et n'a pas assisté aux dernières réunions du PAIGC.

   Des délégués du parti ont fait état à l'AFP de pressions de l'armée contre son retour en Guinée-Bissau, indiquant que des militaires ont menacé de le tuer s'il remettait pied à Bissau. Ils n'ont pas souhaité fournir de détails.

   "Carlos Gomes Junior peut rentrer en Guinée-Bissau, parce qu'il est bissau-guinéen, à condition qu'il se charge lui-même de sa sécurité", les autorités actuelles n'étant pas en mesure de le faire, a déclaré à l'AFP une source officielle interrogée sur ces allégations de menaces.

   La présidentielle du 13 avril doit être organisée en même temps que des législatives, après plusieurs reports dans ce pays en proie à une instabilité politique chronique et miné par le trafic de drogue.

   Plusieurs personnalités ont déjà annoncé leur candidature, parmi lesquelles l'économiste et ex-responsable de la Banque mondiale Paulo Gomes, l'ex-ministre de l'Education et ex-recteur d'université à Bissau Tcherno Djalo en tant qu'indépendants, ainsi que Abel Incada du Parti de la rénovation sociale (PRS, opposition) et Helder Vaz de Résistance Guinée-Bissau/Mouvement Bafata (RGB, opposition).

   aye-cs/jeb

Mardi, 4 Mars, 2014 - 07:00