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Crise à Bissau: le parti majoritaire chargé de proposer un Premier ministre

Bissau, 16 sept 2015 (AFP) - Le président bissau-guinéen José Mario Vaz a officiellement annoncé mercredi aux forces politiques qu'il allait confier au parti majoritaire le choix du Premier ministre, a-t-on appris de sources concordantes.

   Cette annonce survient peu après l'arrivée de l'ex-président nigérian Olusegun Obasanjo, désigné le 13 septembre comme émissaire dans cette crise par la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

   La Guinée-Bissau est plongée dans une crise politique depuis la destitution le 12 août par le président du Premier ministre Domingos Simoes Pereira, chef du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC, majoritaire), remplacé le 20 août par Baciro Dja, dont la nomination a été invalidée la semaine dernière par la Cour suprême.

   Arrivé mardi soir à Bissau, où il a aussitôt débuté ses entretiens avec les protagonistes, M. Obasanjo a affirmé son intention de rester sur place jusqu'au dénouement.

   "Le président de la République de Guinée-Bissau vient de démontrer son amour pour son pays, son peuple et pour ses lois, y compris la Constitution", qui confie le poste de Premier ministre au parti victorieux aux législatives, s'est-il félicité, commentant la décision de M. de se conformer à l'arrêt de la Cour suprême en acceptant la démission de M. Dja.

   A l'issue d'une audience mercredi après-midi avec le président, l'ex-Premier ministre Pereira a indiqué à la presse avoir été avisé par celui-ci de l'envoi d'une lettre chargeant le PAIGC de proposer le futur Premier ministre.

   Le secrétaire général du Parti de la rénovation sociale (PRS), deuxième formation au Parlement, Florentino Mendes Pereira, également reçu dans le cadre de ces consultations, a confirmé ces propos.

   "Nous recommandons au président de saisir cette occasion pour réfléchir et trouver d'autres mécanismes pour assurer la stabilité du futur gouvernement", a-t-il déclaré.

   Dans le communiqué final publié après son sommet extraordinaire le 13 septembre à Dakar, la Cédéao "recommande fortement qu'à terme, la Constitution du pays soit révisée, en vue d'éviter la répétition d'une telle situation à l'avenir".

   Le désaccord entre MM. Vaz et Pereira portait notamment sur le choix du chef des forces armées, un poste-clé dans ce petit pays qui a longtemps servi de plaque tournante de la drogue d'Amérique latine à destination de l'Europe.

   Ex-colonie portugaise d'Afrique de l'Ouest de quelque 1,6 million d'habitants, la Guinée-Bissau a connu de nombreuses tentatives de coups d'État, réussies ou manquées, dans lesquels les militaires ont généralement joué un rôle prépondérant.

   Pendant des années, l'instabilité politique et la pauvreté y ont facilité l'implantation de narcotrafiquants, sous la protection présumée de hauts responsables de l'armée.

   str-sst/mda

Jueves, 17 Septiembre, 2015 - 22:00