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Burkina: Congrès du nouveau parti d'opposition pour préparer l'"alternance démocratique" au Burkina Faso

OUAGADOUGOU, 05 avr 2014 (AFP) - Le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), nouveau parti d'opposition créé par des dissidents de la formation au pouvoir au Burkina Faso, a entamé samedi son premier congrès pour préparer "l'alternance démocratique" après 27 ans de règne du président Blaise Compaoré.

   Début janvier, 75 membres du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, au pouvoir) avaient démissionné avec fracas en raison d'un "profond désaccord sur la conduite et l'orientation actuelle du parti", créant dans la foulée le MPP.

   Cette formation, dirigée par Roch Marc Christian Kaboré, ex-chef du parti présidentiel et ancien président de l'Assemblée nationale, compte aussi dans ses rangs l'ancien et charismatique maire de la capitale Ouagadougou (1995-2012), Simon Compaoré, ou encore l'ex-ministre, homme de confiance du président Compaoré, Salif Diallo.

   Selon de nombreux observateurs de la vie politique burkinabè, le MPP, qui dispose d'une certaine envergure financière et qui a débauché de nombreux cadres du CDP, constitue le principal rival du parti au pouvoir pour l'élection présidentielle de novembre 2015.

   Samedi, son premier congrès à Ouagadougou, qui vise à "écrire une nouvelle page de l'histoire" du Burkina Faso "en consolidant (son) implantation au sein du peuple pour l'alternance démocratique en 2015", a attiré plus de 3.500 délégués, venus de tout le pays, selon le MPP.

   Dimanche, un meeting de clôture est prévu dans le deuxième plus grand stade de la capitale burkinabè.

   "Plus que des questions de personnes ou de nuances, ce sont de graves divergences de fond sur la démocratie, la gouvernance du pays et l'application de la social-démocratie qui opposent le MPP au CDP", a souligné M. Kaboré, acclamé.

   "L'acharnement et l'entêtement actuels à modifier l'article 37 de la constitution, à organiser un référendum et à mettre en place un Sénat inopportun sont lourds de conséquences pour la paix et la l'unité nationale", a-t-il averti.

   Le président Compaoré a évoqué mi-décembre 2013 l'idée d'un référendum pour modifier un article de la Constitution limitant à deux le nombre de mandats présidentiels et qui l'empêche de participer à la l'élection de 2015.

   Une loi instaurant un Sénat au Burkina a été votée, mais celui-ci n'est pas entré en fonctionnement, l'opposition politique et la société civile y étant fortement opposées.

   Blaise Compaoré, arrivé au pouvoir en 1987 par un coup d'État, a effectué deux septennats (1991 et 1998), avant qu'un amendement modifiant la durée du mandat présidentiel ne lui permette d'être élu pour deux quinquennats (2005 et 2010). Il reste flou quant à sa volonté de représenter.

   str-jf/jlb

Lundi, 7 Avril, 2014 - 07:00